Lors de mes balades estivales, je suis tombé amoureux d’un village magnifique, Cordes sur Ciel. J’y ai fait la connaissance d’un habitant qui a bien voulu passer du temps à me faire visiter « son village », classé par les spectateurs de France2 « Plus beau village de France 2014 », un titre loin d’être usurpé.

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    C’est vrai que la vision de ce piton qui sort des brumes, comme une île au beau milieu de « nulle part », en ce début d’automne lumineux, m’a donné un coup au cœur et m’a séduit au plus haut point .

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Cordes-sur-Ciel (81170):  Le village jaillit comme une île de son piton dans une mer de nuages. (Photo du Net)

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Cordes-sur-Ciel (81170): Autre vue  générale. (Photo: du Net)

Cette ville aux 5 enceintes fortifiées, est un exemple dans le monde des villages fortifiés , puisque une grande partie de sa structure défensive, ses portes, ses murailles, et ses vieilles maisons et ruelles, sont sauvegardées.

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Cordes-sur-Ciel (81170): (Plan de l'O.T.)

    C’est un paradis pour les amateurs de maisons anciennes, dont de nombreuses sont encore pourvues des sculptures qui les décoraient, des arcades où se déroulaient les commerces qui les ont fait vivre aux siècles de leur magnificence, et des ouvertures à meneaux et vitraux qui ont fait leur notoriété .

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Cordes-sur-Ciel (81170): La renommée de Cordes est surtout assurée par la richesse des décorations des maisons bourgeoises, ici, celle "du Grand Veneur". (Photo: Patrick Garcia)

     Mais l’essentiel n’est pas là…. Ce sont les ruelles et pavages, passages souterrains, andrones, maisons sur corbeaux, lieux de vie pérennisés, les traces intangibles d’une vie et d’une richesse consacrées au commerce du cuir et aux tissus.

   Je m’y suis promené des journées entières, j’ai apprécié les grâces des coins et recoins, des rues autrefois grouillantes de vie, maintenant vouées au souvenir et aux touristes. Mais des endroits sont encore, même au sein de la cité, pleins de charmes et tels qu’ils étaient il y a encore quelques siècles. Cordes sur Ciel est un « casse-pieds » pour les touristes innombrables en toute saison. Il faut payer pour se garer ! Pas un endroit, ou si peu, où il ne faut ouvrir le porte-monnaie, à l’image de Conques où des autres grands sites du genre…

     Mais ici, peu ou pas d’industrie, la contribution des visiteurs est le moyen pour entretenir ce joyau du moyen-âge, alors, on cède volontiers à cet « impôt » qui permet à la municipalité de garder le village propre et « dans son jus ».

      Pour une fois, je ne vais pas faire un commentaire, comme habituellement lors de mes pages précédentes. Mon ami m’a permis de lire un livre écrit par l’éminent historien local, CHARLES PORTAL, dans sa publication « CORDES-SUR-CIEL, Histoire et Architecture » par la Société des Amis du Vieux Cordes.

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Cordes-sur-Ciel (81170): Charles Portal, par qui la renommée est arrivée, grâce à son oeuvre historique et à ses écrits.

Je me suis appliqué à recopier une partie de son texte si éloquent, étant bien entendu que ces lignes sont les siennes, je n’apporte que mes photos en regard de son texte si précis, le but étant de valoriser la Cité, et par là, le fruit du travail de l’auteur.

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Cordes-sur-Ciel (81170):  La jaquette de l'oeuvre d'où je me suis appuyé pour diffuser ces photos. (Repro: Patrick Garcia)

   Mes photos vont essayer de vous donner envie d’aller visiter ce monument de la civilisation moyenâgeuse, son texte, en tout cas, va vous y transporter. Un musée portant le nom de notre conteur, permet de se rendre compte de la reconnaissance des cordais envers ce chercheur à présent disparu.

 

Voici cet article un peu long, au goût peut-être de certains d’entre vous, mais je ne me suis pas senti le droit de trancher ce texte dans ses parties vives. Mais il y a encore beaucoup à lire dans ce livre que je vous conseille d’acquérir !  Alors, bonne découverte, surtout, prenez date et allez voir Cordes  l’Irremplaçable…

 

Voici la biographie de ce chercheur :

Charles Portal (1862 - 1936) est un archiviste départemental, conservateur des antiquités et objets d'art du Tarn, président de la Société des Sciences, des Arts et des Lettres.

Charles Portal a été à l'origine de la reconnaissance de nombreuses richesses architecturales de l'Albigeois dont le site de Cordes, « conservatoire de l'architecture civile des XIIIe et XIVe siècles ».

Né à Castelnau-de-Montmirail, ville de son père, Cordais par sa mère - il héritera de sa maison -, il est passionné par Cordes, son histoire et ses édifices qu'il appelle sa « petite patrie ». Il écrit plusieurs ouvrages sur Cordes dont l'incontournable Histoire de Cordes qui reste encore aujourd'hui la référence.

Il a fondé en 1904 la Société des Amis du Vieux Cordes, une association loi 1901, avec pour but la sauvegarde du patrimoine de Cordes et de sa région. Cette association a progressivement acheté les 4 portes de ville de la cité (porte des Ormeaux, porte de la Jane, portail Peint, porte du Vainqueur) et la maison dite Fabre afin d'éviter leur destruction programmée soit pour permettre l'amélioration de la circulation dans la ville soit que ces édifices menaçaient ruine.

Il a également créé en 1932 le musée qui porte désormais son nom.

Pour éviter leur démantèlement et la vente des pierres à des entrepreneurs étrangers, il a fait classer Monument Historique deux belles maisons gothiques de la ville de Cordes.

Il a également permis la réouverture du puits de la Halle et l'installation de la margelle.

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Cordes fut fondée en 1222 par le comte de Toulouse Raymond 7 qui succédait juste à son père .

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Cordes-sur-Ciel (81170):  Sceau de Raymond 7, comte de Toulouse. (Repro: Patrick Garcia)

Le pays était dans la désolation après la terrible guerre des Albigeois, car les croisés avaient pillés à plusieurs reprises les campagnes, brûlés et saccagés maintes localités alentours, Saint Marcel, notamment. Les populations appauvries restaient sans défense, à la merci d’un ennemi quelconque. Aussi, importait-il au jeune comte de leur procurer au plus tôt, dans cette région de Saint Marcel, un abri sûr et, pour lui et les siens, d’y créer en même temps, un centre possible de résistance. Dans ce but il octroya ladite année, une charte de privilèges aux personnes qui viendraient habiter la bastide en construction sur le puech appelé de « Mordagne ».

   Cordes (Cordoa, Cordua, Corduae, parfois Corduba) offre une singulière consonance avec celui de la ville espagnole de Cordoue. Les cordais furent autorisés en 1273, à tenir une foire le jour de la fête annuelle de St Barthélemy, patron des tanneurs. Au milieu du siècle suivant, le roi Jean leur permit de reconstruire une halle pour leur commerce des étoffes et des cuirs. Ces rapprochements sembleraient autoriser l’hypothèse d’une étroite relation entre le nom de la bastide et l’industrie de la tannerie. Peut- être avant 1222, des ateliers pour le traitement des peaux étaient-ils établis, comme de nos jours, sur les bords du Cérou, au bas du puech de « Mordagne ».

   La nouvelle bastide prospéra rapidement. 7 ans après sa fondation, il était stipulé dans le traité de Paris, qu’elle serait remise au roi avec quelques autres places réputées les plus fortes de la région, comme Penne ; le comte devait rester prisonnier au Louvre jusqu’à leur livraison .

LouisIX et Raymond VII qui vient se soumettre

Cordes-sur-Ciel (81170): Raymond 7, à genoux, se rend à St Louis.  (repro: Patrick Garcia)

          Après 1229, la partie de l’Albigeois au Nord du Tarn, devint une sénéchaussée qu’on rattacha ensuite à celle de Toulouse, puis à celle du Rouergue et finalement, en 1262, à celle de Toulouse.

        Si rien ne prouve que Raymond 7 ait habité Cordes, tout au moins y séjourna-t-il plus ou moins longtemps, à plusieurs reprises, ainsi qu’il résulte d’actes de son autorité, datés de ce lieu. Quand il fut mort en 1249, ses domaines passèrent à sa fille, jeanne, qui, suivant une clause du traité de Paris, avait épousée Alphonse de Poitiers, frère du Roi Louis 9. Du décès de Jeanne et de son mari, en 1271, à la réunion du Languedoc à la Couronne, en 1361, le roi fut comte de Toulouse. Cordes n’a donc eu d’autres seigneurs que Raimond 7, sa fille et les rois de France.

L’INQUISITION :

       On sait que la localité a été un des foyers de l’Albigéisme (nom donné à ses débuts, à l’hérésie Cathare), ce qui n’est nullement surprenant vu les événements qui avaient précédés sa naissance. Dans une contrée dévastée par les hordes de Simon de Montfort, l’amour du sol natal devait s’allier à une certaine sympathie pour les compatriotes victimes de leur attachement à la religion cathare. Dès que de solides murailles eurent couronné le sommet de la colline cordaise, maints hérétiques vinrent sans doute chercher abri dans le castrum.

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Cordes-sur-Ciel (81170): On ne peut pas comprendre l'édification de telles fortifications sans connaître les guerres contre les cathares. (Repro: Patrick Garcia)

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Cordes-sur-Ciel (81170): Les sacs succèdent aux massacres, les habitants se mettent à l'abri derrière leurs remparts. (Repro: Patrick Garcia)

deux cathares exécutés par les dominicains

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Pour les armées catholiques, le bucher était de règle avec les hérétiques.(Repro: Patrick Garcia)

     D’interrogatoires subis par les « Faidits » au cours du 13ème siècle, il ressort que, dès 1226, des cathares y établirent un atelier de tissage, sorte d’école hétérodoxe ou, dans tous les cas, lieu de rendez-vous d’apôtres de la croyance à une double divinité, bonne ou mauvaise.

Il a souvent été rapporté, qu’en 1233, trois inquisiteurs furent précipités dans le puits »de 100 mètres de profondeur » creusé sous la halle actuelle .

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Cordes-sur-Ciel (81170): Ces inquisiteurs (ici dans le Nom de la Rose) ont laissé un souvenir épouvantable... (Repro: Patrick Garcia)

Suivant la légende, l’insurrection marquée par ce triple meurtre, aurait été provoquée, par l’exécution d’une personne des environs de Laguépie, de Sommard, suspecte ou convaincue d’hérésie. Il est regrettable, si l’on tient aux légendes, que celle-ci ne repose sur aucune donnée sérieuse. Elle n’est pas antérieure au milieu du 17ème siècle et la paternité en revient à un dominicain, Giffre de Réchac, qui, travaillant à une histoire de son ordre, à Bordeaux, a dû confondre lieux et dates. Car un événement aussi grave eut laissé quelques traces dans les documents du temps, notamment dans la chronique des années 1229 à 1237, due à Guilhem  Pélisson, qui exerça l’office d’inquisiteur à Albi…

LE MOYEN ÂGE :

      Une fois le catharisme dompté, l’apaisement général qui en résulta et qu’affermit la sage administration du frère du roi Saint Louis, Alphonse de Poitiers, eut pour effet de pousser au plus haut point la prospérité de la ville. Fin du 13ème fut construite l’église paroissiale St Michel .

 

 

 

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Cordes-sur-Ciel (81170): La place de l'Église. Photo: Patrick Garcia)

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Cordes-sur-Ciel (81170): Le clocher-tour de St Michel. Photo: Patrick Garcia)

A cette même époque et jusqu’au premiers tiers du 14ème siècle, de nombreux bourgeois enrichis par le commerce, bâtirent ces belles maisons aux façades de grès, dont l’ordonnance et la décoration sculpturale excitent à juste titre notre admiration .

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Cordes-sur-Ciel (81170): Toujours la maison dites "du Grand Veneur", une des plus belles. Les ferrures sur les façades, en équerres, terminées par un anneau, permettaient de fixer des "velum", sorte de auvents protégeant du soleil. Photo: Patrick Garcia)

Selon toute vraisemblance, la population atteignit à cette époque le chiffre de 5 000 à 5 500 âmes. Ce fut l’âge d’or de la localité, dont le bien-être, on peut dire l’opulence, avait été le fruit d’une activité industrielle et commerciale favorisée par la paix et peut-être aussi, par l’éloignement ou l’affaiblissement momentané de centres de concurrence.

    Si la région albigeoise n’a été à aucun moment le théâtre de la Guerre de 100 Ans, elle n’a pas échappé aux conséquences de toutes natures de cette longue période de défaites et de désarroi. Des incursions de bandes de pillards ont gêné les transactions : » les compositions » à payer aux routiers, les nombreux et lourds subsides à verser au roi ou à ses lieutenants, de terribles épidémies de peste, celle notamment de 1348 qui ravagea une partie de l’Europe, ont contribué à affaiblir le chiffre et les ressources de la population cordaise.

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Cordes-sur-Ciel (81170): Malgré l'étroitesse du bourg, des jardins prés de la Tour de "Colen"(Photo: Patrick Garcia)

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Cordes-sur-Ciel (81170): Malgré l'étroitesse du bourg, des jardins prés de la Tour de "Colen"(Photo: Patrick Garcia)

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Cordes-sur-Ciel (81170): La Tour de "Colen"(Photo: Patrick Garcia)

    Au 15ème siècle, la ville s’est trouvée mêlée à la querelle de deux prétendants à l’évêché d’Albi, Bernard de Cazilhac, l’élu du chapitre de la cathédrale et du concile de Bâle, et Robert Dauphin, désigné par le roi. Or, Dauphin était un étranger, tandis que la famille de Cazilhac possédait la seigneurie de Milhars, toute proche de cordes, et comptait maints partisans dans le voisinage. Aussi les cordais furent-ils assez naturellement amenés à se ranger du côté de Cazilhac. Mal leur en prit. Menacés un moment par Rodrigue de Villandrando, le fameux aventurier alors aux gages de l’adversaire, ils n’évitèrent ce péril que pour subir le pillage de troupes envoyées par le roi. Cazilhac étant venu se réfugier dans leurs murs, ils crurent se tirer d’affaire en laissant pénétrer dans la place, une poignée de ces gens d’armes, trahison qui ne servit à rien, car la ville fut mise à sac et le malheureux prétendant eut tout juste  la ressource de s’évader en chemise à la faveur de la nuit. Ces événements avaient lieu en mars 1437. Le mois suivant, la communauté dut obtenir à chers deniers des lettres royales de rémission pour avoir soutenu- assez mal cependant- la cause de Cazilhac.

  Le conflit épiscopal se continua devant la cour de justice. Néanmoins, l’ordre ne renaquit pas immédiatement dans l’Albigeois. Peu de temps après, en 1439, le dauphin Louis (Louis 11) se rendait dans le Languedoc afin d’y faire cesser vols et pillerie. A cette occasion il passa à Cordes, le 23 octobre ; il y était encore(ou de nouveau) le 26.

   Mais le milieu de ce siècle, qui coïncide avec la fin de la guerre avec les Anglais, est marqué par un évident retour à un bien-être relatif. C’est ce qui ressort de la considération même des dépenses peu ordinaires engagées à cette époque pour la réfection totale de la nef de l’église paroissiale, pour la reconstruction d’une église rurale (Saint Pierre de Crantoul, disparue), pour la réparation de la maladrerie (dont il ne reste que les vestiges près des Cabannes).

    Les guerres de Religion.

 De ces temps à ceux des guerres civiles religieuses, l’intérêt des annales locales est médiocre. Quelques épidémies de peste, des violences de malfaiteurs qui, de temps à autre, « mangent la poule du pauvre peuple », le passage (probable, en 1553, de François 1er dans la vallée du Cérou, quand ce roi se rendait de Monestiés à Albi, tels sont les seuls détails qui se rapportent à cette époque.

   Les discordes de la fin du 16éme siècle vont engendrer des épisodes plus notables. Cordes, qui, jadis, avait été fortement compromise dans l’Albigéisme, se montra cette fois très attachée, la Réforme ne parvint à recruter que de rares adeptes parmi ses habitants. Cette préférence lui valut d’être en butte aux attaques des huguenots qui, à deux reprises, en 1568 et 1574, s’en rendirent maîtres et y commirent toutes sortes d’excès. Le 9 septembre 1568, le baron de Paulin, qui venait de s’emparer de Gaillac, pénétra dans la place à la faveur d’une capitulation dont les clauses, ainsi qu’on en usait fréquemment alors, ne furent pas respectées. Le couvent des Trinitaires, leur chapelle et leur hôpital furent rasés,

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Cordes-sur-Ciel (81170): Restes de la chapelle des Trinitaires. Photo: Patrick Garcia)

on incendia l’église St Michel. Après s’être acharné à endommager les fortifications, l’ennemi se retira en mettant le feu à une des portes de la ville.

   6 ans après, dans la nuit du 22 au 23 mai 1575, un capitaine protestant du nom de Peyrole, originaire de Bruniquel, tout à côté, s’introduisit, avec ses gens, dans le « fort », c’est-à-dire la « ville haute », la bastide. Toutefois, une partie de la population organise une résistance énergique et , tandis que le chef des agresseurs se promenait la nuit dans son logis, un des défenseurs, muni d’une arquebuse, « tire droit à l’ombre marquée à la muraille opposée, de sorte qu’il perça la vitre et donna dans le corps de Peyrole, de quoi, les soldats avertis, éparpillés dans les maisons particulières, prennent l’épouvante et quittent la ville » Durant 2 siècles, une procession a été faite tous les ans, le 24 mai, pour fêter la « délivrance » de la localité.

   Fidèles à leur politique catholique, les Cordais adhéraient ensuite à la Ligue. Ils ne daignèrent reconnaître Henri 4 qu’en 1595, alors que ce roi avait déjà abjuré depuis 2 ans, le protestantisme.

 

    Les guerres de religion avaient provoqué de continuelles alarmes, entrainé des violences et abus de toute sorte, tant du fait de l’ennemi que de celui des troupes chargées de le combattre. Les dépenses considérables que nécessitait une pareille situation, s’étaient encore augmentées à l’occasion d’épidémies de peste, celle de 1587, « Années de la grande contagion ». Aussi, les ressources et le bien-être de la petite cité ont-ils été sensiblement éprouvés par ces dissensions intestines et autres infortunes.

 

 16ème et 17ème siècles :

Au siècle suivant, les révoltes du duc de Rohan remuent tout l’Albigeois, mais sans créer à Cordes, une situation particulièrement fâcheuses. La communauté, par l’envoi des soldats et de munitions, participe aux sièges de Montauban, du château de Bruniquel et de Saint Antonin.

    Un peu plus tard, de 1629 à 1632, elle est désolée par la peste  .

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Cordes-sur-Ciel (81170): Cette maladie avait l'art de consummer les populations en un temps record. (Repro: Patrick Garcia)

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Cordes-sur-Ciel (81170): Enluminure traitant de la peste.(Repro: Patrick Garcia)

Cette épidémie, si longue, a laissé dans les documents de l’époque, de fréquents témoignages. D’abord, on ferme la plupart des portes des fortifications, une « Direction de la Santé » est chargée de prendre les mesures les plus urgentes, on impose une quarantaine à quiconque vient d’un lieu contaminé ou simplement suspect. Quand des cas de peste ont été constatés, les consuls louent des désinfecteurs pour l’assainissement des maisons, ils accordent aussi des gages à un chirurgien qui s’occupera des malades, les habitants brûlent du genièvre dans les rues pour purifier l’air. Le nombre des personnes  atteintes augmentant, on se résout à les cantonner hors des murs et défense leur est faite de franchir les palissades qui entourent leurs »huttes ». D’ailleurs des gardiens ont mission de s’y opposer par la force. L’épouvante est telle que tous ceux qui en ont les moyens, désertent leur demeure pour aller se réfugier à la campagne, les pauvres pullulent et leur misère est extrême. Ce n’est pas seulement la maladie qu’il faut s’acharner à combattre, mais en même temps, l’affolement général. Il est à retenir que lors de cette effroyable « contagion », 2 cordeliers du couvent de Toulouse, les pères Palaprat et Favarel, vinrent bénévolement soigner leurs compatriotes cordais. Pour toute rémunération de ses peines et danger qu’il avait couru, le père Palaprat accepta la somme nécessaire de 15 livres au titre du remplacement de ses vêtements !

   Si cette épidémie n’a pas anéanti la population cordaise, cela tient de ce quelle frappa surtout les habitants qui n’avaient pas pu s’éloigner. Or la majorité se dispersa dans les fermes et villages voisins et, en définitive, la communauté se trouva moins affaiblie par les décès qu’endettée par les multiples dépenses commandées par les circonstances.

   Rien à signaler, après ces faits, que de bien commun à toutes les régions, on sait, par exemple, combien furent meurtrières plusieurs années à la fin du 17ème siècle. En 1693, on compte 7 décès contre 2 naissances. Les récoltes de 1705 et 1708 donnèrent très peu. En 1709, la misère éprouva durement la basse classe du peuple, à tout instant, les délibérations communales rapportent que les « pauvres périssent de faim et de froid aussi », car cet hiver fut particulièrement rigoureux. L’année suivante, et en 1712, leur situation ne fut guère meilleure. Jusqu’à la Révolution, la peste et la disette affligent à la localité, dont l’industrie périclite de jour en jour, son commerce baisse et son importance économique n’est plus à comparer à celle dont elle avait joui à la fin du 13ème siècle et au début du 14ème siècle.

  

 

LES FORTIFICATIONS

 

Quand Raymond 7 fonda la bastide en 1222, il voulut créer une place forte. L’habitude de s’entourer de murs sur une hauteur, quand la configuration du sol s’y prêtait, était dans les mœurs du Moyen-âge, et cette habitude résultait des conditions mêmes de la vie sociale d’alors.

   Le comte de Toulouse choisit donc, ou fit choisir, dans les environs de St Marcel, place que les gens de Simon de Montfort avaient brûlée, un emplacement facile à fortifier. On eut pu opter pour le Puech de Bar, à l’entrée de la gorge du Cérou, non loin de la localité ruinée ; le Puech de Mordagne, plus dégagé fut préféré. Le sommet de ce dernier mamelon présentait d’ailleurs des escarpements rocheux du côté du Midi, des pentes très prononcées sur la plupart des autres points. Le tracé des murs affecta une forme très allongée de l’Est à l’Ouest.

    Il ne s’agit là, bien entendu, que de la ville haute, de la bastide, dont les enceintes entreprises en 1222, devaient être entièrement construites 7 ans plus tard, lors du traité de Paris ( !). Cette bastide était primitivement protégée par une double muraille, disposition commune aux forteresses du Moyen âge. Aux extrémités du grand axe Est-Ouest, s’ouvraient des portes auxquelles aboutissait la Grand Rue, la rue Droite ; d’autres terminaient le petit axe-Nord-Sud-. Ces deux lignes se croisaient sous un angle à peu près droit, et à leur jonction, près de l’endroit culminant, était aménagé la place (plus tard la halle). Les 4 quartiers urbains étaient ainsi délimités.

Plan Cordes du CAPA

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Plan des fortifications publié par l'association C.A.P.A.(Repro: Patrick Garcia)

 

 

     ENCEINTES DE LA BASTIDE :

De la 1ère enceinte, il subsiste la porte des Ormeaux, flanquée de 2 grosses tours rondes, dont l’une est pleine jusqu’au premier étage, un des 2 « portanels » et le « Portail Peint », ainsi nommé à cause de quelque image qui s’y voyait jadis.

(Porte des Ormeaux, portanel, portail Peint)

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Cordes-sur-Ciel (81170): l'impressionnante Porte des Ormeaux.(Photo: Patrick Garcia)

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Cordes-sur-Ciel (81170): Autre vue de la porte des Ormeaux .(Photo: Patrick Garcia)

    Les parois des passages de la « Porte des Ormeaux » et du « Portail Peint » (appelé aussi « Porte de Rous », garnis chacun de deux herses précédant les vantaux en boiserie, sont de mêmes dimensions et n’ont subi aucune modification grave. Mais sous le « Portail Peint », la roche a été creusée pour atténuer une différence de niveau auquel un pont levis servait de trait d’union. Au-dessus des cintres, les murs ont été reconstruits : aux Ormeaux, cette réfection peu remonter à une époque très ancienne, on y a, dans tous les cas, utilisé des pierres taillées au 14ème siècle, sinon à la fin du 13ème siècle. Au « Portail Peint », elle doit être attribuée au 15ème pour la façade intérieure et à une centaine d’années pour le côté extérieur.

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Cordes-sur-Ciel (81170): La très belle vue depuis la place des Ormeaux, près de la porte fortifiée .(Photo: Patrick Garcia)

    Les Ormeaux présentent une particularité qui sera également signalée un peu plus loin, en décrivant les deuxième et troisième enceintes. La tour de droite(Nord) est suivie de 3 fausses tours d’une très faible saillie, donnant l’impression d’un système de flanquement (Fig. A). En y regardant de près, on s’aperçoit que les effets de ce flanquement eussent été peu appréciables et peut être ne faut-il voir là qu’un moyen adopté par l’architecte pour passer d’un alignement à un autre, tout en donnant plus de pied, donc plus de force de résistance, à la base de la tour…

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Cordes-sur-Ciel (81170): Reste de la porte fortifiée du "Portanel" .(Photo: Patrick Garcia)

 

   Quand au "Portanel " subsistant (2) du côté Nord, il ne paraît pas antérieur à la fin du 16ème siècle, et a dû, par conséquent, remplacer celui des débuts de la ville. Le second, placé symétriquement au Sud, a été démoli en 1854. Ce dernier, comme l’autre, n’étais qu’une simple arcade avec une meurtrière à mousquet sur l’un des côtés.

 

     LA 2ème ENCEINTE :

Très rapprochée de la 1ère, a conservé les deux portes de son grand axe : celle de « la Jane (ou de la Viguerie) » à l’Ouest et celle du « Planol » à l’Est.

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Cordes-sur-Ciel (81170): Porte impressionnante aussi, du "Planol" dite aussi, du"Vainqueur" .(Photo: Patrick Garcia)

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Cordes-sur-Ciel (81170): Meurtrière de cette porte .(Photo: Patrick Garcia)

 

    La « Jane »(4) s’ouvre entre 2 tours semi-circulaires plus petites que celle des « Ormeaux ». Au cours des guerres de religion, elle fut fort endommagée. Les protestants ayant mis le feu à des fagots qu’ils avaient entassés contre la façade, les pierres calcaires dont elle était faite furent calcinées et la pluie ne dut pas tarder à les déliter.

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Cordes-sur-Ciel (81170): La porte de la Jane .(Photo: Patrick Garcia)

On put cependant réparer le mal en rétablissant simplement le parement, de telle sorte que, aujourd’hui, les murs offrent, à l’intérieur, tous les caractères des parties des fortifications remontant à 1222-1229, tandis qu’à l’extérieur, ils présentent une apparence bien moins soignée et sans âge. Il est à noter, en passant, que la petite porte du corps de garde aménagée dans la tour de gauche, est amortie par un linteau   sur lequel, un cordonnier chargé des fonctions de gardien, s’est amusé à figurer en bas-relief, les principaux outils de son métier : tenailles, une corne, une forme, un marteau, un tranchet.

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Cordes-sur-Ciel (81170): L'entrée du poste de garde de la Jane, notez le linteau! .(Photo: Patrick Garcia)

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 Cordes-sur-Ciel (81170): Linteau sculpté des "armes" du cordonnier qui était de garde .(Photo: Patrick Garcia)

    Plusieurs mètres d’un mur crénelé, les seuls encore debout, relient la « Jane » à droite, à un groupe de deux fausses tours analogues à celles dont il a été question un peu plus haut  .

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Cordes-sur-Ciel (81170): Les deux faces de la rue de la "Jane" .(Photo: Patrick Garcia)

RUE DE LA JANE 644

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Sur cette face, à droite en rentrant, parmi les seuls créneaux restant en place .(Photo: Patrick Garcia)

 

L’une d’elles s’est effondrée, il y a quelques années. L’enceinte était ininterrompue de ce côté et l’entrée actuelle, au-devant des « Ormeaux », n’est qu’une brèche. De ce point, on jouit d’une très belle vue sur la campagne qui s’étends dans la direction de Vindrac  . L’ancien couvent des Capucins forme un avant-plan au-delà duquel on aperçoit les maisons des « Cabannes », avec tout près de l’église, la tour carrée de « Corrompis » et, au-dessus du Cérou, le château de Cajarc où naquit l’amiral de Saint Félix (1737-1819) ; à l’horizon, ce sont les bois de « Marnaves », le château modernisé de « Roquereine » et, dominant l’ensemble, le sommet du pic « Pountchuc » (Pic Pointu).

     La « Porte du Planol (ou du Vainqueur) »  (5) surnom d’un de ses anciens propriétaires, soldat du 1er Empire, est à l’extrémité opposée de la « Jane ».

PORTE DU PLANOL-VAINQUEUR776

Cordes-sur-Ciel (81170): La porte du"Planol" à l'autre extrémité de la rue de la Porte de la "Jane" .(Photo: Patrick Garcia)

    Vers la fin du 13ème siècle ou au début du 14ème siècle, Cordes avait tellement prospérée, enrichie par son industrie et son commerce des cuirs et des toiles, que les murs de la bastide se trouvèrent trop étroits. Il fallut édifier une 3ème enceinte et l’on sacrifia la 1ère. Celle-ci fut alors noyée, si l’on peut dire, dans l’intérieur des constructions privées qui vinrent s’appuyer sur les deux faces des courtines. On aplanit le terrain longeant extérieurement la 2ème enceinte, un sentier fut pratiqué, et l’on eut ainsi un nouveau chemin de ronde. Les « lices » descendirent donc d’un étage, elles ne conservèrent cette dénomination qu’au Nord, on les appela « Planol » au Midi.

RUE DES MITONS 711

 

Cordes-sur-Ciel (81170): La "rue des Mitons" et ses belles coleurs; Notez le beau pavage.(Photo: Patrick Garcia)

 

     Vu la forte déclivité du sol, de simples murs de soutènement servirent à constituer cette 3ème clôture qui, en réalité, remplit la fonction de la 2ème. C’est là, sur son circuit, que désormais se localisent les ouvrages défensifs. Un abri continu en planches y protège à l’occasion les combattants des intempéries, et quelques « gachils  (guettes) », aussi en bois peuvent abriter ceux qui ont la charge de surveiller les environs immédiats de la ville. On y laisse une provision de pierres destinées à servir de projectiles. Des tours flanquent les murailles. Le «Planol » en a conservé plusieurs, la principale (au Planol bas) semble remonter au 14ème siècle. Du côté Nord, on voyait naguère, comme un boulevard « à 5 visages » (pentagonal) bâti en 1627, d’après le modèle emprunté aux fortifications de Castelnau-de-Montmirail. Non loin de celui-là, un autre subsiste et date vraisemblablement de la même époque ; il est à 3 faces, en forme de coin.

       Le gros ouvrage de cette 3ème enceinte, percée comme les autres, de 4 entrées symétriques, était la Barbacane (6) que l’on contourne en montant de « la Bouteillerie », ou en y descendant.

BARBACANE 68

Cordes-sur-Ciel (81170): L'énorme Barbacane, véritable éperon défensif .(Photo: Patrick Garcia)

Cette énorme tour ronde, à long talus était là comme une sentinelle avancée, veillant sur la porte située à côté et étranglant la « Grande Rue ». Si l’ennemi s’était rendu maître de cette porte, démolie au 19ème siècle, il se fut trouvé arrêté sur le chemin de ronde par l’une des poternes correspondant à deux passages couverts. L’une d’elles vient d’être démolie.

 

ENCEINTES DES FAUBOURGS :

 

Les 3 premières enceintes sont celles de la bastide. Un faubourg- un au moins- existait au plus tard avant le milieu du 14ème siècle sur le flanc le moins abrupt du mamelon, à l’Est, au-dessous de la Barbacane. Il est dans tous les cas permis de le supposer, puisque à mi-chemin, une porte, dite de « l’Horloge » (porte de l’Horloge) (7), reconstruite sans doute au 15ème siècle, marque un degré de l’expansion de la cité dans cette direction.

PORTE HORLOGE 763

Cordes-sur-Ciel (81170): La bien nommée"porte de l'Horloge" .(Photo: Patrick Garcia)

Le plan général de la localité montre d’ailleurs les habitations rangées, à droite et à gauche, en un demi-cercle dont le prolongement, englobant l’ensemble, complète cette 4ème enceinte. Celle-ci entourait les faubourgs « dal Rousse » et du « Bouisset » au Midi, de « Notre Dame » à l’Ouest, du « Formiguier » au Nord, sans compter celui qui s’étendait de la Barbacane à l’Horloge. Des portes de ce circuit, il ne subsiste que celle « de l’Horloge ».

    La « Bouteillerie » restait en dehors du périmètre protégé. C’est ainsi qu’on eut au Levant, et de ce côté seulement, une 5ème enceinte. Voilà pourquoi tel acte émané de la chancellerie royale fait mention des « 4 ou 5 » enceintes de Cordes (5 à l’Est et 4 partout ailleurs).

     Chacune de celles-ci avait ses 4 portes, soit pour l’ensemble 16, et avec celle de la « Bouteillerie », (17), plus quelques portes les mieux fortifiées étaient celles des « Murailles Hautes », c’est-à-dire les Ormeaux et le Portail Peint de la première clôture, la Jane et le Planol de la 2ème, les unes et les autres sur le grand axe du « Fort ». On ne possède aucune donnée bien précise sur les portes des murailles »basses » (Bouteillerie, Formiguier,

 

QUARTIER FOURMIGUIER 767

 

Cordes-sur-Ciel (81170):Les zig-zags du quartier "Formiguier",Notez le beau pavage.(Photo: Patrick Garcia)

Notre-Dame et Bouisset). Sur la façade intérieure de plusieurs de celles qui subsistent, au « Planol » et à « l’Horloge », notamment, on remarque une petite niche destinée à une lampe et maint testateur a fait une petit legs d’huile à ces luminaires, surtout à ceux des « portes » (principales) de la Bouteillerie et du « Formiguier » des murailles basses, du portail peint et des « Ormeaux » des murailles hautes. Les niches en questions ne sont plus à cette heure, que des réfections relativement récentes. Des corps de gardes occupaient le rez-de-chaussée des portes ou tout au moins une partie. Celui de la « Jane » offre  une particularité curieuse qui a déjà été signalée.

    FORCE DE LA PLACE :

L’imagination se plaît généralement à considérer Cordes comme une très forte place. Il en fut ainsi au début, tant que les deux enceintes primitives de la bastide remplirent leur rôle protecteur. Mais dès que la première eut disparu, au milieu des constructions civiles, la situation changea Les remparts loin d’être continus, comme à l’origine, furent fréquemment remplacés par des suites de maisons « faisant muraille », ainsi que disent les textes ; il n’y plus de courtines que là où les habitations faisaient défaut. D’autre part, la longueur (1 400 m. environ)  de la dernière clôture rendit la défense très difficile, même à l’époque où la population était encore nombreuse. Il ressort de ces considérations, que pour n’avoir pas conservé intactes ses fortifications de 1222-1229, les cordais eurent beau clore leurs faubourgs, ils ne purent plus imposer une résistance sérieuse à l’ennemi. La preuve en est dans la facilité avec laquelle a été prise quand elle a été l’objet d’une attaque aux 15 ème et 16 ème siècles.

   Il faut noter qu’aucun château féodal, aucun donjon n’a jamais couronné le Puech et procuré ainsi à la population un suprême moyen de résistance.

 

EGLISES ET CHAPELLES

Eglise paroissiale de St Michel :

EGLISE 735

Cordes-sur-Ciel (81170): Autre vue de l'église St Michel .(Photo: Patrick Garcia)

La primitive église paroissiale ne se trouvait pas dans la bastide, mais hors des murs, à l’Ouest, attenant au cimetière. Elle était dédiée à la Vierge. La rapide prospérité de la ville imposa, dès 1263, la nécessité de bâtir, au centre de l’agglomération, un édifice plus commode et pus vaste qui pouvait être terminé vite, sûrement en 1287.

   Mais la nef était sûrement défectueuse, puisqu’elle menaçait ruine au siècle suivant. Il fut décidé, en 1345, de la refaire en augmentant la largeur. On levait des impositions de 1369 à 1374, pour la reconstruction du clocher.

     Cette nouvelle nef ne dura pas plus longtemps que la précédente. Sa solidité fut-elle compromise par un incendie ou autrement, on l’ignore. Dans tus les cas, un bail à besogne était conclu, en 1455, avec le maître maçon, Corant Rogier, qui devait la démolir entièrement et donner un peu plus de largeur d’une demi-canne, soit, 0,90m, au nouveau vaisseau.

   Le contrat fournit maints détails sur le plan adopté ; on y retrouve également la juste rémunération de l’entrepreneur qui devait recevoir 2 600 écus d’or, sans compter 400 setiers de froment, 120 pipes de vin et 50 quintaux de salaison. L’évêque d’Albi, Bernard de Cazilhac, posa la première le 3 mars 1460 et le 29 août suivant, un consul procéda à une seconde cérémonie du même genre, au moment où furent jetés les fondements du côté septentrional. La couverture des chapelles eut lieu en 1467, celle de la nef en 1485. C’est donc de 1460 à 1485 que date la nef actuelle. (Plan)

A cette heure, l’église comprend :

1- Un chevet droit, reste de l’édifice du 13ème siècle. Le sanctuaire, d’une très faible profondeur, et le carré du transept sont couverts par une même voûte qui est bâtie sur croisée d’ogives, comme toutes les autres. Les bras du transept sont affectés à des chapelles. L’une à gauche, était consacrée à saint Jacques, une coquille est sculptée sur la nef de la voûte, dans l’autre, un oiseau (un aigle, sans doute l’image symbolique de saint Jean) occupe la place analogue. Les arcs de cette partie de l’édifice retombent sur des feuillages, parfois des personnages. L’éclairage est fourni latéralement par des fenêtres en plein cintre s’ouvrant dans le sanctuaire et dans les chapelles, et par des oculus ménagés au-dessus des toitures des chapelles. La sacristie est sans caractère, mais peut remonter, au moins partiellement, au 13ème.

2- Une nef de 1460 à 1485, composée de 4 travées avec 4 chapelles au Nord et 3 au Midi, la 4ème de ce côté étant remplacée par la porte d’entrée de l’église. Il est à noter que comme la cathédrale d’Albi, les murs séparant les chapelles servent de contreforts à la nef et montent jusqu’à la toiture. La porte d’entrée, plutôt modeste, n’est orné que d’une double voussure à profils prismatiques, analogue à la section des nervures des voûtes.

3- Un clocher, de 1369 à 1374, carré jusqu’à l’étage des cloches, qui est octogonal et largement aéré par des baies à arcs brisés. Au rez-de-chaussée est aménagée une chapelle où des culots et des impostes supportent la retombée des ogives de la voûte. Une tourelle escalier domine les cloches et sert au guet, mais aussi de contrefort au clocher. Durant des temps troublés, les ecclésiastiques de la localité ont été invités, par les consuls, à y faire le guet.

   Pénétrons dans l’église dont la longueur est de 37,85m (dont 26,45m pour la nef, 7,67 m pour le transept et le sanctuaire, 3,73 M pour la chapelle du fond). Sa longueur est égale à 19,70m (10,50m pour la nef, 4,89m pour les chapelles de gauche et 4,31m pour celles de droite) ; la hauteur maxima atteint 15 mètres environ.

    La décoration intérieure est assez pauvre. On remarquera toutefois la clef de voûte de la 1ère travée de la nef (près du sanctuaire), portant les armoiries de la ville, et , dans les deux premières chapelles à droite en entrant, deux autres clefs de voûtes intéressantes : sur l’une, un écusson entouré de feuillages contournés, sur l’autre, un saint( ?) placé dans une niche et également au centre de feuillages du même genre. La peinture fâcheuse des voûtes de la nef fut exécutée au 19ème, à l’instar de la cathédrale d’Albi, sans égaler son modèle.

     Le mobilier est ordinaire, citons sur le retable du maître-autel, une toile représentant le Christ en croix, œuvre d’un certain Raverolles qui vivait dans la seconde moitié du 17ème siècle. Le clocher abrite 2 grosses cloches dont la plus ancienne fut fondue en 1583. Une inscription y rappelle les noms des consuls en exercice et sur deux médaillons, on distingue une vierge mère et les armoiries de la ville.

Eglise de Notre-Dame de Vaysse (9) :

Avant la construction de St Michel, Notre-Dame était l’église paroissiale de Cordes. Elle se trouvait à mi-chemin des « Cabannes », hors des clôture de la bastide et attenant au cimetière. Plusieurs fois remaniée, sinon reconstruite en entier elle était à peu près en ruine quand la commune l’aliéna sous la Révolution. Il n’en reste aujourd’hui qu’une partie au fond avec des traces d’un escalier à vis. L’archiprêtré (la Claustre) y était adossé et se reliait à la 4ème enceinte. Une tour d’escalier en marque les restes.

Chapelle des Capucins (10)

Edifice d’un faible intérêt, bâti dans le quartier de N.D. vers le milieu du 17ème siècle, quand ces religieux vinrent s’établir à Cordes.

Chapelle des Trinitaires (11) : (Voir laphoto plus haut)

Primitivement, au 13ème siècle, le couvent de la Trinité et ses dépendances (chapelle, hôpital) s’élevait à côté du cimetière et de l’église N.D.

    Tous ces bâtiments furent détruits par les huguenots, en 1568. Quelques années plus tard, la congrégation fixa sa demeure dans la « Grand-Rue », un peu au-dessus de la « Porte de l’Horloge ». De 1592 à 1596, environ, une nouvelle chapelle fut édifiée en bordure de la voie publique. Il en survit l’abside et une des deux travées, avec 3 chapelles, le tout englobé dans des habitations et défiguré. Sur la façade du principal corps de bâtiment  au fond d’un jardin, on a encastré une inscription portant la simple date de « L’AN MIL SIX CENT QUARANTE ET HUIT » époque de quelque grosse réparation, sans doute. Cette construction est d’ailleurs sans caractère.

Chapelle de Saint-Louis (12)

Celle-ci dans le voisinage de la précédente, a été bâtie à la suite de la réconciliation de la ville avec l’évêque de Castanet, en 1321. Les travaux devaient être terminés dans les 2 ans, néanmoins, en 1349, les statues, ainsi que les portails, étaient encore à faire et il est douteux qu’elles n’aient jamais été exécutées.

Chapelle de l’Hôpital Saint-Jacques (13) :

La « Capelette » occupe un angle de la « Grand Rue » à la hauteur de Saint Louis. En particulier du nom de Montjozieu la fit élever à ses frais, en 1511. C’est une toute petite pièce carrée, aux parements en pierre calcaire blanche, voûtée sur croisée d’ogives avec liernes et tiercerons. Au-dessus de la porte, on voyait une dalle sur laquelle se détachaient en relief, 6 coquilles et des bourdons entrelacés, sorte d’enseigne pour les pèlerins.

    Faisant suite à la chapelle, l’hôpital Saint Jacques procurait au moins le gîte aux individus se rendant à Saint Jacques de Compostelle ou à Rome et aussi aux nécessiteux de la localité qui, surtout en temps d’épidémie, y recevaient des vivres et quelques soins. Ces bâtiments, en majeure partie défigurés, sont du 14ème siècle. Des baies géminées, amorties en arcs brisés, éclairaient une salle commune, une chambre pour les pèlerins, une autre sans emploi déterminé et une dernière pour le gardien ou « hospitalier ». La grande salle avait été ornée, en 1682, d’une toile peinte par un certain Labadie, de Lautrec, et représentant le Christ en croix. De grosses coquilles en pierre, surmontaient les pignons de l’hôpital.

PENSIONNAT ST JOSEPH 621

 

Cordes-sur-Ciel (81170): La belle grille du pensionnat St Joseph.(Photo: Patrick Garcia)

PENSIONNAT ST JOSEPH 625

 

Cordes-sur-Ciel (81170): L'entrée du pensionnat St Joseph.(Photo: Patrick Garcia)

PENSIONNAT ST JOSEPH 626

 

Cordes-sur-Ciel (81170): L'entrée du pensionnat St Joseph.(Photo: Patrick Garcia)

Chapelle du Saint Crucifix (14)

Cette chapelle, hors ville occupe l’emplacement d’un modeste oratoire dont la plus ancienne citation n’est pas antérieure à la fin du 15ème siècle. Reconstruit en partie en 1537, l’édifice était peu à peu en ruine lors de la terrible épidémie de 1629-1632. Il a été déjà dit que le 31 octobre 1631, la population fit le vœu de le restaurer et que cette promesse fut exécutée. Il semble, toutefois qu’on ait mis le temps. En effet, si une chapelle porte la date de 1634 sur la nef de sa voûte, le clocher fut refait que de 1644 à 1647 et la voûte de la nef terminée en 1654, seulement.

   Le Saint-Crucifix, orienté du Nord-Est au Sud-Est, mesure dans œuvre environ 20 mètres de long. La 1ère de ses deux traversées est percée de deux portes se faisant face : l’une(regardant la Bouteillerie) doit remonter au 16ème siècle, tandis que l’autre, à laquelle elle a servi de modèle, est de date assez récente. Des chapelles occupent un prolongement du sanctuaire et les bras du transept. Celle de gauche, avec voûte à liernes et tiercerons, a pu être construite en 1537, celle de droite datée de 1634.

 

CONSTRUCTIONS CIVILES :

L’ancienne maison commune était située au sommet et au centre de la ville. Il n’en reste aucun vestige remarquable, pas plus de la prison, dite de Saint Salvi, ni de l’auditoire ou consistoire royal, ou se rendait la justice au civil, au nom du roi. Tous ces bâtiments formaient un moulon en bordure de la halle. Il a été déjà question de l’Hôpital Saint Jacques (13) à propos de la « Capelette ».

HALLE 842

 

Cordes-sur-Ciel (81170): La grande Halle, poumon économique de la ville.(Photo: Patrick Garcia)

FACE A LA HALLE 680

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Belle demeure face à la halle .(Photo: Patrick Garcia)

    La Halle (15) occupe un quadrilatère au croisement des rues qui marquent les deux axes de la bastide. C’est sûrement à cet endroit qu’on procédait, vers 1276, à la couverture de la « place » affectée aux marchés. La construction fut refaite en vertu d’une autorisation du lieutenant du roi du Languedoc, datée de 1358 et octroyée dans le but de favoriser le commerce des tissus et des cuirs, principaux objets du négoce local. Ses piliers furent-ils rebâtis depuis lors ? Rien ne le prouve, mais on les a si souvent réparés qu’il est permis de douter qu’aucun remonte entièrement au 14ème siècle. Quant à la toiture, elle a été refaite vers la fin du 19ème siècle.

    Les supports en question, de forme octogonale, sont au nombre de 4 dans un sens, et de 6 dans l’autre, ce qui donne au total :24. L’un d’eux est percé dans toute sa longueur d’une cavité carrée se terminant obliquement sous le dallage. C’est le 5ème de la 2ème rangée(en supposant la première à gauche par rapport à la personne qui se trouverait dans la « Grand Rue »). Sur un autre, est scellé un anneau ayant servi, même à l’époque contemporaine, à l’exposition des bêtes destinées à la boucherie.

    A droite de l’édifice, aperçoit un modeste reste des couverts qui devaient l’entourer ; ce sont 4 petits piliers assez frustes soutenant quelques premiers étages de maisons.

images

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Le fameux puits de la Halle .(Photo: du Net)

    L’attention est plutôt attirée par la croix en fer forgé (attribuée au 16ème siècle), qui est adossée à l’un des supports de la halle. Une plaque relate avec force erreurs le prétendu massacre des inquisiteurs, dont il a été déjà fait mention. Une dalle, à côté(P), porte l’inscription : ICI EST UN PUITS DE PLUS DE 100 METRES DE PROFONDEURS. Ce puits, fermé en 1647, n’a été rouvert momentanément qu’en 1793 et en 1826, et définitivement en 1914. A cette date, il a été constaté que la profondeur actuelle était de 85,10 m et que ce long tube, analogue à celui d’une longue vue, présentait 3 diamètres différents : le 1er de 2,80 m, sur 13m de longueur, le 2ème de 2m sur 21m et le 3ème de 1,70 sur 51,10, est le seul qui soit garni de maçonnerie, les autres, laissent voir la roche vive. Le fond est simplement humide. L’équipe du Spéléo-Club Cordais a entrepris de déblayer le puits en 1955. Parties de la côte-84,80m, les fouilles ont atteint le fond réel à 113,47m, le 29 mai 1961. Ce fond est constitué par un dallage de 21 blocs calcaires à base rectangulaire et soigneusement taillés, de même nature que les parois. Aucune particularité remarquable n’a pu être constatée, si ce n’est une hauteur d’eau invariable de 12, 50m, représentant un volume de 33 M.

 

PUITS ET FONTAINES :

Ils disposaient d’ailleurs de plusieurs puits bien moins profonds et plus commodes, l’un est à côté de la porte de la Jane (4), ainsi que de nombreuses citernes. Une fontaine, dite du Thérondel, se trouve au pied de la barbacane (6), là ou un minuscule filet d’eau coule actuellement, goutte à goutte en toute saison. Cette eau, très calcaire, suinte à travers la roche, tout comme celle, (F) de la rue Chaude, qui sort avec abondance relative d’une faille assez profonde.

PLACE FONTOURNIES 633

Cordes-sur-Ciel (81170): Diverses puits alimentaient la ville, en outre, comme celui de la place "Fontournies" .(Photo: Patrick Garcia)

RUE CHAUDE 720

Cordes-sur-Ciel (81170): Ou celui de la rue"Chaude" .(Photo: Patrick Garcia)

    La construction de la fontaine de la rue Chaude remonte à l’année 1286. De son extrémité la plus élevée(26), cette rue est particulièrement pittoresque : on a de là, un Cordes de profil, aux maisons étagées les unes sur les autres, sur le bord d’escarpements faisant face à une rangée de masures décrépites qui se perdent dans l’ombre de ce boyau.

 

LES MAISONS ANCIENNES :

RUE DES MITONS 708

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Partout de superbes demeures, comme ici dans la rue des "Mitons" .(Photo: Patrick Garcia)

RUE DES MITONS 709A

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Toujours la rue des "Mitons" .(Photo: Patrick Garcia)

    Le principal attrait de Cordes, son site mis à part, réside, sans contredit, dans ses vieilles maisons qui font de la localité, une des plus curieuses bourgades de France.

    Nulle part ailleurs, peut être, on ne trouverait autant de façades qui, au moins pour le 14ème siècle, puissent offrir à l’archéologue et à l’artiste, une aussi abondante documentation architecturale et décorative. Il en est aussi du siècle suivant, qui, quoiqu’en plus petit nombre et d’un type assez répandu, ne sont pas non plus dépourvues d’intérêt.

    Parmi les premières, 3 fixent surtout l’attention. La légende, et une légende nullement antique, en a fait les demeures d’un grand fauconnier (mairie actuelle), d’un grand veneur (en face de l’église) et d’un grand écuyer (même rue). Ces attributions, basées sur les décorations extérieures, s’expliquent mais ne se justifient pas, et il est bon d’en montrer encore une fois le caractère fantaisiste. Il suffit pour cela de se rappeler que ces édifices ne sont pas antérieurs au 14ème siècle. Ni le comte Raymond 7, ni des dignitaires de son entourage n’ont pu les habiter, pour la bonne raison qu’ils étaient morts depuis un demi-siècle ou plus, quand on les a construits.

Les principales maisons anciennes :

Pour bien se rendre compte de la configuration de la ville et en même temps suivre un itinéraire commode pour la visite de ses curiosité, notamment de ses maisons du Moyen Age, du moins des principales, car il subsiste un peu partout (A et B du plan) des fragments de l’architecture civile de cette époque, il convient de faire l’ascension de la « Grande Rue ». On doit donc descendre de voiture au faubourg de « la Bouteillerie » (Voir le schéma joint au plan).

    A peine engagé dans cette artère, le voyageur aperçoit à gauche, des fenêtres de croisées du 15ème siècle éclairant un deuxième étage. Elles n’offrent aucune particularité remarquable, pas plus que, un peu plus haut, plusieurs habitations à pans de bois, défigurées par un solide crépi. Encore quelques pas l’on est devant la « Capelette » de l’hôpital Saint Jacques (13) déjà cité.

   Restons donc dans la « Grande Rue ». Avant d’arriver à la Porte de « l’Horloge » (7), nous dominons une ruelle en escalier, dite du « Pater Noster », parce qu’elle comptait autrefois et compte encore, après sa réfection récente, autant de degrés qu’il y a de mots dans le Pater. Après l’Horloge, on longe, à droite, la chapelle des Trinitaires (Photo plus haut) (11) et les bâtiments modernisés de leur couvent.

Mais ce n’est qu’une fois la barbacane (6) contournée et la « porte du Planol » (voir plus haut)(5) dépassée, qu’on rencontre une construction vraiment intéressante, « La Maison Gorsse »  (23) de la fin du 15ème siècle.

MAISON GORSSE 696

 

Cordes-sur-Ciel (81170): 2 vues de la maison Gorse .(Photo: Patrick Garcia)

MAISON GORSSE 783

 

Cordes-sur-Ciel (81170): La maison Gorse .(Photo: Patrick Garcia)

Sa façade est un double alignement, c'est-à-dire sur deux plans, l’un est en bordure de la rue, l’autre parallèle au précédent, en retour d’angle. La partie rentrante a, au rez-de-chaussée, une porte à linteau appareillé, orné d’un écusson dont les armoiries ont été effacées, deux fenêtres en croisée au premier étage, une au deuxième. Sur le corps en saillie, une arcade bloquée au rez-de-chaussée, une fenêtre (récente) au 1ier étage, trois au second, dont deux accouplées. La toiture repose sur des corbeaux (voir page précédentes). A l’intérieur, un superbe escalier à vis, dont le diamètre mesure près de 4 mètres, occupe tout le bâtiment en retrait en dessert les pièces, de distance en distance, par des marches dont l’extérieur épouse la largeur des seuils. Il n’y a pas lieu d’entrer dans le détail des modifications subies par l’architecture primitive de cette maison. 

PORTAIL PEINT 694

 

Cordes-sur-Ciel (81170): La porte du "Portail Peint" .(Photo: Patrick Garcia)

PORTAIL PEINT 786

Cordes-sur-Ciel (81170): Le "Portail Peint" et son emplacement de la herse .(Photo: Patrick Garcia)

PORTAIL PEINT 791

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Sous le "Portail Peint", l'entrée de la ville .(Photo: Patrick Garcia)

PORTAIL PEINT 793

Cordes-sur-Ciel (81170): Passé le Portail Peint, nous sommes au coeur de la cité marchande .(Photo: Patrick Garcia)

    Quand on franchi le « Portail Peint » (3) qui débouche en face de la maison « Gorsse » on est au cœur de la bastide. C’est là, le long de la « Rue Droite » que l’on trouve les plus nombreuses et les plus intéressantes maisons du 14ème siècle. Quelques fenêtres en croisée s’aperçoivent d’abord à droite et à gauche au fond de ruelles. Elles précèdent de quelques mètres, un premier groupe d’habitations plus anciennes (A, 16), particulièrement remarquables.

MAISON CARRIER-BOYER 811

Cordes-sur-Ciel (81170): La maison "Carrier-Boyer" .(Photo: Patrick Garcia)

     La maison « Carrier-Boyer »  se présente tout d’abord avec, au rez-e-de-chaussée, ses quatre arcades bloquée et, au 2ème étage, ses 8 baies amorties d’arcs brisés. Chaque paire de baies est divisée par une colonnette et séparée de la suivante par un fort pilier. Au-dessus s’ouvre un oculus en losange curviligne dont la moitié inférieure est formée de l’extrados des arcs au point où ils se rencontrent. Les chapiteaux des supports et des pieds-droits portent sur leurs corbeilles des feuillages ou plus exactement des feuilles étalées d’un dessin très simple et d’une exécution sommaire. Il n’est pas indifférent de constater que la bordure horizontale courant, au 1ier étage, à la hauteur des appuis des fenêtres supprimées, a été continuée suivant le même profil sur la façade qui fait suite.

MAISON PRUNET ET FAUCONNIER 687

Cordes-sur-Ciel (81170): A gauche, la maison "Prunet" et à droite du "Fauconnier" .(Photo: Patrick Garcia)

     Celle-ci, appartenant à la « Maison Prunet » , repose au rez-de-chaussée sur 3 arcades et est éclairée à l’étage supérieur par une série de 6 baies, toujours en arc brisées et disposées par paires, avec colonnettes médianes. Un oculus circulaire (peut-être tréflé primitivement) surmonte chacun de ces 3 groupes, mais, de plus, ainsi qu’à la Maison Carrié-Boyer », une moulure dessine un sourcil au-dessus. Les chapiteaux sont ici beaucoup plus fournis et profondément fouillés. On y distingue des feuilles de vigne vierge, de mauve…. En outre, les sommiers des arcs (arc de baies et grands arcs) sont garnis de sculptures, soit en bas-relief (deux figures humaines), soit en très forte saillie (tête de chien, singe accroupi et dans une posture indécente).

     C’est en démolissant un mur intérieur de la maison dont il s’agit, que, vers le milieu du siècle dernier, fut découvert un vieux manuscrit. Imaginez un parchemin sur lequel, après une invocation quelconque, sont inscrites sur 57 lignes, autant de réponses à une question éventuelle. Au niveau de chaque ligne est noté, sur un bord de la peau, est fixé un fil, tantôt jaune, tantôt vert, débordant extérieurement. Pour connaître son sort, il suffit, le parchemin ayant été préalablement enroulé, de choisir un des fils et de lire la ligne correspondante. Ces »Sorts des Apôtres », du 13ème siècle, sont aujourd’hui conservés à la Bibliothèque Nationale. Leur texte n’a aucun rapport avec la doctrine Cathare.

 

MAISON PRUNET ET FAUCONNIER 841

Cordes-sur-Ciel (81170):  A droite la maison  du "Fauconnier" et à gauche la maison "Prunet".(Photo: Patrick Garcia)

    Après la « Maison Prunet », vient la maison du « Grand Fauconnier » du comte de Toulouse, à cause des oiseaux de proie qui décoraient l’encorbellement du toit, puis à un grand veneur, parce que, sur la porte d’entrée, était clouée naguère une hure de sanglier. C’est sous le premier vocable que l’immeuble, servant à cette heure de mairie, est classée comme Monument Historique. La façade (voir photo) est une des plus soignées. Au rez-de-chaussée, 5 arcades, dont la première, à gauche, moins large et moins haute que les autres. Celle par laquelle on pénètre dans la maison était close par une belle porte à compartiment de la fin du 16ème siècle ou du début du 17ème, ferrée de clous que composaient plusieurs épaisseurs de tôle découpées en rosaces et estampées. La vétusté de cette boiserie a nécessité la réfection de la partie principale, le tympan seul est resté en place. D’ailleurs, les anciens vantaux ont été conservés, ce qui permet de constater l’exactitude de la copie.

      Au 1ier étage, deux séries de 6 baies, tréflées sous leur arc brisé et groupées deux par deux sous un arc commun. Chaque paire est divisée par deux meneaux dont la face extérieure est une colonnette engagée. L’espace compris entre le grand arc et ceux des deux baies qu’il englobe, n’est plus ajourée par un oculus, mais par une rose à 5 lobes et par des écoinçons que forme ce tracé. Les piliers  sur lesquels retombent les grands arcs, présentent du côté extérieur comme un faisceau de colonnettes engagées correspondant aux sinuosités des moulures de ces arcs. Mêmes dispositions et remplage au 2ème étage, avec cette unique différence, qu’ici, les groupes d’ouvertures géminées sont au nombre de 3 et que chaque groupe ne comprends que 4 baies (2 paires). Le total ne change pas : 6x2 d’une part, 4x3 de l’autre.

     Parmi les motifs en relief plus ou moins prononcé qui ornent les sommiers et les sommets des arcs, ainsi que les moulures horizontales, on distingue quelques figures humaines, des têtes et bustes de chiens (dont l’un au 1ier étage, tiens dans sa gueule, un objet allongé). Des boucs ou montons, des oiseaux de proie, un ours et des singes. Avant la réfection de la toiture, les sommets des grands arcs, à l’étage supérieur, étaient tous couronnés par des faucons de forte taille, perchés sur la moulure ; de là, l’appellation de maison « du Grand Fauconnier ». Les chapiteaux sont ornés de feuillages (chêne et vignes). On remarque au 2ème étage, un oiseau piquant un raisin, et à l’extrémité droite, un petit quadrupède qui,  d’un nid de verdure d’où il émerge, allonge son corps pour brouter une feuille sur une corbeille voisine. Ces détails de sculptures sont contemporains de la façade ; il en est d’autres qui datent du milieu du 19ème siècle, époque où elle fut restaurée. On reconnait aisément ces derniers, moins à la couleur de la pierre, qu’à leur facture par à peu près.

    Dans un coin de la cour intérieure, un escalier à vis dessert l’habitation et se prolonge dans le sous-sol. Sa porte à linteau appareillé, n’est que de la fin du 15ème siècle. Ce qui dénote des remaniements de l’édifice à cette date. L’intérieur a d’ailleurs subi à plusieurs reprises, des travaux qui l’ont, en partie, modernisé.

      On a placé dans la même cour, les anciennes cuves en pierre qui servaient sous la halle, à mesurer le grain. Elles n’ont cessé d’être utilisées qu’à une époque peu lointaine, puisque leur capacité a été modifiée et adaptée au système décimal, fait qui ressort des inscriptions gravées sur leurs panses. Tout à côté, git une des grandes coquilles en pierre qui se dressaient sur les pignons de l’Hôpital Saint Jacques.

        La mairie conserve, elle aussi, des curiosités locales, les plus fréquemment examinées, le « Libre Ferrat », sorte de cartulaire communal, qui, commencé au 14ème siècle, a reçu des additions jusqu’au 17ème siècle. C’est un registre en parchemin, de moyen format…. Les intéressés pouvaient consulter l’acte de concession d’une foire à la ville par le sénéchal Eustache de Beaumarchais en 1273, un tarif des droits à cette foire et aux marchés du samedi (même date), un règlement de casuel de l’archiprêtre relatif aux baptêmes, mariages et relevailles (1305), plus divers autres actes dont un barème du prix du pain calculé d’après la valeur de la farine de froment (1334). Quelques lettres ornées rompent la monotonie de l’écriture. En entrant en charge, les consuls juraient sur les évangiles du « Libre Ferrat » de bien et loyalement remplir leurs obligations.

RUE OBSCURE 663

 

Cordes-sur-Ciel (81170): La "rue Obscure", peu éclairée, propice à des inactions; Notez le beau pavage.(Photo: Patrick Garcia)

RUE OBSCURE 662

 

Cordes-sur-Ciel (81170): La "rue Obscure", peu éclairée, propice à des inactions; Notez le beau pavage.(Photo: Patrick Garcia)

RUE OBSCURE 667

 

Cordes-sur-Ciel (81170): La "rue Obscure", peu éclairée, propice à des inactions; Notez le beau pavage.(Photo: Patrick Garcia)

RUE OBSCURE 673

 

Cordes-sur-Ciel (81170): La "rue Obscure", peu éclairée, propice à des inactions; Notez le beau pavage.(Photo: Patrick Garcia)

RUE OBSCURE 717

 

 

Cordes-sur-Ciel (81170): La "rue Obscure", peu éclairée, propice à des inactions; Notez le beau pavage.(Photo: Patrick Garcia)

      La « Grande Rue » descend désormais vers l’Ouest. Avant d’arriver sur la place de « Eglise paroissiale (8), on longe à droite, la « maison Fonpeyrouse »  (18), dont le rez-de-chaussée comprend six arcades. Au premier étage, il ne subsiste à une extrémité, qu’une paire de baies séparées par une colonnette à feuillages ;ça et là paraissent des fragments d’ouvertures distribuées d’une manière capricieuse. Le 2ème étage est éclairé par une alternance de baies géminées à colonnettes, dont une est par exception octogonale. Les chapiteaux sont nus et simplement délimités par l’astragale. L’intérieur a été complètement défiguré.

MAISON G VENEUR 747

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Les belles sculptures de la maison du Grand Veneur .(Photo: Patrick Garcia)

MAISON G VENEUR 748

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Autres sculptures et magnifique fenêtre géminée .(Photo: Patrick Garcia)

      Sur la place de l’Eglise, la maison « du Grand Veneur »  (17) présente de nombreuses analogies avec celle du « Grand Fauconnier » (16) dont nous venons de parler. Au rez-de-chaussée on compte 4 arcades occupées aujourd’hui par des magasins. Le premier étage a perdu ses fenêtres qui étaient distribuées comme au 2ème, c'est-à-dire, réunies par paires, sous 4 grands arcs accouplés 2 par 2. Les petites baies de ce 2ème étage sont intérieurement tréflées et surmontées chacune d’une nervure très aigüe. Le second étage est riche en décoration, les sommets 4 grands arcs servent de perchoirs à de gros oiseaux, tandis que leurs sommiers et la moulure horizontale du niveau des impostes sont agrémentés ( de G. à D.)

MAISON G VENEUR 750

d’une tête humaine en saillie dans l’angle du mur, d’un personnage accroupi de profil, d’un second assis de face, d’un chien, du buste d’un individu qui semble en forcer un autre, dont seule la tête parait, à regarder dans la rue, d’un homme assis (très décolleté) et, à l’extrémité, d’une tête isolée faisant pendant à celle du bord opposé. Sur la moulure des appuis, c’est d’une part, un buste tenant embrassée cette saillie, de l’autre, un personnage étendu, portant des deux mains, un objet à la bouche. Les chapiteaux ont leurs corbeilles surchargées de feuillages, qui, souvent, débordent dans tous les sens. Il en est un, au moins, près du chien, où est figurée une figure humaine avec, à côté, un oiseau dont l’aile se prolonge au-delà du pied-droit.

    A la hauteur des sommets des grands arcs, se déroule une scène de vénerie (d’où le vocable de la maison), un cavalier armé d’un épieu, s’apprête à frapper un sanglier qu’un chien a fait sortir de la forêt, représentée par un arbre. Plus loin, un second chasseur, celui-ci, à pied, lance une flèche vers un lièvre poursuivit aussi par un chien ; enfin, un 3ème personnage sonne du cor pour rappeler sa meute, pendant que 2 sangliers courent se réfugier dans un bois.

MAISON G VENEUR 741

Cordes-sur-Ciel (81170): vue d'ensemble de la maison du"grand Veneur" .(Photo: Patrick Garcia)

    Toutes ces sculptures sont un peu lourdes et d’une facture parfois négligée, si bien, que malgré l’abondance de la décoration, la façade du « Grand Veneur » n’atteint pas le degré d’élégance de celle du »Grand fauconnier ».

Façade_de_la_maison_Ladevèze

Cordes-sur-Ciel (81170): Maison Ladevèze .(Photo:du Net)

     La « maison Ladevèze »  (20) :qu’on trouve un peu plus loin, du même  baies disposées par paires côté de la rue, présente au rez-de-chaussée  arcades et au 2ème étage, 8 baies disposées par paires et réparties en deux groupes. Une colonnettes engagées des pieds-droits offre cette particularité qu’un méplat règne sur leur face, comme à la maison du « Grand Veneur », et se continue sur le tore bordant l’arc.

     Il y a là, une collection très variée de chapiteaux, dont la composition est souvent compliquée. Leurs feuillages (vigne avec raisins, notamment) sont parfois entremêlés d’animaux. L’un des plus originaux est garni dans les angles, de têtes humaines, avec, par dessous, des chiens se poursuivant ; ailleurs, ce sont de grandes feuilles d’acanthe appliquées contre la corbeille ou encore de gracieuse campanules qui s’en détachent. Aux sommiers des arcs, on remarque une tête humaine à l’expression grave, un chat ( ?) qui semble guetter quelque chose dans la rue.

     Attenant à la « maison Ladevèze » (21) que nous venons de décrire, l’ancien presbytère au 19ème siècle. Dans le bas, 4 arcades. Au 2ème étages, 8 baies sont distribuées comme les précédentes, mais leurs chapiteaux à feuillages sont assez ordinaires et d’ailleurs presque tous détériorés.

maison Gaugiran

Cordes-sur-Ciel (81170): Maison Gaugiran .(Photo: du Net)

     La « maison Gaugiran »  (19), en face, est aussi à 4 arcades et à 8 baies semblablement situées. Parmi ses chapiteaux, il en est qui portent de simples feuilles d’un faible relief laissant transparaître le profil de la corbeille. L’un d’eux est ainsi orné de feuilles de fougères ou de pariétaire dont les bouts en crosse tantôt représentent des têtes de dogues et tantôt offre l’apparence, quand on les examine avec attention, de petites têtes de hibou à cause de creux symétriques pouvant passer pour des yeux.

      L’intérieur : la cour, tout au moins, mérite une attention spéciale. D’u côté un escalier en bois tenant lieu de l’ancienne vis disparue, conduit aux galeries des deux étages. Ces couloirs en plein air, dont le dernier est abrité par un appentis, sont supportés par des solives verticales et bordent 3 côtés de la cour. Là s’ouvrent les portes des appartements et aussi les fenêtres des pièces qui ne sont pas en façade. Le quatrième côté est desservi par les portes percées aux extrémités des galeries. Cet aménagement, à la réserve de l’escalier modifié, donne une idée exacte de la façon dont la communication était établie dans nos vieilles maisons d’étage à étage et de pièce à pièce.

     Dernier détail : au 2ème étage, sous l’intrados d’une porte, on distingue quelques traces d’une peinture décorative composée d’entrelacs rouges à bordure vert et jaune et traits noirs se détachant sur le fond blanc.

MAISON DU GRAND ECUYER 818

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Maison du "Grand Ecuyer" .(Photo: Patrick Garcia)

MAISON DU GRAND ECUYER 819

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Maison du "Grand Ecuyer", détail .(Photo: Patrick Garcia)

    En continuant de descendre la « Grand Rue », on perçoit à gauche, la « maison Séguier »(22), dite du « Grand Ecuyer »  , dont la façade constitue un des plus beaux spécimens de l’architecture ou, pour mieux dire de la sculpture ornementale de la contrée. Au rez-de-chaussée, 5 arcades accompagnées de jours rectangulaires au-dessus de leurs retombées. Au 1ier étage, subsistent deux paires de baies à colonnettes, chaque couple surmonté d’un oculus en triangle curviligne, intérieurement tréflé.

      Sur la moulure continuant les tailloirs des chapiteaux sont posés (de G. à D.) un oiseau de proie dévorant un lapin, une femme au buste nu croquant une pomme, un joueur de cornemuse. A la hauteur des appuis, ce sont : une bête fabuleuse à tête de chien et à queue de lézard, une autre à tête humaine et à pattes de quadrupède, un chien tout allongé, de profil.

      Le 2ème étage est intact et a conservé ses deux groupes de deux paires de baies. Entre ces deux groupes s’ouvre une fenêtre isolée et, par exception, à jour dormant. D’une saillie se détachent un petit lion assis, un joueur de violon, une chimère ailée et à pattes palmées, tandis que la moulure des appuis est ornée d’une chimère à ailes de chauve-souris, d’un lion assis et d’une seconde chimère. Plusieurs de ces sculptures émergent à la façon des gargouilles. La même remarque s’applique à 4 autres motifs placés au-dessus des baies et représentant : un lion( ?) et un bœuf assis, un guerrier tirant l’épée, enfin un cheval assis, qui a valu à la maison d’être attribuée à un grand écuyer.

        Les chapiteaux, aux deux étages, sont le plus souvent garnis de feuilles de chêne abondantes et travaillées avec minutie. L’artiste s’est plu à reproduire les moindres singularités naturelles, comme plusieurs glands réunis par une même tige. Les gorges qui bordent les arcs servent d’abri à des animaux (chiens, lapins….) ou des personnages d’un très faible relief.

      Toute cette décoration si variée, d’une saillie d’une épaisseur à la longueur des gargouilles, est remarquable par le soin avec lequel elle a été exécutée. Si la « maison Séguier » n’offre pas l’aspect plus grandiose de la mairie (maison du « Grand Veneur »), l’architecture de ses fenêtres étant beaucoup plus simple, on peut dire que nulle part ailleurs, il n’existe une série de motifs plus originaux, plus divers et rendus avec un pareil souci de l’exactitude quand il s’agit, soit de la flore locale, soit du geste et de la draperie des personnages représentés. Il semble, en outre, que le grès employé à cette construction a été choisi d’une qualité hors de pair, tant sa surface est restée pure. Au point qu’on la croirait fraîchement travaillée.

        On quitte à regret la « maison Séguier ». En descendant encore on passe sous la porte des « Ormeaux » (1), après laquelle débouche, à gauche, la « rue Chaude »)  déjà mentionnée et où une maison du 15ème siècle (B) mérite d’être visitée.

RUE CHAUDE 654

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Détails de la rue"Chaude", nommée ainsi à cause des couples qui se formaient pour un soir.. .(Photo: Patrick Garcia)

RUE CHAUDE 655

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Détails de la rue"Chaude", nommée ainsi à cause des couples qui se formaient pour un soir.. .(Photo: Patrick Garcia)

RUE CHAUDE 665

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Détails de la rue"Chaude", nommée ainsi à cause des couples qui se formaient pour un soir.. .(Photo: Patrick Garcia)

RUE CHAUDE 721A

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Détails de la rue"Chaude", nommée ainsi à cause des couples qui se formaient pour un soir.. .(Photo: Patrick Garcia)

RUE CHAUDE 724

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Détails de la rue"Chaude", nommée ainsi à cause des couples qui se formaient pour un soir.. .(Photo: Patrick Garcia)

RUE CHAUDE 726

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Détails de la rue"Chaude", nommée ainsi à cause des couples qui se formaient pour un soir.. .(Photo: Patrick Garcia)

RUE CHAUDE 728

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Détails de la rue"Chaude", nommée ainsi à cause des couples qui se formaient pour un soir.. .(Photo: Patrick Garcia)

RUE CHAUDE 730

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Détails de la rue"Chaude", nommée ainsi à cause des couples qui se formaient pour un soir.. .(Photo: Patrick Garcia)

rue CHAUDE DEBUT 823

 

Cordes-sur-Ciel (81170): Détails de la rue"Chaude", nommée ainsi à cause des couples qui se formaient pour un soir.. .(Photo: Patrick Garcia)

Là, plus d’arcades, la façade qu’éclairent ses rares fenêtres rectangulaires, est assez étroite. A droite de la porte principale, amortie par un linteau appareillé, à coins arrondis, un escalier à vis très large, de 4m de diamètre, conduit aux deux étages, desservis comme à la « maison Gaugiran ». C'est-à-dire que les couloirs portés sur des solives, longent les trois côtés de la cour intérieure et que ces paliers en plein air, abrités par un appentis, on pénètre dans les appartements. L’aménagement est donc le même au 14ème et 15ème siècles, puisque l’exemple que fournit la rue « Chaude », ne diffère de celui de la « maison Gaugiran » que par la place occupée par l’escalier, place qui, dans le cas de ce dernier immeuble, était ailleurs qu’à côté de l’entrée.

  Les façades :

Elles sont toujours en pierre de taille provenant des carrières de grès de Salles, village à 7km. La teinte de ce grès oscille entre le rose sombre et le gris (photo ci-dessous) . Il est rare que sa qualité laisse à désirer et les blocs qui se sont superficiellement écaillés sous l’influence des agents atmosphériques se compteraient aisément. D’autres ont pu se fendiller sous des pressions en porte-à-faux accidentelles, mais ordinaire. Si la sculpture, souvent très fouillée, du grès, a dû exiger un long et pénible travail, cette résistance même à l’outil, lui a valu de conserver ses angles et ses arêtes.

       On a vu que le rez-de-chaussée était formé d’arcades de largeurs et hauteurs, le plus souvent, égales, dans le même édifice. A quoi servaient ces ouvertures qui paraissent aujourd’hui bien nombreuse ?

MAISON PRUNET ET FAUCONNIER 841

Cordes-sur-Ciel (81170): Derrière ces arcades, les ateliers des artisans.(Photo: Patrick Garcia)

 Il est inadmissible qu’elles aient constitué une sorte de promenoir, comme une place publique. La déclivité du sol s’y opposait. Les arcades étaient fermées et tout porte à penser qu’elles n’étaient pas destinées à l’habitation, parce qu’on ne vit pas dans des pièces dont tout un côté est occupé par l’entrée et qui reçoivent leur éclairage par une modeste ouverture percée à 4 mètres au-dessus du sol. Une arcade était nécessairement réservée à l’entrée, une ou deux autres, parfois trois, peut-être, pouvaient correspondre à un dépôt de marchandises ou à des ateliers de fabrication, le reste, à un magasin  de vente au détail. On arrive ainsi à l’emploi des 4 ou 5 arcades de chaque maison, et si l’on songe à la richesse de la localité au temps ou ces édifices furent construits, nos conjectures sembleront acceptables…. Jusqu’à plus ample information.

      Le 1ier étage a été presque partout modernisé. Les propriétaires n’ont pas hésité à mutiler ou détruire d’élégantes baies pour les remplacer par des trous rectangulaires à contrevents verts. Ils ont poussé l’horreur de la « vieillerie » jusqu’au point de faire raser à droite et à gauche de ces volets, les moulures qui en gênaient le rabattement contre le mur. Les traces de ce vandalisme permettent simplement de reconnaître que la disposition des fenêtres supprimées, étaient, au 1ier étage, la même qu’à l’étage supérieur.

Si le 2ème étage a moins souffert, c’est uniquement parce que, la population ayant diminué, il n’a plus été nécessaire de s’intéresser beaucoup à cette partie de l’habitation, notamment d’en accommoder les fenêtres aux goûts nouveaux. Cet abandon a sauvé ce qui nous reste…

 

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 PATRICK GARCIA

Cordes-sur-Ciel (par Wikipédia)

 

Cordes-sur-Ciel (en occitan, Còrdas, en français Cordes jusqu'en 1993) est une commune française située dans le département du Tarn, en région Midi-Pyrénées.

Bastide construite en 1222 par le comte Raymond VII de Toulouse, haut lieu du catharisme, cette cité médiévale adapte ses rues tortueuses et ses maisons séculaires à un relief escarpé dominant la paisible vallée du Cérou. Site touristique fréquenté, Grand site de Midi-Pyrénées, elle est une étape du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Ses habitants sont appelés les Cordais et Cordaises. Ce village a été classé le Village préféré des Français présenté par Stéphane Bern sur France 2 le 1er juillet 2014.

Histoire

La bastide de Cordes, verrou militaire nord du comté de Toulouse, est construite entre 1222 et 1229 sous l'impulsion de Raymond VII pour rallier les populations éparses, chassées notamment de la forteresse de Saint-Marcel incendiée par les troupes de Simon de Montfort en 1215, lors de la croisade des Albigeois des « Barons du Nord », car on ne parlait pas à l’époque d’hérésie « cathare » dans ce pays de langue d’oc. Lors de la seconde croisade contre les Albigeois, la magnificence et la solidité des remparts de Cordes font reculer Humbert de Beaujeu qui renonce à la conquérir.

Conformément à la paix de Paris (1229), Jeanne, fille unique de Raymond VII de Toulouse, épousait en 1241 Alphonse II de France, comte de Poitiers, frère du roi Louis IX (Saint Louis). Le comté de Toulouse, jusqu'alors autonome, est rattaché à la Couronne de France à la mort d’Alphonse II et de Jeanne en 1271. Jamais conquise, Cordes devient ainsi terre de France en 1370. Une charte est octroyée aux Cordais leur permettant de construire des maisons protégées par les remparts. Ainsi furent bâties quelques magnifiques demeures entre la fin du XIIIe et le milieu du XIVe siècle, dont les façades ont résisté aux outrages du temps. L’unité architecturale de la bastide, dans le plus pur style gothique, lui valut le surnom de « Cité aux Cent Ogives ». Son âge d'or dure du XIVe siècle au XVIe siècle avec un maximum de 6 000 habitants. Son économie est basée sur le commerce et le tissage.

Cordes, fidèle à « l'Église de Dieu », bien après le bûcher de Montségur en 1244, résista à l’Inquisition jusqu’en 1312, date de sa soumission officielle à l’Église catholique romaine. Les guerres de religions de la fin du XVIe  siècle occasionnent peu de dommages à Cordes : elle est attaquée le 9 septembre 1568 par le baron de Paulin ; elle repousse l’assaut du vicomte Peyrole de Bruniquel, dans la nuit du 22 au 23 mai 1574.

Prosper Mérimée, alors chargé par Napoléon III d’établir un inventaire du patrimoine architectural français, la visita. La cité s’éveilla à nouveau à partir du milieu du XXe siècle, lorsque des artistes la redécouvrirent.

Albert Camus, après l’avoir visité dans les années 1950, disait « À Cordes, tout est beau, même le regret ». La cité est officiellement devenue « Cordes-sur-Ciel » en 1993.

Lieux et monuments

Le village est entouré de quatre enceintes et de plusieurs portes comme la porte des Ormeaux, la porte de la Jane ou la porte de l'Horloge.

Le village a été classé parmi les « Plus Beaux Villages de France », mais n'est plus labellisé à ce jour.

  • Ce village est connu, entre autres, pour son puits de la halle qui fait plus de 100 mètres de profondeur (113,47 mètres).
  • La maison du Grand Veneur est une grande bâtisse de grès dont la façade a trois étages. C'est l'une des façades les plus sculptées du village. Le siège de la Mairie est situé dans la Maison Fonpeyrouse.
  • L'église Saint-Michel, de style gothique méridional, date en grande partie du XIIIe, en dépit de remaniements au XVe siècle. Le clocher date du XIVe siècle. L'intérieur conserve des fresques d'inspiration renaissance réalisées par le peintre Gayral de 1841 à 1844 et plusieurs tableaux datant de cette période (Saint Louis de Gonzagues en prière, Apothéose de saint Jacques...).

 

  • Le lieu-dit du « pied haut » situé non-loin du village qui permet un point de vue global sur la bastide. S’y rendre à l’aube permet de voir la cité émerger des nuages.

Couvent des Capucins de Gaillac

Couvent de 1660 situé chemin des Capucins, rue La Peyrade. En 1826 il est mis à la disposition de la Communauté des sœurs de Saint Joseph d'Oulias (Rhône). Depuis 1975, c'est le principal foyer de la Communauté des Béatitudes, anciennement Communauté du Lion de Juda et de l'Agneau Immolé. Le couvent des capucins est actuellement en vente.

Jardin du Paradis

Situé sur les premières terrasses fortifiées de la cité médiévale de Cordes sur Ciel, ce jardin étonne avec ses jeux d'eau, ses tapis de fleurs et ses essences exotiques. Avec ses influences orientales, il offre au visiteur un voyage où tous les sens sont en éveil. Chaque année, un thème et des animations sont proposés aux visiteurs