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Comme parfois, n’ayant eu le temps de coucher mes « impressions » sur Orange, lors de mon long voyage en Provence, je vais m’abriter vers les « pros » de l’encyclopédie WIKIPEDIA, pour présenter les deux monuments extraordinaires de cette ville, qui, avec Arles, est le symbole de la romanité en sud-est… J’espère que mes photos compenseront l’absence de mes réflexions personnelles, elles sont le reflet de mes émotions et de mon regard sur ces monuments magnifiques.

ORANGE (VAUCLUSE)

 

ORANGE TRAJET

Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Le trajet Ste Livrade sur Lot - Orange. (Photo: Patrick Garcia)

 

Orange, surnommée la « Cité des Princes », est une située au nord-ouest du département de Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

La position d'Orange, à un carrefour de passages pour le nord, l'Espagne ou l'Italie, niché au cœur d’une riche région agricole, en a fait un emplacement de choix pour les Romains desquels on trouve de nombreux vestiges, principalement autour de la colline Saint-Eutrope et de l'ancien théâtre. Au Moyen Âge, la ville devient la capitale de la principauté d'Orange et le restera jusqu'à son annexion par la France, officialisée dans les traités d'Utrecht en 1713.

Elle est la deuxième commune (29 183 habitants en 2013) la plus peuplée après Avignon.

Depuis 1981, plusieurs monuments d'Orange sont inscrits au répertoire des monuments mondiaux de l'UNESCO sous le titre : « Théâtre antique et ses abords et « Arc de Triomphe » d'Orange ».

HISTOIRE

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Le mont Ventoux depuis le haut du théâtre. (Photo: Patrick Garcia)

Antiquité

En 105 av. J.-C., des hordes de Teutons et de Cimbres y écrasent les légions romaines dans la bataille appelée bataille d'Orange.

La ville est fondée en 35 av. J.-C. par les vétérans de la deuxième légion gallique sous le nom de Colonia Julia Secundanorum Arausio dans le territoire de la tribu gauloise des Tricastini.

La ville est influencée par la culture gallo-romaine et l'on voit s'élever de grands monuments tels que le théâtre antique, renommé pour sa qualité acoustique, et l'arc de triomphe, l'un des mieux conservés au monde. La ville s'entoure d'une enceinte qui englobe environ 70 ha. Elle commande un vaste territoire que les arpenteurs romains cadastrent avec précision. Des lots fonciers sont attribués en priorité aux vétérans ; d'autres, plus médiocres, sont donnés en location ; d'autres encore restent propriété de la collectivité. Ainsi sont facilitées la colonisation et la mise en valeur du sol, au détriment des autochtones. Jusqu'en 412, date du pillage de la cité par les Wisigoths, Orange connaît une existence prospère et devient siège d'un évêché.

C'est ainsi que des découvertes archéologiques continuent de se faire grâce aux fouilles liées aux travaux sur la commune. Les dernières ont révélé au nord de la commune une nécropole qui a fait l'objet d'une exposition au musée municipal et des maisons romaines furent cartographiées grâce au projet immobilier lié à l'arc de triomphe.

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Mur du Forum, rue Pontillac (Photo: Patrick Garcia)

 

 

 

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Partie du Forum, rue Pontillac.(Photo: Patrick Garcia)

Moyen Âge

En 508, les armées alliées franques et burgondes envahissent la Provence, alors sous domination ostrogothique : Orange leur ouvre largement ses portes. Mais l’année suivante, Théodoric le Grand envoie le dux Ibba avec une armée pour reconquérir le terrain perdu. La ville d’Orange est mise à sac par les Ostrogoths et sa population est déportée à Fiorenzuola d'Arda, près de Plaisance.

Au Moyen Âge, la cité est le siège d'une principauté, fief du Saint-Empire romain germanique, car faisant partie du royaume de Bourgogne. Celle-ci bénéficiait donc des droits féodaux et de la souveraineté propre aux terres d'Empire. Par les hasards des mariages, elle échoit en 1173 à la maison des Baux, puis en 1388 à la maison de Châlon, et enfin 1544 à la maison de Nassau. Elle est annexée au Dauphiné.

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Le Musée, contre le Théâtre Antique. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée :  armement divers. (Photo: Patrick Garcia)

1163, l'Empereur Frédéric Barberousse élève Orange au rang de principauté et en 1184 les princes d'Orange battent monnaie.

1208, consécration de la cathédrale Notre-Dame-de-Nazareth en présence du prince Guillaume Ier des Baux.

1365, création de l'université d'Orange.

En 1393, la principauté d'Orange passe à la famille de Châlon.

La peste noire arrive dans la ville en 1348. Elle fera disparaître près de la moitié de la population de l'époque.

1471, instauration d'un parlement de la Principauté.

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée : décors avec des Centaures.  (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée : décors avec des Centaures. Détail. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée : décors avec des Centaures. Détail.  (Photo: Patrick Garcia)

 

En 1544, Guillaume Ier de Nassau, dit le Taciturne, prince d'Orange devient Stathouder des Pays-Bas.

En 1562 (première guerre de religion), les protestants brûlent les reliques de saint Eutrope, outragent l’évêque et abattent le clocher de la cathédrale. Peu après, les troupes papales venues d’Avignon et commandées par Fabrizzio Serbelloni prennent la ville, massacrent les protestants et un millier de travailleurs saisonniers venus des alentours, pillent et violent. Le récit de ces tueries provoque une colère et des massacres par le baron des Adrets. En 1562, les protestants d’Orange sont massacrés par Sommerive, lieutenant général du roi.

En 1571, les troupes catholiques pillent à nouveau la ville.

En 1572 (quatrième guerre de religion), Hugues de Lères, capitaine huguenot, prend la ville et la rançonne.

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: La cathédrale (que nous ne visiterons pas)  vient de fêter ses 800 ans! (Photo: Patrick Garcia)

Époque moderne

1620, Maurice de Nassau érige une grande forteresse sur la colline Sainte-Eutrope. Au début de la guerre de Hollande, en 1672-1673, Louis XIV ordonne de mettre le siège devant la ville, auquel participent le ban et l’arrière-ban de la noblesse provençale, alors peuplée de  12 000  habitants ; c'est le comte de Grignan , lieutenant-général du roi en Provence et gendre de Mme de Sévigné, qui s'empare de la ville. Le siège n'est levé que quand le gouverneur en fait démolir les murs. La citadelle est démantelée.

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée :  mosaïque, avec des Centaures, toujours... (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée : Et encore...  (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée :  l'univers de la beauté. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée :  série de lampes à huile. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée : Vases et céramiques diverses.  (Photo: Patrick Garcia)

1702, à la mort de Guillaume III d'Angleterre, la principauté échoit au prince François Louis de Bourbon, de la maison de Conti.

Louis XIV, en guerre contre les Provinces-Unies dirigées par des  stathouders, issus de la Maison d'Orange-Nassau, fait main basse sur la ville dont l'annexion au royaume de France est reconnue par le traité d'Utrecht en 1713.

En 1720, la peste frappe Orange et y fait 550 victimes.

Le 17 avril 1732, à la demande des commerçants de la ville, le Conseil d'État du Roi signe un arrêté d'expulsion des juifs de la Principauté, avec un délai de six mois. Cet arrêté fait suite à d'autres arrêts privatifs de liberté, dont deux de 1687 et 1703, qui n'avaient jamais été appliqués, la communauté juive jouissant d'un fort soutien de la part des successifs princes d'Orange, comte des Baux puis princesse de Conti.

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée : Pavement en marbre et schiste.  (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée :  Sphinx.  (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée : Cyclope.  (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée :  Fioles à produits de beauté.  (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée :  Fioles à fard, ou produit de beauté, pour les vivants, comme pour les morts.  (Photo: Patrick Garcia)

Fin mars 1789, des émeutes dues à la crise frumentaire ont lieu.

Le 12 août 1793 est créé le Vaucluse, constitué des districts  d'Avignon  et de Carpentras, mais aussi de ceux d'Apt et d'Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes.

Durant la Révolution française, le tribunal révolutionnaire fait exécuter  332 personnes à Orange. Les cinq juges et les deux accusateurs membres de cette commission révolutionnaire furent à leur tour jugés après le 9 thermidor, et guillotinés le 8 messidor an IV (26 juin 1795).

LIEUX ET MONUMENTS

Les vestiges romains

On trouve, sur la commune, de nombreux vestiges romains, parmi lesquels les anciens remparts ou le théâtre antique d'Orange qui date du 1er siècle et fut construit sur les contreforts de la colline Saint-Eutrope. L'exceptionnel état de conservation de son mur de scène en fait une attraction majeure et offre aux chorégies un lieu de représentation unique en France. Il y a aussi l'arc de triomphe d'Orange qui, situé à l'entrée de la ville, est lui aussi du Ier siècle, le mur de l'ancien forum situé rue Pontillac ou le gymnase romain.

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée : quelques explication pour ce qui suit.  (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée :  Urne et contenu.   (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée :  explications de la photo qui suit. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée : gobelet.   (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée :  matériel trouvé dans une tombe. (Photo: Patrick Garcia)

Le patrimoine civil

Le patrimoine architectural civil de cette ancienne principauté est assez riche, comme le furent certains de ses habitants au fil des siècles.

Outre le château des princes d'Orange, on y trouve plusieurs hôtels particuliers et maisons bourgeoises comme les hôtels hôtel de Jonc  et Monier-Vinard d'Orange, la maison 4, rue de Tourre-d'Orange, la  maison médiévale d'Orange dite Maison romane, ou encore l'actuel hôtel de ville.

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée : Amphores et chapiteau corinthien 1er siècle.  (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée : Salon et meubles d'origines, le musée se situant dans une maison noble.  (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée :  Idem. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée :  Idem. (Photo: Patrick Garcia)

Le patrimoine religieux

Orange fut une terre où se côtoyèrent catholiques et protestants. On trouve donc dans son patrimoine des édifices de l'une et de l'autre des confessions.

Pour le patrimoine catholique on trouve sur la commune la cathédrale Notre-Dame-de-Nazareth mais aussi l'église Saint-Florent ou encore la chapelle de Gabet qui est lieux de pèlerinage associés aux 32 bienheureuses martyres d'Orange

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée :  Ce musée fait aussi la part belle à de riches marchands de tissus imprimés aux couleurs vives, et à leurs industries. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée :  Ce musée fait aussi la part belle à de riches marchands de tissus imprimés aux couleurs vives, et à leurs industries. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée :  Ce musée fait aussi la part belle à de riches marchands de tissus imprimés aux couleurs vives, et à leurs industries. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée :  Ce musée fait aussi la part belle à de riches marchands de tissus imprimés aux couleurs vives, et à leurs industries. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée :  Ce musée fait aussi la part belle à de riches marchands de tissus imprimés aux couleurs vives, et à leurs industries. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée :  Ce musée fait aussi la part belle à de riches marchands de tissus imprimés aux couleurs vives, et à leurs industries. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée :  Ce musée fait aussi la part belle à de riches marchands de tissus imprimés aux couleurs vives, et à leurs industries. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée : L'oeuvre de Belleroche . (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée :oeuvre superbe de Belleroche  . (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée : Le"Déshabillé d'Yvette", au premier plan, toujours de Belleroche . (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée : le"Bouquet de fleurs" d'Anne Vallayer-Coster (1795) . (Photo: Patrick Garcia)

 

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée : Mesure à grain de la principauté d'Orange. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Musée : Portraits des princes d'Orange . (Photo: Patrick Garcia)

Théâtre antique d'Orange

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Le Théâtre vu depuis le haut des gradins en face du mur de scène. (Photo: Patrick Garcia)

Le théâtre antique d'Orange, construit sous le règne d'Auguste au 1er siècle par les vétérans de la IIe légion de Jules César, est un des théâtres romains les mieux conservés au monde. Il dispose encore d'un impressionnant mur extérieur avec l'élévation d'origine (103 m de large pour 37 m de haut).

Mur de façade

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Mur de façade du Théâtre Antique, face au Musée.(Photo: Patrick Garcia)

Le mur extérieur ou postcænum est long de 103 m et haut de 37 m. « C'est la plus belle muraille de mon royaume », dit Louis XIV lors d'une visite. À l'origine il était précédé d'un portique, dont il subsiste une arche du côté ouest. D'un aspect très sobre, en grand appareil de pierre, la façade est divisée en trois niveaux. Au rez-de-chaussée, trois portes rectangulaires - la « porte royale » au centre, les deux « portes des hôtes » sur les côtés - sont séparées par une série d'arcades.

Cavea

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: La Cavea côté gauche du mur de scène. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Le même côté vu depuis le sommet et le centre des gradins. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Côté droit de la cavea vu depui sommet des tribunes, au fond le mont Ventoux. (Photo: Patrick Garcia)

La cavea pouvait contenir quelque 9 000 spectateurs répartis selon leur rang social. Elle se divise en trois zones (mæniana), étagées en 34 gradins et séparées par des murs. En contrebas, l'orchestra formant un demi-cercle est séparée des gradins par un parapet. Le premier mænianum, appelé ima cavea, se compose de vingt gradins, dont les trois premiers étaient réservés aux chevaliers, comme en témoigne l'inscription Eq(uitum) g(radus) III. La deuxième zone (media cavea) se compose de neuf gradins accueillant des marchands, des citoyens romains, tandis que la troisième partie (la plus haute, appelée summa cavea) se compose de cinq gradins accueillant seulement les prostituées, les esclaves et les personnes ne détenant pas la nationalité romaine. De grandes salles superposées servaient à l'accueil du public et abritaient les coulisses.

Scène et mur de scène

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Mur de Scène, vue du côté gauche. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Mur de Scène vu dans sa globalité. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Quelques précisions utiles.  (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO:  La statue de l'empereur dans sa niche, en vue de côté. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Mur de scène vue de profil. (Photo: Patrick Garcia)

La scène, faite d'un plancher de bois sous lequel était logée la machinerie, mesure 61 m de longueur pour 9 m de profondeur utile : elle dominait l'orchestra d'environ 1,10 m, soutenue par un mur bas, le pulpitum. En arrière se trouve la fosse du rideau (qu'on abaissait pendant les représentations). Le mur de scène (frons scænæ) était jadis décoré de statues, frises et colonnes de marbre, dont subsistent quelques vestiges. Ce mur est percé de trois portes : la porte royale au centre et les deux portes latérales (entrée des acteurs secondaires). Au-dessus de la porte royale se trouve une frise de centaures haute de 0,70 m. La niche du mur de scène abrite une statue colossale, de 3,50 m de haut, dont la tête n'est pas d'origine. Elle est considérée comme une statue de l'empereur Auguste. Elle serait datée du IIe siècle apr. J.-C. Aujourd'hui le théâtre reçoit beaucoup de spectacles.

Historique

Conquise aux Gaulois de la tribu tricastini en 40 av. J.-C. par les vétérans de la IIe légion gallique de César, Orange était une colonie romaine nommée Arausio. Elle connut un grand essor sous le règne de l'empereur Auguste, durant lequel est érigé le théâtre.

Le bâtiment fut fermé en 391. Il fut préservé de la destruction par sa réutilisation à d'autres fins au Moyen Âge. Les princes d'Orange firent du bâtiment de scène un poste avancé de leur château sur la colline Saint-Eutrope. Le théâtre devint au XVIe le refuge de populations lors des guerres de religion : il fut alors envahi par des îlots d'habitation.

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Statue de l'empereur Auguste.  (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: L'empereur Auguste en gros plan. (Photo: Patrick Garcia)

Mise en valeur et restaurations

L'idée de dégager le bâtiment de ces habitations germa au début du xixe siècle. Le théâtre, où l'on dénombrait 91 maisons en 1814, retrouva peu à peu son éclat grâce à un premier programme d'intervention lancé vers 1823. La démolition des maisons et la consolidation de l'édifice furent confiées à l'architecte Prosper Renaux.

Les travaux continuèrent au cours de la seconde moitié du xixe siècle sous la direction des architectes Simon-Claude Constant-Dufeux et Pierre-Honoré Daumet. En 1892, Jean-Camille Formigé fut chargé de reconstruire les gradins en se basant sur la reconstitution qu'en avait faite Augustin Caristie. Son fils Jules Formigé prit sa succession. De 1929 à 1931, il mena des fouilles du pulpitum, où il découvrit de nombreux éléments qui accrurent la connaissance du mur de scène. En 1926, il remonta quelques colonnes et éléments d'entablement, puis, en 1930, il reconstruisit les escaliers qui flanquent la cavea.

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Dans le dédale des coursives qui désservent les étages du théâtre antique. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Dans le dédale des coursives qui désservent les étages du théâtre antique. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Dans le dédale des coursives qui désservent les étages du théâtre antique. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Dans le dédale des coursives qui désservent les étages du théâtre on a du mal à s'imaginer près de 10 000 spectateurs cherchant leur place ou évacuant le monument par ces galeries.... (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Dans le dédale des coursives qui désservent les étages du théâtre on a du mal à s'imaginer près de 10 000 spectateurs cherchant leur place ou évacuant le monument par ces galeries.... (Photo: Patrick Garcia)

En 2006, un toit de scène a été ajouté, afin de protéger les murs et de permettre l'accrochage des éclairages. Le nouveau toit reprend l'emplacement du toit romain, mais avec des matériaux modernes : verre et métal.

Le théâtre d'Orange est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1981. Le périmètre de classement a été élargi en 2007 pour inclure la colline Saint-Eutrope.

 

Arc d'Orange

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: 3 Gravures anciennes représentant l'Arc de Triomphe d'Orange, présentes dans le Musée qui est contigüe au Théâtre. (Photo: Patrick Garcia)

 

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: 3 Gravures anciennes représentant l'Arc de Triomphe d'Orange, présentes dans le Musée qui est contigüe au Théâtre. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: 3 Gravures anciennes représentant l'Arc de Triomphe d'Orange, présentes dans le Musée qui est contigüe au Théâtre. (Photo: Patrick Garcia)

L'arc antique d'Orange ou, communément arc de triomphe d'Orange est un arc monumental romain du début du Ier, qui marque l'entrée nord d'Arausio (aujourd'hui Orange, Vaucluse) sur la Via Agrippa (actuelle route nationale 7).

L'arc d'Orange a été inscrit sur la première liste des monuments historiques (1840) et figure depuis 1981 sur la liste du patrimoine mondial en Europe.

Histoire

L'arc a probablement été érigé entre les années 20 et 25, pour commémorer les victoires de Germanicus, mort en 19, et possiblement « restitué » à Tibère en 26/27, selon l'interprétation que l'on donne à la dédicace ajoutée à cette date sur les deux faces du monument.

Au Moyen Âge, le monument fut fortifié pour servir de bastion avancé, à l'entrée de la ville.

Études, fouilles et restaurations

 

L'Arc romain au XIXe siècle, illustré par Alexandre Debelle (1805-1897).

L'arc a été restauré dès les années 1820 par l'architecte Auguste Caristie, qui commença par dégager les contreforts et ajouts médiévaux, avant de procéder à une reconstitution non agressive du monument, remplaçant les parties inutilisables ou manquantes de façon identifiable et s'interdisant le recours à l'imagination, si fréquent dans les restaurations entreprises par les architectes du xixe siècle.

Le dernier nettoyage de l'arc s'est terminé en octobre 2009.

Description Façade nord

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Façade Nord de l'Arc de Triomphe.  (Photo: Patrick Garcia)

Détail des décors du nord-est, avec un panneau d'armes surmonté d'un panneau de dépouilles navales. L'arc à trois baies est formé de gros blocs de pierre montés à sec, maintenus par des crampons de fer et de plomb. Il présente la particularité unique de comporter un second attique formé de piédestaux de statues monumentales (disparues), assujettis et reliés entre eux de manière à former un ensemble maçonné sans discontinuité. L'arc mesure 19,57 m de long et 8,40 m de large. Il atteint une hauteur de 19,21 m. Sa structure comporte des vides internes, habituels en ce type de monuments.

Décoration des façades

Panneaux d'armes

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Panneau Ouest, les trophées militaires pris sur l'ennemis. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Panneau Ouest, les trophées militaires pris sur l'ennemis. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Panneau Ouest, les trophées militaires pris sur l'ennemis. (Photo: Patrick Garcia)

Quatre panneaux situés juste au-dessus des petits arcs, montrent un amoncellement décoratif de casques, lances, boucliers, disposés sur quatre plans. Certains boucliers portent des noms : Sacovir, Decurdus, Mario, qui peuvent être ceux des sculpteurs ou d'armuriers de renom.

Panneaux de dépouilles navales

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Panneau Sud et à droite, des trophées militaires...(Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Panneau Nord et à Droite, encore des trophées de guerre. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Panneau Nord et à gauche, dépouilles navales...(Photo: Patrick Garcia)

Ces quatre panneaux sont disposés juste au-dessus des panneaux précédents. Le mieux conservé est celui du nord-est : on y voit des proues de navires, des ancres, des tridents, des avirons, des rames-gouvernails. Prosper Mérimée en souligne l'excellente facture dans ses Notes d'un voyage dans le Midi de la France. Ces éléments appartiennent à la marine romaine et rappellent donc sa suprématie, surtout après la bataille d'Actium. 

Fronton et attique, face sud.

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: 3 vues de la face Sud de l’Arc de Triomphe. (Photo: Patrick Garcia)

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Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: 3 vues de la face Sud de l’Arc de Triomphe. (Photo: Patrick Garcia)

ORANGE ARC VG SUD DOS 4071 copie

 

Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: 3 vues de la face Sud de l’Arc de Triomphe. (Photo: Patrick Garcia)

Frises de l'entablement

ORANGE ARC FRISE FACE NORD 4059 copie

 

Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Frise du côté Nord. (Photo: Patrick Garcia)

ORANGE ARC FRISE SUD DOS 4074 copie

 

Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Frise du côté Sud.(Photo: Patrick Garcia)

La frise est continue sur les quatre faces du monument. Elle montre, en bas-reliefs aux contours cernés, des Romains et des Gaulois combattant en de multiples duels, les Romains vêtus de tuniques et parfois de cuirasses, les Gaulois nus, aux cheveux longs, armés de boucliers. La facture de l'ensemble est assez grossière, avec des pieds et des mains disproportionnés.

Reliefs de l'attique supérieur

Le socle central de l'attique supérieur, qui devait porter un grand groupe équestre, présente sur les deux faces de l'arc des panneaux centraux en bas-reliefs montrant la confusion d'une bataille en plein engagement, où chacun combat furieusement. L'identification de la IIe légion est assurée par son emblème, le capricorne, représenté sur le bouclier d'un officier, à gauche sur la face nord. Les nombreuses mortaises qui entourent les deux panneaux doivent correspondre aux tenons de fixation d'appliques décoratives de bronze dont aucune n'est parvenue jusqu'à nous.

 

Relief de l'attique supérieur, façade sud

.Trophées des petits côtés

Les petites faces de l'arc sont décorées de panneaux sculptés en haut-relief, délimités par des colonnes corinthiennes demi-engagées. Le côté ouest est presque totalement une reconstruction d'Auguste Caristie, qui n'a pas refait les sculptures, mais les a seulement suggérées par des ébauches à peine marquées.

Chacun des six panneaux était décoré d'un trophée composé d'un support présentoir montrant des vêtements, des casques, des enseignes, des trompettes, au pied duquel sont représentés deux captifs enchaînés, dans le même style que les décors de l'arc de Carpentras. Les trois panneaux du côté est sont très lisibles.

Côté est, décoré de trophées

Étendard au sanglier, détail, côté est

 Côté ouest, reconstitué: Dédicace

ORANGE ARC COTE OUEST 4077 copie

Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Côté Ouest de l'Arc.  (Photo: Patrick Garcia)

Les dates de construction et d'inauguration du monument sont connues par l'inscription dédicatoire portée sur les deux faces de l'arc, au niveau du bandeau inférieur de la frise située juste au-dessus des chapiteaux corinthiens. Cette double inscription était constituée de lettres de bronze scellées dans la pierre par tenons et mortaises. Une lettre L a été trouvée au 19e siècle, puis égarée. Seules subsistent les mortaises, essentiellement sur la face nord.

Première lecture de la dédicace par Pierre Herbert (1862)

Une première lecture, réalisée par l'étude de ces mortaises de scellement, a été proposée en 1862 par Pierre Herbert :

IMP CAIO I CÆ AVGVSTO DIVI I FIL ÆGYPT TRP XI COMAT TRIBVT GERMANIA VICTA

COH XXXIII VOLVNT COLONIA ARAVS I SECVNDAN HVNC ARC DED PVBLICE

soit :

Imp(eratori) Caio (ulio) Cæ(sari) Augusto divi I(ulii) fil(io) Ægypt(o) Tr(ibunicia) P(otestate) XI comat(a) tribut(aria) Germania victa Coh(ors) XXXIII volunt(ariorum) (et) colonia Araus(io) I(ulia) secundan(orum) hunc arc(um) ded(icavit) publice

Au fils de Jules César, à l'empereur Caius Jules César Auguste, exerçant pour la onzième fois le pouvoir tribunitien, la XXXIIIe cohorte des volontaires et la ville d'Arausio Julia, colonie de la seconde légion, ont, en souvenir de l'Égypte, de la Gaule chevelue soumises au tribut, de la Germanie vaincue, élevé et dédié cet arc, au nom de tout le pays.

Lecture actuelle de la dédicace

Une lecture très différente de la précédente a été proposée depuis lors : elle semble aujourd'hui acceptée de tous les commentateurs, mais la fin de l'inscription reste incertaine :

TI • CAESAR • DIVI • AVGVSTI • F • DIVI • IVLI • NEPOTI • AVGVSTO • PONTIFICI • MAXI

POTESTATE • XXVIII • IMPERATORI • IIX • COS • IIII • RESTITVIT • R • P • COLONIAE (ou RESTITVTORI • COLONIAE)

soit :

Ti(berio) Caesar(i), divi Augusti f(ilio), divi Iuli nepoti, Augusto, Pontifici Maximo, [Tribunicia]

Potestate XXVIII Imperatori IIX Co(n)s(uli) IIII restituit R(es) P(ublica) coloniae (ou : restitutori coloniae)

À Tibère César, fils du divin Auguste, petit-fils du divin Jules, Auguste, grand pontife, dans sa 28e puissance tribunitienne,imperator pour la 8e fois, consul pour la 4e, restitué à celui-ci par l'administration de la colonie (ou refondateur de la colonie).

La date de 26/27 peut donc être retenue pour cette restitution de terres par Tibère, ou pour une étrange restitution de l'arc à cet empereur. L'emplacement de cette dédicace après coup n'est pas moins singulier, sur une bande très étroite non destinée à cet usage, décorée de nervures, ne laissant que peu de place aux deux lignes de texte qui devaient apparaître très tassées. Les commentateurs modernes admettent que l'arc a pu être commencé vers 20 et achevé vers 25, érigé en l'honneur de Germanicus, fils adoptif de Tibère et général de la IIe légion Augusta, mort en 19, pour commémorer ses éclatantes victoires, auxquelles avait participé la cité d'Arausio, qui fournissait cette légion.

ORANGE ARC 4068 copie

 

Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Détail de la beauté du plafond de l'arc, en caissons géométriques. (Photo: Patrick Garcia)

ORANGE ARC COTE EST 4088 copie

 

Les vestiges romains d'Orange à l'UNESCO: Détails du côté Est de l'Arc.(Photo: Patrick Garcia)

 PATRICK GARCI

Et les textes de Wikipédia