CANAL MAS 923

 

Un si bel univers... (Photo: Patrick Garcia)

 

C'est un des plus beaux endroits que je connaisse... Un univers arboré où la lumière joue à cache-cache entre les platanes séculaires et le miroir d'eau où glissent de temps à autres des bateaux de plaisance, un endroit qui  a vu passer tant et tant de péniches de transport. Cet endroit, vous l’avez deviné, c’est le Canal Latéral à la Garonne, le prolongateur du célèbre Canal du Midi, tous deux relient l’Atlantique à la Méditerranée.

Un havre de paix classé au patrimoine de l’Unesco depuis 1996, du fait justement de la qualité du travail réalisé, le canal du Midi fut le premier canal à être reconnu, mais aussi, et peut être, surtout, par la qualité des paysages engendrés, qui sont unanimement appréciés. En effet, on vient de loin pour s’y balader en bateau, les navigateurs arrivent de tous les pays de l’Europe… Mais heureusement, le plaisir est à la portée de tous, puisque sur des centaines de kms, une véloroute permet de longer cette voie navigable confortablement et sans risque. Pour les amateurs de marche ou de « randonnée » cet itinéraire est un régal, avec des étapes très faciles, planes, donc accessibles aux moins aguerris, entrecoupées de tables permettant de se poser et de se restaurer.

PONT CANAL AGEN 376

 

Le magnifique Pont-Canal d'Agen permet aux bateaux, aux cyclistes et aux piétons qui l'emprumptent, d'enjamber la route et la Garonne!

(Photo: Patrick Garcia)

PONT CANAL AGEN 386

 

De la belle ouvrage! (Photo: Patrick Garcia)

PONT CANAL AGEN 390

Ici en aval du Pont-Canal une aire de croisement pour bateaux et une écluse. 

(Photo: Patrick Garcia)

Au fil de notre périple, nous découvrons de magnifiques ouvrages d’art comme le pont-canal d’Agen, des écluses souvent fleuries, des haltes nautiques et petits ports pour les navigants… Si le canal est « engorgé » à la belle saison, les bateaux s’empilant aux écluses, les promeneurs formant une longue file ondoyante et bigarrée près des haltes nautiques réputées, à Pont des Sables ou Agen… Par contre, sur de nombreux secteurs, l’affluence est plus ténue, ici, on ne rencontre que les véritables randonneurs qui ont laissé leurs voitures à 15 ou 20 kms. Une manière différente de visiter le site est le vélo. Nombreux sont les cyclistes qui se déplacent en groupe avec petite remorque où trône souvent un petit drapeau… Et ici, on est agréablement surpris par les « Bonjour » qui fusent de tout ce petit monde qui s’apprécie mutuellement, et c’est même un petit sacrilège de ne pas le faire, les promeneurs cherchant vos yeux dès qu’ils vous aperçoivent afin d’établir ce fugace lien d’affinité et de politesse…

DAMAZAN 463

Le canal abrite une faune active et une flore chatoyante.... (Photo: Patrick Garcia)

Le canal est le siège d’une faune aquatique qui y attire les pêcheurs de la région, un passe-temps très agréable et reposant dans des lieux réputés pour les amateurs de ce loisir qui y viennent passer la journée en famille. Mais il y a aussi la grande variété des oiseaux aquatiques, de nombreuses nichées de canards colvert peu farouches, des hérons plus méfiants, des martins pêcheurs rapides et splendides…. Les photographes et amoureux de la nature seront ravis….

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Exemple d'agréable étape où lieu de promenade, les jardin du Port de Buzet sur Baïse permettent aux plaisanciers, aux randonneurs et aux visiteurs, de se relaxer ou de prendre un verre dans une ambiance colorée et festive... (Photo: Patrick Garcia)

 

 

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Il y a tous les modèles pour satisfaire les amateurs de glisse fluviale! (Photo: Patrick Garcia)

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Péniches amarées... Les visiteurs sont en visite dans les villages alentours... (Photo: Patrick Garcia)

Les balades estivales sur les bords du canal sont rafraîchissantes, de trois à cinq degrés en moins par rapport à la température à l’extérieur de ce tunnel de verdure qui parfois avoisine les 37 à 40 degrés… Mais il n’y a pas qu’aux beaux jours que le canal est enchanteur…. Allez-y à l’automne, quand les feuillages « prennent feu » et que nous évoluons sur des lits de feuilles de platanes, de chênes ou de noyers… Les abords voient l’arrivée aussi de « glaneurs ». Et oui, le canal rend aussi service!  Il n’y a pas que des platanes, de nombreux noyers déversent leurs cargaisons de noix sur les bas-côtés que connaissent bien les habitués… Mais ces arbres, souvent énormes, perdent après chaque coup de vent, de nombreuses branches qui sont la joie des retraités ou autres amateurs de petits bois pour allumer la cheminée… On le voit, chacun y trouve son compte et c’est tant mieux…. Mais comme nous le verrons plus loin, cette belle mécanique est en danger, un champignon microscopique détruit en quelques années les arbres séculaires… et cette lèpre pourrait arriver, à terme, à mettre en péril, non seulement le paysage et le cadre environnemental, mais aussi, le classement à l’Unesco de ce site prestigieux. J’ai reproduit un texte accordé à la Dépêche, récemment, par Robert Marconis, géographe et professeur émérite des universités qui lance un cri d’alerte à ce sujet…

POUR EN SAVOIR PLUS :

CANAL MAS 923

Le canal, un hâvre de paix...(Photo: Patrick Garcia)

CANAL MAS 917

Rencontre tout en silence avec une péniche qui participe, elle aussi, au charme de l'endroit... (Photo: Patrick Garcia)

CANAL MAS 145

La véloroute du canal, ici, au Mas, de quoi rouler en toute sécurité et à l'ombre rafraichissante... (Photo: Patrick Garcia)

CANAL MAS 143

Des kilomètres de randonnées à votre disposition.... (Photo: Patrick Garcia)

Le canal de Garonne, toujours nommé canal latéral à la Garonne dans les textes et documents officiels, est un canal français de petit gabarit datant du XIXè siècle qui relie Toulouse à Castet-en-Dorthe (Gironde) près de Bordeaux. Il est l'indispensable prolongement du canal du Midi qui relie la Méditerranée à Toulouse. L'ensemble forme le canal des deux mers qui relie la mer Méditerranée à l'océan Atlantique.

Description:

Le canal de Garonne se situe dans le sud-ouest de la France Il longe alternativement la rive droite puis la rive gauche de la Garonne, qu’il franchit à Agen par le pont-canal à Agen. Long de 193 km, le canal de Garonne est relié en amont au canal du Midi à Toulouse, et débouche dans la Garonne à  Castet-en-Dorthe (Gironde), à 54 km au sud-est de Bordeaux, point où elle  est navigable grâce à l’effet de la marée.

Le canal de Garonne possède aussi des liaisons avec :

•      le Tarn par le canal de Montech, comportant 10 écluses,

•      la Baïse,

•      le Lot, par l'intermédiaire de la descente en Baïse de Buzet et un parcours de 4 km en Garonne.

Le canal est alimenté en eau par deux prises d'eau dans la Garonne :

•      le canal de Brienne

•      la rigole de Laboulbène, à Agen (souterraine)

Le canal en chiffres

Exceptées les cinq écluses de Montech doublées par la pente d'eau éponyme (1974), toutes les écluses ont une longueur de 40,5 m pour une largeur de 6 m. Les écluses de Montech ont gardé l'ancien gabarit de 30 m.

83 ponts franchissent le canal. Ils furent tous reconstruits en 1933 pour s'adapter à la circulation moderne.

Largeur: 18 m au miroir;

Longueur totale: 193 km + 10,5 km (embranchement de Montauban);

Nombre d'écluses: 53 + 11 (embranchement de Montauban);

Différence de niveaux: 128 m

Mouillage: 2,20;

Tirant d'eau: 1,80 m;

Hauteur libre sous ouvrages: 3,60.

GENESE DU PROJET :

CANAL CASTET LA FIN 884

Sortie de la dernière écluse du canal, elle donne sur la Garonne à Castet (33). (Photo: Patrick Garcia)

CANAL CASTET LA FIN 898

Entrée de cette même écluse de Castets. (Photo: Patrick Garcia)

CANAL CASTET LA FIN 900

 

 

Sur la maison éclusiére de Castets, les marques repères des précédentes crues!!!!! .... (Photo: Patrick Garcia)

Avant que le canal dit « des deux mers » ne soit construit, la liaison entre « les deux mers » nécessitait de naviguer le long des côtes espagnoles, en passant par le détroit de Gilbraltar. Ce périple, long de plus de trois mille kilomètres, obligeait les navigateurs à braver les tempêtes et les attaques des pirates.

Néron et Auguste,  dans l'Antiquité, puis Charlemagne jusqu'à Henri IV ont l'ambition de construire un canal permettant d'éviter ce long détour. Chacun d'eux a demandé d'en faire l'étude et de nombreux projets ont vu le jour, mais aucun n'assurait la faisabilité de cette jonction. La grande difficulté réside dans l'alimentation en eau du canal qui doit recevoir une quantité d'eau suffisante en son point le plus haut, c’est-à-dire au niveau de la ligne de partage des eaux entre Atlantique et Méditerranée, pour assurer une navigation constante.

Entre 1614 et 1662, sous l'impulsion de Louis XIII et Louis XIV, cinq projets voient le jour mais aucun ne résout le problème d'approvisionnement en eau du canal. C'est en 1662, que Pierre Paul Riquet, en s'inspirant de la théorie d'Adam de Craponne, mise en pratique au début du même siècle par Hugues Cosnier, pour le « canal de Loyre en Seyne »  cherche à amener l'eau à l'endroit culminant de ce qui sera le canal du Midi (entre Toulouse et Sète), en un point de partage, au Seuil de Naurouze, afin qu'elle s'écoule de part et d'autre, vers la Méditerranée et vers l'Atlantique. Sa connaissance de la Montagne Noire,  et de ses cours d'eau l'amène à imaginer un système d'alimentation basé sur le détournement de l'eau par le captage de plusieurs ruisseaux et rivières.

Réalisation du canal:

 

Lorsque  Pierre Paul Riquet acheva en 1681 le canal Royal du Languedoc (nom, à l'époque, du Canal du Midi) entre Sète et Toulouse, il avait l'idée de continuer le canal en direction de l'Atlantique : le futur canal latéral à la Garonne. Cependant, les agrandissements successifs du château de Versailles et les fastes de Louis XIV, ont vidé les caisses du royaume et le projet fut rapidement abandonné, faute de moyens. Pendant encore près de deux siècles, on se contentera de la Garonne, malgré ses caprices.

Ce n'est qu'en 1828 qu'une ordonnance prescrit l'étude des travaux à entreprendre. L'étude est achevée en 1830. La France est dans sa révolution industrielle et il est vital pour son développement de créer des axes de communication pour la circulation des matières premières. C'est l'objet des lois du « plan Becquey » de 1821-1822. Cependant, ce n'est qu'en 1832 que l'État accorde la concession perpétuelle à la société privée Magendie-Sion détenue par le Sieur Doin. La loi instaurant la construction du Canal Latéral à la Garonne prévoit l'approvisionnement par les eaux de la Garonne transitées par le Canal de Brienne. Toutefois, le Sieur Doin ne respectant pas les engagements pris, l'État le déchoit de ses droits, déchéance qui sera relevée par la loi du 9 juillet 1835 et qui fixe de nouveaux délais. Le Sieur Doin décèdera avant même le commencement des travaux.

Une troisième loi en 1838 alloue une somme de cent mille francs aux héritiers du Sieur Dion et l'État rachète les pièces du projet pour cent cinquante mille francs. Le projet est alors confié par l'État à l'inspecteur Divisionnaire des Ponts et Chaussées Jean Baptiste de Baudre en 1838 avec un budget de quarante millions de francs. Les travaux commencent en plusieurs points simultanément et des milliers d'ouvriers vont construire les quelques 193 km de voie fluviale, réalisant des ouvrages remarquables comme le fameux pont canal d'Agen.

En 1844, le tronçon Toulouse-Montauban (par le canal de Montech) est ouvert. Le canal est ouvert à la navigation en amont de Buzet su Baïse en juin 1853 et achevé en mai 1856.

Le canal jusque dans les années 1970:

Le canal fut achevé au même moment que la ligne de fer Bordeaux- Sète, qui empruntait le même axe. La gare d'Agen accueillit ses premiers convois en 1857.

À ses débuts, le train n'était pas compétitif avec le transport fluvial. L'État commit l'erreur de concéder en 1858 le bail d'exploitation du Canal Latéral à la Compagnie de Chemin de Fer du Midi, le concurrent direct des bateliers. Cette dernière augmenta alors les taxes sur le transport fluvial et lorsque la concession lui fut retirée en 1898, le mal était fait. En effet, entre 1850 et 1893, le  fret avait diminué des deux tiers.

Cependant, jusque dans les années 1970, la vocation du Canal Latéral à la Garonne était essentiellement économique et concernait le transport de marchandises en particulier.

Le canal depuis les années 1970:

C'est au cours de ces années-là, donc très tardivement, que le canal est mis au gabarit Freycinet, alors que l'on projette de faire de même pour le canal du Midi, pour faire face au déclin croissant du trafic commercial sur l'ensemble des deux canaux. Mais une autre sorte de trafic voit alors le jour, qui permet de sauver la liaison des deux mers : le tourisme fluvial.

Celui-ci se développe énormément à partir des années 1970, les bateaux amenant les visiteurs à la rencontre d'un cadre naturel et historique exceptionnel. Le classement, en 1996, du canal du Midi à l'inventaire de l'Unesco accroîtra encore cette tendance, et son voisin latéral à la Garonne en bénéficiera.

Plus de la moitié de l'activité de tourisme fluvial est concernée par la location de bateaux sans permis : près de 1 000 bateaux font le transit de la Méditerranée à l'Atlantique (et inversement) chaque année. Les bateaux pour passagers, conduits par des professionnels proposent des prestations diverses : péniche-hôtel, bateau-restaurant, bateau-promenade…

De 12 bateaux en 1970, la flotte touristique compte aujourd'hui 450 bateaux et induit 500 emplois permanents. L'impact économique de cette activité est important entraînant une augmentation de 10 à 60 % des secteurs d'activités des villes et villages riverains du canal. Quant à son chiffre d'affaires, il est d'environ 26 millions d'euros par an.

Ouvrages d'art:

Le long du canal, les paysages et les cités diverses de la Moyenne Garonne se succèdent ainsi que les ouvrages d'art. Les principaux ouvrages d'art sont :

•      Les écluses : le canal comptait à l’origine cinquante-six écluses, auxquelles s’ajoutent les quatre écluses assurant la liaison avec la Garonne à Castets-en-Dorthe.

•      La pente d'eau de Montech: cette réalisation originale, mise en service en 1974, double cinq écluses. Elle est l'œuvre de l'ingénieur Aubert, auteur également de la pente d'eau similaire de Fontsérannes, à Béziers, mise en service 10 ans plus tard.

•      Les ponts-caneaux : sept ponts-canaux permettent au canal de franchir la Garonne et ses  affluents. Le plus important, long de plus de 500 mètres et comptant vingt-trois arches, est le Pont-Canal d'Agen. Les autres ponts-canaux permettent de franchir notamment le Tarn (Pont-canal du Cacor) et la Baïse (Pont Canal sur la Baïse).

(Pioché dans Wikipédia, l’encyclopédie en ligne)

UNE VOIE VERTE POUR LES AMOUREUX DE LA NATURE :

CANAL MONHEURT 525

Sur tous les ouvrages d'art, un panneau indique le point kilométrique, permetant de se situer à tout moment par rapport à sa destination ou à son point de départ... (Photo: Patrick Garcia)

CANAL MONHEURT 519

Bucolique.... (Photo: Patrick Garcia)

CANAL AUTOMNE 013

 

 

Même l'hiver , le canal est spectaculaire par ses alignements de platanes. (Photo: Patrick Garcia)

Il est désormais possible de relier l’océan Atlantique à la mer Méditerranée non seulement en bateau, mais également en vélo en empruntant successivement et sur une distance supérieure à 500 km :

- la voie verte

- le chemin de halage

- la véloroute

L’itinéraire qui longe le canal du Midi sur environ 400 km permet de manière très agréable, à pied ou à vélo et à son rythme, de découvrir ou de redécouvrir des sites prestigieux, des paysages de qualité, mais aussi d’accéder à des lieux un peu oubliés, aussi préservés que pittoresques.... de faire des rencontres avec les gens du pays.

La voie verte :

Une voie verte est une route exclusivement réservée à la circulation des piétons et des véhicules non motorisés (vélos, rollers, trottinettes...).

Les voitures, les mobylettes, les motos, les quads, les tracteurs et tous véhicules à moteur y sont strictement interdits de circulation, de stationnement et d’arrêt.

Dans le cadre du tourisme, des loisirs et des déplacements de la population locale, une voie verte doit être : accessible au plus grand nombre, sans grande exigence physique et sécurisée.

- Facile d’accès : la pente, faible ou nulle, permet l’utilisation par tous les types d’usagers, y compris les personnes à mobilité réduite.

- Sécurisé : grâce à sa séparation physique des routes fréquentées par les engins motorisés (voitures, motos…).

- Respectueuse de l’environnement, de la culture et du patrimoine des lieux traversés.

Le chemin de halage :

Le chemin de halage est situé le long de la berge du canal du Midi pour, à l’origine, permettre à des attelages de remorquer par câble un bateau circulant dans le canal. Pour les vélos, le revêtement des chemins de halage est assez inégal, certains secteurs sont très roulants d’autres plus accidentés peuvent conduire à mettre pied à terre.

La véloroute :

La véloroute est un itinéraire cyclable jalonné, mais qui emprunte les routes « partagées », c’est-à-dire fréquentées par les véhicules motorisés (voiture, moto…). Cependant, une Véloroute veille à privilégier les petites routes tranquilles dans un environnement agréable et en évitant les dénivelés excessifs.

 

LA DEPÊCHE DU MIDI

Patrimoine : «Le Canal du Midi est en danger»

cavité

 Tout au long du canal, des arbres malades qui menacent "ruine"... (Photo: Patrick Garcia)

Publié le 20/03/2013 à 08:09 | 

« À l'occasion d'une conférence-débat hier, Robert Marconis, géographe et professeur émérite des universités, a exprimé ses inquiétudes s'agissant de l'avenir du Canal du Midi. En l'état, il craint un déclassement de l'ouvrage du Patrimoine de l'humanité de l'Unesco.

Au lendemain du démontage des grilles qui bouclaient l'accès au Canal du Midi depuis 5 ans à proximité de la gare Matabiau, Robert Marconis qui animait hier une conférence-débat a jugé «incertain» l'avenir de cette voie d'eau historique. Et dans «la Dépêche du Midi», le géographe et professeur émérite des universités met en garde les collectivités sur un éventuel déclassement de l'ouvrage par l'Unesco...

Vous êtes un infatigable défenseur du Canal du Midi. Que vous inspire le démontage des grilles posées voilà cinq ans le long des berges, sur le boulevard de Bonrepos ?

C'est un signal encourageant, mais c'est assez anecdotique au regard de la somme de travail, de volonté et d'argent qu'il faut mobiliser si l'on veut inscrire cet ouvrage patrimonial exceptionnel dans le futur. En 1996, les Assises de Revel étaient justement destinées à éviter la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui. Mais il faut croire que les presque vingt années qui se sont écoulées n'ont pas servi à grand-chose, car à ce jour, l'avenir du Canal reste incertain.

Quelles menaces pèsent, selon vous, sur cette voie d'eau historique ?

Elles sont de plusieurs ordres. Il y a le fléau écologique, avec l'attaque des platanes par le chancre coloré. Il y a la menace environnementale, avec des aménagements qui, comme à Ramonville ou Toulouse par exemple, défigurent l'ouvrage et ses abords. Évoquons aussi le risque politique, avec des collectivités qui conçoivent une exploitation économique et touristique à leur échelle, mais sans vision d'ensemble. La perte de l'identité du Canal est un risque qui nous guette. Enfin, et c'est la conséquence du scénario noir que je viens de décrire, l'Unesco qui a classé cette voie d'eau au Patrimoine de l'humanité pourrait lui retirer son label.

À quelles solutions pensez-vous pour sauvegarder cet élément majeur du patrimoine régional ?

Je pense d'abord qu'État et collectivités doivent cesser de tergiverser sur qui fait quoi. Le premier veut se délester de cette charge, les secondes veulent bien en hériter, mais après sa remise en état. Ensuite, les trois régions concernées doivent se regrouper au sein d'un Parlement pour définir un projet global. Que fait-on du Canal, à quelle vocation le destine-t-on, entre transport commercial, transport touristique ? J'encourage aussi les villes que l'ouvrage traverse à engager une réflexion sur sa valorisation. J'ai suivi de près les projets de l'urbaniste catalan Joan Busquets pour Toulouse, et je constate, hélas ! que la volonté de réconcilier la cité avec son fleuve, la Garonne, ne se vérifie plus lorsqu'il s'agit du Canal. J'admets toutefois que l'opération urbanistique destinée à accompagner l'arrivée du TGV à Toulouse n'a pas encore commencé. Or la gare est l'une des portes d'entrée principales dans la ville, et elle débouche sur le Canal. La façon dont il sera traité à la faveur du réaménagement du plateau Matabiau/Marengo aura incontestablement valeur d'exemple et pourra constituer le point de départ de la réhabilitation globale du Canal du Midi. »

Propos recueillis par Lionel Laparade.

UNE MALADIE INCURABLE : UN APPEL AU DON

P7208480

 

Sauver ce patrimoine pour y sauver aussi sa flore et sa faune.... (Photo: Patrick Garcia)

 

CANAL AUTOMNE 014

Reflets dans le miroir d'eau... (Photo: Patrick Garcia)

« Les 42 000 platanes qui bordent le canal du Midi sont menacés de disparition… Le chancre coloré est un champignon microscopique qui se loge à l’intérieur de l’arbre et bloque ses canaux de sève. Ainsi, il parvient à tuer un arbre en seulement 2 à 5 ans.

La maladie se propage par contact : soit par les racines (très imbriquées), soit par blessure  due au frottement des bateaux contre le réseau de racines des platanes lors d’amarrage en dehors des sites aménagés ou directement sur les arbres.

La propagation est rapide et malheureusement sans remède. Après de longues recherches,  l'INRA (Institut national de la recherche agronomique) a conclu que la maladie ne pouvait être combattue ni chimiquement ni biologiquement. Si les protocoles d’expérimentation pour la sauvegarde des arbres sains continuent, il n’existe à ce jour qu’une seule solution pour l’endiguer : abattre et brûler les arbres touchés. Malgré les efforts de prévention, environ 4 200 arbres ont été abattus entre 2006 et début 2013, répartis en 635 foyers. L’urgence de la situation exige la mobilisation de chacun d’entre nous !

Par votre don, contribuez dès aujourd'hui au programme de replantation du canal du Midi qui courra jusqu’au printemps 2014 pour replanter 1 000 arbres.

Pour sauver le canal, votre don est vital ! En faisant un don à « Voies navigables de France », vous bénéficiez d'une déduction fiscale :

Si vous êtes un particulier, 66 % du montant de votre don est déductible de votre impôt sur le revenu, dans la limite de 20 % de votre revenu imposable.

Si vous êtes une entreprise, 60 % du montant de votre don est déductible de votre impôt sur les sociétés, dans la limite de 0,5 % de votre chiffre d'affaires. »

ANNEXE:

Visitez virtuellement le canal en suivant ce lien ou en le copian dans votre navigateur:

http://www.canal-et-voie-verte.com/?lang=fr

La voie verte du canal avec ses écluses et ports:

http://www.tourisme-lotetgaronne.com/UserFiles/File/voie-verte.pdf

 

Le canal sur Wikipédia:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Canal_de_Garonne

 

(Textes à venir: Visite commentée d'une maison forte troglodyte et le hit parade des noms et prénoms en Lot et Garonne et en France...)

 PATRICK GARCIA