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Depuis tout petit, depuis l’école, j’ai comme un appel en moi, celui d’aller voir de près, ce fameux port où le roi Saint Louis, le neuvième, était parti pour les croisades…

      Toute ma vie, j’ai gardé devant mes yeux, l’image de l’enluminure présente dans tous les livres d’Histoire des petits enfants de mon époque où  « l’Histoire de la France » était un sujet essentiel de notre patrimoine scolaire…

 REGRETS

    On nous apprenait la chronologie des événements et quand on parlait de tel ou tel fait, chacun pouvait, à l’aide des dates rentrées dans notre tête, se repérer dans tous ces faits qui ont bâti notre lignage. Un peu comme pour les tables de multiplications permettaient de construire une vie de travail et parfois de savant ! Allez donc demander à quelle époque a commencé la « Guerre de 100 ans » et combien de temps elle a duré !!!

     Et çà, on ne peut pas l’apprendre à la TV ou sur les « I-Phones », il faut des programmes et des professeurs qui nous l’enseignent, au moins au départ…

    Donc à une époque où l’on nous inculquait l’amour de notre pays au travers des connaissances et la géographie de nos départements, intra, ou ultra marins, les livres d’Histoire étaient comme des albums richement décorés.

      Je revois ces riches gravures, le chevalier Bayard protégeant le roi François 1er, Napoléon et son étendard sur le pont d’Arcole, Jeanne immolée en place de Rouen, Louis 11 visitant ses prisonniers enfermés dans des cages en fer, comme le cardinal Jean Balue….

     Ces illustrations, magnifiques, faites par des véritables artistes, donnaient à réfléchir, et envie d’en savoir davantage…  On respectait nos aïeux en ce temps là, car nous ne sommes pas ici par hasard, nous venons de lignées…

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Les lieux sont aussi un paradis pour les flamants roses. (Photo : Patrick Garcia)

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Les lieux sont aussi un paradis pour les flamants roses. (Photo : Patrick Garcia)

 

 PAYS D’ACCUEIL :

    La mienne est arrivée d’Andalousie en 1936, chassée par le Franquisme, et moi qui suis né ici, à Ste Livrade en 1953, j’ai adopté l’Histoire de « mon » pays, celui qui avait accueilli, plus ou moins bien, mais accueilli quand même, ces rescapés Républicains mitraillés par Mussolini, Fusillés par les franquistes, bombardés par les nazis…

    Mon Histoire s’est fondue dans celle de « CE » sol, et j’ai tout fait pour en apprendre, d’abord les rudiments, puis, en grandissant, essayer de développer ce savoir et devenir assez instruit dans ce domaine, puis, le moment, l’âge venu, essayer de transmettre tout cela à qui en voudra…

   L’essentiel, pour moi, est de contribuer (modestement) à ma manière, à remercier ce peuple au passé prestigieux. Autodidacte, toute ma vie d’adulte, j’ai essayé d’accroître cet acquis, en archéologie, en histoire locale… Les ans ont enfoui mes racines au plus profond du sol de ce Lot et Garonne que j’aime tant…

ST LOUIS SOUS LE CHENE

Tout à fait l'image qu'il me reste de St Louis dans les "vrais" livres d'Histoire de ma jeunesse, une image...Une histoire de l'Histoire.

      Pour en revenir à Saint Louis, je le revois sous le chêne où il rendait la justice, et aussi, partant d’Aigues-Mortes pour ses croisades… Jamais, trop occupé à gagner ma vie, je n’avais eu l’occasion de partir visiter ce lieu mythique pour moi… J’aurai pu, sur un week-end…. Mais quand on aime, il faut plus de quelques heures pour s’imprégner d’un tel lieu, d’un tel passé…

    Il m’a fallut attendre la retraite, pour que mon petit frère, déjà gravement malade, me demande de l’amener visiter son bateau qu’il possédait à quelques encablures d’Aigues-Mortes. Il voulait profiter une dernière fois du « rêve de sa vie ».

    Nous partîmes donc un jour d’octobre 2013. Au cours de cette semaine où il tenait à tout mettre en ordre dans ce qu’il aimait le plus, son voilier, il me proposa de me faire visiter le port où St Louis était parti pour les « Lieux Saints »…

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Trajet pour Aigues-Mortes, sans péage, à partir de Ste Livrade sur Lot (47)

 LA DÉCOUVERTE :

   Ce jour là, il faisait gris et presque froid, mais j’ai vu pour la première fois ce qui m’avait hanté toute ma vie, la « Carcassonne Méditerranéenne ». Malgré des couleurs trop sombres pour être appréciées à sa juste valeur, la cité fortifiée m’a coupé le souffle. Toutes ces tours, ces portes fortifiées, ses échauguettes, ces meurtrières, ces assommoirs…. J’étais comme envoûté. Et mon frère, malgré sa fatigue, tenait absolument à me faire découvrir les éléments essentiels de la citadelle, son église ou le Roi Louis 9 et son cortège vinrent prier avant leurs départs, sa statue magnifique sur la place centrale et tout et tout….

     Bien sûr, avec un grand malade, pas question de passer des heures à visiter mais, ce premier aperçu fit gonfler en moi le désir de passer du temps, assez, pour m’imprégner au plus près, de la vie et du cadre d’Aigues-Mortes.

 UN RÊVE RÉALISÉ :

     Quatre ans après, j’ai bâti un voyage autour de cette destination. J’ai visité les Cévennes et tout le sud-est en tournant comme une spirale, autour de la ville-forteresse. J’y ai passé 4 jours, écumé les remparts, les ruelles, musées, environs, sentiers, vélo-route, canaux, manades etc… J’y ai traqué les flamands roses, les meilleurs points de vue sur les courtines…

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Pour profiterde quelques jours en toute sécurité et dans le calme, cette adresse est idéale et permet de belles balades à pieds ou en vélo. (Photo : Patrick Garcia)

   Ayant trouvé un parking aménagé et protégé, dans un bout de Camargue nommé les « Poissons d’Argents », (sur la D62 face au camping « la Petite Camargue), je pouvais à volonté rafraichir mon « Pépère » le soir venu, disposant de 220 volts pour quelques euros.

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Plan en perspective où j'ai pointé des numéros correspondants à ceux du plan vertical légendé ci-dessous. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : avec ces deux plans, vous pourrez situer chaque élément défensif cité dans le texte. (Photo : Patrick Garcia)

    En journée, je partais avec mon « Pépère » que je garais route de Nîmes, sur le parking du « Super U » qui jouxte le « Canal du Rhône à Sète » et la Véloroute nommée la « Via Rhôna du Léman à la Mer ». Pratique pour éviter les péages urbains dévastateurs, ce parking permet à la fois de se ravitailler au centre commercial, et donne accès à cette superbe voie qui longe le canal, où toute une flotte de péniches de tout acabits, sont stationnées, pour la plupart, à l’année. En quinze minutes, je suis avenue de Provence, je franchi le pont sur le canal et je longe la « D979 » qui contourne la ville, mais amène face à l’entrée principale de la citadelle, la « Porte Gardette » (7 sur le plan) que protège à sa droite, la « Tour de Constance », l’extraordinaire tour massive construite sur l’ordre du « Roi-très-pieux ».

 VISITE DE LA CITADELLE : LE CHÂTEAU ET « CONSTANCE »

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La porte "Gardette" (7 sur le plan) est la porte principale de la forteresse. (Photo : Patrick Garcia)

     Avant de pénétrer par la « Porte Gardette » (N°7 du plan), je décide d’aller dire bonjour à « Constance » ( 1 Sur le plan), depuis l’extérieur, pour mieux apprécier son aspect terrifiant pour l’ennemi de l’époque, tout en jetant de manière éclatante, à la face du monde, la puissance du royaume de France.

     Depuis le canal qui tangente les remparts de côté ouest de la ville, j’ai une vue impressionnante sur ce cylindre de pierres dont la plateforme possède une haute tourelle de guet, mais aussi faisant office de phare, jusqu’à il n’y a pas si longtemps. De longues et fines meurtrières fractionnent cette pyramide de pierres, desservie par un pont sur l’eau, pont qui autrefois, devait pouvoir se relever en cas de siège.

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La Tour de constance (1), desservie par un pont qui part de l'Hôtel du Gouverneur (3).  (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La tour de Constance (1), le Pont, l'Hôtel du Gouverneur (3)  bordés par le port sur le canal du Rhône à Sète. (Photo : Patrick Garcia)

    Ce pont mène tout droit à « l’Hôtel du Gouverneur » (3 sur le plan) reste d’un château assez remanié au cours des âges. Cette tour est vraiment terrifiante, comme un gros tank dont il faudrait escalader les blindages pour accéder à la trappe d’entrée, et tout cela, sous le feu et le tir combiné des défenseurs.  Talutée à la base, elle permettait, par ce système, de renvoyer à l’horizontale, sur les éventuels attaquants, les boulets ou pierres, jetés du haut de l’ouvrage, comme au billard… Le fait qu’elle soit entourée d’eau, lui conférait aussi, une quasi invincibilité…

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La porte Gardette (7) (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La porte Gardette avec les rainures de son pont levis, de la herse; notez les bossages du parement, destinés à amortir les tirs ennemis. (Photo : Patrick Garcia)

     Revenant un peu, je rentre dans la cité par l’imposante « porte Gardette » (N°7 du plan). Elle possède encore les 2 rainures qui permettaient de manœuvrer le pont levis, et au centre, une plus petite au milieu, pour la passerelle-piétons. Contrairement à « Constance », son parement est à « bossages, c’est-à-dire que son parement, au lieu d’être lisse, comporte au centre des pierres, comme une bosse. Cette excroissance étant sensée amortir les chocs de ce début d’artillerie mécanique qu’étaient les « Trébuchets », « mangonneaux » « couillards » ou autres « catapultes »….

    Immédiatement passé sous cette porte principale, j’oblique à droite vers « l’Hôtel du Gouverneur », (3 sur le plan) appelé aussi « Château », car ce bâtiment fut tellement remanié au cours des âges, qu’on ne connait pas le plan originel. Sur ma gauche, ce grand bâtiment aux fenêtres alignées sur plusieurs étages, comme dans les abbayes ou les collèges, n’est autre que le « casernement » (6 sur le plan) où logeait la garnison. Je suis sur la « place d’Armes » (5 sur le plan) où s’entrainaient les soldats, entre le rempart et les « casernements » et en face moi, pour accéder à la visite des remparts, il me faut me rendre « Hôtel du Gouverneur » (3 sur plan) en passant sous le mur de défense protégé par une échauguette à gauche et aller acheter un billet.

2- MUR DE RETRANCHEMENT DU CHATEAU - 2605 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Pour accéder aux remparts, il faut passer le "Mur de Retranchement" (2) et aller vers le château.  (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Le Mémorial Huguenot dans la cour de l'Hôtel du Gouverneur (3). (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Depuis le rempart au-deesus de la Porte Gardette(7), vue sur Constance (1) à droite, l'Hôtel du Gouverneur (3) au centre gauche, et les Casernes (6) à gauche, ainsi que la place d'Armes (5). (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : L'Hôtel du Gouverneur(3) vu de Constance (1), les Casernes (6) sont à sa gauche.  (Photo : Patrick Garcia)

      Dans les jardins, une stèle, inaugurée le 30 aout 1968, pour le bicentenaire de la libération des prisonniers protestants. Y figurent une galère, symbole de bagne, une grille, la croix des huguenots, et ces mots : « A la mémoire des prisonniers huguenots et de tous ceux qui ont su « régister » pour leur foi et la liberté des consciences. » Bien sûr, le mot « régister » est un clin d’œil au graphe attribué au symbole de ces prisonniers qui ont vécus l’enfer durant des décennies, je parle de Marie Durand.

       Elle fut arrêtée très jeune en 1730, dans le but essentiel de forcer son frère, pasteur, à se rendre aux autorités. Ce dernier fut pendu en 1732, mais elle-même ne sera libérée que 36 ans plus tard, en 1768. On lui attribue, mais sans pouvoir l’affirmer, l’inscription « Régister » (résister) sur la margelle du puits d’aération de la salle haute de la « tour de Constance ».

Prisonnières_huguenotes_à_la_Tour_de_Constance,_par_Jeanne_Lombard

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Prisonnières huguenottes dans la tour de Constance (1) par Jeanne Lombard. (Photo : du Net)

    Cette tour fut l’incarnation même de la souffrance infligée à des innocents, aux huguenots, depuis 1686, avec d’autres tours qui devinrent des prisons et des bagnes pour ces gens de la nouvelle religion. La partie la plus émouvante de la visite, est justement, la lecture de ces nombreux graphes peints, sculptés ou gravés un peu partout au fils des tours-prisons. Il y en a avec des visages, d’autres des symboles religieux, d’autres avec des invocations, d’autres avec les caractères fins comme des écritures d’enfants, d’autres sont éclatants, et « martèlent » en quelque sorte leur patronyme, un peu comme un cri, un appel, ou un testament….

     Voila, j’ai payé mon écho (8 euros), je délaisse le petit film au départ de mon expédition, je l’ai déjà vu, et je me lance à l’assaut de « Constance » (1 sur le plan).

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Le pont qui dessert Constance (1). (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Constance et ses lourdes défenses passives, des profondes meurtrières, une épaisseur incroyable des murs et sa hauteur qui rendait quasi impossible l'assaut par échelle. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Le rez de chaussée de Constance (1). (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Les différents niveaux de Constance (1). (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Coupe de profil de Constance (1) avec tout à fait en bas, le cul de basse-fosse, juste sous la salle du rez-de-chaussée, les coursives qui donnent sur cette salle, sous le plafond, desservent des salles, dont celle de manoeuvre du pont-levis. La salle haute percée, en son centre, comme toutes, d'un oculus permettant d'approvisionner les étages par un palan. Sur le toit est posé un élégant phare, visible de loin. De là, vue magnifique sur les environs. (Photo : Patrick Garcia)

    Pour y accéder, je franchis le pont, car cette tour, à l’origine, semble être une île entourée d’eau, même si tous ne sont pas d’accord à ce sujet. Après une porte dont la serrure impressionnante ne date pas d’hier, je débouche dans la « salle basse » qui communique avec la « salle haute » par l’intermédiaire  d’un « puits » qui est la clé de voûte de la salle, mais permet aussi de monter des charges, pour la défense, des matériaux ou des vivres, à l’aide d’un palan.

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Constance (1) vue du plafond en arcades, son oculus et les coursives desservant diverses salles et permettant de tirer un agresseur qui aurait pu entrer. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Constance (1), cette jolie cheminée récupère les fumées du four à pain. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Parmi les très longues meurtrières de Constance (1). (Photo : Patrick Garcia)

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Elle communique par un autre puits placé en son centre, avec une salle souterraine, un « cul de basse fosse » où étaient stockés les vivres, et par où l’on descendait avec ce même système de palan, précurseur de nos monte-charges actuels. Il n’est pas interdit de penser que cette salle ait pu servir de prison, car une latrine y a été ajoutée à une époque indéterminée.

     Un escalier à vis dessert les étages, il est bâti à l’intérieur du mur qui est épais de 6 mètres, pour un diamètre maximum de 22m!!!

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Dans Constance (1) la coursive circulaire qui permet de surveiller le rez-de-chaussée tout en desservant les différentes salles. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Constance(1) salle basse, vue de la coursive et de l'oculus.  (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Constance (1) au bout de la coursive, la salle de manoeuvre du pont levis.  (Photo : Patrick Garcia)

   Cette salle était, au moyen-âge, le centre vital de la défense du château. Ici se manœuvrait le pont levis du château, et un chemin de ronde permettait au sommet de la salle, de se défendre et de servir les assommoirs… La belle cheminée qui abrite le four à pain est tout à fait récente, 1868.

     Pour monter à la « salle haute », 2 solutions, soit prendre l’escalier à vis d’origine, soit l’ascenseur. Personnellement, je préfère l’escalier, on est quand même plus en symbiose avec le monument, mais beaucoup de jeunes qui font les visites aux pas de course, préfèrent la solution la plus facile, chacun ses choix. Par cet escalier, j’arrive à la « coursière », ou chemin de ronde, qui couronne le sommet de la salle basse. D’ici, on ne perd aucune « miette » de ce qui se passe au rez de chaussée, et par cette galerie, on accède à la salle de commande des ponts levis et  à l’assommoir….

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Constance (1) plafond de la salle haute du même style que la salle basse, avec les mêmes arcatures et oculus. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Sol de la salle haute de Constance (1) avec cheminée et puits central.  (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Coussièges encadrant la fenêtre du second de Constance (1).  (Photo : Patrick Garcia)

Poursuivant la montée, j’arrive au 2ème étage. Cette salle que certains nomment aussi la « salle des Chevaliers », me semble plus spacieuse et plus éclairées, avec des « coussièges » aménagés dans l’embrasure  des fenêtres pour le repos des gardiens ou la lecture des documents… Cinq longues embrasures de tir à l’arc sont ménagées tout au long de la périphérie de la salle qui comporte elle aussi une cheminée, mais qui semble, elle, d’origine. C’est ici qu’étaient retenues les prisonnières protestantes, d’où les multiples graphes un peu partout où il a de l’éclairage. Tristes témoignages d’une redoutable et si proche époque, tout juste 250 ans, 10 générations !!!!

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Graffitis de prisonnières huguenottes. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Graffitis de prisonnières huguenottes. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Graffitis de prisonnières huguenottes. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Graffitis de prisonnières huguenottes. (Photo : Patrick Garcia)

    Arrivé sur la plate-forme au sommet de « Constance », la vue est magnifique sur la ville, le canal du Rhône et ses environs. Dire que toute cette verdure, ce bitume, étaient port et chenal vers la mer à quelques kilomètres. Ce chenal, nommé « Grau » qui vient du roman, « Grauss » (rivage, grève, canal) a donné la station balnéaire du « Grau-du-Roi », à 6 kms et aboutissement du chenal qui amenait les voiliers jusqu’au port qui baignait les pieds de la cité fortifiée.

    Le sommet de cette tour a été modernisé par des embrasures de canons, même si leurs archères d’origine sont encore visibles. Outre la margelle du puits de lumière et d’aération, protégée par une grille, une tourelle de 11 mètres de haut supportait le feu qui servait de phare jusqu’à l’époque moderne, ainsi qu’une coursive permettant le guet des bateaux navigant au large, ou remontant le « Grau », car il avait des péages à chaque passage…

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Constance (1), l'élégant phare situé sur le toit de la tour. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Constance (1), cet ourlet de pierres est le débouché de l'oculus, sur le toit. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Le canal du Rhône à Sète, vu depuis le sommet de Constance (1). (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : L'escalier qui est noyé dans la maçonnerie de Constance (1). (Photo : Patrick Garcia)

   C’est qu’ici, sur le guet de la tourelle, nous sommes à 41 mètres de haut, dans un pays plat, ce poste de guet est stratégique !

     Je profite du point de vue pour admirer ce magnifique paysage. Outre la boucle du canal, au sud, les « Etangs de la Ville » où s’amoncellent d’immenses collines de sel blanc qui se réfléchissent dans une eau curieusement violette, du fait de la concentration en sel….

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Depuis le toit de Constance (1), la porte des Moulins à gauche (18) et la porte de l'Organeau (19), avec en toile de fond, les "Salins du Midi".  (Photo : Patrick Garcia)

Organeau puis à droite Bourguignons

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Depuis le toit de Constance (1) , la porte de l'Organeau (19), puis à droite, la tour des Bourguignons (20). (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La porte de l'Organeau (19), vue depuis Constance (1), en arrière plan, la lagune aux reflets magenta dûs au sel. (Photo : Patrick Garcia)

Ces reflets donnent une note irréelle à ces paysages. A nos pieds, les toits en « romanes » moutonnantes, l’église « ND des Sablons » (23 sur le plan) et son faîte en forme de peigne, les courtines crénelées entrecoupées de portes et de tours, sous nos pieds, « les casernements » en équerre au « château » ou « hôtel du Gouverneur », muni d’une jolie échauguette

 VISITE DES REMPARTS

    Je redescends, puis, retour à mon point de départ où se trouve la porte qui donnant accès aux coursives des remparts. Et me voila parti pour 1640 mètres de courtines (les côtés ont 520-325-510 et 285 mètres), il y au total 10 portes fortifiées (à deux tours) et 6 tours, dont « Constance », soit 16 ouvrages fortifiés, sans compter les défenses annexes, du château et la « tour Carbonnière » qui est hors la ville, en bastionnement.

LA PORTE GARDETTE

    La première défense que je traverse est la « porte Gardette » (7 sur plan), comme déjà dit, la porte principale de la ville. Son nom vient certainement du voisinage du corps de garde, mais on la nomme aussi « Porte de Nîmes ».

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Parmi les nombreux types de marques tacheronnes, présentes sur les remparts. Elles permettaient à chaque atelier d'être payé en fonction de sa production. (Photo : Patrick Garcia)

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Parmi les nombreux types de marques tacheronnes, présentes sur les remparts. Elles permettaient à chaque atelier d'être payé en fonction de sa production. (Photo : Patrick Garcia)

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Parmi les nombreux types de marques tacheronnes, présentes sur les remparts. Elles permettaient à chaque atelier d'être payé en fonction de sa production. (Photo : Patrick Garcia)

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Parmi les nombreux types de marques tacheronnes, présentes sur les remparts. Elles permettaient à chaque atelier d'être payé en fonction de sa production. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Parmi les nombreux types de marques tacheronnes, présentes sur les remparts. Elles permettaient à chaque atelier d'être payé en fonction de sa production. (Photo : Patrick Garcia)

 

     C’est ici que je commence à me rendre compte du nombre de « marques de tâcherons », sortes de signes cabalistiques gravés sur la pierre. Pas toutes, mais certaines, à moins, que d’autres signes aient été incorporés dans la face noyées dans la maçonnerie, qu’on nomme le blocage… Sur les parements de « Constance », je n’ai pas su distinguer ni les « bossages » ni les marques des tailleurs de pierres… Mais comme il semble qu’elle ait été bâtie avant le reste de la cité, peut-être, autres temps, autres mœurs.

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La montée aux remparts et en arrière plan, la porte Gardette (7). (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Très belle voûte dans la porte Gardette (7). (Photo : Patrick Garcia)

    En tout cas, ces marques permettaient à l’artisan de tailleurs de se faire payer « à la tâche », c'est-à-dire, en fonction de sa production, et comme ils étaient nombreux, il fallait bien se distinguer des autres « patrons ». Ma théorie est que le manœuvre ne marquait pas toutes les pierres au graffe de son patron, sinon, il y en aurait sur toutes les pierres… Disons qu’il y avait une marque sur 20 ou 50 pierres, ce qui permettait ainsi de savoir qui avait fait quoi et combien… Ici dans toute la place forte, on en a compté à peu près 600…. Sur des dizaines de milliers de pierres taillées. Dommage que l’on ne puisse mettre un nom sur telle ou telle série de graffes…

REMPART 15 TOUR DES BOURGUIGNONS A TOUR REMBLAIS- 763 copie

 

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Les remparts sont parfaitement conservés et l'ensemble est très homogène. (Photo : Patrick Garcia)

REMPART 3 DE LA PORTE DU SEL A LA PORTE ST ANTOINE - 677 copie

 

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Confort pour les sentinelles, des latrines sur chaque courtine. (Photo : Patrick Garcia)

REMPART 9 DE LA POUDRIERE PORTE DE L ARSENAL- 728 copie

 

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Autres latrines. (Photo : Patrick Garcia)

REMPART EXT-570 copie

 

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Latrines en extérieur. (Photo : Patrick Garcia)

REMPART EXT-571 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Autre "feuillées" (Photo : Patrick Garcia)

   Je poursuis mon chemin sur la coursière, sommet du mur du rempart (qui est haut de 11 m et épais de 2,5m), les latrines sont présente à peu près une sur chaque courtine (tronçon de rempart entre deux tours ou portes), ces courtines sont bien sûr munies de créneaux et de merlons, mais, pour la sécurité des visiteurs, des rambardes ont été posées, fabriquées et posées avec les techniques de l’époque, scellées au plomb, comme au Moyen-âge.

 LA TOUR DU SEL

 

02-TOUR DU SEL- 665 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La tour du Sel (8), la bien nommée. (Photo : Patrick Garcia)

2- TOUR DU SEL PUIS ST ANTOINE PUIS MECHE 

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La tour du Sel(8), suivie de celle de St Antoine (9) et enfin celle de la Mèche (10). (Photo : Patrick Garcia)

2-TOUR DU SEL- 667 copie

 

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Belle cheminée dans le corp de garde de la tour du Sel (8). (Photo : Patrick Garcia)

2-TOUR DU SEL- 674 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Raffinement de l'époque, la fenêtre est encadrée de coussièges.  (Photo : Patrick Garcia)

2-TOUR DU SEL- 675 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Escaliers desservant les étages. (Photo : Patrick Garcia)

8-TOUR DU SEL -833 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La tour du Sel (8) vue de l'extérieur, notez les bossages jusqu'à mi-hauteur. (Photo : Patrick Garcia)

2-TOUR DU SEL- 664 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Tour du Sel(8) Multiples graffites de prisonnières huguenottes et parfois, de soldats.  (Photo : Patrick Garcia)

2-TOUR DU SEL- 665 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Tour du Sel(8) Multiples graffites de prisonnières huguenottes et parfois, de soldats.  (Photo : Patrick Garcia)

2-TOUR DU SEL- 666 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Tour du Sel(8) Multiples graffites de prisonnières huguenottes et parfois, de soldats.  (Photo : Patrick Garcia)

   Le nouvel ouvrage fortifié qui se présente, est « la Tour du Sel » (8 sur le plan) nommée aussi « Tour des Prisons Militaires ». Après y avoir stocké le sel, elle devint prison également. Une belle cheminée sur corbeaux, des « coussièges » encadrant une baie, une meurtrière défend cette tour et ici, comme ailleurs, de très nombreux graphes de prisonniers mélangés à ceux de soldats.

 PORTE ST ANTOINE

 

09-PORTE ST ANTOINE- 681 copie 

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La porte St Antoine (9).  (Photo : Patrick Garcia)

9-PORTE ST ANTOINE- 683 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Intérieur de la porte St Antoine (9). (Photo : Patrick Garcia)

9-PORTE ST ANTOINE- 684 copie 

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte St antoine (9) Le littoral d'Aigues-Mortes durant la grande époque des croisades...(Photo : Patrick Garcia)

9-PORTE ST ANTOINE- 686 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte St antoine (9) Dais royal près de cette fenêtre.(Photo : Patrick Garcia)

9-PORTE ST ANTOINE -831 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte St antoine (9) Notez que l'extérieur de ce monument est couvert de bossages. (Photo : Patrick Garcia)

   Après la tour, voici la puissante « Porte St Antoine » (9 sur le plan) du nom du cimetière installé tout près. Une belle cheminée préside la salle principale, et c’est dans cet ouvrage qu’est exposée la maquette du littoral à l’époque de la construction d’Aigues-Mortes au 13ème siècle. Fort intéressante, elle nous permet de se faire une idée en 3D de la géographie de l’époque, et des noms tels qu’ils étaient autrefois…

 TOUR DE LA MECHE

 

10-TOUR DE LA MECHE -830 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Tour de la Mèche (10). (Photo : Patrick Garcia)

10-TOUR DE LA MECHE ET DERRIERE LA PORTE ST ANTOINE ET TOUR DU SEL PUIS GARDETTE- 702 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Tour de la Mèche (10), puis St Antoine (9)etc.(Photo : Patrick Garcia)

    J’avance un peu plus vers l’angle Est et j’arrive à la « Tour de la Mèche » (10 sur le plan), on dit qu’elle se nomme ainsi parce qu’on y tenait une mèche allumée jour et nuit, au cas où… Comme tous les ouvrages de renforcement ou de flanquement, les tours, elles sont de type classique. Un demi-rond tournée vers l’extérieur, afin de battre les flancs du rempart, et carrée derrière, avec 2 niveaux et un sommet défensif. Une cheminée à chaque niveau permet à la garnison d’être confortablement installée. Le rempart contourne les tours, mais des portes permettent de traverser la salle haute.

 TOUR DE VILLENEUVE

 

11-TOUR DE VILLENEUVE- 691 copie 

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Tour de Villeneuve (11) ou des Masques, c'est l'angle Nord-Est. (Photo : Patrick Garcia)

 

11-TOUR DE VILLENEUVE- 704 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Tour de Villeneuve (11) ou des Masques, c'est l'angle Nord-Est vue du rempart. (Photo : Patrick Garcia)

11-TOUR DE VILLENEUVE-828 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Tour de Villeneuve (11) ou des Masques, c'est l'angle Nord-Est, avec ses meurtrières et ses latrines. (Photo : Patrick Garcia)

    Enfin, me voila à l’angle, défendu par la grosse tour circulaire « Tour de Villeneuve ou des Masques » (11 sur le plan). Munie de latrines et de nombreuses archères, tant au 1er, au 2ème et même au 3ème en terrasse, où les merlons en possèdent tous une.

 PORTE DES CORDELIERS

 

012-PORTE DES CORDELIERS- 706 copie 

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Cordeliers (12). (Photo : Patrick Garcia)

 

12-PORTE DES CORDELIERS- 705 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Cordeliers (12), notez les bretèches qui surplombent chaque porte. (Photo : Patrick Garcia)

12-PORTE DES CORDELIERS- 708 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Cordeliers (12), superbe plafond sur croisée d'ogives. (Photo : Patrick Garcia)

12-PORTE DES CORDELIERS- 709 copie 

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Cordeliers (12) La place du chef, puis, plus tard, des prisonnières. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Cordeliers (12), le magnifique parement de cette porte, notez les bretèches sur chaque facette. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Cordeliers (12), petit ornement bien sympathique à gauche de l'entrée.(Photo : Patrick Garcia)

 

12-PORTE DES CORDELIERS -826 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Cordeliers (12) puis la Tour de Villeneuve (11). (Photo : Patrick Garcia)

 

12-PORTE DES CORDELIERS- 692 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Cordeliers (12), graffites de prisonnières. (Photo : Patrick Garcia)

12-PORTE DES CORDELIERS- 695 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Cordeliers (12), graffites de prisonnières. (Photo : Patrick Garcia)

12-PORTE DES CORDELIERS- 699 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Cordeliers (12), graffites de prisonnières. (Photo : Patrick Garcia)

     Elle est suivie par la « Porte des Cordeliers » (12 sur le plan) du nom d’un proche couvent de cet ordre. Cette porte est un peu différente, car elle ne possède pas deux grosses tours rondes accolées, la base est carrée et l’étage supérieur est constitué, en quelque sorte, de deux tourelles polygonales reliées entre-elles par une partie plane en retrait qui porte un assommoir de chaque côté (extérieur et ville), tandis que 2 autres opposés, défendent le passage au niveau des courtines. 4 assommoirs sur un seul « petit » ouvrage, complété par de nombreuses archères, c’est un bastion « attrape-nigaud » car cette porte a les moyens de résister avec toutes ses défenses, ses herses et ses portes….Il y a 4 autres portes calquées sur ce type.

    Je note de superbes croisées d’ogives aux magnifiques clés de voûtes, dans cette salle, il y a les multiples graphes de prisonniers… Des « bouts de solitudes », des témoignages pour dire « Cornier est passé ici en 1797 », il y a de forts caractères, mais les graphes plus délicats, à la belle calligraphie ronde, exemple ce « Boulanger de Visant », un noble incarcéré à la Révolution ?

 PORTE DE LA REINE

 

13- PORTE DES CORDELIERS A PORTE DE LA REINE- 714 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte de la Reine (13). (Photo : Patrick Garcia)

13-PORTE DE LA REINE- 713 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte de la Reine (13). Voyez ses belles gargouilles et notez que celle-ci n'a pas de bretèche, vu que la garde contourne la tour puisqu'il n'y a pas d'entrée de ce côté. (Photo : Patrick Garcia)

13-PORTE REINE FACADE EST -817 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte de la Reine (13). (Photo : Patrick Garcia)

13-PORTE REINE FACADE EST -822 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte de la Reine (13). (Photo : Patrick Garcia)

 

   De retour sur la courtine, je vais sur la grande porte de ce côté Est, la «  Porte de la Reine » (13 sur le plan), nommée ainsi du fait du passage de la reine Anne d’Autriche en 1622. Elle est à l’identique des grosses portes principales  et est vraiment redoutable.

 TOUR DE LA POUDRIERE

 

13- PORTE DE LA REINE- 714 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : tour de la Poudrière (14). (Photo : Patrick Garcia)

14-TOUR DE LA POUDRIERE- 721 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : tour de la Poudrière (14) à l'angle Sud-Est. (Photo : Patrick Garcia)

14-TOUR DE LA POUDRIERE-813 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : tour de la Poudrière (14), vue prise du Sud avec l'alignement des défenses tournées vers les navires qui accostaient ici. (Photo : Patrick Garcia)

14-TOUR FACADE EST -808-814 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : tour de la Poudrière (14) à l'angle Sud-Est, avec ici, vue sur la porte de la Reine. (Photo : Patrick Garcia)

 

     De là, je file sur l’autre tour d’angle, au sud-est, la « Tour de la Poudrière » (14 sur le plan). C’est l’une des 3 tours d’angles qui paraissent circulaires mais en réalité, sont polygonales sur la partie ancrée dans le rempart. Non loin d’elle, est l’arsenal de la place forte, d’où son nom.

 PORTE DE L’ARSENAL

 

015-PORTE DE L ARSENAL- 732 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte de l'Arsenal (15). (Photo : Patrick Garcia)

15-PORTE DE L ARSENAL- 731 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte de l'Arsenal (15) face au port, la garde traverse le bastion, et ne le contourne pas, donc bretèche. (Photo : Patrick Garcia)

15-POUDRIERE PUIS ARSENAL -829 copie 

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte de l'Arsenal (15) vue depuis la "Poudrière", puis celle de la Marine. (Photo : Patrick Garcia)

     A partir d’ici, la vue, depuis le rempart, sur la lagune est fabuleuse sur tout le côté sud, j’en reparlerai plus tard, mais voici la « Porte de l’Arsenal » (15 sur le plan), c’est l’identique de la « Porte des Cordeliers » (12 sur notre plan). Ce sont des tours carrées dont le sommet est composé de deux polygones en vis-à-vis, comme décrit précédemment. Plus petites, plus trapues, elles possèdent 4 assommoirs, un sur chaque face. Celle-ci doit son nom à l’arsenal qui était contigu.

 PORTE DE LA MARINE

 

016-REMPART PORTE DE LA MARINE- 735 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte de la Marine (16). (Photo : Patrick Garcia)

16-PORTE DE LA MARINE- 733 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte de la Marine (16). Notez que la bretèche au-dessus de l'entrée a disparu. (Photo : Patrick Garcia)

16-PORTE DE LA MARINE- 739 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Reconstitution de l'anse portuaire, vue de la Porte de la Marine (16). (Photo : Patrick Garcia)

16-PORTE DE LA MARINE -803 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte de la Marine (16) Notez le grand nombre de bretèches et de latrines... (Photo : Patrick Garcia)

16-PORTE DE LA MARINE PUIS DES GALIONS ET MOULINS-802 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte de la Marine (16) puis celle des Galions (17)... (Photo : Patrick Garcia)

REMPART 9 DE LA POUDRIERE PORTE DE L ARSENAL- 730 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Vue depuis la Porte de la Marine (16), la lagune aux reflets magenta, causés par la teneur en sel, au fond, les salines. (Photo : Patrick Garcia)

    Continuant, j’arrive à la « Porte de la Marine » (16 sur le plan). Son nom vient du voisinage de l’ancien port étang de la ville. Cette porte où l’on peu accéder à la terrasse, propose à son sommet une exposition sur « L’Anse d’Aigues-Mortes au 13ème siècle », avec la comparaison entre le visuel actuel et les implantations anciennes. Cette porte permet de voir l’assommoir situé entre les deux feuillures des herses.

 PORTE DES GALIONS

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Galions (17) anciennement "Portalet" à cause du port... (Photo : Patrick Garcia)

17-PORTE DES GALIONS - 747 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Galions (17) anciennement "Portalet" à cause du port... Bretèche d'entrée.(Photo : Patrick Garcia)

17-PORTE DES GALIONS - 745 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Galions (17) anciennement "Portalet" à cause du port... (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Galions (17) anciennement "Portalet" à cause du port... Gargouille malheureusement décapitée.(Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Galions (17) anciennement "Portalet" à cause du port... Puis des "Moulins"(18) , de l'Organeau (19) et enfin la tour des "Bourguignons" (20).((Photo : Patrick Garcia)

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Galions (17) anciennement "Portalet" à cause du port... (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Galions (17) anciennement "Portalet" à cause du port... (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Galions (17) anciennement "Portalet" à cause du port... (Photo : Patrick Garcia)

     La suivante, la « Porte des Galions » (17 sur le plan) s’appelait auparavant « Porte du Portalet », car elle jouxte le port. Elle est un peu comme la 12 et la 15, un gros cube aux angles arrondis par des facettes, mais ces deux façades principales sont planes, et n’ont pas ces 2 polygones engagés à l’étage. Elle possède une superbe gargouille, malheureusement décapitée.

 PORTE DES MOULINS

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Moulins (18) dont les tours étaient couronnées de moulins au 19ème. (Photo : Patrick Garcia)

18- REMPART FACADE SUD -799 copie

 

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Moulins (18) dont les tours étaient couronnées de moulins au 19ème. (Photo : Patrick Garcia)

18-PORTE DES MOULINS PUIS ORGANEAU ET BOURGUIGNON-800 copie copie

 

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Moulins (18) dont les tours étaient couronnées de moulins au 19ème. En suivant la porte de l'Organeau (19) puis la tour des Bourguignon (20). (Photo : Patrick Garcia)

18-PORTES DES MOULINS- 753 copie

 

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Moulins (18) dont les tours étaient couronnées de moulins au 19ème. (Photo : Patrick Garcia)

 

18-PORTES DES MOULINS- 755 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Moulins (18) dont les tours étaient couronnées de moulins au 19ème. Jolie croisée d'ogives.(Photo : Patrick Garcia)

    Je me dirige tout doucement vers la dernière des grandes portes, celles « des Moulins » (18 sur le plan). Pourquoi ce nom, parce que jusqu’au 19ème siècle, leurs sommets supportaient deux moulins à vent. C’est une des portes maîtresses de la ville, elle est comparable à la « Porte Gardette » (7 sur le plan) qui est la porte d’entrée principale, on peut penser que celle-ci, presque à son opposé, remplissait le même office, côté portuaire. De là, la vue est splendide. L’esplanade qui borde la lagune n’existait pas, elle est le résultat de la désaffection et de l’ensablement du port, du coup, les matériaux du creusement du canal ont servi à créer cette aire naturelle où se déroulent les grandes fêtes de la ville. Au loin, de l’autre côté de la lagune ces montagnes blanches, sont le sel de la « Cie Salins Du Midi Et Salines de l'Est ». Derrière moi, la ville et en point de mire, la « Tour de Constance » (1 sur le plan), par où j’ai commencé mon parcours.

 PORTE DE L’ORGANEAU

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte de l'Organeau (19) Couronnée de bretèches sur ses 4 faces. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte de l'Organeau (19) Couronnée de bretèches sur ses 4 faces. (Photo : Patrick Garcia)

19-PORTE DE L ORGANEAU- 759 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte de l'Organeau (19), de belles voûtes et un "assommoir" au milieu.. (Photo : Patrick Garcia)

    J’avance  vers la « Porte de l’Organeau », ancienne porte « Tioulet ou de Thieure, ou encore de l’Egout » (19 sur le plan), on dit que son nom principal vient des anneaux qui servaient à amarrer  les nombreuses galères qui mouillaient au port. C’est un nouveau modèle cube avec 4 fausses échauguettes polygonales à l’étage supérieur et à 4 assommoirs.

 TOUR  DES BOURGUIGNONS

 

20- TOUR DES BOURGUIGNONS- 762 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Tour des Bourguignons (20) qui servit de saloir pour conserver les cadavres des soldats bourguignons . (Photo : Patrick Garcia)

20- TOUR DES BOURGUIGNONS-PORTE DE L ORGANEAU A TOUR DES BOURGUIGNONS- 761 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Tour des Bourguignons (20) qui servit de saloir pour conserver les cadavres des soldats bourguignons . Située à l'angle Sud-Ouest de la forteresse.(Photo : Patrick Garcia)

  Enfin j’arrive à la dernière tour d’angle, semi-circulaire, la « célèbre » « Tour des Bourguignons » (20 sur le plan, et qui se trouve à l’angle sud-ouest de la place forte. Vous verrez plus loin dans les textes en annexe, l’histoire incroyable de cette tour. En gros, en 1421, après le massacre de la garnison des envahisseurs Bourguignons, par les habitants, les monceaux de corps  risquaient par leur pourrissement d’apporter la peste ou le choléra, il fut donc décidé de les saler et de les entreposer dans cette tour pour les conserver !

 PORTE  DES REMBLAIS

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Remblais (21) Dernière et seule porte sur ce côté Ouest. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Remblais (21) Dernière et seule porte sur ce côté Ouest. En arrière plan, Constance (1). (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Remblais (21) Dernière et seule porte sur ce côté Ouest. Au départ de la rue Sadi-Carnot.(Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Porte des Remblais (21) Dernière et seule porte sur ce côté Ouest. Tour de Constance (1) depuis le palier de la Porte des Remblais. (Photo : Patrick Garcia)

      Il n’y a plus qu’une porte avant « Constance » celle des « Remblais ou dite aussi, de Montpellier» (21 sur le plan), la seule à l’Ouest, identique à la 19, la 17, 15 ou la 12 ; ces fameuses portes plus petites à 4 assommoirs. Son nom vient tout simplement du fait que les fossés qui la protégeaient ont été comblés par des remblais au 18°. Par la sortie de cette porte, j’ai une vue imprenable sur la « Constance » et son phare planté sur le sommet. A l’étage, une belle grille en fer forgé défend la fenêtre du poste de garde, munie elle aussi d’un « coussiège ». A travers la grille, j’ai une belle vue sur la rue « Sadi-Carnos » qui fond sous ce soleil estival… 

       Et voila, me voici revenu au point de départ, « l’Hôtel du Gouverneur » (3 sur le plan), la tête pleine d’images toutes plus émotionnantes les unes que les autres… Je vais à présent faire le tour de la muraille, par l’extérieur, histoire de m’imprégner au mieux du site, fouler, cette esplanade qui était l’ancien port, là où Louis 9, s’embarqua avec ses proches, là où les voiliers et galions venaient apporter leurs marchandises tout droit venues des Indes où d’ailleurs…

 L’ANCIEN PORT ET LES MARQUES DE TÂCHERONS :

     Mais auparavant, pour me rendre sur la fameuse esplanade qui a remplacé la zone portuaire, je longe le « Bd Intérieur » qui suit les remparts côté ville.

      Je constate qu’à chaque tour, une volée de marches conduit à la zone à défendre. Ainsi la garnison, mais aussi les habitants pouvaient courir sus à l’envahisseur en gagnant les courtines au plus près, au plus vite ! Mais comme il fallait bien riposter de partout, le rempart abrite au niveau de la rue, de très nombreuses embrasures de tir lovée sous des niches munies de « coussièges » afin de pouvoir s’assoir en cas de garde prolongée. Visé depuis le sol, criblé depuis le haut du rempart et des tours, écrasé par les jets de pierres lancées depuis les coursives ou des assommoirs, l’attaquant réfléchissait à deux fois avant de se risquer… 

 

REMPART INTERIEUR - 772 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Remparts vus de l'intérieur, escalier puis postes de tir. (Photo : Patrick Garcia)

REMPART INTERIEUR - 778 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Remparts vus de l'intérieur, escalier puis postes de tir. (Photo : Patrick Garcia)

REMPART INTERIEUR - 780 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Remparts vus de l'intérieur, divers postes de tir. (Photo : Patrick Garcia)

REMPART INTERIEUR - 781 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Remparts vus de l'intérieur, divers postes de tir, tous munis de coussièges, pour le confort des gardes. (Photo : Patrick Garcia)

REMPART INTERIEUR - 783 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Remparts vus de l'intérieur, divers postes de tir, tous munis de coussièges, pour le confort des gardes. (Photo : Patrick Garcia)

         Je retrouve toujours les « marques de tâcherons » énigmatiques… Enfin, j’arrive à la « Porte des Moulins » (18 sur plan), car je veux apprécier ce qui est pour moi, le plus beau des côtés. En effet, ici, aucun bâtiment moderne, arbre, ou panneau, ne vient troubler la perspective de cette monumentale forteresse.

     La vue est décoiffante ! Combien de films de chevalerie ont dû être tournés ici, dans ce décor idéal… Avec un peu d’imagination, on peut rêver comment s’articulait la vie autour du port, les activités liées à la batellerie, les menuisiers, les matelots chargeant les nefs sous le regard inquiet des marchands, les langues qui s’entrechoquaient avec la venue d’embarcations de toute la Méditerranée…  Aigues-Mortes était un grand port saunier, cette richesse permettait de grandes rentrées sonnantes et trébuchantes qui ont permis d’entretenir sa puissance sous l’autorité des rois de France.

    Je continue l’esplanade vers l’est et la tour d’angle « de la Poudrière » (14 du plan), c’est ici que la vue est la plus complète. Sous mes yeux, j’ai deux faces de la forteresse ! Impressionnant….

 

14- REMPARTS LES 2 FACES 1 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Belle vue de l'ensemble des deux côtés tournés vers l'ancien port. (Photo : Patrick Garcia)

 

 LOUIS LE MAGNIFIQUE

  Je remonte vers la « Porte de la Reine » (13 sur le plan) qui va me permettre d’aller tout droit, par la rue « Roger Salengros » de me rendre sur la place « St Louis », où trône la célèbre statue du Roi-très-Pieux.

    C’est ici que l’on se rend compte de la majesté que dégageait le Monarque. La statue réalisé par James Pradier  en 1849, le reproduit debout, couronné, altier, en cotte de mailles, une large et puissante épée pendant sur le côté gauche, avec sa main en appui sur le pommeau… 

     Le regard lointain il semble montrer, de sa main droite  tournée vers la gauche, une direction ou peut-être son cœur… En appui sur une ancre marine, il semble intimer l’ordre de venir à lui… Dans le support de la statue, une nef de guerre est enchâssée, tandis que des dauphins en bronze déversent sur chaque face, une eau rafraichissante dans la fontaine…  

STATUE ST LOUIS - 570 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La superbe place St Louis, la bien nommée avec la statue du St Roi, en son milieu. (Photo : Patrick Garcia)

STATUE ST LOUIS - 571 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La superbe place St Louis, la bien nommée avec la statue du St Roi, en son milieu. (Photo : Patrick Garcia)

STATUE ST LOUIS - 574 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La superbe place St Louis, la bien nommée avec la statue du St Roi, en son milieu. (Photo : Patrick Garcia)

STATUE ST LOUIS - 580 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La superbe place St Louis, la bien nommée avec la statue du St Roi, en son milieu. (Photo : Patrick Garcia)

    Cette œuvre d’art est à la mesure de son modèle, d’un attrait certain, puisqu’il est « LE » rendez-vous de tous les voyageurs venus du monde entier. Ici, on écoute des conversations dans toutes les langues, en cette période de vacances scolaires. Surtout qu’autour de cette place, il y a tous les éléments d’une bonne visite : Office du Tourisme, église ND des Sablons, couvent des Capucins, vieilles maisons, hôtel de ville…

 EGLISE N.D. DES SABLONS :

    C’est un des plus vieux monuments de la Cité. Elle fut élevée du vivant même de St Louis, avant les remparts. Témoin de l’embarquement du Roi pour les Croisades, l’église ND des Sablons, en référence probablement aux marécages sablonneux dont était entourée la cité est sans doute le monument le plus ancien de la ville.

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : ND des Sablons, contemporaine de l'édification de la forteresse.(Photo : Patrick Garcia)

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : ND des Sablons, son intérieur désarçonne par sa luminosité et les couleurs provoquées par des vitraux aux teints chauds. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : ND des Sablons. (Photo : Patrick Garcia)

    Construite en style gothique, elle subit de nombreuses transformations durant les siècles. Elle fut notamment victime des « guerres de religions » et est dévastée en 1575. En 1634, son clocher s’écroule. Elle reste fermée de 1738 à 1744, date à laquelle des restaurations sont entreprises : élévation de la tour carrée de l’horloge et changement d’orientation, le sanctuaire prenant la place du narthex.

     La façade est surmontée d'un très sobre clocher à peigne abritant 3 cloches. La plus importante, 1,07 m de diamètre, date de 1740, classée MH elle fut réalisée par le maître fondeur Jean Poutingon. Pendant la révolution, l’Église sert de temple décadaire, de magasin à grains, de caserne et d’entrepôt à sel. Ce n’est qu’en 1804 que Notre Dame des Sablons redevient une église.

    Sa restauration intérieure est entreprise dans les années 60 et retrouve la beauté de ses pierres. Il y a une trentaine d’années, elle fut restaurée  et ses vitraux modernes (1991) sont l’œuvre de Claude Viallat, artiste nîmois contemporain.

   Ses trois nefs dépouillées aux 5 travées ogivales laissent passer une douce lumière  aux reflets colorés des vitraux Viallat. Cette église possède une série de mobiliers anciens de belle facture :

- Ambon reposant sur un autel gallo-romain ;

- statue dorée de St Louis ;

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : ND des Sablons, St Louis en bois doré. (Photo : Patrick Garcia)

- Statue de Sainte Anne,

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : ND des Sablons, Statue de Ste Anne. (Photo : Patrick Garcia)

- Christ démembré ;

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : ND des Sablons, Christ démembré. (Photo : Patrick Garcia)

- Crucifix en bois du 14ème etc…

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : ND des Sablons, Christ du 14ème siècle et autel. (Photo : Wikipédia)

   Nous verrons plus loin avec plus de précisions le contenu de cette église.

 L’ANCIEN COUVENT DES CAPUCINS

    Il borde la place St Louis, côté opposé à l’église ND, ce « couvent » (24 sur le plan. Voici ce qu’en dit l’O.T. :

   Après la reddition de la ville, en 1622, Louis XIII nomma comme gouverneur un homme profondément religieux. Dans l’œuvre de régénération entreprise, il se hâta d’appeler comme collaborateur du clergé paroissial une colonie de capucins. Ils arrivèrent dans la cité le 23 novembre 1622, avec le Père Barnabé de Sablet comme supérieur. Après les avoir reçus dans sa demeure, le pieux gouverneur leur procura une maison et un petit jardin avec le titre d’aumôniers de la garnison et prédicateurs ordinaires de l’église collégiale.

     Ils se procurèrent ainsi de petits revenus. M. de Varennes, en mourant leur légua mille livres de rentes. Ces religieux ne furent jamais bien nombreux. En 1746 on ne comptait que quatre prêtres, un clerc et deux frères servant. Néanmoins le couvent subsista jusqu’aux troubles révolutionnaires.

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Les "Capucins" Lieu d'exposition: Lors de mon passage, il y avait une magnifique exposition sur les bateaux à voiles, dans un ancien port, quoi de plus naturel?  (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Les "Capucins" Lieu d'exposition: Lors de mon passage, il y avait une magnifique exposition sur les bateaux à voiles, dans un ancien port, quoi de plus naturel?  (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Les "Capucins" Lieu d'exposition: Lors de mon passage, il y avait une magnifique exposition sur les bateaux à voiles, dans un ancien port, quoi de plus naturel?  (Photo : Patrick Garcia)

   Les capucins, par leurs prédications firent un grand bien. Les catholiques se raffermirent dans la foi et à la suite de plusieurs missions très fructueuses, de nombreux protestants se convertirent. La peste de 1630, qui décima une partie de la population, mit le comble à la réputation de sainteté de ces charitables religieux. Ils déployèrent de jour et de nuit un tel zèle à soigner les pestiférés qu’ils forcèrent l’admiration publique. Des protestants se convertirent au spectacle d’un dévouement uniquement inspiré par un sentiment d’abnégation et de charité. La population se montra reconnaissante. Le Conseil communal, par une délibération motivée, décida que « lorsque ces religieux seraient malades, l’hôpital leur fournirait gratuitement les médicaments dont ils auraient besoin ».

    Ils construisirent une maison régulière et une chapelle dont la première pierre fut bénite solennellement en 1647 par le Père Chérubin de Grillon, supérieur de la mission. Les travaux se terminèrent en 1677. On se servit, pour cette construction, des pierres d’un ancien môle connu sous le nom de Peyrade. Longtemps encore ces religieux jouirent d’une très grande popularité. Le pays tout entier prenait part à leurs solennités. C’est ainsi que la mission ordonnée par Mgr Séguier (17 octobre au 16 novembre 1647) se termina par une plantation de croix en présence des officiers de la garnison, des troupes, des notabilités de la ville, du chapitre et de la population. La ville prit part à la béatification des bienheureux Joseph de Léonissa et de Séraphin Montégranério. La fête dura six jours.

Les capucins disparurent lors de la suppression générale des ordres religieux, le 04 mai 1790.

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Les "Capucins" Lieu d'exposition: Lors de mon passage, il y avait une magnifique exposition sur les bateaux à voiles, dans un ancien port, quoi de plus naturel?  (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Les "Capucins" Lieu d'exposition: Lors de mon passage, il y avait une magnifique exposition sur les bateaux à voiles, dans un ancien port, quoi de plus naturel?  (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Les "Capucins" Lieu d'exposition: Lors de mon passage, il y avait une magnifique exposition sur les bateaux à voiles, dans un ancien port, quoi de plus naturel?  (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Les "Capucins" Lieu d'exposition: Lors de mon passage, il y avait une magnifique exposition sur les bateaux à voiles, dans un ancien port, quoi de plus naturel?  (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Les "Capucins" Lieu d'exposition: Lors de mon passage, il y avait une magnifique exposition sur les bateaux à voiles, dans un ancien port, quoi de plus naturel?  (Photo : Patrick Garcia)

      Les religieux étaient alors au nombre de cinq dont quatre pères et un frère : Le père Cosme de Jonquières, le père Philippe d’Aigues-Mortes, le père Alexis de Beaucaire, le père Dorothée d’Uzès, le frère Félix de Lunel. Sommés par huissier de sortir de leur monastère, ils le quittèrent après avoir protesté avec force. Le couvent fut vendu à Verdaguez aîné le 19 novembre 1791 pour la somme de 3 900 frs. L’église désaffectée devint d’abord un magasin militaire. Elle servit peu de temps après de salle de café, convertie en halle publique elle sert aujourd’hui de salle d’exposition.

Descriptif :    L’église est non orientée. Vaisseau unique de plan rectangulaire. Façade antérieure à pignon carré, ouverte d’une grande arcade ionique surmontée d’un oculus. Le mur-pignon postérieur est percé de trois baies en plein-cintre, chanfreinées (dont une arcade au centre) donnant dans un petit corps au rez-de-chaussée (moderne). Au dessus de ce corps, sur le mur-pignon et sur le mur de la maison voisine situé vis-à-vis, apparaissent les arrachements d’une voûte en berceau dont l’axe aurait été perpendiculaire à celui de l’église. Cette voûte devait faire partie des bâtiments conventuels, dont les dispositions en plan, semblent avoir été à peu près respectée par les maisons actuelles de l’îlot.

     Chapelle, construction à vaisseau unique. Ses élévations antérieures étaient formées, comme celles des chapelles des Pénitents, d’un mur-pignon avec portail médian surmonté d’un oculus.

AUJOURD’HUI SALLE D’EXPOSITION

        Pour ma part, j’arrive fin avril 2017dans la Chapelle des Capucins, il y a une exposition "Résistances". Le thème fait écho au Ve centenaire de la Réforme (1517-2017), et rend hommage à toutes formes de résistances dont la « tour de Constance » est l'illustration la plus tangible, je vous rappelle que  c'est là que Marie Durand, martyre protestante grava sur la pierre  les huit lettres fortes de sens résister. Un mot qui reste le symbole d'une idée universelle démontrant que "résister c'est exister"…

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Les "Capucins" Lieu d'exposition: Lors de mon passage, il y avait une magnifique exposition sur les bateaux à voiles, dans un ancien port, quoi de plus naturel?  (Photo : Patrick Garcia)

SANTA ANNA - 797 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Les "Capucins" Lieu d'exposition: Lors de mon passage, il y avait une magnifique exposition sur les bateaux à voiles, dans un ancien port, quoi de plus naturel?  (Photo : Patrick Garcia)

SANTA ANNA - 798 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Les "Capucins" Lieu d'exposition: Lors de mon passage, il y avait une magnifique exposition sur les bateaux à voiles, dans un ancien port, quoi de plus naturel?  (Photo : Patrick Garcia)

SANTA ANNA - 799 copie

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Les "Capucins" Lieu d'exposition: Lors de mon passage, il y avait une magnifique exposition sur les bateaux à voiles, dans un ancien port, quoi de plus naturel?  (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Les "Capucins" Lieu d'exposition: Lors de mon passage, il y avait une magnifique exposition sur les bateaux à voiles, dans un ancien port, quoi de plus naturel?  (Photo : Patrick Garcia)

Mais, pour ma part, je suis plus intéressé, moi qui ai construit beaucoup de maquettes (pigeonniers, calvaires, maisons typiques, maquette de la ville de Ste Livrade sur Lot vers 1700….) par l’exposition de 3 bâtiments à l'échelle 1/30e, magnifiquement recréés et construits, Jean Julhès, ancien mécanicien dans la marine, qui consacre son temps à la construction de maquettes géantes de vaisseaux de la flotte de l'Ordre de Malte depuis 2004. Pour exemple, La Santa Anna, lui demanda six années de réalisation soit environ 5.000 heures d'un travail méticuleux et historique.

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Les "Capucins" Lieu d'exposition: Lors de mon passage, il y avait une magnifique exposition sur les bateaux à voiles, dans un ancien port, quoi de plus naturel?  (Photo : Patrick Garcia)

    Plusieurs types de boulets tirés par des canons de marines sont aussi présents, très instructif dans un port où ces voiles latines et vieux gréements pouvaient faire escale, du moins pour les plus anciens, puisque à une certaine époque, le port s’ensabla….

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Lors de la grande fête votive d'octobre, les gardians  se préparent à guider taurillons et vachettes dans les rues de la ville, pour des jeux d'adresse... (Photo : Patrick Garcia)

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Lors de la grande fête votive d'octobre, les gardians  se préparent à guider taurillons et vachettes dans les rues de la ville, pour des jeux d'adresse... (Photo : Patrick Garcia)

 

 LA TOUR CARBONNIERE :

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La tour Carbonnière: ancien bastion de protection de la ville sur la seule voie non inondable... (Photo : Patrick Garcia)

    Parmi les nombreuses curiosités qu’il me reste à voir, car il y a plein de petits détails  sur de nombreuses maisons à visiter, d’autres monuments, comme les chapelles de « Pénitents Blancs » (25) et « Gris » (26) ou des sculptures placées ici ou là… Il y en a une qui me passionne… Ayant mal lu un plan, j’en ai fais des kilomètres sous le cagnard et les chemins de randonnées… Avant d’allumer mon appli de « géo-localisation » pour me rendre compte que j’étais à l’opposé !

    En fait, il faut prendre la D979 (vers Nîmes) puis au giratoire la D46 vers « St Laurent D’Aigouze », puis se laisser guider. La tour est à 3,5 kms environ, au milieu des marais salants. Cette tour, bâtie vers 1300, était située sur le seul chemin carrossable et à sec qui menait à Aigues-Mortes. Elle constituait un avant poste de la cité, mais surtout, un poste obligatoire de péage. Les marchandises, qu’elles viennent de la mer ou par terre, étaient donc obligatoirement ponctionnées d’un impôt.

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La tour Carbonnière: ancien bastion de protection de la ville sur la seule voie non inondable... (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La tour Carbonnière: ancien bastion de protection de la ville sur la seule voie non inondable... (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La tour Carbonnière: ancien bastion de protection de la ville sur la seule voie non inondable... Ici la glissière de la herse, que je mes suis amusé à remettre en place dans la photo qui suit. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La tour Carbonnière: ancien bastion de protection de la ville sur la seule voie non inondable... (Photo : Patrick Garcia)

      Cette imposante tour possède un seul parking pour se garer, 200 mètres à gauche avant d’y arriver, si vous le manquez, et que vous possédiez un camping car comme moi, où une grosse voiture, impossible de faire demi-tour sur cette route très étroite en surplomb du marais et vous faudra faire des kilomètres, car le trafic y est assez important ! Bien sûr, c’est ce qui m’est arrivé….

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La tour Carbonnière: ancien bastion de protection de la ville sur la seule voie non inondable... Entourée de marais-salants, le cadre est propice a voir de nombreux échassiers dans leur cadre naturel. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La tour Carbonnière: ancien bastion de protection de la ville sur la seule voie non inondable... La faune qui gravite autour de la tour. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La tour Carbonnière: ancien bastion de protection de la ville sur la seule voie non inondable... Les caractéristiques de l'ouvrage. (Photo : Patrick Garcia)

     Enfin, je suis sur site, une passerelle en bois cours le long des marais, des photographes aux appareils photographiques long longs « d’un mètre » (je sais, je suis un peu marseillais), immortalisent divers volatiles qui essayent de trouver leur pitance dans les herbiers, tandis que d’autres, couvent leurs œufs, comme ces cygnes….

    Enfin, je suis devant le monument, « la Tour Carbonnière ». Un immense cube de belle pierre blonde à « bossages » comme dans la Cité, avec une échauguette à chaque coin au sommet. Ces échauguettes  étaient beaucoup plus hautes à l’origine, mais ont été arasées plus tard, certainement pour y installer des pièces d’artilleries. L’histoire de cette tour est longue et mouvementée, commandant l’accès à la ville, elle fut convoitée par les deux parties, lors des  guerres de religions.

      La garnison était commandée par un « châtelain de tour ». Le bossage rustique des parements calcaires, les voûtes d’ogives, la forme des archères et des chambres de tirs, l’organisation architecturale des espaces intérieurs sont identiques aux ouvrages de la fortification.

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La tour Carbonnière: ancien bastion de protection de la ville sur la seule voie non inondable... Rez de chaussée de la tour. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La tour Carbonnière: ancien bastion de protection de la ville sur la seule voie non inondable... Bel escalier en colimaçon qui mène à l'étage où vivait la garnison. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La tour Carbonnière: ancien bastion de protection de la ville sur la seule voie non inondable... Salle de vie de la la garison à l'étage. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La tour Carbonnière: ancien bastion de protection de la ville sur la seule voie non inondable...Cheminée à l'étage pour la garnison. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La tour Carbonnière: ancien bastion de protection de la ville sur la seule voie non inondable... Voie d'accès en venant d'Aigues-Mortes, et la passerelle pour les piétons. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La tour Carbonnière: ancien bastion de protection de la ville sur la seule voie non inondable... Débouché de l'escalier à colimaçon, sur le toit de la tour. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La tour Carbonnière: ancien bastion de protection de la ville sur la seule voie non inondable... Ici, au débouché, vers Saint-Laurent-d'Aigouze. (Photo: Patrick Garcia)

    Le passage du rez-de-chaussée est couvert de voûtes d’ogives, les nervures chanfreinées retombent sur des culots de forme polygonale et se réunissent  sur une clé annulaire formant un assommoir. La défense est assurée par 5 archères dont certaines sont précédées d’une chambre de tir.   La salle d’étage qui sert d’abri à la garnison et à la manœuvre des herses, est couverte de 2 voûtes d’ogives de largeur différentes, la cheminée est dans un renforcement, à droite de la porte d’entrée.

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La tour Carbonnière: ancien bastion de protection de la ville sur la seule voie non inondable... Ici, le superbe escalier à vis qui dessert les étages. (Photo: Patrick Garcia)

     Des jours en archères éclairent l’escalier à vis qui dessert les niveaux jusqu’à la terrasse. Le parapet de la terrasse a été percé de 4 canonnières, qui, comme dit précédemment, ont entraîné la destruction des 4 tourelles d’angles qui renforçaient la puissance de la tour, à une époque où l’artillerie n’existait pas. A noter un assommoir sur chaque point d’entrée… Cette tour, quoique très remaniée au cours des siècles, dégage encore une puissance phénoménale, et les modifications apportées par les différentes époques ne dénaturent pas trop ce « bunker » chargé de garder le seul port de France en Méditerranée. Voilà, l’essentiel de ma visite est terminée, je vais maintenant  profiter du climat et de l’ambiance festive du site….

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : La lagune a laissé place aux vignes, d'où émerge la belle forteresse. (Photo : Patrick Garcia)

 

      Bonne visite à vous !  

  VOICI LES COMMENTAIRES DE WIKIPEDIA

 

PLAN AIGUES MORTES DE L'OT

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Plan d'Aigues-Mortes de l'O.T. très complet. (Photo : Patrick Garcia)

 

LEGENDE PLAN 1

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Légende du plan d'Aigues-Mortes de l'O.T. très complet. (Photo : Patrick Garcia)

LEGENDE PLAN 2

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Légende du plan d'Aigues-Mortes de l'O.T. très complet. (Photo : Patrick Garcia)

 

AIGUES-MORTES

LE SITE

    Le territoire communal est composé d'une partie de la plaine humide et des étangs de Petite Camargue dont les plus grands sont l'étang du Roy au sud-est, l'étang de la Ville immédiatement au sud d'Aigues-Mortes, une partie de l'étang de Caitives dont le reste se trouve sur St-Laurent-d'Aigouze, l'étang de la Marette au sud-ouest de la ville, et environ 63 hectares de l'étang de Mauguio à l'ouest.

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Le long du canal du Rhône à Sète, de nombreuses péniches permettent à ceux qui le peuvent, de vivre à l'année, dans un site merveilleux... (Photo : Patrick Garcia)

 

CANAL DU RHONE A SETE- 552 copie

 

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Le long du canal du Rhône à Sète, de nombreuses péniches permettent à ceux qui le peuvent, de vivre à l'année, dans un site merveilleux... (Photo : Patrick Garcia)

 

CANAL DU RHONE A SETE- 836 copie

 

Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Le long du canal du Rhône à Sète, de nombreuses péniches permettent à ceux qui le peuvent, de vivre à l'année, dans un site merveilleux... (Photo : Patrick Garcia)

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Le long du canal du Rhône à Sète, de nombreuses péniches permettent à ceux qui le peuvent, de vivre à l'année, dans un site merveilleux... (Photo : Patrick Garcia)

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Le long du canal du Rhône à Sète, de nombreuses péniches permettent à ceux qui le peuvent, de vivre à l'année, dans un site merveilleux... (Photo : Patrick Garcia)

 

    Au sud-ouest il est séparé du golfe du Lion (mer Méditerranée) par la commune du Grau-du-Roi. Aigues-Mortes est cependant reliée à la mer par le canal du Grau-du-Roi. Ainsi les communes de Saint-Laurent-d'Aigouze et Le Grau-du-Roi sont limitrophes à celle d'Aigues-Mortes.

    À l'ouest, la commune est contigüe par un angle de sa limite à celle de Mauguio (Hérault) qu'elle effleure sur la pointe de la Radelle dans l'étang de Mauguio. Au sud-ouest elle est mitoyenne des Stes-Maries-de-la-Mer sur environ 800 m.

    Tout le territoire de la moitié sud de la commune est occupé par des salines, des étangs et des marais, qui sont également largement dominants dans la partie nord. Ainsi il n'y a que très peu de hameaux : Corbière, mas du Bosquet, mas du grand Môle, mas du Petit Chaumont et mazet de Bel-Air.

ANTIQUITÉ

    Un Romain du nom de Peccius aménage les premiers marais salins et donne son nom au marais du Peccais. L'exploitation du sel avait commencé dès le Néolithique et s'était continuée à la période hellénistique, mais l'exploitation antique des salins n'a donné lieu à aucune découverte archéologique majeure et il est prévisible que ces vestiges aient été détruits par les installations des salins modernes.

MOYEN ÂGE

    En 791, Charlemagne fait ériger la tour Matafère, au milieu des marécages, pour la sûreté des pêcheurs et des ouvriers des salins. Certains avancent que la signalisation et la transmission des nouvelles n’étaient pas étrangères à l’édification de cette tour destinée à donner l’alerte, en cas d’arrivée d’une flotte, à la tour Magne, à Nîmes. La vocation de cette tour passe du plan guerrier au plan spirituel quand Charlemagne l’octroie à l’abbaye de Bénédictins, consacrés à l’Opus Dei (l'œuvre de Dieu) et dont les incessantes psalmodies, de jour comme de nuit, font désigner leur couvent du titre de Psalmody ou Psalmodi. Ce couvent existe en 812, comme le confirme un acte de dotation faite par le Nîmois Badila à l’abbaye. À cette époque, les habitants, qui vivent dans des cabanes en roseau, tirent leur subsistance de la pêche, de la chasse et de la production du sel produit dans différents petits marais salants en bordure de mer. La région est alors sous la domination des moines de l'abbaye de Psalmodie.

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Les salines d'Aigues sont exploitées depuis l'antiquité. (Photo : Patrick Garcia)

 

     En 1240, Louis IX, qui veut se débarrasser de l'emprise des marines italiennes pour le transport des troupes pour les croisades, s'intéresse à la position stratégique que représente ce lieu pour son royaume. À cette époque, Marseille appartient à son frère Charles d'Anjou, roi de Naples, Agde au Comte de Toulouse et Montpellier au roi d'Aragon. Saint Louis souhaite un accès direct à la mer Méditerranée. Il obtint des moines de l'Abbaye la ville et les terres alentour par échange de propriétés. Les habitants sont exemptés de la gabelle, impôt prélevé sur le sel qu'ils peuvent prendre sans contrainte. Il construit une route entre les marais et y bâtit la tour Carbonnière pour servir de tour de guet et ainsi protéger l'accès à la ville. Saint-Louis construit ensuite la tour de Constance pour abriter sa garnison. En 1272, le fils et successeur de Louis IX, Philippe le Hardi, ordonne la poursuite de la construction de remparts pour ceinturer complètement la petite ville. Les travaux ne s’achèveront que 30 ans plus tard.

      C'est de cette ville que Louis IX part par deux fois pour les  Croisades : la septième croisade en 1248 et la huitième croisade  en 1270 pour Tunis, où il meurt de dysenterie. 1270 constitue à tort, pour beaucoup d'historiens, la dernière étape d'un processus engagé à la fin du XIe siècle. Le jugement est hâtif car le transfert de croisés ou de mercenaires à partir du port d'Aigues-Mortes a continué. L'ordonnance donnée en 1275 au chevalier Guillaume de Roussillon par Philippe III le Hardi et le pape Grégoire X après le concile de Lyon de 1274 en guise de renfort à Saint-Jean d'Acre en Orient, démontre que l'activité maritime y perdure toujours en vue d'une neuvième croisade qui n'aura jamais lieu.

   De ce fait de 1270 découle la croyance populaire voulant que la mer atteigne Aigues-Mortes à cette époque. En fait, comme le confirment les études de l'ingénieur Charles Léon Dombre, l'ensemble du port d'Aigues-Mortes comprenait le port proprement dit, qui se trouvait dans l'étang de la Marette, le Canal-Viel et le Grau-Louis, le Canal-Viel étant le chenal d'accès à la mer. C'est approximativement sur le Grau-Louis qu'est construite aujourd'hui La Grande-Motte.

      Au début du XIVe siècle, Philippe le Bel utilisa le site fortifié pour y incarcérer les Templiers. Entre le 8 et le 11 novembre 1307, quarante-cinq d'entre eux furent mis à la question, reconnus coupables et retenus prisonniers dans la Tour de Constance.

 

DEPART 7 EME CROISADE

Louis IX sur une nef, au départ d'Aigues-Mortes, lors de la septième croisade.

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Plan du débouché d'Aigues-Mortes par Bellin 1764

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Plan d'Aigues-Mortes en 1760.

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Plan d'Aigues-Mortes en 1770.

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Plan de la lagune d'Aigues-Mortes de Bellin en 1764

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Plan d'Aigues-Mortes et de ses accès à la mer. (Plan reconstitué d'après les infos de Marcel Gouron-1939)

 ÉPOQUE MODERNE

    Aigues-Mortes conservait encore ses privilèges accordés par les rois. Curieusement, c’est un des grands protestants en la personne de Jean d'Harambure dit « le Borgne », commandant des chevau-légers du roi Henri IV et ancien gouverneur de Vendôme qui sera nommé gouverneur d'Aigues-Mortes et de la Tour Carbonnière le 4 septembre 1607. Pour ce faire, il prête serment entre les mains du connétable Henri de Montmorency, alors gouverneur du Languedoc. Mais celui-ci catholique, soutient le rival Adrien de Chanmont, Seigneur de Berichère. Le conflit dure jusqu'en 1612 et Harambure, soutenu par les pasteurs du Bas-Languedoc et les habitants finit par avoir raison d´autant qu´il a l´appui personnel de la reine. Il finit par démissionner le 27 février 1615 en faveur de son fils Jean d´Harambure, mais le roi Louis XIII le rétablit pour six ans. Le 27 juillet 1616 il quitte ses fonctions au profit de Gaspard de Coligny, non sans avoir obtenu un témoignage de reconnaissance des magistrats et consuls de la ville.

      Au début du XVe siècle, d'importants travaux sont entrepris pour faciliter l'accès d'Aigues-Mortes à la mer. L'ancien Grau-Louis, creusé pour les croisades, est remplacé par le Grau-de-la-Croisette et un port est creusé à l'aplomb de la Tour de Constance. Celui-ci perd son importance, dès 1481, lorsque la Provence et Marseille sont rattachés au royaume de France. Seule l'exploitation du sel du marais de Peccais  incite François Ier, en 1532, à faire relier les salins d'Aigues-Mortes à la mer. Mais ce chenal, dit Grau-Henri, s'ensable à son tour. L'ouverture, en 1752, du Grau-du-Roi résout pour un temps le problème. Celui-ci trouve enfin une solution, en 1806, en transformant Aigues-Mortes en port fluvial grâce au canal du Rhône à Sète (qui débouche dans l'étang de Thau dans la partie territoriale frontignanaise).

ÉPOQUE CONTEMPORAINE

    Pendant la Révolution française, la ville est appelée Port-Pelletier. À cette époque le port a failli disparaitre en raison d'un envasement induit par l'intensification du labour dans le bassin versant, contemporain d'une reprise des défrichements des bois et forêts à la suite de l'abolition des privilèges. Le recul du couvert boisé a favorisé l'érosion des sols et par suite un apport plus important d'alluvions qui se déposent dans les ports de la région.

    Ainsi, en 1804 le préfet « M. de Barante père » écrivait-il dans un rapport que « Les côtes de ce département sont plus exposées aux atterrissements.... Les ports de Maguelonne et d'Aigues Mortes et le vieux port de Cette n'ont plus d'existence que dans l'histoire » alerte-t-il ; « Un désir immodéré de recueillir a multiplié ces défrichements depuis 1790.... L'avidité de jouir a dévoré en peu d'années la ressource de l'avenir; les montagnes, ouvertes parla charrue, n'ont montré bientôt qu'un roc nu et stérile; chaque sillon est devenu un ravin; la terre végétale, entraînée par les orages, a été portée dans les rivières, et de là dans les parties inférieures, où elle sert chaque jour à l'atterrissement des parties les plus basses et les plus marécageuses »

 

 

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Massacre des saliniers italiens d'Aigues-Mortes.

LE MASSACRE DES ITALIENS D’AIGUES MORTES

    La Compagnie des Salins du Midi lance à l'été 1893 le recrutement des ouvriers pour le battage et le levage du sel. L'embauche est en réduction en raison de la crise économique que connaît l'Europe alors que la perspective de trouver un emploi saisonnier a attiré, cette année-là, un plus grand nombre d'ouvriers.
   Ceux-ci se partagent en trois catégories surnommées les « Ardéchois », paysans, pas forcément originaire d'Ardèche, qui laissent leur terre le temps de la saison, les « Piémontais » composés d'Italiens originaires de tout le nord de l'Italie et recrutés sur place par des chefs d'équipe, les chefs de colle, et les « trimards » composés en partie de vagabonds.

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Massacre des saliniers italiens d'Aigues-Mortes.

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Massacre des saliniers italiens d'Aigues-Mortes.

     En raison du recrutement opéré par la Compagnie des Salins du Midi, les chefs de colle sont contraints de composer des équipes comprenant des Français et des Italiens. Dès le début de la matinée du 16 août, une rixe éclate entre les deux communautés qui se transforme rapidement en lutte d'honneur. Cette lutte est parfois considérée comme le plus grand pogrom de l'histoire contemporaine de la France, représenté dans les journaux de l'époque comme Le Monde Illustré.
    Malgré l'intervention du juge de paix et des gendarmes, la situation dégénère rapidement. Certains trimards rejoignent Aigues-Mortes et y affirment que des Italiens ont tué des Aiguemortais, ce qui fait grossir leurs rangs de la population et des personnes qui n'ont pas réussi à se faire embaucher.

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Massacre des saliniers italiens d'Aigues-Mortes.

     Un groupe d'Italiens est alors attaqué et doit se réfugier dans une boulangerie que les émeutiers veulent incendier. Le préfet fait appel à la troupe vers 4 heures du matin. Celle-ci n'arrive sur les lieux qu'à 18 heures, après le drame.
     Dès le début de la matinée, la situation s'envenime. Les émeutiers se rendent dans les salins de Peccais où se trouvent le plus grand nombre d'Italiens que le capitaine des gendarmes Cabley essaie de protéger en promettant aux émeutiers de chasser les Italiens une fois raccompagnés à la gare d'Aigues-Mortes. C'est durant le trajet que les Italiens assaillis par les émeutiers sont massacrés par une foule que les gendarmes ne réussissent pas à contenir. Il y a sept morts et une cinquantaine de blessés dont certains conserveront des séquelles à vie, ce qui constitue le plus grand massacre d'immigrés de l'histoire contemporaine de la France mais aussi l'un des plus grands scandales de son histoire judiciaire puisque aucune condamnation ne sera jamais prononcée.

    L'affaire devient un enjeu diplomatique et la presse étrangère, dont celle transalpine, prend fait et cause pour les Italiens. Des émeutes anti-françaises éclatent en Italie. Un règlement diplomatique est trouvé et les parties sont indemnisés alors que le maire nationaliste Marius Terras doit démissionner.

 CHAPELLE DES PÉNITENTS GRIS

Située à l'est de la Place de la Viguerie, elle est la propriété de la confrérie des Pénitents gris créée en 1400. La façade est du style Louis XIV. La porte d'entrée du XVIIe siècle est ornée d'une statue en bois. Retable sculpté en 1687 par Sabatier.

À l'intérieur, un retable représente la passion du Christ. Il fut construit en stuc de plâtre gris en 1687 par le sculpteur montpelliérain Sabatier. Ce retable, sur lequel figurent les armoiries de la confrérie, occupe tout le fond du chœur.

LA CHAPELLE DES PÉNITENTS BLANCS 

Située à l'angle de la rue de la République et de la rue Louis-Blanc, elle appartient à la confrérie des Pénitents blancs créée en 1622. Au-dessus du chœur, sur la voûte, on peut voir une copie du  retable   de Jérusalem où le Christ a célébré la Pâque et le jeudi Saint avec ses apôtres. Autour du maître-autel, une peinture sur toile retrace la descente du Saint Esprit le jour de la Pentecôte. On l'attribue à Xavier Sigalon, peintre né à Uzès en 1778. De chaque côté du chœur se dressent deux statues : à gauche saint Félix pour la rédemption des captifs, à droite saint Jacques le Mineur, premier évêque de Jérusalem.

UTILISATION COMME PRISON

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 Prisonnières huguenotes à la Tour de Constance, par Michel Maximilien Leenhardt

    Au début du XIVe siècle, Philippe le Bel utilisa le site fortifié pour y incarcérer les Templiers. Entre le 8 et le 11 novembre 1307, quarante-cinq d'entre eux furent mis à la question, reconnus coupables et retenus prisonniers dans la Tour de Constance.

      Après la révocation de l'Édit de Nantes, le protestantisme fut interdit dans le Languedoc comme dans le reste de la France, et la tour de Constance servit de prison pour les femmes « hérétiques ». Marie Durand la sœur d'un pasteur clandestin y fut détenue à l'âge de 15 ans et ne sera libérée que 37 ans plus tard.

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : graffitos de prisonnières huguenottes. (Photo : Patrick Garcia)

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : graffitos de prisonnières huguenottes. (Photo : Patrick Garcia)

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : graffitos de prisonnières huguenottes. (Photo : Patrick Garcia)

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : graffitos de prisonnières huguenottes. (Photo : Patrick Garcia)

 

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : graffitos de prisonnières huguenottes. (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Constance (1) siège d'une prison pour Templiers et plus tard, pour les femmes protestantes... (Photo : Patrick Garcia)

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Aigues-Mortes (30) Ville-forteresse, port ensablé : Constance (1) siège d'une prison pour Templiers et plus tard, pour les femmes protestantes... (Photo : Patrick Garcia)

 

DESCRIPTION

     La tour a un diamètre de 22 m la hauteur, au sommet de la lanterne, est de 33 m. L'épaisseur des murs, à la base, est de 6 m et elle est ceinte par une douve.

     Au rez-de-chaussée, on trouve la salle des gardes, avec son accès protégé par une herse. Au centre de la pièce, une ouverture circulaire permet d'accéder aux sous-sols qui servaient de garde-manger, de réserve à munitions et aussi de cachots. Ce lieu s'appelle les « culs-de-basse-fosse ».

     Au premier étage, on accède à la salle des chevaliers. Elle ressemble, par sa structure, à la salle des gardes. C'est dans cette salle que furent emprisonnées au XVIIIe siècle des protestantes dont la plus connue est Marie Durand. On lui attribue la gravure sur la margelle du puits le mot REGISTER (résister). Ce mot est toujours visible de nos jours. Elle est emprisonnée à l'âge de 18 ans et libérée 38 ans plus tard, grâce aux efforts de M. de Canetta, lieutenant du roi à Aigues-Mortes, et du prince de Beauvau, gouverneur du Languedoc.

    Entre ces deux salles, un étroit chemin de ronde est construit dans l'épaisseur du mur pour surveiller la salle basse.

Après la salle des chevaliers, on accède à la terrasse qui offre un large panorama sur la région, représentant ainsi un poste de surveillance idéal. Les prisonnières y sont quelquefois autorisées à venir respirer l'air pur.

Sur la terrasse se dresse la tourelle, ancien phare qui guidait et surveillait les bateaux.

La tour est reliée au logis, lui-même fortifié, par un pont à trois arches.

La Tour de Constance fait l'objet d'un classement au titre des Monuments historiques depuis 1903.

JOSE PATRICK GARCIA