Les de travaux de remise en état du terrain de football, en octobre 2005, avaient permis de mettre à jour une grande villa du 1er siècle. 

VILLA STADE

Les archéologues ont étudié les vestiges, très pauvres, puisqu'on se situe sous les fondations, ici l'angle d'un mur.

UN SITE IMMENSE:
Le site était connu depuis 1974, en partie, puisque lors des travaux de construction du club house du SSL XV, des fouilles menées par M. Jacques Pons, avaient déterminé un bâtiment, du moins une aile, du 1er siècle, réoccupé au Moyen- âge, ainsi que les fondations d' un "fanum" ( temple carré de tradition gauloise). Des reconnaissances aériennes suivirent, effectuées par JF Garnier, permettant d’accréditer l’idée qu’un autre bâtiment pouvait se trouver à 150 mètres en deçà, sous le terrain de football annexe. Il semble que c’est cette partie des bâtiments qui avait été mise à jour. Grâce à diverses collaborations, dont celle du Service Régional des Antiquités de Bordeaux, le suivi de l'opération a été exemplaire, permettant aux archéologues locaux de mener à bien  divers sondages et relevés topographiques qui donneront une idée exacte de cet établissement de vastes dimensions.
UNE VILLA À GALERIES DE FACADES:
Avec l'aide efficace de la pelle mécanique, le tracé des murs s'est dévoilé à l' image d' un plan, il a révélé l'emplacement des colonnades, des diverses galeries et des nombreuses salles qui composaient cet édifice que Michel Daynés rattache aux "Villas à Galeries de Façades". Cette façade principale représente un mur de plus de 40 mètres de long épaulé d’une série de colonnades, malheureusement disparues. En effet, si le tracé est resté particulièrement visible, il ne reste plus rien du mobilier archéologique, car au fil des ans, le site a été décaissé, pour arriver au niveau des fondations. Au dire des spécialistes présents, l'ensemble des bâtiments est la partie habitée de l’exploitation, où pouvaient cohabiter plusieurs centaines de personnes, sous la dépendance des maîtres. On y retrouvait tous les corps de métiers, des esclaves, des serviteurs et bien sûr le potentat local et sa famille qui logeait dans la partie luxueuse de l’établissement. La seconde partie de l’exploitation, la partie agricole, n'a pas encore été mise à jour. Parmi les "trouvailles, un petit bassin au sol en mortier de tuileau rose, un four, et quelques fosses dépotoirs du Moyen-âge qui ont livré des tessons de la même époque. L’étude des relevés topographiques devait permettre de corroborer l’hypothèse que les deux bâtiments n’en font qu'un très grand, et que cette villa peut se rattacher à celle de St-Jean, à Ste Colombes de Villeneuve, découverte en 1976 par JF Garnier lors d’une prospection aérienne.

 VILLA ROMAINE : « C’EST QUOI ? »

UN MAGNIFIQUE EXEMPLE MONTMAURIN

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La villa gallo-romaine de Montmaurin est située sur la commune française de Montmaurin (département de la Haute-Garonne)

Notre ville, notre canton, sont truffés de « Villas » (pluriel français : villas, pluriel en latin : villæ) que l’on découvre lors des travaux des champs ou de construction. Mais il est bon d’en savoir un peu plus.
Les découvertes archéologiques nous montrent que si le plus grand nombre de "villas" gallo-romaines se sont développées au IIIème et IVème siècle de l'occupation de la Gaule par les Romains, la plupart sont apparues dès le 1er s. de cette occupation. Très certainement, beaucoup de ces "villas" se sont implantées sur les grands domaines terriens qui existaient déjà à l'époque de l'indépendance gauloise.
Dès la conquête achevée, l'Empire Romain entreprend de mettre en valeur rationnellement l'économie de la nouvelle province, c’est à dire la Gaule. Ce serait une erreur que de voir la Gaule indépendante comme un pays laissé en friche. Au contraire, elle était non seulement riche du point de vue agricole, mais bien exploitée. D'ailleurs, la plupart des villas reprises par les Romains représentaient de riches domaines ruraux gaulois, dont souvent les propriétaires, eurent qu'à se fondre dans la nouvelle aristocratie gallo-romaine. Parfois, ces domaines ruraux furent attribués à l'occupant romain.
On voit donc apparaître, dans les provinces conquises, de vastes exploitations agricoles, assurant la mise en valeur rationnelle des terres : les villas.

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La villa gallo-romaine de Montmaurin est située sur la commune française de Montmaurin (département de la Haute-Garonne): jardins et colonade

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La villa gallo-romaine de Montmaurin est située sur la commune française de Montmaurin (département de la Haute-Garonne), Bassin plaqué de marbre

 

Les villas gallo-romaines qui apparaissent en Gaule sont construites sur le modèle des villas italiennes qui ont été édifiées dès le début de l'expansion romaine sur les riches terres de la Campanie. 

Elles comprennent la maison du maître (pars urbana), les bâtiments agricoles (pars rustica) et une ou plusieurs cours. Nous devons aussi mentionner les habitations des serviteurs et des artisans, leurs ateliers, en nombre variable, selon les besoins du domaine et aussi les époques. 
Bâtiments d'habitation et bâtiments agricoles sont groupés autour d'une ou de plusieurs cours ouvertes, en Gaule, alors que ces cours sont fermées en Campanie.
La maison d'habitation possède des dimensions plus ou moins importantes, des aménagements plus ou moins luxueux, selon qu'il s'agit de celle du maître ou bien du régisseur. Au cours des siècles d'occupation romaine, nous voyons la maison d'habitation subir des reconstructions diverses. Au Bas-Empire, la villa a tendance à posséder une maison d'habitation qui tient plus du palais que de la simple maison de maître. Ceci va de pair avec une vie en autarcie de plus en plus totale, et il nous faut voir à l'origine de cette évolution l'insécurité et les troubles occasionnés par les grandes invasions qui obligent la villa et tous ses occupants à un repli de survie sur eux-mêmes. Le maître est celui qui assure la protection de ses paysans et serviteurs, il est aussi celui qui rend la justice. Nous voyons ainsi se profiler la féodalité.
On est toujours frappé par le choix judicieux des sites retenus pour y édifier une villa parfois lieux fortifiés, les villas ont pris la succession d'opida. Le plus souvent, elles étaient situées à flanc de côteau, au milieu d'une pente; protégées des vents froids et, selon les prescriptions des agronomes, offrant de belles vues sur l'ensemble du domaine et le paysage plus lointain, utilisant souvent un jeu de terrasses. L'exigence esthétique joue un grand rôle pour les villas résidentielles, à chaque fois que le relief le permet.

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La villa gallo-romaine de Montmaurin est située sur la commune française de Montmaurin (département de la Haute-Garonne), maquettes en relief

Un autre élément d'attraction est la présence de l'eau, soit rivière, source, nappe phréatique, ou étang. Réserve de pèche, voie de communication, l'eau joue un rôle pourtant moins important que la richesse du sol.

Interviennent également la proximité d'une voie romaine qui passe souvent à une certaine distance; la proximité d'une carrière utilisée pour la construction de la villa et de ses bâtiments annexes.
La plupart des villas gallo-romaines ont donné naissance à des villages, des bourgs, des villes toujours vivants.

PG


Avec l'aide de Wikipédia, du Net, et de : « Autour d'Ecuras. Journal d'Histoire locale, monuments, folklore.
Par Mme Fils Dumas-Delage. »