MAISON-ÉCHOPPE MERCADET PUYMIRO

"L'Echoppe -Bordelaise"dans toute sa splendeur, ici à Puymirol. (Photo: Patrick Garcia)

Ce blog dédié à notre histoire locale, intègre bien sûr tous les patrimoines, et en premier lieu, le patrimoine bâti. En Lot-et-Garonne, cohabitent plusieurs types de maisons. Ces différents styles sont influencés par leurs environnements. Puisque nous sommes à la croisée de plusieurs régions, nous subissons les influences de celles-ci. Parmi ces différents styles, nous visiterons la maison-échoppe :

1- La « maison Grange ».

D’après toutes les recherches des spécialistes, cette typologie où cohabitent l’homme, les bêtes et le matériel, à l’abri sous un immense bâtiment de bois et torchis, nous vient des Landes où il est généralisé, lui-même influencé par la maison de type Basque. En effet, les caractéristiques essentielles de ces maisons sont le colombage et l’auvent sous lequel les travaux et la vie se font à l’abri des intempéries. Chez nous ces « maisons-granges » sont d’une ampleur exceptionnelle. L’étable était à gauche, le fourrage au centre, et les hommes à droite, dans la partie la plus basse du toit, ils profitaient ainsi de la chaleur des bêtes et de l’isolation occasionnée par le stockage des pailles.

2- La « maison à Fronton » de style toulousain est plus diffuse. Elle est surtout présente dans le sud du département, un bel exemplaire est « La Forge » à Montpezat. Le centre de la façade possède un fronton de forme triangulaire au centre qui est la caractéristique essentielle de ces maisons.

3- La « maison Périgourdine » est bien connue. Elle occupe tout le Nord-Est du département. En fait elle porte bien son nom, puisque que c’est la maison caractéristique de la Dordogne. Le toit est souvent en ardoise, et au lieu d’être en pente douce, possède une partie presque verticale où se logent des fenêtres de mansardes, tandis que la partie supérieure est presque horizontale. On dit de ces toits qu’ils sont à « combles brisés ». C’est l’architecte de Louis XIV, Mansart, qui avait développé ce type d’architecture  pour loger les serviteurs dans les combles des palais parisiens, sans empiéter sur la surface au sol des bâtiments.

4- La « maison Caussenarde » prend le pas dans l’est du département, dans la partie occupée par les reliquats du Massif Central, les Causses du Quercy qui occupent la région de Tournon d'Agenais, Masquières… Ce style nous vient de l’Auvergne, du Lot et de la Corrèze, des pays du « froid »… Ici, la partie habitable de la maison est à l’étage. Le plein pied est occupé par la cave, les bêtes, le chai… Les hommes sont à l’étage. On y accède par un escalier extérieur surmonté par un toit, qui en protège le palier : « Lou Balet ».

5- La « maison Echoppe » dit aussi « de vigneron bordelais ».

Son nom, son influence et son style sont empruntés à la maison des vignerons dans les vignobles du bordelais.

C’est la maison la plus simple qui soit ! Imaginez un « sucre » dans le sens de la longueur, ce n’est pas gros un sucre, c’est donc une bonne comparaison ! Plantez-y une porte au centre. Ouvrez la porte… A votre droite, une chambre, à gauche, le séjour. On y cuisine, on y vit. Parfois deux cheminées, une à chaque extrémité, une pour la chambre et une pour la cuisine. Parfois qu’une, celle de la cuisine, qui sert à chauffer l’ensemble et à cuisiner. Autre caractéristique essentielle :

Au-dessus du plafond, un grenier très bas ventilé et éclairé par des ouvertures qui viennent s’implanter à la verticale des portes et fenêtres.

 

 

Pour ce premier rendez vous avec l’architecture locale, nous allons étudier un peu mieux ce style de maison.

LES MAISONS ECHOPPES :

MAISON-ÉCHOPPE MERCADET PUYMIRO

C'est l'archétype de la maison échoppe, ici améliorée du fait de l'adjonction d'un four à pain à droite, "Mercadet" à Puymirol. (Photo: Patrick Garcia)

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Sur cette maqueete que nous avions réalisée de "Mercadet" pour une exposition, j'ai détaillé les principaux élèments de l'habitation , le four était un "plus", du fait que le propriétaire de la maison n'était pas un "brassié" mais un fermier ou métayer. (Photos: Patrick Garcia)

 

Ces maisons très simples, sont donc caractérisées par leur petitesse, leur faible coût, le fait qu’elles sont habitées par une population d’ouvriers agricoles au début, ainsi que de petits salariés à faible revenu. Les seules particularités qui les différencient, sont les ouvertures qui aèrent le grenier. Elles peuvent être rondes (œil de bœuf), triangulaires, carrées, demi-rondes, parfois plus élaborées en forme de cœur… d’étoiles.

 

 

 

La Tourelle à Maurillac

Dans cette petite maison échoppe à Maurillac, prolongée par un auvent, on distingue bien la symétrie de la construction, seul "luxe" utilisé pour égayer le bâtiment. (Photo: Patrick Garcia)

 

MAISON ÉCHOPE À AURADOU

Idem à Auradou.(Photo: Patrick Garcia)

MAISON ECHOPE LAFFITE

Et à Laffite, Ici la porte a été murée en partie et on a alterné les couches de pierres et de briques pour donner un cachet plus sympatique. (Photo: Patrick Garcia)

 

Bien sûr, une autre différence est la couleur et le matériau de construction, elles peuvent être en pierre, en tuiles, ou un mix pierre/tuiles avec des motifs géométriques en arêtes de poissons du plus bel effet. Les chaînages d’angles des murs permettent par leur décoration ou leur volume, de créer des motifs égayant cette petite maison à l’allure souvent triste, comme la condition des habitants qui y logeaient. Des « brassiers » dont la seule richesse était la location de leurs bras et qui occupaient ces maisons durant la saison agricole. Petits ouvriers locataires qui pouvaient, s’ils devenaient plus aisés, quand la famille s’étoffait, agrandir en construisant la même maison en vis-à-vis. Toujours sur le même principe, elle devenait carrée, et non plus rectangulaire, mais l’architecture était semblable. Quand on poussait la porte, il y avait deux chambres à droite et un séjour beaucoup plus grand. Pour les propriétaires un peu plus aisés, il y avait la possibilité de faire une extension à droite, comme à « Mercadet » près de Puymirol. Dans cette extension, siégeait le four du ménage. Extérieurement, le « sucre » était plus long, comportait une porte supplémentaire, mais architecturalement, elle était pareille. On augmentait même le phénomène de symétrie par le jeu des portes et des fenêtres, surmontées à chaque fois, d’une ouverture…

MAISON ÉCHOPE(LA GRÂCE) VUE1

A la"Grâce", cette échoppe s'est "allongée d'une chambre et compte donc trois pièces. (Photo: Patrick Garcia)

MAISON ÉCHOPPE A DEVILLAC

A  Devillac, la pierre abondante a permis de faire de beaux chaînages d'angle et des encadrements. Ici aussi, la porte centrale s'est trouvée murée en partie pour ne plus donner sur une route devenue très passante au fil du temps.... (Photo: Patrick Garcia) 

MAISON ÉCHOPPE CHAPEYROU DEVILL

A Chapeyrou,  la bâtisse s'allonge d'un cellier à gauche. (Photo: Patrick Garcia)

Outre les photos de plusieurs de ces maisons, je vous montre la maquette de celle de « Mercadet ». Avec son intérieur, ses lits, tables, cheminée, four et séjour. Vous appréhenderez mieux la vie dans ce type de maison. Quoique celle de « Mercadet » était bien plus grande que la maison classique à une chambre et un séjour, puisqu’elle avait été doublée, mais dans l’ensemble, elle permet de voir comment vivaient nos ancêtres dans ce type d’habitation. 

Gamot(Bernardie) à SL

Totalement remaniée et même "inversée", cette échoppe de "Gamot" à Sainte Livrade, a vu sa porte devenir fenêtre et ses fenêtres passer en portes! Ceci lors de sa transformation en bâtiment agricole avec adjonction d'un auvent....(Photo: Patrick Garcia)

MAISON ÉCHOPPE ST MÉDARD(ÉGLISE

A St Médard, en pays de Serres,  la porte centrale, a été transformée en fenêtre du fait de la route devenue très passante, donc dangereuse...(Photo: Patrick Garcia)

PATRICK GARCIA