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SOMMIERES, LA "PORTE MÉDITERRANNÉENE"

 

Après la « Porte des Cévennes », Anduze, je me dirige vers la « Porte Méditerranéenne », 30 kms plus au Sud. Fini les montagnes calcaires ou gréseuses, et, de 900m, je passe à 150 m de haut, dans un univers de vignes, de pâtures et de constructions méditerranéennes.

 

       J’arrive dans ce gros bourg ancien  posé sur les rives du « Vidourle », bien connu pour ses méfaits lors des orages exceptionnels. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas, la rivière, indolente, est translucide, avec des reflets verts et bleus, l’eau est cristalline.

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Sommières (Gard) : trajet depuis Sainte Livrade sur Lot (47)

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Sommières(Gard) : "Le Vidourle", frontière naturelle pour qui fut créé le "Pont Tibère", qui signa la richesse de la ville. (Photo: José Patrick Garcia)

     La ville est réputée universellement pour sa fameuse terre (de Sommières) qui est connue pour nettoyer les tâches de graisses sur les vêtements, mais c’est pour son passé romain, qu’elle reçoit des milliers de touristes.

    De ce passé romain, c’est le « Pont Romain » bâti sous Tibère qui est le plus célèbre. Ensuite, la ville médiévale est très attirante et pleine de vie, avec ses spectacles de jeux taurins.

 

    Mais comme dabe, est de chercher un endroit pour garer mon « Pépère », et c’est en bordure du « Vidourle » et adossé aux Arènes, Rue Gabriel Pétri, que je découvre un superbe parking, gratuit, arboré et tout contre l’O.T.

     Tout de suite, je me rends à l’O.T. récupérer de l’info. L’accueil y est charmant, et visiblement, les hôtesses sont dévouées à la cause du terroir ! Je repars avec les précieux renseignements et les plans qui vont guider ma balade.

 

     Je longe les allées F. Gaussorgues, bordées de magnifiques platanes qui longent la rivière et où se déroulent de temps à autres, grandes brocantes. J’arrive donc, en longeant le « Vidourle », vers ma première curiosité : 

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Sommières(Gard) : Le "Pont Tibère" vu depuis les arènes, le long des platanes et du parking camping car. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Le "Pont Tibère", vu depuis l'OT, les 2/3 du pont sont dans la ville, car c'est un pont habité! (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Toujours en en vue de droite, les avant-becs tournés vers le courant du puissant"Vidourle".  (Photo: José Patrick Garcia)

Le Pont Romain, ou Pont Tibère

   C’est ici, en quelque sorte, qu’est née la ville de Sommières, grâce au pont sur le « Vidourle ». Plus tard, elle lui devra son développement, dès le Moyen Âge, malgré les nombreuses inondations. Ce pont est né de la nécessité du passage de la voie romaine entre Nîmes et Toulouse, sur le « Vidourle », véritable voie fluviale entre les Cévennes et la mer. Il y a 2 000 ans, le sud de la Gaule est traversé par la « Via Domitia » qui relie Rome à l’Espagne. La voie secondaire qui passe à Sommières, se raccorde à l’axe routier principal au niveau de Sextantio (Castenau-le-Lez) à 25 km au sud-est. La construction du pont est attribuée à l’empereur Tibère (né à Rome le 16 novembre 42 av. J.-C. et mort à Misène le 16 mars 37 ap. J.-C., est le deuxième empereur romain de 14 à 37).

   

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Sommières(Gard) : Le viaduc vue de gauche, sa chaussée étroite oblige à la tenue d'un feu tricolore à son extrémité pour limiter le flux des véhicules sur le pont. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Sous les rafraichissants platanes de la cale, vue du barrage permettant d'alimenter le bief du moulin. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Créé pour le passage des légions romaines, ce pont de 20 siècles a sa plus grande partie dans la ville, car c'est un des rares ponts habités. (Photo: José Patrick Garcia)

 

    Le régime torrentiel du « Vidourle » est attesté dès l’antiquité. Les romains s’adaptent donc à la topographie du fleuve, et pour faire face aux violentes crues, le pont comprend, côté amont, des avants-becs en forme d’éperon, renforçant le maintient et la stabilité des piles. Chaque pile présente des fenêtres de décharges appelées  « ouïes » qui facilitent le passage des eaux. D’une longueur de 230 m, le pont compte 21 arches connues et 2 arches superposées, aujourd’hui cachées sous les habitations (Rue Marx Dormoy). Seules 7 arches restent visibles.

    En partie envahi par l’habitat, dès le Moyen Âge, ce pont constitue un des ponts habités les plus importants d’Europe.

    En partie endommagé par les violentes crues, ce pont est constamment restauré depuis le 15ème S. Pour éviter de nouvelles dépenses, un conseiller municipal proposa de le détruire en 1908 en faisant construire un pont métallique…. Projet heureusement abandonné !

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Sommières(Gard) : Cet escalier, juste derrière la porte de la ville face au viaduc, permet de descendre voir les arches cachées sous les maisons. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : En parallèle du viaduc, des contreforts de soutènement  pour suporter les maisons, permettent aux eaux du Vidourle de s'écouler pendant les crues. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Comme l'annonce le pannonceau, nous sommes devant une des "arches cachées", ces arches qui sont occupées par les caves ou les ateliers des échoppes posées sur le viaduc. (Photo: José Patrick Garcia)

    A Sommières, le travail des peaux et des cuirs reste pendant de nombreux siècles  l’activité économique la plus importante, elle nécessite donc l’utilisation de beaucoup d’eau, ce qui explique que les tanneurs et corroyeurs s’installent au plus près de la rivière et même dans son lit ! Les maisons, construites en hauteur, s’appuient sur les arches du pont laissant ainsi le passage des eaux au moment des crues. Les arches se transforment en atelier, boutiques ou caves. Le tablier du pont devient une rue. Des escaliers sont aménagés dans l’épaisseur des piliers, ils relient les maisons à la rue et à la « place du marché » (Place des Dr Dax).

     Si les superstructures ont quelque peu changé par rapport à l’origine, il a fière allure et son aspect général n’a pas varié depuis sa construction. Sauf qu’on ne peut imaginer que les 2/3 de l’ouvrage est dans la ville et ne peut être réellement vu. Il y a quand même un endroit où l’on peut admirer les parties anciennes avec leurs caves, je décide d’aller les visiter.

 

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Sommières(Gard) : Accolé au viaduc, ce tunel , n'est qu'une suite de contreforts et d'arches destinées à  porter les commerces au-dessus.(Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Et au bout du contrefort, dans le pilier, l'escalier qui permet de rejoindre l'échoppe en bordure du viaduc. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Passez la "Porte de la Ville", et juste à gauche, un escalier descend aux "arches cachées" et à la place du Dr Dax, l'ancienne place du marché local. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Les armes de la ville rendent hommage au "Pont Tibère". (Photo: José Patrick Garcia)

     Il est bon de rappeler que ce pont est un des rares viaduc antiques du sud de la Gaule entièrement conservé et encore utilisé de nos jours ! Il a le rare privilège de compter parmi les quelques ponts habités d’Europe aux côté du célèbre « Ponte Vecchio de Florence ».

    Au 13ème siècle, l’installation d’une place forte royale à Sommières modifie considérablement l’image du pont. La ville se développe alors sur les deux tiers du lit du « Vidourle » : 11 arches sont fermées. Désormais intégré dans la ville, le pont antique sert d’appui à des maisons, comme dit précédemment. Le passage couvert de maisons, fondé sur un épais remblai de limon, a tendance à s’affaisser. Des arcades supplémentaires jouant le rôle de contreforts sont construites dès le 16ème siècle. L’une des arches antiques reste entièrement visible au niveau de la « rue de la Grave ». Endommagés  par les inondations, les 4 arcs juxtaposés constituant la largeur de la voie antique, ont été restaurés au 19èmeS. Avec des petits moellons. C’est en partie au dessus de cette arche que la « Tour de l’Horloge », porte principale de la ville, est construite. C’est d’ailleurs derrière cette tour qu’il faut emprunter « l’Escalier du Reilhes », datant de 1765, pour descendre voir les arches masquées.

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Sommières(Gard) : signalétiqque à l'entrée du pont. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Signalétique au niveau des arches cachées.  (Photo: José Patrick Garcia)

     Cet endroit est remarquable. Au bas de l’escalier, à ma droite, la fameuse arche, seule visible en sa totalité, les autres étant occupées par des caves plus ou moins « entretenues ». Cette arche, qui supporte la tour est un sacré témoignage du passé. S’appuyant sur le pont, une série d’arches et arcs porteurs, en perpendiculaire, consolident le viaduc et servent  de soubassement aux maisons des commerces établis au-dessus et qui bordent la rue et la voie romaine.  Ainsi, longeant le viaduc, cette série d’arcs porteurs, tous, d’un modèle assez différent, forment ce qu’on appellerait dans nos pays de « bastides », des couverts, ou cornières.  D’ailleurs, le sol est partout pavé et la place du marché, délimité par ces « couverts », est une des plus vieilles de la cité. Autre curiosité, ces contreforts puissants, sont souvent munis de portes permettant le trafic entre l’atelier ou la cave,  au sous-sol, et l’échoppe au-dessus, en bordure du trottoir à piétons…

 

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Sommières(Gard) : "La tour de l'Horloge", porte fortifiée principale du bourg. (Photo: José Patrick Garcia)

    Je reprends mon escalier et remonte au niveau de la chaussée, car je veux découvrir un peu mieux cette tour….

Sur la façade extérieure elle arbore fièrement les armes de la ville ainsi qu’une énorme horloge, le toit est surmonté de la cloche qui anime la vie de la cité médiévale. Sa porte ogivale laisse entrevoir une herse en bois.

Sur le haut, cinq corbeaux portent autant de tubes métalliques semblables à des canons, mais qui devaient écouler les eaux pluviales avant les gouttières de zinc, mais ces corbeaux devaient supporter une bretèche, aujourd’hui disparue, comme le crénelage et les meurtrières.

   Pour la petite histoire, cette porte de ville, et de péage, est édifiée sur la dixième arche du pont antique donnant sur la rue « Marx Dormoy » (rue du Pont), axe commercial majeur de la ville. Son équivalente se trouve à l’extrémité ouest du pont et constitue un autre péage. Endommagée lors des guerres de Religions, elle s’effondre dans le « Vidourle » en 1715, emportant une arche.

    La Tour-Porte, désignée depuis le 16ème S. « Tour de l’Horloge », comprend deux niveaux  desservis par un escalier à vis  construit dans l’épaisseur de la maçonnerie. Au Moyen-âge, elle comporte une herse et des vantaux  en bois. Le blason de la ville et les gargouilles (en forme de canons) sont ajoutés ultérieurement.

    Accolée à l’ancienne maison consulaire (actuelle mairie), la porte fortifiée constitue le beffroi de la ville. Lors de son installation, la cloche fait une chute de plusieurs mètres. Depuis, c’est une cloche fêlée qui rythme la vie des sommiérois…

 

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Sommières(Gard) : "La place Jean Jaurés", poumon de la ville. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Autre vue de la "Place Jean Jaurés". (Photo: José Patrick Garcia)

    Je poursuis vers la place J. Jaurés. Entourée de couverts, elle concentre une majorité de la «  ruche » avec de nombreux cafés, chocolatiers, boulangers ou tabacs-journaux-souvenirs…. Dans un angle, une belle statue de la Vierge en Bronze, la place est gavée de touristes et de consommateurs en ce beau mois d’avril. Ville de commerce, depuis l’antiquité, Sommières avait 4 espaces majeurs pour son marché et ses foires. Ici, sur la place « Jean Jaurés », qui est l’extrémité nord-est du pont, pour les marchands de blé et d’avoine, les changeurs, banquiers, argentiers, potiers d’étain et chaudronniers ; tandis que l’autre extrémité du pont, au sud-ouest, côté rive droite étaient concentrés les aires pour le bétail. Sur la « place du Marché (place des Dr Dax) » qui jouxte les arches cachées  du viaduc, on trouvait, plutôt les vendeurs de lard, de chair salée, de primeurs (rue Jardinière), les savetiers et les cordeliers (rue Paulin Capmal). Enfin, comme déjà dit, le viaduc, était un fameux lieu de ventes donnant sur les nombreuses échoppes. On y trouvait les outils, les ustensiles en fer, les cuirs, et un peu en prolongement, dans la rue « Marx Dormoy »qui est l’extrémité du pont, les armuriers, chapeliers, pelletiers, lanterniers et parquetiers ….

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Sommières(Gard) : Les couverts (ou cornières) qui bordent la place Jean Jaurés. (Photo: José Patrick Garcia)

 

 

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Sommières(Gard) : Belle niche d'angle avec statue de la Vierge, place Jean Jaurés. (Photo: José Patrick Garcia)

   En 1600, le roi Henri 4 accorde 6 foires à la ville, tous les 2 mois, la ville est envahie par les marchands venant principalement des plateaux et des Causses, des Cévennes, de Nîmes, Lunel et Montpellier et des terres voisines de la « Vaunage ». Tous ces rendez-vous commerciaux faisaient la richesse de la ville par les produits de la vente, mais aussi les péages pour l’entrée et la sortie des marchandises.

 

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Sommières(Gard) : "Porte du Bourguet" la porte opposée  "à la Tour de l'Horloge", et qui permet de monter au château. (Photo: José Patrick Garcia)

    Je décide de monter au panorama qui s’étend depuis le château qui domine la ville. Par la rue commerçante « Antoine Paris », j’arrive à la « porte du Bourg » qui permettait de franchir les remparts, encore existant en 1813, de la ville…. Un panneau indique « Le Château ». La rue monte et croise à droite une rue nommée « rue du Grenier à Sel ». Continuant, je longe à ma droite un haut mur qui masque à ma vue l’église St Pons en contrebas, dont j’aperçois le clocher en forme de dôme.

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Sommières(Gard) : Belle vue sur la ville et ses couleurs méditerranéennes depuis la montée vers le château. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : L'église St Pons vue depuis le château. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : La "tour de l'Horloge" vue du château. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Du château on peut apercevoir le Mont Aigoual et les Cévennes. (Photo: José Patrick Garcia)

     Enfin, j’arrive à une table panoramique ! De là, la vue sur la ville est magnifique. Un bel alignement de murs de pierres marron et de toits de tuiles romaines rouges à ocres. D’ici, j’ai une belle vue sur le haut de l’église, sa grande rosace et ses 2 clochetons. La table m’indique qu’à gauche, je peux apercevoir Montpelliers et le « Pic St Loup » et à droite le « Mont Aigoual » et les Cévennes.

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Sommières(Gard) : Premières fortifications avant le bel ensemble castral. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Le donjon massif et impressionnant, se voit à des kms à la ronde. (Photo: José Patrick Garcia)

    Je m’approche du castel qui, à présent, me domine. Déjà, au 11ème, le castel appartient à Bermond d’Anduze-Sauve, apparenté au comte de Toulouse. Devenue place forte royale à partir de 1220-1223, le château subit d’importants travaux de réaménagements : construction d’une 2ème tour (désignée « tour de Montlaur »), aujourd’hui disparue, d’une chapelle, de logis de dépendance, développement d’une double enceinte et fortification du plateau de « la Vignasse ».

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Sommières(Gard) : Paysage méditerrannéen depuis le donjon du castel. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Vue du donjon depuis une poterne du rempart. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Meurtrière dans le rempart qui protège le donjon. (Photo: José Patrick Garcia)

    Le donjon appelé « tour Bermond », surplombe l’ensemble de la ville du haut de ses 22 mètres. La défense est assurée depuis la terrasse par une série de créneaux et merlons marqués d’archères. L’accès au sommet s’effectue toujours par l’escalier à vis très étroit, bâti dans l’épaisseur de la maçonnerie. L’ensemble du rempart s’étend sur 230 mètres. A partir du 18ème S., il devient caserne. La chapelle devient une prison, ce qui bien sûr, n’a rien à voir avec sa vocation d’origine. Bien national à la Révolution, il est divisé et vendu en plusieurs propriétés. En 1926, la ville devient propriétaire de la tour qui est ensuite inscrite aux M.H. En 2010, le reste du site est lui aussi classé. Le donjon est impressionnant quand on est juste dessous, ses murs sont à « bossages », sensé amortir les boulets des armes de jets, mais les remparts de la seconde ceinture ont subi « quelques » dégâts, certains ont dû servir de carrière après la Révolution… Le style des archères indique qu’elles sont de la « première génération », elles sont droite comme un « I », et je n’ai vu nulle « croix pâtées », « arquebusières » ou « canonnière »… Les parties que j’ai visité étaient donc élevées avant l’invention de l’arbalète, ce me semble, date où les meurtrières sont devenues plus élaborées pour manœuvrer dans tous les angles avec une arme assez encombrante. Du haut, je domine de merveilleux jardins méditerranéens. Le castel étant fermé ce jour, je décide de compléter la visite de la ville aux ombrages rafraichissants.

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Sommières(Gard) : bel angle pour admirer le colosse de pierre. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : à gauche la 1ère ceinture, à droite la seconde, et au centre, le dernier réduit, le donjon. (Photo: José Patrick Garcia)

 

    En redescendant, je recroise à nouveau la rue du « Grenier à Sel », je la prends et tout de suite tourne à gauche dans la « rue des Baumes » pour arriver très vite devant l’église St Pons.

 

    Cet édifice est à signaler dans le « martyrologue des églises » ! Sa vie n’est qu’une succession de ruines dues aux guerres, à la nature et aux malfaçons. Elle fut édifiée sur l’emplacement d’une première église romane. Au 16ème durant les « guerres de Religions », l’édifice est mis en ruines, au 18ème, plusieurs campagnes de consolidation et de restauration ont lieu, le clocher particulier, avec son dôme, date de 1748. Bâtie sur un sol instable, elle menace de s’écrouler. En 1842, la reconstruction est décidée. En 1846, pose de la 1ère pierre, 1867, l’édifice est enfin achevé !

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Sommières(Gard) : L'église St Pons, vue depuis la côte qui vient (ou mène) au château. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : l'arrière de St Pons, vu depuis la"rue des beaumes". (Photo: José Patrick Garcia)

   Comme de nombreux édifices de l’époque, elle est en style néo-gothique, la rosace, imposante, de 3,40 mètres de diamètre comporte 1360 pièces de verre. Je suis trop attaché aux « vieilles pierres » pour entreprendre la visite complète d’un édifice quasi contemporain… 

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Sommières(Gard) : l'église St Pons, vue de face. (Photo: José Patrick Garcia)

 

     Je redescends vers le cœur de ville et de vie. Il y a de très nombreuses vielles maisons aux entrées datées et de fort belles factures. Parmi les venelles étroites, beaucoup de maisons sont reliées par des arcs ou arches… On se rappelle que cette partie de la ville est bâtie dans l’ancien lit du « Vidourle », que le sol est instable, peut-être ces arcs servent-ils à consolider les édifices en le tenant liés les uns aux autres ?

 

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Sommières(Gard) : Peut-être pour compenser la poussée des eaux en cas de crues, les rues sont étayées par des traverses maçonnées. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Prés du Vidourle, les maisons sont sur piliers ou arches, créant ainsi de nombreux passages souterrains. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Ces passages souterrains permettent lors des crues centenales, aux eaux, de s'écouler sans trop de dégâts. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Nouveau passage couvert et, notez, toute la ville est pavée superbement. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : On voit fort bien ici, le principe du viaduc habité. Des arches de chaques côté, permettent d'y bâtir des échoppes sans gêner la circulation, et le passage des eaux lors des grosses crues. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : On voit fort bien ici, le principe du viaduc habité. Des arches de chaques côté, permettent d'y bâtir des échoppes sans gêner la circulation, et le passage des eaux lors des grosses crues. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Dernière vue du viaduc de Tibère, du moins, le tiers visible. (Photo: José Patrick Garcia)

     Je suis aussi séduit par certaines devantures « d’Hôtels Particuliers », dont certains possèdent des escaliers monumentaux, des rampes en fer forgées, parfois classées ! Dans ma visite, je « joue les découvreurs » dans un passage souterrain sous maison, en angle, et à escaliers, un mini catacombe nommé « passage du Bombe Cul », tout un programme, il indique bien la pente de ce passage !

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Sommières(Gard) : Le passage souterrain "Bombe-cul". (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Ce passage en pente sous les quartiers de la ville est assez "étrange" et inusité, surtout la nuit! (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Au débouché, notez la pente qui engendra le nom du souterrain. (Photo: José Patrick Garcia)

Plus loin je découvre l’ancien « Couvent des Ursulines ».

   Au cours du 17ème, plusieurs congrégations religieuses s’établissent à Sommières, dont celle des Ursulines(1660) dont la vocation est « d’éduquer » les jeunes filles protestantes dans la foi catholique. Elles maintiendront leur enseignement jusqu’à la Révolution, leur couvent vendu comme bien national, se transforme en collège en 1807.

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Sommières(Gard) : l'ancien couvent des Ursulines, aujourd'hui salle d'exposition. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Autre vue "des Ursulines". (Photo: José Patrick Garcia)

Après moultes vicissitudes, le bâtiment devient le « Pôle Culturel » de la cité, nommé « Espace Lawrence Durrell », hommage au célèbre écrivain britannique, venu s’installer en 1966 ici, jusqu’à sa mort. Ce grand bâtiment  en belles pierres et aux hautes fenêtres ne m’inspire pas, je retourne déambuler dans la partie la plus historique de la ville. Je descends sur les quais prendre un peu de fraicheur….

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Sommières(Gard) : Diverses entrées anciennes dans le centre ville. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Diverses entrées anciennes dans le centre ville. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Diverses entrées anciennes dans le centre ville. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Diverses entrées anciennes dans le centre ville. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Diverses entrées anciennes dans le centre ville. (Photo: José Patrick Garcia)

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Sommières(Gard) : Diverses entrées anciennes dans le centre ville. (Photo: José Patrick Garcia)

 

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Sommières(Gard) : Date et nom sur la porte ci-dessus. (Photo: José Patrick Garcia)

La, sous le pont, j’admire le viaduc et la fourmilière qui s’agglutine sur la chaussée au débit réglé par un feu tricolore, sa largeur n’étant pas compatible avec le croisement des véhicules modernes…. Devant moi, la chaussée d’une écluse ou d’un barrage à moulin, provoque une blanche écume où pêche un goéland. L’endroit est bucolique, les bruits de la circulation n’arrivent pas ici, seul les remous de la cascade sont perceptibles… Le bonheur simple.

 

Près du « Vidourle » et du camping, face où je suis garé, se trouve les arènes de la ville. Au cours de mon petit séjour, comme tous les samedis après midi vers 16h, il y a affluence devant la porte des arènes, pour assister à une « course camarguaise ». Je décide d’aller voir, pour la première fois de ma vie, un spectacle taurin, et en plus, l’entrée est libre, ce qui est assez sympathique ! Si ce n’est pas un spectacle avec les grandes vedettes du genre, les athlètes qui s’entraînent lors de ces joutes amicales sont d’une souplesse incroyable !!!!

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Sommières(Gard) : Les athlètes doivent extraire des cocardes enfilées dans les cornes. (Photo: José Patrick Garcia)

    De jeunes taureaux  de 5 ou 6 ans sont lâchés et les jeunes, doivent avec seulement leur main, munis d’un petit crochet, venir soutirer, une à une, les anneaux ou cocardes, enfilées sur les cornes des bovidés. Bien sûr, la bête n’est pas passive et « rentre dans le lard » de tout candidat qui essaie de s’approcher, ce qui entraine des situations comiques, des bosses, parfois des plaies, mais une débauche de courage de tous. L’esquive est la qualité essentielle, car il faut exciter un peu l’animal pour qu’il vous « choisisse », parmi tous les autres raseteurs (jeunes hommes habillés de blancs qui se mesurent aux taureaux) et si la bête est trop menaçante, la souplesse est de rigueur, il faut savoir sauter par-dessus « l’Ancierro » (enclos) que parfois les bêtes arrivent à enjamber pour essayer d’encorner leur adversaire… Les « raseteurs » qui soutireront le plus cocardes aux taureaux qui vont se relayer durant tout le spectacle, gagneront des prix et de l’argent offert par les organisateurs.

 

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Sommières(Gard) : Extrémement agiles, les athlètes doivent pouvoir bondir rapidement hors du toril... Sinon.... (Photo: José Patrick Garcia)

      Pour ma part, je me suis régalé, sont « couillus » (je m’excuse) ces garçons, et l’on voit bien que ce n’est pas un sport que l’on pratique bien vieux, tout d’abord à cause de l’agilité requise, ce sont de véritables ressorts qui sautent plus de 2 mètres de haut pour se réfugier sur les grilles, mais les encornements, les coups, les bosses et les plaies, il arrive un moment où çà perturbe le bon déroulement d’une « carrière »…. Ce jour là, ils sont plusieurs anciens « raseteurs » à évaluer, encourager et parfois, houspiller les garçons à qui ils intiment des conseils, tintés « d’ordres »….

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Sommières(Gard) : Sinon.... Aïe..... (Photo: José Patrick Garcia)

  

Finalement, ce jeu est un jeu d’hommes face à une bête qui a quartier libre pour garder ses précieuses cocardes, qu’ici on appelle « attributs », et de toute façon, il n’y aura pas une goutte de sang, ni de souffrance pour la bête, sauf, peut être, pour quelques « bêtes à 2 pattes habillées de blancs »….

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Sommières(Gard) : Oui, ici, on se sent bien.... (Photo: José Patrick Garcia)

    Hum,  décidément, je me sens bien ici et j’invite tout le monde à y venir.

 

SOMMIERES PAR WIKIPEDIA

 

 

GEOGRAPHIE

Située à l'extrême sud du département du Gard, à la périphérie ouest de la plaine de la « Vaunage » et à la périphérie du département de l'Hérault, dans une région très viticole, à vingt-sept kilomètres de Nîmes et à vingt-huit de Montpellier, cette ville très pittoresque est connue pour son centre médiéval construit en « damier » le long du fleuve le « Vidourle », dont les étroites rues sont enjambées de multiples arcades et porches, pour son château, aujourd'hui en ruine mais en cours de restauration, dont la haute tour accessible aux visiteurs, domine la cité et pour son célèbre pont romain si souvent malmené lors des redoutables vidourlades. La commune est en effet régulièrement assujettie aux inondations lors d'épisodes de pluies cévenoles, le record datant de septembre 2002.

LES COMMUNES d'Aspères, Salinelles, Villevieille, Aujargues, Junas, Boisseron, Saussines, Galargues et Campagne sont limitrophes de la commune de Sommières. Sommières est l'une des soixante-quinze communes membres du Schéma de Cohérence Territoriale SCOT du Sud du Gard et fait également partie des trente-quatre communes du Pays Vidourle-Camargue.

HISTOIRE

Le pont au-dessus du Vidourle fut construit au Ier siècle par l'empereur Tibère afin de relier Nîmes à Toulouse. Il était initialement constitué de plus de 20 arches pour une longueur totale de plus de deux cents mètres. Ses dimensions étaient ainsi suffisantes pour enjamber le lit "normal" du Vidourle et assurer la liaison entre les deux rives, malgré les nombreuses crues du capricieux fleuve.

Sommières fut érigée au Xe siècle en grande partie sur le pont (dont il ne reste ainsi que 7 arches visibles), à même le lit mineur du fleuve, ce qui explique les nombreuses inondations dont est victime la ville lors des débordements du Vidourle. Sommières fut un des fiefs principaux de la Maison des Princes d'Anduze, Satrapes de Sauve, et de leurs cousins les Roquefeuil-Anduze. Ces deux familles seigneuriales, de grande importance régionale, y battaient monnaie, dans un des ateliers de la ville, entre les années 1220-1266.

Durant les guerres de religion, la ville change de mains à plusieurs reprises. Après le massacre de la Saint-Barthélemy, ce sont d’abord les protestants qui quittent la ville pour Anduze et Sauve. Ils réunissent une troupe, et sous la direction d’Antoine Dupleix, dit le capitaine Grémian, ils reprennent la ville par surprise le 6 novembre 1572.

   Le gouverneur du Languedoc, Montmorency-Damville décide en janvier 1573 de reprendre à son tour la ville, qui est investie le 11 février 1573. Après deux mois de siège, le comte de Damville accepte la reddition des huguenots. Il épargne les habitants et les défenseurs, des Cévenols portant au chapeau la cuillère des Gueux de Zélande, sur instruction du roi mais les protestants doivent quitter la ville.

En 1622, durant les rébellions huguenotes, la ville est assiégée, comme presque toutes les villes protestantes, par l’armée royale.

Lors de la guerre des Camisards, Jean Cavalier fait une incursion dans Sommières le 2 octobre 1703 contre les troupes royales de la place dirigées par M. Montredon. Il incendie une partie du faubourg du Bourguet pour les faire sortir du bastion mais celles-ci n'interviennent pas et sept à huit personnes décèdent.

Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795.

Au XIXe siècle, Sommières est une bourgade industrielle enrichie par le traitement de la laine.

En matière linguistique et culturelle, le Vidourle constitue la frontière et une zone de transition généralement admise entre les variantes languedociennes et provençales du pays d'Oc (et non le Rhône comme cela est souvent mentionné)

LIEUX ET MONUMENTS

 La tour Carrée dite aussi "Tour Bermonde", une des tours rescapée de l'ancien château fort, haute de 25 mètres, juchée sur un promontoire qui fait que sa terrasse dommine la cité de plus de 50 mètres. Ancien édifice fortifié (inscription aux monuments historiques le 8 septembre 2010), propriété de la commune de Sommières. L'ensemble du site bénéficie depuis peu d'une protection totale en vue de sa prochaine mise en valeur dans sa globalité afin de retrouver une meilleure lecture architecturale de ce vaste ensemble défensif (réhabilitation de la chapelle castrale Saint Sauveur en centre d'interprétation du patrimoine, démolition des deux anciens réservoirs qui occupent l'ancienne cour d'honneur, etc ). Il est cependant bon de rappeler ici que l'inscription de ce site induit sa protection paysagère au titre de la loi de 1930.

La Chapelle Royale Castrale de Saint Sauveur, dans l'ancien château-fort récemment restaurée et à présente ouverte au public dans le cadre de la visite du château avec accès à la Tour Carrée.

    Immeubles (XVIIe – XVIIIe siècle). Escaliers à loggias avec rampes à balustres ou en fer forgé (cad. AC 423) ;

   Nombreuses autres maisons et façades du  XVe  au  XVIIIe  siècle à découvrir sur les places à arcades et dans le dédale des rues de la ville ; ensemble urbanistique en damier remarquable, avec nombreux passages voutés et arcades, hérité de la période médiévale ; nombreuses fenêtres géminées d'époque gothique, fenêtres renaissances à croisées de meneaux, encadrements de portes à bossages XVIIe Louis XIII, façades Louis XV et ferronneries, etc. Notons d'ailleurs qu'un secteur sauvegardé de 60 ha a été mis en place depuis 2010 et devrait permettre une meilleure appréhension et conservation du patrimoine architectural très riche de la cité à travers l'étude complète des éléments répertoriés.

Le pont romain dit « de Tibère » sur le Vidourle. Après le Pont du Gard, il s'agit de l'un des monuments de ce type parmi les mieux conservés du monde romain bien que très restauré au XVIIIe siècle notamment par l'ingénieur Pitot. Doté de portes au Moyen Âge, dont l'une est l'actuelle tour de l'horloge et en grande partie intégré dans la ville au cours du Moyen Âge. Son tablier, à l'origine en léger dos d'âne, fut aplani au XIXe siècle et des rambardes en fonte de fer furent installées en lieu et place des parapets de pierres.

     Pour autant, il n'est pas inscrit sur la liste des Monuments Historiques (nota : procédure en cours après le récent et remarquable travail sur « les arches retrouvées du pont romain de Sommières » : 7 arches visibles sur un total de plus de 20 à l'origine...). Comme déjà mentionné, ce vénérable pont est très souvent malmené lors des terribles crues du Vidourle appelées ici « Vidourlades ». Une des dernières en date, celle « historique » des 8 et 9 septembre 2002, a atteint, en amont du pont, une cote inédite de l'ordre de 8 mètres (précision impossible du fait de la position de l'étiage en aval du pont) ; l'eau passant de manière spectaculaire sur le tablier (40 à 50 cm) à travers les rambardes. En fait, le débit du fleuve, au plus fort de cette crue, a été estimé, après coup, au chiffre record de 2 600 m3/s environ. Mais la configuration de la traversée du fleuve dans la ville (1 km d'étalement des eaux) rend ces estimations bien complexes et aléatoires (les anciennes projections, après les « crues références » de 1933 et 1958, estimaient que les 1 800 à 2 300 m3/s atteints lors de ces événements ne pouvaient plus être dépassés après la réalisation, en amont, de trois barrages écrêteurs de retenue dès la fin des années 1960 aux années 1980 ; à savoir les barrages de Conqueyrac, Ceyrac et de La Rouvière.

    Mais la chronologie et l'ampleur exceptionnelle de l’événement ont constitué des facteurs très aggravants et inédits qui n'avaient pas été pris en compte alors). Depuis, on s'oriente plutôt vers la réalisation de retenues collinaires multiples afin de ralentir autant que faire se peut, dans le futur, l'impact de ces crues dévastatrices.

Le beffroi communal (inscription aux monuments historiques le 27 mars 1926), propriété de la commune de Sommières. Cette tour fortifiée, dominant directement le Vidourle, à droite de l'hôtel de ville, dans l'axe du pont, constituait une des entrées de la ville médiévale et comportait un pendant plus modeste ("la gleizette", effondrée lors d'une violente crue au début du XVIIIe siècle) à l'autre extrémité du pont romain ainsi que l'atteste le blason de la ville qui y est sculpté tout comme diverses gravures antérieures au XIXe siècle. Porte ogivale, sa terrasse est surmontée d'une petite tourelle circulaire dotée d'un campanile en fer forgé très sobre qui comporte une importante cloche datant de 1613 classée MH. Tombée à nouveau lors de sa seconde installation en 1657 elle est restée fêlée depuis (d'où un son caractéristique « étouffé » très particulier). Les deux grands cadrans monumentaux qui ornent les façades datent de la fin du XIXe siècle (1880) ;

La porte du Bourguet, réaménagée en 1752 dans le style de l'époque elle a été restaurée après les inondations de 2002 notamment avec des aides de la ville de Versailles. Elle permet l'accès à la rue très commerçante Antonin-Paris, ancienne « rue droite ». À noter qu'elle possède encore ses anciennes portes en bois cloutées, également restaurées elles aussi par la même occasion. Lors de la dernière crue des 08 et 09 septembre|2002, l'eau a atteint la base de l'imposte en fer, soit environ 4 mètres (niveau des premiers étages, soit environ 30 cm de plus qu'en 1933 et 1958...)

La porte Narbonne, un peu plus bas, édifiée en 1753, restaurée après les inondations de 2002 elle aussi peu après la porte du Bourguet, donne directement accès au dédale des rues en damier de la ville basse ;

La porte de la Taillade : il n'en reste plus qu'un jambage. Située à l'extrémité sud de la vieille cité, c'est par elle qu'entrait l'antique Via Luteva (de Nîmes à Lodève) et Toulouse qui, après avoir emprunté la rue de la taillade, remontait, à gauche, à angle droit, l'actuelle rue de l'Horloge (premières arches du pont romain) afin de franchir le Vidourle ;

L'église Saint Pons. Elle a été entièrement rebâtie entre 1846 et 1867 dans le style néo-gothique alors à la mode (restauration et redécouverte des édifices médiévaux oblige depuis les années 1830/40, comme la Sainte Chapelle à Paris) mais n'est cependant pas dénuée d'intérêt. Sa façade encadrée de deux clochetons pointus présente un portail gâblé central surmonté d'une grande rose, le tout agrémenté d'un riche décor sculpté. L'allure générale de cette façade présente une similitude frappante avec celle de l'église Saint-Bardulphe de Rochefort du Gard bâtie également sur les plans de l'architecte Bourdon... Remarquer la richesse du décor peint intérieur qui n'est pas sans rappeler, certes de manière plus modeste, celui de l'abbaye Saint-Michel de Frigolet à côté de Tarascon ainsi que tout son mobilier liturgique XIXe encore présent, chose qui devient de plus en plus rare.

    À voir également l'orgue quelque peu composite au niveau des époques, actuellement en cours de restauration, et le très gracieux clocher de style Louis XV (1748) surmonté d'un élégant dôme de pierre avec lucarnes, seul élément conservé de l'ancienne église reconstruite après les troubles des guerres de religion (il ressemble fortement, dans son allure générale, à celui de l'église Saint Julien-Saint Antoine d'Arles). L'état général de l'église, seulement cent cinquante ans après sa construction, est depuis quelques années suffisamment alarmant pour qu'une souscription vienne d'être lancée en vue d'opérer plusieurs tranches de restaurations indispensables, notamment au niveau de l'étanchéité du bâtiment et du décor sculpté extérieur parfois très abîmé.

Le temple protestant est installé depuis le début du XIXe siècle dans l'ancienne église des cordeliers (XVIIIe siècle remaniée pour les besoins de sa nouvelle affectation au XIXe). Belle façade classique, clocher sur le pignon central surmonté d'une sorte d'obélisque ou pyramidion, lui-même encadré de deux autres éléments de ce type. Cet édifice n'est pas sans rappeler, de manière plus sobre, la remarquable église voisine d'Aujargues ou, quelque peu, le curieux temple de Salinelles (ces bâtiments ayant parfois l'allure étonnante d'églises de missions telles qu'on en trouve en Amérique latine...)

L'ancien ensemble des Récollets milieu XVIIe. Situé sur la place du Bourguet ; il abrite les moines jusqu'au milieu du XVIIIe siècle date à laquelle il est transformé en hôpital. À partir de 1807, les ursulines investissent les lieux. Les bâtiments conventuels sont intégralement remaniés au XIXe siècle dans un style originale « gothique renaissance » à l'exception de la grande chapelle qui possède un étonnant plafond plat. (Ses décors et le mobilier ont été cependant entièrement renouvelés tout au long du XIXe). On notera, de cette époque, la magnifique et monumentale grille en claustra de bois de noyer au sein d'une grande arche, derrière le maître autel; les sœurs ne pouvant se mélanger à la population civile.

L'ancien ensemble conventuel des Ursulines, milieu XVIIe; en haut de la rue taillade. Son ancienne chapelle abrite l'actuel centre culturel Lawrence Durell.

Le château au quartier de Calès, château de Lantillac, petit château du milieu XIXe siècle, sorte de « gentilhommière », juché sur la colline surplombant la ville et les ruines du château médiéval dont la tour Bermond ou Carrée. Deux petites tours rondes, à l'origine couvertes de toitures coniques, encadrent sa façade ;

Le château de Costes-Cirgues dit autrefois mas de Fine ; bien caché dans la végétation ; remanié au début du XXe dans le style Belle Époque, toiture conique pointue couverte d'ardoises de la tour de l'horloge avec cadran en façade, présence, à côté, sur une terrasse, d'un campanile en fer forgé riveté abritant une ancienne cloche d'église de belle dimension très décorée datant de la seconde moitié du XIXe siècle provenant de l'église du Mont Dore (Auvergne) (le propriétaire qui a remanié le mas était en fait originaire justement du Mont Dore ; d'où la provenance de cette cloche...).

Le domaine de Massereau. Plus ancien, il possède également une tour d'angle comportant encore une fois une ancienne horloge. Cette tour ronde est coiffée d'un dôme de pierre surmonté d'un petit campanile très sobre composé de quatre arceaux de fer supportant un timbre hémisphérique pour sonner les heures. Il est le premier établissement d'hôtellerie de plein air à obtenir la 5e étoile en 2010;

Le domaine de Puech Bouquet non loin de la limite communale avec le département de l'Hérault.

Le début du XXIe siècle voit l'ancienne voie ferrée Nîmes-Sommières (inaugurée le 30 octobre 1882 et fermée en mai 1987) transformée en voie verte de la Vaunage : Caveirac - Calvisson - Sommières pour tous les non motorisés : piétons, fauteuils, patins et vélos.

 

PATRICK JOSE GARCIA