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 Surnommée la « cité des papes » en raison de la présence des papes de 1309 à 1423, elle est actuellement la plus grande ville et le chef-lieu du département de Vaucluse. C'est l'une des rares villes françaises à avoir conservé ses remparts, son centre historique, composé du palais des papes, de l'ensemble épiscopal, du Rocher des Doms et du pont d’Avignon. Elle a été classée patrimoine mondial de l'UNESCO sous les critères I, II et IV.

 

TRAJET STE LIVRADE - AVIGNON

Trajet à partir de Ste Livrade sur Lot

 La renommée de son festival, véritable vitrine artistique et culturelle de la ville, a largement dépassé les frontières françaises. La ville fut capitale européenne de la culture en 2000.

Le Rhône passe en bordure ouest de la ville mais est divisé en deux bras : on parle de « petit Rhône », ou « bras mort » pour la partie est qui touche Avignon et « grand Rhône » ou « bras vif » pour la partie ouest, celle qui touche Villeneuve-lès-Avignon dans le département du Gard, entre les deux, un chapelet d'îles dont la plus grande est l'Île de la Barthelasse. En parallèle au Rhône, un canal a été créé.

 

1- PLAN AVIGNON

 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Plan d'Avignon et de ses remparts. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Plan de situation d'Avignon par rapport à Villeneuve-les-Avignon. (Photo : Patrick Garcia)

 

HISTOIRE

L'ANTIQUITE:

Ce site fut occupé dès le néolithique comme l'ont prouvé les chantiers de fouille du rocher des Doms et du quartier de la Balance.

Le nom de la ville remonte aux environs du vie siècle av. J.-C…  Le nom ethnique (le nom des habitants) est Avenionsios (Avenionensis). Ce toponyme a deux interprétations : ville du vent violent ou encore plus vraisemblablement seigneur du fleuve.

Simple emporion grec fondé par les Phocéens de Marseille vers 539 av. J.C., c'est au cours du 4e siècle av. J.-C. que les Massaliotes commencèrent à signer des traités d'alliance avec quelques villes de la vallée du Rhône dont Avignon et Cavaillon. Un siècle plus tard, Avignon fait partie de la « région des Massaliotes », ou du « pays de Massalia ».

Fortifiée sur son rocher, la cité devient par la suite et resta longtemps la capitale des Cavares. À l'arrivée des légions romaines vers 120 av. J.-C., les Cavares, alliés des Massaliotes, deviennent ceux de Rome. Avennio fait maintenant partie de la Gaule Narbonnaise (118 av. J.-C.

Au cours des années 121 et 122, l’empereur Hadrien séjourne dans la Provincia où il visite Vaison, Orange, Apt et Avignon. Il accorde à cette dernière cité le statut de colonie romaine : « Colonia Julia Hadriana Avenniensis » et ses citoyens sont inscrits dans la tribu.

À la suite du passage de Maximien Hercule, qui allait combattre les Bagaudes, paysans gaulois révoltés, un premier pont en bois est construit sur le Rhône et unit Avignon à la rive droite. Il a été daté par dendrochronologie de l'an 290. Au IIIe siècle, il existe une petite communauté chrétienne hors les murs autour de ce qui deviendra l’abbaye Saint-Ruf.

LE HAUT MOYEN-ÂGE:

   Nectarius, est le premier évêque historique d'Avignon, le 29 novembre 439, il assiste au concile régional dans la cathédrale de Riez auquel assistent les treize évêques des trois provinces d’Arles.

 Les grandes invasions ont commencé et les cités de la vallée du Rhône n'y échappent point. En 472, Avignon est pillée par les Burgondes et ravitaillée par Patiens, le métropolitain de Lyon, qui lui fait parvenir du blé.

 

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Sur le Rhône, on y trouve aussi "un pont où l'on y danse," le fameux pont St Bénezet et la chapelle St Nicolas au centre de la partie restante. (Photo : Patrick Garcia)

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Sur le Rhône, on y trouve aussi "un pont où l'on y danse," le fameux pont St Bénezet et la chapelle St Nicolas au centre de la partie restante. (Photo : Wikipédia)

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Le pont St Bénézet, à son apogée, par Viollet-le-Duc.

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Les quais sur le Rhône sont propices au tourisme, témoins ces navires de promenade.  (Photo : Patrick Garcia)

En 500, Clovis 1er, roi des Francs, attaque Gondebaud, roi de Burgondes, accusé du meurtre du père de son épouse Clotilde. Battu, celui-ci quitte Lyon et se réfugie à Avignon que Clovis assiège. Le Burgonde est sauvé par l’intervention du général romain Aredius. Il l’avait appelé à son secours contre les « barbares francs » qui ruinaient le pays.

En 536, Avignon suit le sort de la Provence qui est cédé aux mérovingiens par Vitigès, le nouveau roi des Ostrogoths.

En dépit de toutes les invasions, la vie intellectuelle continue à fleurir sur les berges du Rhône. Les VIIe et VIIIe siècles sont les plus noirs de l’histoire avignonnaise. La cité devient la proie des Francs sous Thierry II (Théodoric), roi d’Austrasie, en 612. Un gouvernement centralisé est remis en place et en 879, Boson 1er est élu roi de Provence. Le Rhône peut à nouveau être franchi puisqu’en 890, une partie de l’antique pont d’Avignon est restauré dont la pile no 14 près de Villeneuve.

Le 19 octobre 907, le roi Louis, devenu empereur et aveugle, restitue à Remigius, évêque d’Avignon, une île sur le Rhône. Cette charte porte la première mention d’une église cathédrale dédiée à Marie.

Le 2 mai 916, Louis l’Aveugle restitue au diocèse d’Avignon les églises de Saint-Ruf et de Saint-Géniès. Le même jour, l’évêque Fulcherius teste en faveur de ses chanoines et des deux églises Notre-Dame et Saint-Étienne formant sa cathédrale.

Un événement politique d’importance a lieu en 932 avec la réunion du royaume de Provence et de celui de Haute Bourgogne. Cette union forme le royaume d’Arles dont Avignon est l’une des plus fortes cités.

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Avignon rend hommage à l'écrivain F. Mistral par cette statue. Frédéric Mistral est un écrivain et lexicographe français de langue d'oc, né le 8 septembre 1830 à Maillane (Bouches-du-Rhône), où il est mort le 25 mars 1914, et où il est inhumé.Mistral fut membre fondateur du Félibrige, membre de l'Académie de Marseille, maître ès-jeux de l'Académie des Jeux floraux de Toulouse et, en 1904, prix Nobel de littérature pour son œuvre Mirèio (Mireille). Il s'agit d'un des rares prix Nobel de littérature en langue non reconnue officiellement dans l'État auquel il appartient administrativement. Son nom en provençal est Frederi Mistral ou Mistrau(Photo : Patrick Garcia)

 

À la fin du 9e siècle, les musulmans d'Espagne installèrent une base militaire à Fraxinet depuis laquelle ils menèrent des expéditions de pillage dans les Alpes durant tout le Xe siècle.

En septembre 973, Guillaume et son frère aîné Roubaud, fils du comte d'Avignon Boson II, mobilisent, au nom de dom Maïeul, tous les nobles provençaux. Avec l’aide d’Ardouin, marquis de Turin, au bout de deux semaines de siège, les troupes provençales chassent les Sarrasins de leurs repaires du Fraxinet et de Ramatuelle, puis de celui de Peirimpi, près de Noyers, dans la vallée du Jabron. Guillaume et Roubaud y gagnent leur titre de comtes de Provence. Le premier siège à Avignon, le second à Arles.

En 994, dom Maïeul arrive à Avignon où se meurt son ami Guillaume le Libérateur. Il l’assiste dans ses derniers moments dans l’île faisant face à la cité sur le Rhône. Le comte a comme successeur le fils qu’il avait eu de sa seconde épouse Alix. Celui-ci va régner en indivision avec son oncle Roubaud sous le nom de Guillaume II. Mais en face du pouvoir comtal et épiscopal, la commune d’Avignon s’organise. Vers l’an mil, il existe déjà un proconsul Béranger qui nous est connu, avec son épouse Gilberte, pour avoir fondé une abbaye au « Castrum Caneto ».

Le royaume d’Arles, en 1032, est rattaché au Saint-Empire romain germanique. Le Rhône désormais est une frontière qui ne peut être franchie que sur le vieux pont d’Avignon. Certains Avignonnais utilisent encore les expressions « Terre d'Empire » pour désigner le côté avignonnais, et « Terre du Royaume » pour désigner le côté villeneuvois à l'ouest, qui était possession du roi de France.

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Avignon est une ville fort animée et pleine de jeunesse, ici, la rue de la République. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Avignon est une ville fort animée et pleine de jeunesse, ici, la rue de la République. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Avignon est une ville fort animée et pleine de jeunesse, ici, la rue de la République. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Avignon est une ville fort animée et pleine de jeunesse, ici, la rue de la République. (Photo : Patrick Garcia)

LE BAS MOYEN-ÂGE:

Sous la suzeraineté de ces comtes, elle fut dotée d’une administration autonome (création d’un consulat en 1129, deux ans avant sa voisine Arles. En 1209 a lieu le concile d'Avignon avec une deuxième excommunication pour Raymond VI de Toulouse.

Lors de la guerre des Albigeois, la ville ayant pris parti pour Raymond VII  de Toulouse, comte de Toulouse, elle fut assiégée et prise par le roi de France Louis VIII le 9 septembre 1226.

Fin septembre, soit peu de jours après la reddition de la ville aux troupes du roi Louis VIII, Avignon connut des inondations.

En 1249, elle s’érigea en une république à la mort de Raymond VII, ses héritiers étant partis en croisade.

Mais en 1251, elle fut forcée de se soumettre aux deux frères de Saint Louis, Alphonse de Poitiers et Charles d’Anjou, héritiers par les femmes des marquisats et comté de Provence, qui en furent coseigneurs. Après la mort d’Alphonse (1271), Philippe III de France hérita de sa part d’Avignon, et il la transmit en 1285 à son fils Philippe le Bel. Celui-ci la céda en 1290 à Charles II d’Anjou, qui dès lors resta seul propriétaire de toute la ville.

LA PAPAUTE D'AVIGNON

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Le palais des papes et la ville d'Avignon, interprétation du Maître de Boucicaut au début du xve siècle ;ms. 23279, fo 81, Bibliothèque nationale.

En 1309, sous le pape Clément V, le temps du Concile de Vienne, Avignon devint résidence pontificale. Son successeur, Jean XXII, ancien évêque de ce diocèse, en fit la capitale de la chrétienté et transforma son ancien palais épiscopal en premier palais des papes. Ce fut Benoît XII qui fit construire le Palais Vieux et son successeur Clément VI, Palais Neuf. Il acheta la ville, le 9 juin 1348 à Jeanne Ire de Naples, reine de Naples et comtesse de Provence. Innocent VI la dota de remparts. Ses deux successeurs Urbain V et Grégoire XI eurent la volonté de revenir à Rome. La seconde tentative fut la bonne. Mais la mort précoce du septième pape d'Avignon, provoqua le Grand Schisme d'Occident. Clément VII et Benoît XIII régnèrent à nouveau à Avignon. Au total ce furent donc neuf papes qui se succédèrent dans le palais des papes et enrichirent celui-ci au fil de leur pontificat.

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : La partie ancienne du palais, celle de Benoît XII. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. La tour d'Angle dominée au fond par la Tour de la Campane. : (Photo : Patrick Garcia)

Sous leur règne, la Cour bouillonna et attira nombre de marchands, peintres, sculpteurs et musiciens. Leur palais, le plus remarquable édifice de style du gothique international, a été le fruit, pour sa construction et son ornementation, du travail conjoint des meilleurs architectes français, Pierre Peysson et Jean du Louvres, dit de Loubières, et des plus grands fresquistes de l'École de Sienne, Simone Martini et Matteo Giovanetti.

La bibliothèque pontificale d'Avignon fut au XIVe siècle la plus grande d'Europe avec 2 000 volumes. Elle cristallisa autour d'elle un groupe de clercs passionnés de belles-lettres dont allait être issu Pétrarque, le fondateur de l'humanisme. Tandis que la chapelle clémentine, dite Grande Chapelle, attira à elle compositeur, chantres et musiciens, dont Philippe de Vitry inventeur de l' « Ars Nova » et Johannes Ciconia.

Urbain V prendra le premier la décision de retourner à Rome au grand bonheur de Pétrarque, mais la situation chaotique qu’il y trouve et les différents conflits l’empêchent de s’y maintenir. Il meurt très peu de temps après son retour à Avignon.

Son successeur Grégoire XI décide à son tour de rentrer à Rome, ce qui met fin à la première période de la papauté d’Avignon. Lorsque Grégoire XI ramena le siège de la papauté à Rome, en 1377, la ville d’Avignon fut administrée par un légat. Les papes revinrent l’habiter pendant le Grand Schisme (1379–1411). Puis, de nouveau, la cité fut administrée par un légat, assisté, de manière permanente à partir de 1542, par un vice-légat.

TEMPS MODERNES:

 

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Le Palais de la Commune, tout contre celui des Papes. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Rue Peyrolére, elle longe le Palais des Papes.(Photo : Patrick Garcia)

À la mort de l’archevêque d’Arles Philippe de Lévis (1475), le pape Sixte IV de Rome réduisit le diocèse d’Arles : il détacha le diocèse d’Avignon de la province d’Arles, l’érigea en archevêché.

Au XVe siècle, la ville d'Avignon subit d'une grosse inondation du Rhône. Aussi le roi Louis XI soutint-il la réparation d'un pont en octobre 1479, par ses lettres patentes.

En 1562, la ville est assiégée par le baron des Adrets, qui voulait venger le massacre d’Orange.

Charles IX passe dans la ville lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la cour et des grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine. La cour y séjourne trois semaines.

1618, exil de Richelieu à Avignon.

En 1691, la fonction de légat est supprimée et le vice-légat gouverne désormais seul, la cité. Ultérieurement, Avignon est donc restée possession pontificale jusqu’à la Révolution française.

Au début du XVIIIe siècle, les rues d'Avignon sont toujours étroites et tortueuses, mais le bâti se transforme et des maisons remplacent petit à petit les anciens hôtels. Autour de la ville, plantations de mûriers, vergers et prairies.

DE LA REVOLUTION A LA FIN DU XIX° SIECLE:

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Massacre de la Glacière, à l'intérieur du Palais (1844).

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Bateaux à Avignon (dessin de T. Allom, gravure de E. Brandard).

Le 12 septembre 1791, l’Assemblée nationale constituante vota l’annexion d’Avignon et la réunion du Comtat Venaissin au royaume de France, à la suite d'un référendum soumis aux habitants dudit Comtat.

Dans la nuit du 16 au 17 octobre 1791, après le lynchage par la foule du secrétaire-greffier de la commune soupçonné à tort de vouloir saisir les biens des églises, ont lieu les massacres dits de la Glacière, épisode noir de l'histoire de la ville où une soixantaine de personnes furent sommairement exécutées et jetées dans la partie basse d'une tour du palais des papes.

Le 7 juillet 1793, les insurgés fédéralistes du général Rousselet entrent à Avignon. Lors du passage de la Durance pour la prise de la ville par les troupes marseillaises, une seule personne est tuée, Joseph Agricol Viala.

À la création du département du Vaucluse le 12 août 1793, la ville en devient le chef-lieu. Cette réunion fut confirmée en 1797 par le traité de Tolentino. Le 7 vendémiaire an IV, le chevalier de Lestang s’empare de la ville pour les royalistes, avec une troupe de 10 000 hommes. Le représentant en mission Boursault reprend la ville, et fait fusiller Lestang.

Pendant la Révolution et en 1815, Avignon fut le théâtre de déplorables excès de la Terreur blanche. Le 2 août 1815, le maréchal Brune y est assassiné.

Dans les années 1820-1830, Villeneuve est contrainte de céder à Avignon une partie de son territoire ; il s'agit de l'île de la Barthelasse.

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Vue sur le palais des papes depuis la place à l'est. (Photo : Patrick Garcia)

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L'Abbaye Saint-Ruf d'Avignon.

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : L'Hôtel des Monnaies. (Photo : Patrick Garcia)

PATRIMOINE CULTUREL

 

MUSEES:

En plus de son Palais des Papes et de ses divers monuments, la ville d'Avignon possède plusieurs musées qui présentent de riches collections :

  • Le musée Calvet qui est le principal musée d'art de la ville (collection de peintures, sculptures, dessins, objets d'arts) et qui dépend de la Fondation Calvet.
  • Le musée du Petit Palais qui présente une exceptionnelle collection de peintures primitives italiennes et de l'École d'Avignon.
  • Le musée lapidaire, qui présente des collections d'antiquités et qui dépend également de la Fondation Calvet.
  • Le musée Requien (musée d'histoire naturelle), lui aussi dépendant de la Fondation Calvet.
  • L'hôtel de Caumont qui abrite la collection Lambert.
  • Les autres musées de la ville sont le musée de l’Œuvre, le musée du Mont-de-piété, le palais du Roure, la maison Jean-Vilar, le musée Angladon et le musée Louis-Vouland.

AVIGNON DANS LES ARTS

Peintures, gravures et sculptures

Le dessin représentant Avignon, en 1617, a été fait par le père jésuite Étienne Martellange. Il est à mettre en relation avec la carte dite « Carte aux personnages » et celle de l'Atlas Van Loo.

 

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"Carte aux personnages", gravée en 1572.

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Vue cavalière d'Avignon par le père jésuite Martelange en 1617.

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Carte d'Avignon par van Loo en 1647

LES REMPARTS D'AVIGNON:

Avec son centre historique, composé du Palais des Papes, de l'ensemble épiscopal et du pont d’Avignon, elle a été classée patrimoine mondial de l'UNESCO sous les critères I, II et IV. Les remparts font également l'objet de plusieurs classements au titre des monuments historiques.

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : La magnifique ceinture de remparts d'Avignon.  (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : La magnifique ceinture de remparts d'Avignon.  (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : La magnifique ceinture de remparts d'Avignon.  (Photo : Patrick Garcia)

ENCEINTE ROMAINE:

Les premières fortifications d'Avenio furent édifiées sous la colonisation romaine au 1er siècle, un tracé de forme rectangulaire du type habituel des enceintes romaines.

Voir les enceintes romaine (rouge) et du 13e siècle (bleue) sur un plan d'Avignon

REMPARTS DES XII° ET XIII° SIECLES: 

 Une évolution notable dans les fortifications date du XIIe siècle. Elles furent édifiées autour de la ville, pour la protéger, une double enceinte avec fossés qui correspondait au tracé de l'enceinte romaine.

Lors de la guerre des Albigeois, la ville ayant pris parti pour Raymond  VII de Toulouse, comte de Toulouse, fut assiégée et prise par le roi de France Louis VIII le 9 septembre 1226. Le roi ordonna que l'on abatte la majorité des murs et que l'on comble les fossés avec l'interdiction de rebâtir avant cinq ans.

Entre 1234 et 1237, les Avignonnais édifièrent un nouveau rempart, situé de trente à quarante mètres à l'extérieur des ruines du précédent. Il ne fut achevé définitivement qu'en 1248.

C'est cette enceinte qui se trouve peinte sur une miniature du Maître de Boucicaut au début du XVe siècle.

REMPARTS DU XIV°SIECLE:

Avec l'installation des papes à Avignon, la cité s'agrandit et des faubourgs se construisirent à l'extérieur des murs.

Clément VI convint que le nouveau palais des Papes, les livrées cardinalices, les abbayes, couvents et édifices religieux d’Avignon avaient besoin d’une protection efficace. Dès 1349, le pape chargea Juan Fernandez de Heredia de construire des remparts. C'est au pape Innocent VI, qui devant faire face à la menace des grandes compagnies, dans le sud du royaume, et plus particulièrement en Languedoc, que l'on doit la poursuite des fortifications d'Avignon en 1355. Comme en 1359, les travaux n'étaient pas finis, le pape fit réparer les anciens remparts pour former une deuxième ligne défensive. 

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 Porte des remparts d'Avignon et son système de défense par Viollet-le-Duc

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 Marques des tailleurs de pierre des remparts relevées en 1880

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Marques de tacherons partiellement visibles sur les remparts

À cette époque, les nouveaux remparts, qui atteignaient huit mètres de haut, étaient entourés d'un fossé d'une profondeur d'environ quatre mètres alimenté par les eaux de la Sorgue et de la Durançole. Lors des travaux d'aménagement du pourtour des remparts ce fossé fut comblé. Il ne reste donc visible de nos jours que leur partie supérieure. Ils s'ouvraient par sept portes qui étaient protégées par des tours et accessibles uniquement par un pont-levis. Les murailles étaient renforcées par trente cinq grandes tours et cinquante tours plus petites.

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : La magnifique ceinture de remparts d'Avignon.  (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : La magnifique ceinture de remparts d'Avignon.  (Photo : Patrick Garcia)

Comme il était habituel au Moyen Âge, les papes firent appel à des corporations de tailleur de pierre organisées en groupe de cinquante à cent compagnons. Ce sont eux qui ont gravé les marques qui se distinguent encore, par endroits, sur la partie supérieure des remparts, les pierres du bas ayant été trop érodées, au cours des siècles par les inondations. Ces marques ont été relevées, en 1880, par Albert et Auguste Maire. Elles permettaient à chaque tailleur qui l'avait gravé de faire connaître le résultat de son travail pour en percevoir la rémunération.

Il a été relevé environ 450 graphies différentes. Leurs dimensions sont de 7x7 centimètres pour une profondeur de 5 à 6 millimètres. Ce sont les frères Maire qui ont expliqué les premiers que ces signes n'étaient ni un alphabet secret ni un code lié à l'hermétisme maçonnique, mais uniquement des signatures. Outre les lettres de l'alphabet A, H K, M, O, R, V et Y, se retrouvent stylisés des instruments de métier comme le compas, l'équerre, la pioche, la pelle, l'échelle et nombre de marteaux.

PRESENTATION

LOCALISATION DES REMPARTS D'AVIGNON AVEC PORTES ET POTERNES

 

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Plan des remparts des XIIIe et XIVe siècles dressé par Viollet-le-Duc

Les actuels remparts ont été construits dans le but de mettre la cité papale à l'abri des Routiers et des Grandes compagnies, qui, à chaque trêve au cours de la guerre de Cent Ans descendaient la vallée du Rhône pour s'arrêter à proximité de la résidence pontificale.

C'était surtout à la poussée des eaux lors des crues du Rhône qu'ils devaient résister. Aussi, entre 1860 et 1869, une importante campagne de travaux fut engagée, grâce à la collaboration de l'administration des Ponts et Chaussées et de celle des Monuments Historiques : à la première échut le remaillage des maçonneries extérieures des murailles en partie basse, augmenté du doublage de l'intérieur de l'enceinte par un contre-mur épais servant de contrefort, pendant que la seconde restaurait, sous la direction et à la fantaisie de Viollet-le-Duc, portes, murailles et crénelages, essentiellement sur le front Sud.

La structure des murs actuels, qui se développe sur 4 330 mètres, date du XIVe siècle et du XVe siècle. Les tours, ouvertes du côté de la cité, sont toutes carrées sauf trois, situées face au Rhône. Ces 3 tours sont semi-circulaires. Une seule est polygonale. Située au pied du rocher des Doms, elle a été édifiée à la fin du XVe siècle par le maître d'œuvre pontifical, Antoine Carteron.

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Une des trois tours rondes

tour hexagonale

Contre-mur des remparts près de la tour hexagonale d'Antoine Carteron

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Tour carrée et évidée (porte Saint-Lazare)

 LE PALAIS DES PAPES

Le « Palais des Papes », à Avignon, est la plus grande des constructions gothiques du Moyen Âge. À la fois forteresse et palais, la résidence pontificale fut pendant le XIVe siècle le siège de la chrétienté d'Occident. Six conclaves se sont tenus dans le palais d'Avignon qui aboutirent à l'élection de Benoît XII, en 1335 ; de Clément VI, en 1342 ; d'Innocent VI, en 1352 ; d'Urbain V, en 1362 ; de Grégoire XI, en 1370, et de Benoît XIII, en 1394.

Le palais, qui est l'imbrication de deux bâtiments, le palais vieux de Benoît XII, véritable forteresse assise sur l'inexpugnable rocher des Doms, et le palais neuf de Clément VI, le plus fastueux des pontifes avignonnais, est non seulement le plus grand édifice gothique mais aussi celui où s'est exprimé dans toute sa plénitude le style du gothique international. Il est le fruit, pour sa construction et son ornementation, du travail conjoint des meilleurs architectes français, Pierre Peysson et Jean du Louvres, dit de Loubières, et des plus grands fresquistes de l'école siennoise, Simone Martini et Matteo Giovanetti.

Martelange_(1617) vue Avignon en 1617

De plus la bibliothèque pontificale d'Avignon, la plus grande d'Europe à l'époque avec 2 000 volumes, cristallisa autour d'elle un groupe de clercs passionnés de belles-lettres dont allait être issu Pétrarque, le fondateur de l'humanisme. Tandis que la chapelle clémentine, dite Grande Chapelle, attira à elle compositeurs, chantres et musiciens. Ce fut là que Clément VI apprécia la Messe de Notre-Dame de Guillaume de Machault, que Philippe de Vitry, à son invité, put donner la pleine mesure de son Ars Nova et que vint étudier Johannes Ciconia.

Le palais fut aussi le lieu qui, par son ampleur, permit « une transformation générale du mode de vie et d'organisation de l'Église ». Il facilita la centralisation des services et l'adaptation de leur fonctionnement aux besoins pontificaux en permettant de créer une véritable administration. Les effectifs de la Curie, de 200, à la fin du XIIIe siècle, étaient passés à 300 au début du XIVe siècle, pour atteindre 500 personnes en 1316. À cela s'ajoutèrent plus d'un millier de fonctionnaires laïcs qui purent œuvrer à l'intérieur du palais.

À cela se joignit la conviction, pour Urbain V et Grégoire XI, que le siège de la papauté ne pouvait être que là où se trouvait le tombeau de Pierre, le premier pontife. Malgré les difficultés matérielles, l'opposition de la Cour de France et les fortes réticences du Collège des cardinaux, tous deux se donnèrent les moyens de rejoindre Rome. Le premier quitta Avignon le 30 avril 1362, le second le 13 septembre 1376 et cette fois l'installation fut définitive.

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Le palais des Papes.(Photo : Patrick Garcia)

 LOCALISATION:

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Le palais des Papes vu depuis l'autre côté du Rhône. (Photo : Patrick Garcia)

Le palais des papes est situé sur la partie nord d'Avignon intramuros. Il a été construit sur une protubérance rocheuse au nord de la ville, le rocher des Doms, surplombant la rive gauche du Rhône.

Sa taille imposante et son adossement contre le rocher lui permettent à la fois de dominer la ville et d'être vu de très loin. L'un des meilleurs points de vue, et ce n'est pas un hasard, se trouve sur l'autre rive du Rhône, du mont Andaon, promontoire sur lequel est construit le fort Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon. Il est aussi visible depuis le sommet des Alpilles, soit un peu moins d'une vingtaine de kilomètres au sud.

HISTOIRE:

Au XIIIe siècle, avant l'arrivée des papes à Avignon, le rocher sur lequel allait être construit le palais, tel que nous le connaissons aujourd'hui, était en partie réservé aux moulins à vent, en partie construit d'habitations dominées par le palais du Podestat, non loin duquel se trouvait celui de l'évêque ainsi que l'église Notre-Dame-des-Doms, seuls rescapés des constructions antérieures à l'arrivée des pontifes.

ORIGINE ET IMPLANTATION : LE CHOIX D'AVIGNON:

Après son élection à Pérouse, le 24 juillet 1305 et son couronnement à Lyon, le 15 novembre, le pape Clément V, qui refusait de rejoindre Rome où se déchaînait la lutte entre Guelfes et Gibelins, entreprit une longue errance dans le royaume de France et la Guyenne anglaise. L'ancien archevêque de Bordeaux avait été élu grâce au soutien du roi de France, dont il était le sujet mais non le vassal, en échange duquel soutien il lui devenait redevable.

Le concile de Vienne, qu'il avait convoqué pour juger l'Ordre du Temple, nécessitait qu'il se rapprochât de cette ville. Il rejoignit donc le Comtat Venaissin, terre pontificale. Si son choix se porta aussi sur la ville d'Avignon, possession du comte de Provence, c'était que sa situation sur la rive gauche du fleuve la mettait en relation avec le nord de l'Europe, par l'axe Rhône/Saône et dans cette vallée du Rhône, frontière commune entre la France et le Saint-Empire romain germanique, seules des villes desservies par un pont pouvaient postuler à un rôle de capitales internationales. C'était le cas d'Avignon avec le pont Saint-Bénézet, le lieu de passage obligé entre l'Espagne et le Languedoc, la Provence et l'Italie.

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Portrait de Clément V, enterré à Uzeste (33) près de Bazas, et principal initiateur de la la splendeur d'Avignon. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Tombeau de Clément V dans la collégiale d'Uzeste (33), bâtie et imaginée par lui de son vivant. (Photo : Patrick Garcia)

Clément V n'arriva à Avignon que le 9 mars 1309 et logea au couvent dominicain des frères prêcheurs. Sous ce pontificat, Avignon devint, sous la haute surveillance du roi de France Philippe le Bel, la résidence officielle d'une partie du Sacré Collège des cardinaux, tandis que le pape préféra résider à Carpentras, Malaucène ou Monteux, cités comtadines.

À la mort de Clément V, et à la suite d'une élection difficile, Jacques Duèze fut élu à Lyon le 7 août 1316. À 72 ans, son âge avancé le fit considérer par les cardinaux comme un pape de transition. Or, dès le 9 août, il fit part de son intention de rouvrir l'Audience de la Contredite à Avignon, le 1er octobre suivant. Il signifiait ainsi sa volonté de fixer la papauté dans la ville dont il avait été l'évêque depuis le 18 mars 1310.

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Le palais des Papes dans son intégralité et la cathédrale des Doms (à gauche), vue depuis l'île de Piot. (Photo : Patrick Garcia)

 Couronné le 5 septembre, il choisit le nom de Jean XXII et descendit à Avignon par la voie fluviale. Arrivé sur place, il se réserva la disposition du couvent des frères prêcheurs avant de s'installer à nouveau dans le palais épiscopal qu’il avait occupé.

Ce palais était situé sur l'emplacement de l'actuel palais des papes. Les bâtiments épiscopaux étaient dans le secteur de la ville le plus facile à défendre, d’où son choix. Il entreprit d’adapter son ancienne résidence à sa nouvelle charge.

Les premiers travaux furent confiés à Guillaume Gérault, dit de Cucuron. Le logement du pape se trouvait dans l’aile ouest ainsi que le studium et les appartements de ses plus proches collaborateurs. Le côté nord était constitué par l’église paroissiale Saint-Étienne qui fut transformée en chapelle pontificale Sainte-Madeleine. À l’est furent installés les logements des « cardinaux neveux » ainsi que différents services de la Curie. Dans cette aile orientale, mais plus au sud, se trouvaient les services du trésorier et du camérier. Au sud un bâtiment fut construit pour les audiences. Le dernier chantier fut entrepris par Guillaume de Cucuron en mars 1321 et définitivement achevé en décembre 1322.

LE PALAIS "VIEUX" DE BENOIT XII:

Le 4 décembre 1334, à l'aube, Jean XXII mourut à 90 ans. Ce fut Jacques Fournier, dit le cardinal blanc, qui lui succéda.

Installé dans le palais épiscopal qu'avait totalement transformé son prédécesseur, le nouveau pape décida très vite de le modifier et de l'agrandir.

Il fit démolir tout ce que son prédécesseur avait fait construire et d'après les plans de l'architecte Pierre Obreri, il fit bâtir la partie septentrionale du palais apostolique, qu'il termina par les assises de la tour du Trouillas. La Révérende Chambre Apostolique - le “ministère des finances” pontificales - acheta le palais qu'avait fait bâtir Armand de Via pour servir d'habitation aux évêques d'Avignon.

Les concepteurs choisirent le rocher des Doms pour l'extension du palais. Le choix de cette hauteur rocheuse permit de donner de l'ampleur à l'ensemble, de manière à le rendre plus impressionnant, et aussi d'échapper aux inondations qui, à l'époque, noyaient régulièrement une grande partie de la ville.

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Le cloître, œuvre de l'architecte Pierre Peysson. (Photo : Patrick Garcia)

Pour diriger les travaux de son palais, au printemps 1335, il fit venir Pierre Peysson, un architecte qu’il avait employé à Mirepoix, le chargeant de réaménager la tour des Anges et la chapelle pontificale nord. Malgré son austérité, Benoît XII envisagea même, sur les conseils de Robert d’Anjou, d’engager Giotto pour faire décorer la chapelle pontificale. Seule sa mort en 1336 empêcha ce projet.

 

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : L'intérieur de la porte des Champeaux, porte originelle du Palais des Papes. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : La cour intérieure où se jouent une partie des spectacles du Festival d'Avignon. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : La Porte Notre Dame  qui mène aux étages et appartements du Trésorier. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : L'intérieur de la porte des Champeaux, porte originelle du Palais des Papes, à gauche, et à droite, la Porte Notre Dame. (Photo : Patrick Garcia)

Le pape Benoît XII, fit édifier un palais fortifié dès son élection, ayant la crainte de l’empereur Louis de Bavière.

C'est cet édifice fortifié qui est connu de nos jours sous le nom de « palais vieux ». Dans celui-ci, la Bibliothèque pontificale fut installée à l'intérieur de la tour du Pape avec le trésor pontifical. Sous le pontificat du troisième pape d’Avignon, elle comprenait quatre sections : théologie, droit canon, droit civil et médecine.

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : A l'intérieur, l'aile du Conclave. (Photo : Patrick Garcia)

L’année 1337 vit en mars le début de la construction des appartements pontificaux; en mai, les comptes de la Révérende Chambre Apostolique révèlent que le chantier employait 800 ouvriers; en novembre, commença la construction de la grande aile et de l’aile du midi.

En 1338, au mois de juillet, étaient achevées la tour des Latrines et la petite tour de Benoît XII; en septembre, les appartements pontificaux étaient prêts, ils furent alors peints à fresques par Hugo, un peintre « suivant la cour romaine » et Jean Dalban, tandis qu’au mois de décembre, commençait la construction du cloître.

En mars 1339, sa structure était terminée. En août de la même année, débutait la construction de la tour de la Campane et de l’aile des familiers; et dans le dernier semestre on assistait à la fin des grands travaux du palais pontifical, la cuisine et les dépendances étant achevées.

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Petit four à pain dans la partie droite de la grande cheminée de la chambre du Camérier . (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Immense cheminée dans la Chambre du Camérier . (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Vue de profil du petit four à pain dans la Chambre du Camérier. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Second four à pain, de l'autre côté de la cheminée de la Chambre du Camérier. (Photo : Patrick Garcia)

 En début d’année 1340, la décoration du cloître était réalisée ; en juin, c’était la fin de la construction de l’aile des familiers qui jouxtait la tour de la Campane. C’est là que furent logés empereur, rois, princes et ducs. En décembre, la tour de la Campane achevée allait servir de logement aux marchands « à la suite de la Cour de Rome », le plus bas étage étant utilisé pour entreposer leurs marchandises. Enfin, en août 1341, la tour du Trouillas (pressoir) était mise en chantier.

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Coffre à vêtements dans la Chambre du Camérier. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Coffre à vêtements dans la Chambre du Camérier. (Photo : Patrick Garcia)

LE PALAIS "NEUF" DE CLEMENT VI:

Clément VI entra dans le palais construit pour Benoît XII. Il ne lui parut point suffisant. Jean du Louvres, dit de Loubières, fut chargé d’édifier un palais neuf digne de lui. Dès le début de l’été 1342, il ouvrit un nouveau chantier et s'installa dans l'ancienne salle d'Audience de Jean XXII, au milieu de ce qui allait devenir la Cour d'honneur, jusqu'à sa démolition en 1347.

 

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Série de carreaux de faïence glaçurés de couleur verte, Chambre du Parement. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Série de carreaux de faïence glaçurés de couleur verte, Chambre du Parement. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Série de carreaux de faïence glaçurés de couleur verte, Chambre du Parement. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Série de carreaux de faïence glaçurés de multicolores, Chambre du Parement. (Photo : Patrick Garcia)

Il attaqua ses travaux le 17 juillet 1342 avec la tour des Cuisines et la tour de la Garde Robe. Ces deux nouvelles tours furent achevées en mai 1343. Dans la tour des Cuisines se trouvait la Bouteillerie qui servait aussi à déposer dans des coffres la vaisselle d’or et d’argent de la table pontificale.

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Trone dans la Chambre du Parement.(Photo : Patrick Garcia)

Le 4 mars 1345, il commença le chantier du nouveau palais (Opus Novum) dont la tour du Trouillas fut enfin terminée en mars 1346. Lors de la clôture des travaux, le 21 octobre 1351, la superficie totale du palais des papes atteignit 6 400 m2. Tous ceux qui virent, en ce temps-là, le palais neuf furent impressionnés à l’exemple de Jean Froissart qui le tint pour « la plus belle et la plus forte maison du monde». Avec cette nouvelle façade, le palais avait pris l’aspect que nous lui connaissons aujourd’hui. Et Clément VI n’oublia pas de faire placer les armoiries des Roger sur l’entrée principale, au-dessus du nouveau portail des Champeaux.  

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Coussièges lustrés par l'usure, dans les cuisines. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Cheminée monumentale pyramidale  de la Cuisine Haute. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Photo de la partie émergée de la cheminée monumentale de la Cuisine Haute. (Photo : Patrick Garcia)

Mais surtout le pape fit couvrir les murs de fresques. Matteo Giovanetti, un prêtre de Viterbe, élève du grand Simone Martini qui se mourait à Avignon, dirigea d'importantes équipes de peintres venus de toute l'Europe.

Le 9 juin 1348, Clément VI acheta Avignon à la reine Jeanne pour 80 000 florins, la ville devint alors indépendante de la Provence et propriété pontificale comme le Comtat Venaissin.

LE PALAIS DES PAPES APRES CLEMENT VI

 Lorsqu'en 1352, Clément VI décéda, les réserves financières du Siège apostolique étaient au plus bas. C'est l'une des raisons qui fit que ses successeurs durent se contenter de menus travaux et de finitions.

Giovanetti reprit ses pinceaux en 1352. Un prix-fait du 12 novembre fait mention des fresques des Prophètes de la Grande Salle de l’Audience, les seules peintures du pontificat d’Innocent VI. Un an plus tard, le pontife fit renforcer l'aile sud par la construction de la tour Saint-Laurent et la tour de Gache fut surélevée.

En 1354, l'incendie qui ravagea la tour de Trouillas n'empêcha pas la continuation des travaux de la tour Saint-Laurent. Sa construction fut achevée en 1356. Atteint de la goutte, Innocent VI fit bâtir, en 1357, un petit pont couvert entre le Petit Tinel et la sacristie nord. Ce pont n'existe plus car il fut détruit en 1811.

 

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. Vue du passage voûté du Grand Escalier.  (Photo : Patrick Garcia)

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Plaque commémorant la réfection du Grand Escalier avec la date en bas, 1659. (Photo : Patrick Garcia)

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Le 6 novembre 1362, dans la chapelle du palais vieux, Guillaume de Grimoard fut couronné pape par Étienne-Audouin Aubert, cardinal d’Ostie et neveu du pontife défunt. Il prit le nom d'Urbain V et déclara à son arrivée au palais : « Mais je n'ai même pas un bout de jardin pour voir grandir quelques fruitiers, manger ma salade et cueillir un raisin ». Ce fut pourquoi il entreprit durant son pontificat de coûteux travaux d'extension des jardins. Celui qui jouxte le palais des papes sur sa façade orientale est toujours dénommé « Verger d'Urbain V ».

Outre les jardins, Urbain V fit construire par l'architecte Bertrand Nogayrol, la Roma, une longue galerie à un étage, perpendiculairement à la tour des Anges. Elle fut achevée en 1363, et cette date marque la fin des travaux architecturaux du palais neuf.

 Les sièges du palais des papes

Couronnement_de_Benoît_XIII

Les cardinaux de Saint-Martial et de Neufchâtel couronnent Benoît XIII

Chroniques de Froissart,
FR 2646, f° 190 v. Bibliothèque nationale

Grégoire XI ne fit entreprendre aucun chantier sur le palais. Il ramena la papauté à Rome où il décéda en 1378. Le conclave porta d'abord sur le trône pontifical Urbain VI. Mais l'élection ayant été faite sous les menaces des Romains et le nouveau pontife ayant surtout un caractère irascible, les cardinaux se déjugèrent, le déposèrent et mirent sur le trône de saint Pierre Clément VII. Le Grand Schisme venait de commencer. Urbain VI restant à Rome, Clément VII à Avignon s'installa dans le palais des papes.

Il eut comme successeur Benoît XIII, élu le 28 septembre 1394, qui avait promis de se démettre, s'il le fallait, pour mettre un terme au Grand Schisme. Son acharnement à ne point tenir sa parole lui valut un premier retrait d'obédience de la part de la France et de ses alliés le 28 juillet 1398. Le pontife avignonnais s'enferma alors dans son palais où vint l'assiéger Geoffroy le Meingre, dit Boucicaut, en septembre.

 

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Le Grand Tinel, vue à droite. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Le Grand Tinel, vue à gauche.(Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Fenêtre et coussiège dans le Grand Tinel. (Photo : Patrick Garcia)

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Cheminée somme toute assez modeste du Grand Tinel. (Photo : Patrick Garcia)

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Transformé en plusieurs étages de dortoirs pour les militaires, le Grand Tinel fut remis à l'état d'origine après des années de lourds travaux. (Photo : Patrick Garcia)

La cuisine du Grand Tinel fut, lors de ce premier siège, le théâtre d'une intrusion de la part des hommes de Boucicaut et de Raymond de Turenne, le neveu de Grégoire XI. Martin Alpartils, un chroniqueur catalan contemporain, narre leur coup de force. Ayant réussi à pénétrer sous l'enceinte du palais en remontant la Durançole et les égouts des cuisines, ils empruntèrent un escalier à vis qui les mena dans la cuisine haute. Alertées, les troupes fidèles à Benoît XIII les repoussèrent en leur jetant des pierres détachées de la hotte et des fascines enflammées.

Après trois mois de combat intense, le siège s'éternisa et le blocus du palais fut décidé. Puis en avril 1399, seules les issues furent gardées pour empêcher Benoît XIII de s'enfuir.

Finalement, en dépit de la surveillance dont il était l'objet, le pontife réussit à quitter le palais et sa ville de résidence le 11 mars 1403, après un éprouvant siège de cinq ans.

Si Benoît XIII ne revint jamais plus à Avignon, il avait laissé sur place ses neveux, Antonio de Luna avec la charge de recteur du Comtat Venaissin, et Rodrigo. Celui-ci et ses Catalans s'installèrent dans le palais pontifical. Le mardi 27 janvier 1405, à l’heure de vêpres, le clocher pyramidal de Notre-Dame des Doms s’écroula et écrasa dans sa chute l’antique baptistère dédié à saint Jean. Les Catalans furent accusés de cette action et ils en profitèrent pour établir une plateforme sur ces ruines afin d'installer leur artillerie.

 

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : La loggia et fenêtre de l'Indulgence, vue de l'intérieur, par où s'adressaient les papes aux fidèles. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : La loggia et fenêtre de l'Indulgence, vue de l'extérieur. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : La loggia et fenêtre de l'Indulgence, vue de l'extérieur, elle domine le parvis, départ du Grand Escalier. (Photo : Patrick Garcia)

Confronté à la déposition de son oncle par le concile de Pise, en 1409, et à la défection des Avignonnais et des Comtadins, l'année suivante, Rodrigo de Luna, devenu recteur à la place de son frère, regroupa toutes ses forces dans le palais des papes. Pour sa sécurité, il continua à fortifier le rocher des Doms et afin de voir venir de possibles assaillants, il finit de faire démolir toutes les maisons devant le palais et forma ainsi la grande esplanade que l'on connaît aujourd'hui. Le second siège fut mis devant le palais et fut appelé dans les chroniques contemporaines « guerre des Catalans ». Il allait durer dix-sept mois. Enfin, le 2 novembre 1411, les Catalans de Rodrigo de Luna, affamés et désespérant de recevoir de l'aide, acceptèrent de se rendre au camérier François de Conzié.

Entretemps, à Pise, le concile avait élu un nouveau pape Alexandre V. Alors que son objectif était de mettre fin au schisme, la chrétienté se retrouvait avec non plus deux mais trois papes. Ce pontife, reconnu par la Cour de France, envoya le cardinal Pierre de Thury pour gouverner Avignon et le Comtat. Il eut le titre de légat et vicaire général de 1409 à 1410.

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Maquette du Palais, la façade est à gauche et la Grande Chapelle à droite. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Maquette du Palais, vue de l'Est, de la Tour St Laurent (a gauche) à la Tour du Trouillas, à droite. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Maquette du Palais, Vue du Nord-Ouest, avec au fond à gauche, la Tour du Trouillas, la Tour de la Campane au centre, et la Tour de la Gache à droite.(Photo : Patrick Garcia)

 LE PALAIS APRES LES PAPES

François de Conzié, gouverneur d'Avignon

En 1411, Jean XXIII nomma le camérier François de Conzié, qui était déjà vicaire général d'Avignon, gouverneur des États pontificaux. Ce pape, incapable de régler à Pise les problèmes du royaume de Naples, désirait s'installer à Avignon. Le 31 décembre 1412 il adressa des instructions à son camérier pour les réparations nécessaires au palais des papes

Les travaux avancèrent puisque le 17 avril 1414, pour refaire les toitures du palais, Guillaume Fournier et Guillaume André, tuiliers à Châteauneuf-Calcernier, s’engagèrent à livrer 25 000 tuiles à la Saint-Michel. Ils reçurent un florin, seize sous d’arrhes avec la promesse que chaque mille leur sera payé 6,5 florins.

Le camérier et gouverneur d'Avignon en profita aussi pour faire restaurer tous les édifices endommagés pendant la « guerre des Catalans », dont le pont d'Avignon, la cathédrale et les remparts.

 

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Le portail de la Grande Chapelle, bien que dégradé par les militaires, a été restitué à son avantage. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Le portail de la Grande Chapelle, bien que dégradé par les militaires, a été restitué à son avantage. (Photo : Patrick Garcia)

Le conflit entre le pape de Rome et les pères conciliaires s'envenimant, en 1436, il fut un moment question que le concile quittât Bâle et vînt tenir ses assises en Avignon. La rupture fut parachevée quand le duc de Savoie, Amédée VIII, fut élu pape. Son intronisation eut lieu dans la cathédrale de Lausanne, où il fut couronné le 23 juillet 1440 et prit le nom de Félix V. Ses envoyés tentèrent de soulever la ville d'Avignon le 15 septembre mais leur tentative échoua.

LE MASSACRE DE LA "GLACIERE" 

Massacre_Glacière

Gravure de l'époque révolutionnaire montrant dans le détail le massacre de la Glacière dans le palais des papes sous le conduite de Jourdan Coupe-Tête et du colonel Duprat

Les avancées de la Révolution, tant à Paris que dans toutes les provinces, avait soulevé les passions à Avignon et dans le Comtat Venaissin. Dans la cité papale, gouvernée par le vice-légat, les pro-français majoritaires avaient fait adopter la constitution française, élu une nouvelle municipalité le 14 mars 1790 et la population avait expulsé le vice-légat Filippo Casoni le 12 juin suivant.

En dépit des réticences de la représentation nationale françaised'annexer Avignon et le Comtat, les patriotes se rassemblèrent à Bédarrides, le 18 août 1791, et dans l'église Saint-Laurent votèrent leur rattachement à la France. Cela fut fait à une forte majorité puisque le décompte des mandats pour le rattachement s'éleva à 101 046 voix favorables sur un total de 152 919. Le 14 septembre, mise devant le fait accompli, la Constituante proclama que les États d'Avignon et du Comtat faisaient désormais « partie intégrante de l'Empire français ».

 

AVIGNON PALAIS INTERIEUR PORTE 14° - 798

AVIGNON PALAIS INTERIEUR PORTE 14° - 800 copie

Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Portails des 14 et 15° siècle.  (Photo : Patrick Garcia)

Ce ne fut pas cela qui calma les partisans du maintien de l'État pontifical. Ils firent placarder une affiche, le 16 octobre 1791, dénonçant le dépouillement des églises et la confiscation des cloches au nom de la nouvelle patrie. Puis le bruit courut que la statue de la Vierge aux cordeliers en avait pleuré. Le patriote Lescuyer, secrétaire-greffier de la commune, fut dépêché sur place. Pris à partie, accusé de malversations, il fut assassiné dans l'église-même par les papistes.

Aussitôt informés, Mathieu Jouve Jourdan dit « Jourdan Coupe-Tête », commandant du Fort, et Jean Étienne Benoît Duprat, dit Duprat aîné, colonel de la garde nationale d'Avignon, firent arrêter tous ceux qui étaient soupçonnés, de près ou de loin, d'avoir pu tremper dans cet assassinat ou d'en avoir été les complices. Dans la nuit, tous les suspects - au nombre de soixante - furent incarcérés dans les anciennes prisons du palais des papes puis, sur ordre de Jourdan, massacrés et jetés dans la « glacière » des vice-légats, c'est-à-dire à la base de la « tour des Latrines ». Leurs cadavres furent ensuite recouverts de chaux vive.

L'affaire fit grand bruit et remonta jusqu'à Paris. Mais le 19 mars 1792, une amnistie générale votée par la Chambre des députés mit un point final à l'enquête.

 

AVIGNON PALAIS INTERIEUR REVESTIAIRE PONTIFICAL 804 copie

 

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Revestiaire Pontifical avec des traces de blasons encore sur les murs... (Photo : Patrick Garcia)

DU XIX° SIECLE A NOS JOURS:

Après la Révolution, une partie du bâtiment devint une caserne affectée au génie militaire. Puis, de 1881 à 1900, s'y installa un régiment d'infanterie. Le commandement militaire rebaptisa alors le palais en « Caserne Duprat » en l'honneur de Jean Étienne Benoît Duprat, ancien colonel de la Garde nationale d'Avignon devenu général d'Empire et mort à Wagram.

Ce fut là aussi que la direction pénitentiaire installa une prison départementale.

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : La salle de la Grande Audience située en dessous de la Grande Chapelle. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : L'immense salle de la Grande Audience. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Vue dans l'autre sens. (Photo : Patrick Garcia)

 PLAN PALAIS D' AVIGNON REZ DE CHAUSSEE

 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Plan du rez-de-chaussée du Palais des Papes.(Photo : image du Net)

PLAN PALAIS D' AVIGNON 1ER ETAGE

Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Plan du 1er étage du Palais des Papes. (Photo : Patrick Garcia)

 Au changement de siècle, le palais demeurait en très mauvais état. La façade principale avait été dépourvue de ses deux tours qui la rendent si reconnaissable de nos jours, les intérieurs étaient encombrés des détritus consécutifs à l'occupation militaire, les statues avaient été brisées, des fenêtres et des portes ouvertes sans aucun respect de l'architecture comme au niveau du portail de la grande chapelle dans laquelle le génie militaire s'était autorisé à percer une porte, etc.

La ville d'Avignon ne récupéra le palais qu'en 1902. En contrepartie une nouvelle caserne dut être construite par la ville en dehors des remparts, la caserne Chabran. En septembre 1906, les troupes quittèrent le palais. En un siècle, le Génie militaire avait bien travaillé et « sa caserne ressemblait à toutes les casernes». Dans ce palais défiguré que le ministère de la Guerre venait de restituer à la villecommencèrent les restaurations. Depuis, sans vraiment qu'on y voit un terme aux travaux, de nombreuses parties ont été restaurées et d'autres semblent en prévision.

Cinq ans plus tard, le palais fut ouvert au public pour une exposition industrielle, agricole et artistique qui se déroula du 5 mai au 9 juin 1907.  

LES ETAPES DE LA RESTAURATION:

AVIGNON PALAIS INTERIEUR SACRISTIE NORD 873 copie

 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : C'est dans cette sacristie que les papes se changeaient après l'office. On y trouve les moulages des personnages les plus importants ayant fréquentés le Palais à l'époque des papes.  (Photo : Patrick Garcia)

AVIGNON PALAIS INTERIEUR SACRISTIE NORD 874 copie

 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : C'est dans cette sacristie que les papes se changeaient après l'office. On y trouve les moulages des personnages les plus importants ayant fréquentés le Palais à l'époque des papes.  (Photo : Patrick Garcia)

AVIGNON PALAIS INTERIEUR SACRISTIE NORD 876 copie

 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : C'est dans cette sacristie que les papes se changeaient après l'office. On y trouve les moulages des personnages les plus importants ayant fréquentés le Palais à l'époque des papes.  (Photo : Patrick Garcia)

AVIGNON PALAIS INTERIEUR SACRISTIE NORD 878 copie

 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : C'est dans cette sacristie que les papes se changeaient après l'office. On y trouve les moulages des personnages les plus importants ayant fréquentés le Palais à l'époque des papes.  (Photo : Patrick Garcia)

AVIGNON PALAIS INTERIEUR SACRISTIE NORD 881 copie

 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : C'est dans cette sacristie que les papes se changeaient après l'office. On y trouve le "portement de croix"  (moulage du retable de Francesco Laurana).   (Photo : Patrick Garcia)

... La Commission des Monuments Historiques ayant nommé un nouvel architecte en chef, Henri Antoine Révoil, celui-ci prit en charge le dossier, en 1881, et commença dès l'année suivante à restaurer la chapelle Benoît XII. Cette même année 1882, le Congrès archéologique de France ayant tenu ses assises à Avignon, émit le vœu d'accélérer les travaux de restauration. Pourtant ce ne fut qu'en 1902, que Révoil put restituer le crénelage de la tour de la Campane.

Henri Nodet lui ayant succédé, en 1903, le premier souci du nouvel architecte fut de rechercher dans l'iconographie quel était l'état initial du palais. Il entreprit alors de supprimer les bâtiments militaires et, dès 1907, put se lancer dans la rénovation des salles de la Grande Audience et de la chapelle de Clément VI…

AVIGNON PALAIS INTERIEUR TRESOR BAS 818 copie

 

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Belle gerbe dans la salle du Trésor Bas.(Photo : Patrick Garcia)

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. :Sous d'énormes dalles , la Salle du Trésor recelait les coffres de numéraires et les documents du palais. (Photo : Patrick Garcia)

Une nouvelle campagne de restauration se déroula de 1961 à 1963 dans la chambre du Parement puis fut continuée entre 1966 et 1968 pour la salle de Jésus. L'aile du Conclave put être entièrement restaurée de 1970 à 1976, ce qui permit d'y aménager un Centre de Congrès. Les travaux de remise en état des pièces du palais s'achevèrent pour le XXe siècle, entre 1979 et 1981, avec la restauration de la chapelle Benoît-XII qui avait initié ceux du XIXe siècle.

Avec maintenant environ 650 000 visiteurs par an, le palais des papes est toujours l'un des dix monuments les plus visités de France

ELEMENTS D'ARCHITECTURE:

De par sa taille, soit environ 15 000 m2 de plancher, le palais des papes est le plus important ensemble gothique au monde. Outre sa taille, de nombreux éléments de son architecture méritent une attention particulière… C'est pourquoi, lorsque Viollet-le-Duc rédige son Dictionnaire raisonné de l'architecture française du xie au xvie siècle, plusieurs passages parlent du palais.

 

- AvignonPalaisdesPapes PLAN NUMEROTE

Palais d’Avignon, plus grande constructions gothique du M.-A. : plan en élévation de l'ensemble monumental.(Photo : du net)

Plan_du_palais_des_Papes_d'Avignon_par_Joseph_ROSIER

 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Plan architectural du palais dont la légende est ci-dessous.

A, église Notre-Dame des Doms, rétablie dans sa forme première et avant l'adjonction des chapelles.

B & H, tours
b, corps de logis avec au-dessous, la salle des festins
C, cour du cloître
D, cour d'honneur
e, mâchicoulis défendant le bâtiment E
G, grande salle entièrement voûtée qui servait de chapelle.
I, escalier d'honneur donnant entrée à la chapelle et dans les appartements des corps de logis à l'occident et au levant.
K, escalier desservant un couloir de service qui longe les pièces de l'aile occidentale et communique avec les défenses supérieures par les vis L, aboutit au-dessus de la poterne P, et met l'aile occidentale en communication avec le logis E.
F, les grandes cuisines (premier étage).

La façade ouest

 

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : La porte principale du palais des Papes. (Photo : Patrick Garcia)

AVIGNON VUE 938 copie

Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. La porte principale du palais noyée dans une multitudes d'éléments architecturaux exceptionnels(Photo : Patrick Garcia)

 

Les tours

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Le palais des papes depuis l'est et ses tours


1- tour de Trouillas
2- tour des Latrines ou de la Glacière
3- tour des Cuisines
4- tour Saint-Jean
5- tour de l'Étude
6- tour des Anges ou tour du pape
7- tour du Jardin
8- tour de la Garde-Robe
9- tour Saint-Laurent
10- tour de la Gache (derrière)
11- tour d'angle ou des Grands Dignitaires (dessous)
12- tour de la Campane

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Ces mêmes tours vues de l'Est.(Photo : Patrick Garcia)

AVIGNON PALAIS VU DEPUIS JARDINS 774 copie

Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Ces mêmes tours vues de l'Est.(Photo : Patrick Garcia)

Palais_des_Papes_d'Avignon_par_Joseph_ROSIER 

Vue cavalière du palais

LE PALAIS POSSEDE 12 TOURS QUI SONT:

  • La tour de Trouillas. Véritable donjon, elle occupe l'angle nord-est du palais et possède un toit terrasse. Elle avait initialement une hauteur de 60 mètres. La tour compte un rez-de-chaussée et cinq étages. Dans la salle basse, qui communique avec le cloître, sous le pontificat de Clément VI, fut incarcéré Cola di Rienzo pendant treize mois. Sa fonction de défense est confirmée par l'épaisseur de ses murs, jusqu'à 4,50 mètres, et les affectations de ses étages : chambres des sergents d'armes et d'artillerie.
  • La tour des Latrines ou de la Glacière. Située au sud et directement accolée à la tour de Trouillas. Sa première dénomination date du séjour des papes. Il y avait deux étages de latrines qui correspondaient avec les deux galeries du cloître. Leur fosse était irriguée par une récupération des eaux de pluie à partir du cloître et correspondait avec le grand égout des cuisines avant de se jeter dans la Durançole et le Rhône. Cette fosse servit de glacière au temps des vice-légats et ce nom lui resta après le massacre d'octobre 1791. Au sommet de la tour se trouvait le logement du Capitaine du palais.
  • La tour des Cuisines, elle aussi au nord-est du palais, est au sud et directement accolée à la tour des Latrines. Elle porte ce nom tout simplement car elle abrite les anciennes cuisines.
  • La tour Saint-Jean. Située sur la façade est, cette petite construction crénelée de base carrée est dite encore tour des chapelles. En effet, outre la chapelle Saint-Jean réservée aux hauts dignitaires admis dans le Consistoire, elle abrite aussi la chapelle Saint-Martial réservée au pape et accessible depuis le Grand Tinel.
  • La tour de l'Étude. Toujours sur la façade est, au niveau des appartements privés. Elle était la plus proche de la « Roma » aujourd'hui détruite.

AVIGNON PALAIS INTERIEUR TRESOR BAS 825

L'entrée de la salle au trésor par l'appartement du Camérier

  • La tour des Anges ou tour du pape est encore plus au sud de la façade est. Couverte d'une terrasse entourée d'un parapet crénelé et sommée d'un châtelet, elle fut d'abord dénommée « grande tour » ou « tour du trésor ». En dépit de son occupation par les militaires, c'est l'une des mieux conservée du palais. Elle servit à abriter la « chambre du pape » Benoît XII peinte a tempera de rinceaux de feuillage sur lesquels sont posés des oiseaux, ainsi que sa « librairie » et les salles du « trésor haut » et du « trésor bas». Ancienne extrémité sud du vieux palais de Benoît XII, sa seconde vocation fut d'être une tour de défense. Ses murs, épais de trois mètres, sont renforcés aux angles et au milieu par des contreforts. Le cinquième étage de la tour était affecté aux sergents d'armes formant la garde du palais.
  • La tour du Jardin est aujourd'hui détachée du palais, dans le jardin à l'est du palais. Elle est située à l'est de la Roma (aujourd'hui disparue).
  • La tour de la Garde-robe est une construction du palais neuf de Clément VI directement accolée au sud de la tour des Anges.
  • La tour Saint-Laurent. Située à l'angle de la place de la Mirande et de la rue Peyrolerie, au sud-est du palais, elle fut rajoutée sous le pontificat d'Innocent VI. Vouée à la défense, on peut voir encore les rainures et les crochets de ses herses. Composée de six niveaux, elle assurait la protection de l'angle sud-est du palais. Les cardinaux revêtaient ici leurs vêtements sacerdotaux, ce qui lui a valu le nom de revestiaire. Plus tard, aux XVIIe et XVIIIe siècles, elle devint le siège de l'Auditeur général, président de la Rote.
  • La tour de la Gache, située entre la porte des champeaux et la Grande Audience, au sud-ouest du palais. Du haut de cette tour de guet, on donnait, à son de trompe, le signal du couvre-feu, on avertissait les habitants en cas d'incendie ou d'alarme. Dans la salle du rez-de-chaussée se tenait, au temps des papes, l'audience des contredites ou petite audience. Le siège de ce tribunal, lié à la chancellerie, fut transformé, au début du XVIIIe siècle, en arsenal. C'est de cette époque que date la décoration en grisaille de sa voûte.
  • La tour d'angle ou des Grands Dignitaires car située dans le prolongement de l'aile des Grands Dignitaires (angle sud-ouest du palais neuf).
  • La tour de la Campane. Elle fait le pendant à la tour du Trouillas et protégeait la face nord du palais. C'est là que logeait le Maître d'Hôtel du pape. Il accédait à ses appartements par la galerie haute du cloître qui avait été décorée a tempera par Matteo Giovanetti.

La salle des gardes est située dans l'aile des Grands Dignitaires. La pièce fait 17 mètres sur 10 et se compose de deux travées inégales avec croisée d'ogives. Au-dessus de celle-ci, se trouve l'ancienne chambre du Trésorier. Très haute de plafond, elle possède plusieurs portes et permet d'offrir à son occupant une agréable vue. La pièce dite : « le Cubiculaire  », l'une des plus belles pièces du Palais, qui fut habitée par le cubiculaire du Pape, Bernard de Saint-Étienne. Située derrière les deux tourelles de la façade principale du palais où elle a une fenêtre, au-dessus de la Porte des Champeaux, la pièce fait 9,80 mètres par 7,40.

L'aile du Conclave possède la salle du Conclave qui fut autrefois l'appartement des hôtes. Le roi Jean le Bon, l'empereur Charles IV, Pierre IV, roi d'Aragon, Louis II de Bourbon, les ducs d'Orléans, de Berry, de Bourgogne y séjournèrent. Cette salle communique avec le grand Tinel qui désigne l'ancien grand réfectoire ou salle des festins. Cette pièce, aux proportions impressionnantes puisque très haute de plafond et couvrant 48 mètres de long sur 10,25 mètres de large, était aussi utilisée lors des conclaves. Au-dessous de la salle du Conclave se trouve la « Paneterie », grande pièce autrefois divisée en six plus petites et qui servaient à l'époque pour l'intendance et la confection des repas de la cour (soit plus de 300 repas par jour) et la fourniture de repas aux pauvres (distribution de pain et vin à 800 pauvres par jour, achats de vêtements, de draps et de grains par l'aumônerie des pauvres). Encore au-dessous, au niveau le plus bas, le « grand cellier » (ou Grand Cellier Benoît XII), ancienne cave creusée en 1337 dans le rocher. Pour y accéder, il fallait passer par la « galerie du Cloître ».

Enfin, la salle de la « Grande audience » appelée aussi, à partir de 1336, Tribunal de la Rota (tribunal des causes apostoliques dont les jugements étaient sans appel), chef-d'œuvre de Jean du Louvres, dit de Loubières, 52 mètres de long sur 16,80 mètres de large et 11 mètres de haut. Elle est située du côté opposé à l'aile du conclave par rapport à la Porte des Champeaux. À la mort de Clément VI, Matteo Giovanetti avait réalisé sur le mur nord de sa travée orientale, ses deux voûtains et la moitié du mur est, une impressionnante série de fresques figurant le « Jugement Dernier ». Elles furent détruites par les militaires en 1822.

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Mausolées de papes dans une annexe de la Grande Chapelle.(Photo : Patrick Garcia)

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Les magnifiques voûtes de la Grande Chapelle.(Photo : Patrick Garcia)

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 La grande chapelle

 

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Les magnifiques voûtes de la Grande Chapelle.(Photo : Patrick Garcia)

Édifiée sous Clément VI, la Grande Chapelle, est dédiée aux apôtres Pierre et Paul et fut achevée après quatre années de travaux. Avec ses 52 mètres de long sur 15 mètres de large et 20 mètres de haut, sa nef est exceptionnelle. D'une qualité architecturale bien supérieure aux deux « petites » chapelles de la tour Saint-Jean, les premières peintures de ses murs datent en réalité du XVIe siècle.

On y accède par un escalier monumental, dit escalier d'honneur. Son concepteur, Jean du Louvres, opta pour un escalier rampe-sur-rampe, nouveauté qui rompait totalement avec les escaliers à vis ou à volée droite qui avaient été jusqu'alors construits. Il fut terminé et payé à l'architecte en octobre 1346. Dominique Vingtain, conservatrice du palais, considère que c'est une première dans l'architecture gothique :

« Il s'agissait là d'une innovation architecturale pour Avignon, certes, mais aussi pour le reste de la France. »

Son portail et son parvis sont aussi remarquables. Situé au niveau de la Cour d'Honneur, c'est de cet endroit que le souverain pontife donnait sa triple bénédiction à la foule et qu'on lui apposait la tiare lors de son couronnement pontifical. L'occupation du palais par les militaires a dégradé l'ensemble.

LA COUR DU CLOÎTRE:

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Le cloître, la galerie est. (Photo : Patrick Garcia)

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Splendide partie du monument que ce cloître.(Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Notez l'ensemble défensif, les merlons et leurs archères cruciformes, les machicoulis... (Photo : Patrick Garcia)

La cour du cloître est délimitée par quatre bâtiments : l'aile du Consistoire, à l'est, l'aile des Hôtes, au sud, l'aile des Familiers, à l'ouest, et la chapelle de Benoît XII, au nord.

L'aile du Consistoire se compose de deux salles superposées : la salle du Consistoire et le Grand Tinel. À l'arrière de cette aile se trouvent la Bouteillerie et la Panetterie. L'aile des Hôtes ou aile du Conclave s'étage sur trois niveaux. Au rez-de-chaussée se trouve le Grand Cellier ; au-dessus, les appartements des bouteillers et des panetiers, et le troisième étage (30 mètres de long et de plain-pied), appelé « chambre de l'Empereur » depuis que Charles IV de Luxembourg y séjourna.

 

LE PETIT PALAIS

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Le Petit Palais, à présent, siège d'expositions.(Photo : Patrick Garcia)

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Autre vue du Petit Palais.  (Photo : Patrick Garcia)

Transformé aujourd’hui en musée, le Petit Palais expose l’illustre collection Campana.

LA BASILIQUE SAINT PIERRE D'AVIGNON

La basilique Saint-Pierre est une église de style gothique située à Avignon sur la place Saint-Pierre. Édifiée à l'emplacement d'une première construction du VIIe siècle, sa reconstruction actuelle date de 1358.

HISTOIRE

Selon la tradition, un premier édifice fut construit au VIIe siècle et ravagé par les sarrazins. Sur ses ruines, Foulques II entame une reconstruction (première mention dans les textes de l'église Saint-Pierre date de cette époque).

C'est la générosité du cardinal Pierre des Prés, en 1358, qui permet la construction de bâtiments de chanoine et du cloître, aujourd'hui disparu. Le pape Innocent VI l'érige en collégiale.

Au XVe siècle, la nef fut allongée et dotée de nouvelles chapelles. Le parvis date de 1486, le clocher de 1495. Les décors de la façade débutent en 1512.

Dès 1840, elle fut classée monument historique.

ARCHITECTURE

LE CLOCHER

 

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Le joli clocher de St Pierre.(Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Le beau clocher de St Pierre. (Photo : Patrick Garcia)

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Le chevet gothique de St Pierre. (Photo : Patrick Garcia)

Datant de 1495, par Jean-Baptiste Lécuyer, sur un plan de type "avignonais", la tour est de base carrée, surmontée d'un tambour octogonal et d'une flèche en crochet.

LA FAÇADE 

 

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : La magnifique façade gothique de la basilique St Pierre. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Le beau portail de St Pierre possède des vantaux de toute beauté. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Détail des portes monumentales en noyer d'Antoine Vollard, 1551. (Photo : Patrick Garcia)

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Détail des portes monumentales en noyer d'Antoine Vollard, 1551. (Photo : Patrick Garcia)

Achevée en 1524 sur une étude de Philippe Garcin, elle est faite par Nicolas Gasc et Perrin Souquet. Cette façade élancée est encadrée par deux tourelles. Les portes monumentales en noyer massif sculptées par Antoine Volard (1551) sont séparées par une Vierge à l'Enfant attribué à Jean Péru.

L'INTERIEUR

De forme classique, l'intérieur contient 6 chapelles latérales, en plus des fonts baptismaux :

  • Chapelle Saint Antoine de Padoue
  • Chapelle du Bienheureux Pierre de Luxembourg (reliques)

 

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : La nef très aérienne de la basilique St Pierre. (Photo : Patrick Garcia)

AVIGNON BASILIQUE ST PIERRE INT-CHOEUR 986 copie

 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Le choeur très ouvragé de la basilique St Pierre et ses stalles.(Photo : Patrick Garcia)

         Chapelle du Sacré-Cœur

  • Chapelle de Saint-Pierre
  • Chapelle Notre-Dame de Lourdes
  • Chapelle de saint Jean Paul II

Œuvres d'art

  • Sainte Barbe et Sainte Marguerite adorant le Saint Sacrement de Nicolas Mignard (1652)
  • AVIGNON BASILIQUE ST PIERRE INT 4003 copie

  • Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Adoration des Bergers, descriptif ci-dessous. (Photo : Patrick Garcia)

  • L'Adoration des bergers et l'Immaculée Conception de Simon de Châlons (vers 1550)

     

  • Boiseries dorées du chœur (1670) sur les dessins de Fr. de la Valfenière
  • Retable de Perrinet Parpaille (1526)
  • Autel en bois doré du 18e siècle, dépôt de la Fondation Calvet
  • AVIGNON BASILIQUE ST PIERRE INT M-TOMBEAU 990 copie

  • AVIGNON BASILIQUE ST PIERRE INT M-TOMBEAU 998 copie

  • Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : La Mise au Tombeau. (Photo : Patrick Garcia)

  • AVIGNON BASILIQUE ST PIERRE INT M-TOMBEAU 4000 copie

  • Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : La mise au Tombeau en gros plan.(Photo : Patrick Garcia)
  • La mise au tombeau de la famille des Galliens (1431)
  • La Remise des clés à saint Pierre, Les quatre Docteurs de l'Église, 1634 de Guillaume Grève

Œuvre de fin de carrière, le retable principal de Saint-Pierre met en scène un sujet déjà traité par Grève quatorze ans auparavant pour la collégiale de Six-Fours dans le Var. A l'évolution classique de l'art du maître s'ajoute la trace de la probable collaboration de son neveu Guillaume.

Saint Pierre marchant sur les eaux, Pierre Duplan, 1589

  • La sainte Famille, sainte Agathe et sainte Marguerite de Guillaume-Ernest Grève, (1614 ?)

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Tapis de chœur (XIXe siècle). (Photo : Patrick Garcia)

 Un ancien maître-autel de la collégiale, du XVIIe siècle, est maintenant installé à l'Église Notre-Dame-de-Bon-Repos de Montfavet.

 CATHEDRALE NOTRE DAME DES DOMS D'AVIGNON

AVIGNON CALV MONUMENTAL CATHEDRALE copie

Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Le parvis  de Notre Dame des Doms. (Photo : Patrick Garcia)

AVIGNON CATHEDRALE ND DES DOMS 749 copie 

Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : La cathédrale et son imposant clocher protégée par le donjon du Palais des Papes. (Photo : Patrick Garcia)

AVIGNON CATHEDRALE STATUE DOREE 943 copie

Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Le clocher de la cathédrale surmonté par une Vierge dorée que l'on voit de partout à la ronde. (Photo : Patrick Garcia)

AVIGNON ESCALIERS STE ANNE 752 copie

 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Tout contre la cathédrale, la belle montée vers la promenade du Rocher des Doms. (Photo : Patrick Garcia)

AVIGNON PALAIS VG 051 copie

Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Depuis la rive opposée du Rhône, on voit bien la différence de hauteur entre le sommet de la tour du clocher de la cathédrale, surmontée de la Vierge dorée, et la plus haute tour du Palais des Papes, la Tour de la Campane.  (Photo : Patrick Garcia)

La cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon est située sur la partie nord d'Avignon intramuros, tout contre le Palais des Papes. Elle a été construite sur une protubérance rocheuse au nord de la ville, le rocher des Doms, surplombant la rive gauche du Rhône.

 Sa position sur le rocher, sa flèche imposante surmontée d'une vierge et sa proximité du Palais lui permettent à la fois de dominer la ville et d'être vue de très loin. L'un des meilleurs points de vue, et ce n'est pas un hasard, se trouve sur l'autre rive du Rhône, du mont Andaon, promontoire sur lequel est construit le fort Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon. Elle est aussi visible, tout comme le Palais, depuis le sommet des Alpilles, soit un peu moins d'une vingtaine de kilomètres au sud. Elle date de 1150. Elle est agrandie aux 14e et 17e siècles par des chapelles latérales.

 Alors que le Palais des Papes est considéré comme le plus grand ensemble gothique du Moyen Âge, Notre-Dame des Doms, située juste à côté, est un des chefs-d'œuvre de l'art roman provençal.

LA COLLEGIALE SAINT AGRICOL D'AVIGNON

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Le clocher somme-toute banal, de St Agricol.(Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : l'austère façade du 15ème de St Agricol. (Photo : Patrick Garcia)

 La Collégiale Saint-Agricol d'Avignon est une église bâtie au VIIe siècle par saint Agricol. Elle est située à Avignon et fut élevée au rang de collégiale par Jean XXII en 1321. L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1980. Elle est de style gothique.

La tradition attribue à saint Agricol, évêque d'Avignon entre 660 et 700, la construction d'une église à cet emplacement. Des fouilles au pied de la Collégiale ont d'ailleurs mis au jour des sépultures de cette époque, ainsi que des structures antiques. Après les ravages des Sarrasins, l'église est rebâtie par l'évêque Foulques II.

En 1321, le pape Jean XXII l'érige en collégiale, et finance une partie des travaux d'agrandissement.

Au XVe siècle, de nombreux travaux aménagement y sont apportés :

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : la nef de St Agricol. (Photo : Patrick Garcia)

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 Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Le choeur très éclairé de St Agricol. (Photo : Patrick Garcia)

- La nef est allongée, ce qui entraine l'annexion de la chapelle de l’Aumône de la Petite Fusterie (datant de 1391).

- Construction de la façade actuelle

- Construction du parvis et de l'escalier.

Après la Révolution française, la collégiale est restaurée en 1802, par l'évêque, qui la consacre cathédrale, en attendant la réhabilitation de la Cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon.

Le clocher

Simple tour carrée, le clocher est commencé en 1537 mais n'est achevé que de 1737 à 1746 lorsqu'il est rehaussé de deux étages par l'architecte avignonnais Joseph-Abel Mottard. Il a été restauré en 2012.

Bâtiment

Le chœur est entouré de 10 chapelles :

> 6 au nord:

- La Chapelle des fonts baptismaux date de l'agrandissement de l'église au xve siècle. Les fonts baptismaux, en marbre, aux armes de saint Agricol (Cigogne et Serpent), sont une œuvre de Mariotty (1847),

- Chapelle Saint-Michel,

- Chapelle Sainte-Barbe, siège de la confrérie des marguilliers, en 1650,

- Chapelle Saint-Joseph,

- Chapelle du Purgatoire, qui porta d'abord le nom de Notre-Dame de Lorette. Pompée Caralina, fondateur des Pénitents noirs de la Miséricorde, y est enterré.

- Chapelle des "Pauvres Femmes", dont la construction fut financée par la famille Grilhet, en 1547

> 4 au sud :

- Chapelle Sainte-Anne, construite en 1851

- Chapelle de la Vierge, dite de Brantes, édifiée entre 1703 et 1707 sur les plans de Jean Péru, elle abrite 2 tombeaux de la famille de Brantes,

- Chapelle du Crucifix, appelée dans un premier temps Notre-Dame de Pitié, puis Saint-Lazare,

- Chapelle Saint-Agricol

Mobilier

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AVIGNON COLLEGIALE ST AGRICOL 025 copie

Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-A. : Le rétable des Doni, daté de 1525. (Photo : Patrick Garcia)

- L'autel baroque, sculpté par Jean-Baptiste II Péru en 1767, qui renferme, dans une caisse de plomb, les reliques de saint Magne et celles de saint Agricol ;

- Une Assomption , peinture sur bois de Simon de Châlons datée de 1539, au-dessus du maître-autel ;

- Le Retable des Doni réalisé en 1525 par le sculpteur Imbert Boachon ;

- Le grand orgue romantique, construit par Charles Spackmann Barker et Verschneider en 1862, et son buffet néo-gothique à trois tourelles surmontées de clochetons ;

- Quelques toiles de Nicolas Mignard, dont une Piétà d'après le Carrache, et une Adoration des bergers ;

- Une très belle copie par Philippe Sauvan du Saint Michel du Guide (Guido Reni).

- Au revers de la façade, côté sud, tombeau avec épitaphe et médaillon sculpté de l'architecte Pierre II Mignard, mort en 1725.

- Le clocher datant des 16e siècle et 18e siècle.

 

FAC-SIMILE DE G

 

Fac-similé (réduction au quart) de la treizième feuille, tome 1er, de l'Ouvrage intitulé : « Urbium praecipuarum mundi Theatrum », 2 vol. in-fol., publié en 1572 à Cologne, par GEORGES BRAUN, de concert avec François HOGENBERG décrivant AVIGNON avec une carte-plan de cette ville, à voir ci-dessous, après la traduction de ce texte.

 

TRADUCTION DE LA NOTICE EN LATIN.

LA VILLE D'AVIGNON,

 

 Sur les deux rives du Rhône (1), le plus remarquable des fleuves de la Gaule, dans la Provence, mérite d'autant mieux son renom de haute antiquité, qu'elle était très peuplée et très célèbre dès les premiers temps des Romains.

Quel a été son premier fondateur ? Nous ne pouvons guère l'apprendre des monuments de l'histoire. Quelques-uns, sans autorités certaines, mais sur de vagues conjectures, affirment qu'elle fut élevée en ce lieu d'après des présages tirés du vol de certains oiseaux et que pour perpétuer la mémoire d'une fondation si admirable, il fut d'usage, chez les anciens, d'exempter d'impôts et de péage quiconque présenterait mort ou

vif un de ces oiseaux. Mais comme tout le monde comprend que ce sont là des traditions plus voisines des fables que de l'histoire véritable, laissons-les de côté et entrons dans la ville même d'Avignon. Le nombre sept, c'est-à-dire le plus parfait des nombres, l'a rendue digne d'éloges. On voit en effet sept fois en elle les principaux ornements, et ils y sont chacun répétés sept fois.

Il y a sept palais, autant de paroisses, d'hôpitaux, de monastères de vierges, de collèges, de couvents, de portes (2).

 (1) Je donne littéralement, autant que possible, la traduction de cette curieuse Notice. Il semble d'après la première ligne que l'auteur considère Avignon et Villeneuve comme formant une seule ville. Un peu plus bas, il parle d'une Chartreuse. Il y en avait une à Villeneuve; il n'y en avait pas à Avignon. Note de A. Penjon.dans son édition de 1889.

Les premiers fondateurs de cette ville semblent avoir eu en vue sa prospérité en observant avec tant de soin le nombre sept. Si en effet nous en croyons St. Augustin en divers passages, et surtout au livre II de la Cité de Dieu, chap. 31, et livre 17, chap. 4, le nombre sept est le plus parfait de tous les nombres, d'abord parce qu'il est formé de l'impair et du pair par excellence, et, à ce titre, il est aussi recommandé par Macrobe, et de plus parce que dans les livres saints eux-mêmes il est pris pour le nombre en général.

Ainsi « le juste pèche sept fois, » c'est-à-dire, un nombre quelconque de fois. De même « sept fois dans le jour j'ai dit tes louanges, » et

ailleurs la même pensée est exprimée en ces termes : « sa louange est toujours dans ma bouche ».

Mais il faut renvoyer cela aux écoles des théologiens. La cathédrale de cette ville consacrée à la Sainte-Vierge, (elle a l'avantage d'être le siège d'un évêché), dotée de fondations très importantes, attire tous les regards ; là fleurit encore sans aucun mélange d'hérésies la doctrine même que St. Ruf, célèbre par son martyre, y avait apportée; c'est lui que St. Paul, dont il était le disciple, avait désigné pour venir évangéliser ce pays.

Il s'en acquitta avec tant de bonheur que je ne me souviens pas d'avoir jamais lu que la partie de la Gaule, dont cette ville est le chef-lieu, se soit jamais écartée de la foi et de la religion chrétienne jusqu'au

(2) La légende qui accompagne le Plan observe cette division. Note de A. Penjon.dans son édition de 1889. 

Elle est curieuse en ce qu'elle est naïvement fautive ; elle est incomplète comme si le graveur avait oublié de bien prendre ses mesures pour la faire entrer dans le joli encadrement qu'il lui a donné, et enfin les lettres de renvoi n'ont pas été répétées dans le Plan, ce qui en rend l'usage malaisé. Je la reproduis scrupuleusement, avec son orthographe et ses coquilles, à la suite de cette traduction. Il y a deux fautes d'impression dans cette Notice même : Lutzenburgensem pour Luxenburgensem , et Tininensis pour Ticinensis.

temps des erreurs superstitieuses et séditieuses des Albigeois, qui posaient deux principes avec les Manichéens, n'admettaient pas la résurrection des corps et méprisaient les sacrements du baptême et de l'eucharistie.

Ils croyaient aussi que l'âme, suivant la diversité ses mérites, passe dans divers corps, même dans ceux des bêtes brutes, en punition d'une vie mal remplie, et qu'elle est reçue, si elle a bien et honnêtement vécu, dans le corps de quelque prince ou de quelque illustre personnage. On trouve ces détails et d'autres leurs doctrines impies dans Alphonse de Castres et Bernard de Luxembourg. Or, cette ville d'Avignon est décorée de magnifiques palais d'hommes considérables et de cardinaux, et aussi d'un couvent de Chartreux qui l'emporte sur tous ceux de la France   entière.  

    Cette ville a servi de résidence pendant soixante et dix ans au Souverain Pontife de l'église romaine, et, depuis que cette résidence a été, suivant l'antique usage reçu de St. Pierre, de nouveau transférée à Rome, il y a toujours ici un légat représentant l'autorité même du Pontife. Il est nommé par le consistoire des cardinaux, et ceux-ci ont coutume d'appeler à cette charge un homme d'une dignité éminente, qui l'emporte sur les autres par l'autorité, l'expérience, la science et la piété. Celui qui préside aujourd'hui, avec la plus grande gloire, à cette haute est l'éminent et illustrissime prince Charles de Bourbon, cardinal de l'église romaine, d'une expérience consommée, brillant de l'éclat des vertus les plus rares, vaillant soldat et défenseur de l'église romaine. Pendant son absence, nécessitée par les difficiles affaires de la république, Mgr Georges d'Armagnac(3) exerce la charge de vice-légat. C'est aussi un cardinal de l'église romaine, distingué par sa naissance, sa science et sa piété, La ville fut soumise au vaste empire des romains jusqu'à l'invasion des Goths.

(3) Ces indications nous donneraient à elles seules la date de cette Notice et du Plan: Georges d'Armagnac, en effet, remplit les fonctions de vice-légat de 1565 à 1585. Note de A. Penjon.dans son édition de 1889.

Les Burgondes les chassèrent et établirent leur gouvernement auquel la ville fut enfin soustraite lorsque les fils de Budon, usurpant le titre de rois d'Arles, la mirent aussi sous leur autorité.

L'empereur Othon, revendiquant ce royaume, soumit aussi Avignon à sa juridiction. La ville appartint ensuite aux Comtes de Provence. Alors Charles, roi de France (4), épousant l'héritière de la Provence, devint roi de Sicile et de Naples ; il eut aussi pour successeurs des Comtes de Provence, et Jeanne, qui vint ensuite, faisant la guerre à son frère Robert, roi de Naples, avec le roi de Hongrie, son parent, s'assura l'alliance du pape Clément, sixième de ce nom. Elle vendit au pape cette ville d'Avignon qui faisait partie de son patrimoine. La cession de ce fief servit à payer une dette, car elle en devait bien le prix et plus encore à l'église romaine pour le royaume de Naples. L'autorité est partagée également entre ceux qui gouvernent au nom du pape et ceux qui gouvernent au nom de la république, bien que la juridiction diffère, car, dans les assemblées publiques, ces chefs reçoivent les mêmes honneurs et leurs étendards marchent de front. Les chefs de la ville conservent ainsi les mêmes honneurs dont ils ont joui pendant de longues années sous les Comtes. La ville a un territoire fertile et elle est devenue célèbre par la teinture des étoffes et de la soie, et par ses moulins à papier, car elle est riche en eaux excellentes pour ce genre d'industrie. Enfin elle s'est illustrée par son université qui fut très prospère pendant le séjour des papes à Avignon, et comblée de privilèges. Le jurisconsulte Paul de Castres lui donna comme le font voir ses commentaires sur le droit civil qui portent le nom de leçons avignonnaises.

André Alciat, aussi, lorsque la guerre l'eut forcé à venir en Gaule, enseigna à Avignon pour le prix de six cents pièces d'or, comme il le déclare dans son discours aux élèves de l'académie de Pavie.

 (4) Il est inutile de faire remarquer combien ce récit contient d'inexactitudes, mêlées à de précieuses vérités. Note de A. Penjon.dans son édition de 1889.

 PLAN D'AVIGNON

 

Accompagnant le texte ci-dessus, décrivant AVIGNON, figurait aussi cette carte publiée en 1572 à Cologne, par GEORGES BRAUN, de concert avec François HOGENBERG, documents tiré du livre "Avignon" de A. Penjon.dans son édition de 1889. 

LÉGENDE DU PLAN DE LA CARTE CI-DESSUS.

Les 7 portes.

A. Porte du Pont.

B. Porte Aurouze.

C. Porte de la Legue.

D. Porte S. lasse.

E. Porte Iubert.

F. Porte S. Michel.

G. Porte Chanflory.

Les 7 Paroisses.

I. S. Agricol.

K. S. Pierre.

L. S. Didier.

M. S. Symphorian.

N. S. Ginier.

0. La Principale.

P. La Magdeleine.

Les 7 couvents.

R. Les Cordeliers.

S. Les Carmes.

T. Les Augustins.

V. Les Prescheurs.

Y. Les Célestins.

H. L'opseruance.

Q. La Trinité.

X. La Mercy.

Les 7 collèges.

2. de S. Nicola.

3. Le roncre.

4. de Dijon.

5. de S. Michel.

6. de la Croix.

7. Senanque.

8. S. Marceau.

Les 7 Hôpitaux.

9. S. Bernard.

10. des Augustins.

11. de Nazaret.

12. du Pont.

13. S. Antoyne.

14. de S. Michel.

15. Canfleury.

Les 7 Palais.

16. le grand Palais.

17. le petit Palais.

18. la Viscederance.

19. la motte.

20. Salences.

21. S. Jean.

22. du Roy René.

Les 6 Monastères.

23. S. Clere.

24. S. Catherine

  NOTRE-DAME DES DOMS

 AVIGNON STATUE DOREE 943

 

Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : L'imposante Vierge dorée posée au sommet du clocher de ND des Doms (Photo : Patrick Garcia)

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Au pied de ND des Doms, trône depuis 1819 un imposant calvaire, sur l'endroit même où les papes venaient prononcer leurs bénédictions à la ville... (Photo : Patrick Garcia)

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : La cathédrale en vue arrière, trop rénovée, déçoit....(Photo : Patrick Garcia)

   De deux siècles plus ancienne que le palais des papes, est certainement l'un des sanctuaires les plus vénérables et les plus curieux du monde chrétien. Fondée, selon la légende, par sainte Marthe en l'honneur de la Vierge encore vivante sur la terre, reconstruite sous Constantin, et, une seconde fois, au XIIe siècle.

    Elle présente, avec son porche byzantin, peut-être unique en son genre, sa nef à plein cintre, ses tribunes d'une élégance malheureuse (construites en 1672, par l'archevêque Azo Arioste, qui a fait aussi agrandir l'abside), ses chapelles ajoutées à différentes époques, le résumé un peu confus de l'histoire religieuse d'Avignon.

    On aimerait mieux retrouver la basilique romaine d'autrefois, telle que l'avaient laissée les papes, moins chargée d'ornements, plus nue, plus sombre, et cependant comme illuminée au dedans par deux merveilles de l'art ogival, les tombeaux de Jean XXII et de Benoît XII.

   Le premier de ces monuments était encore, en 1759, au milieu de la chapelle de Saint-Joseph ; il gênait les chanoines ; on le transporta dans la sacristie, où l'on peut à peine admirer, faute d'espace, ce type ainsi dépaysé des tombeaux à dais et à pendentifs, admirable d'élégance et de légèreté.

     Le second, à peu près du même goût, fut aussi déplacé parce qu'il incommodait la confrérie des tailleurs ; cependant on avait déjà abattu, de peur de les voir tomber en ruines, les colonnettes et les clochetons qui surmontaient ce mausolée.

    Ce sont là les seules sépultures papales de N.-D.-des-Doms. Mais 157 cardinaux ou prélats y sont ensevelis, et les tombeaux des archevêques

Grimaldi (Grimaldi commandait à Lépante la flotte pontificale) et Marinis offrent aussi de belles sculptures du XVIe et du XVIIe siècle. En cette sainte compagnie le brave Crillon repose dans une crypte à l'entrée du choeur. Son épitaphe, près du siège pontifical, est courte et se termine par ces mots : « Passant, l'histoire t'en dira davantage. »

     L'antique chaire des papes, en marbre blanc, qui sert de siège aux archevêques d'Avignon, est curieuse dans sa simplicité primitive, ainsi que les deux autels du moyen âge où le prêtre officiait la face tournée vers les assistants.

    On admire dans la belle et claire chapelle de la Résurrection, construite en 1682 par l'archevêque Libelli, les statues des Apôtres de Puget et celle de la Vierge de Pradier. La chapelle du Saint-Sacrement a été décorée de fresques et de toiles par Devéria. De remarquables tableaux de Renaud Levieux, de Simon de Châlons, de Pierre et de Nicolas Mignard, sont encore disséminés dans l'église et dans là sacristie.

     Les plus anciennes peintures se trouvaient dans le narthex qui sépare le porche de la nef et sous le porche lui-même. Ce sont, ou plutôt c'étaient, des fresques de Simeone Memmi, d'une franchise et d'un naturel incomparables; mais le temps les avait dégradées, et, en 1828, on les a tout simplement badigeonnées.

    Le trésor de l'église est précieux bien qu'assez pauvre en œuvres d'art du moyen âge ; elles sont retournées à Rome pour la plupart.

    Le véritable trésor de N.-D.-des-Doms est le trésor de ses souvenirs. Elle a vu le sacre et l'intronisation de trois papes, Innocent VI, Urbain V et Grégoire XI ; le couronnement de Louis d'Anjou, en présence du roi Charles VI ; les funérailles d'Innocent VI, auxquelles assistait le roi Jean ; Charles IX, Henri III, Marie de Médicis, Louis XIII et Louis XIV y sont venus en pèlerinage.

    Il serait trop long d'énumérer tous les saints personnages qui ont siégé dans cette église ou qui l'ont visitée, les reliques qu'elle contient et les miracles qui s'y sont accomplis à travers les siècles. La tradition rapporte qu'elle avait été consacrée, visiblement, par la main même, de N. S. Jésus-Christ, le 8 octobre 799.

    Le clocher, une tour carrée, rebâti vers 1431, après le siège du palais, est aujourd'hui surmonté d'une colossale statue de la Vierge, qui atteste plus de piété que de goût.

« Ne dût-on s'arrêter qu'une heure à Avignon, dit Stendhal, il faut absolument voir les quatre étages du palais et N.-D.-des-Doms. »

    En face du porche, un calvaire monumental rappelle une mission de 1819, et, au delà, s'avance le balcon d'où les papes donnaient, comme à Rome, leur bénédiction urbi et orbi.

AVIGNON COLLEGIALE ST AGRICOL 012

 

Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : La collégiale St Agricol, le clocher. (Photo : Patrick Garcia)

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Façade de St Agricol. (Photo : Patrick Garcia)

 L'église de SAINT-AGRIGOL date, pour la plus grande partie, du XIVe siècle. Elle avait été fondée d'abord en 680, sur le même emplacement, c'est-à-dire sur le prolongement des arceaux de l'hippodrome antique, par le saint même dont elle porte aujourd'hui le nom ; saint Agricol est aussi le patron de la ville, dont il fut le 40e évêque, et on l'invoque particulièrement dans les calamités locales, par exemple en temps de sécheresse. L'église est cachée par les maisons voisines et ne montre à découvert qu'une étroite façade du XVe siècle, où l'on arrive par un perron latéral de vingt marches. La porte, divisée par un trumeau, est ornée de sculptures et de statues remarquables encore, quoique mutilées.

    Élégant, avec sa nef ogivale hardiment posée sur des colonnes élancées, l'intérieur est malheureusement défiguré par le badigeon et par des grisailles médiocres. Une grande et belle fresque de Pierre de Cortone, peintre italien du XVIe siècle, peinte au-dessus des tribunes, représente saint Agricol mettant Avignon sous la protection de la Vierge, et corrige un peu l'effet de ce barbouillage, ainsi que quelques tableaux estimés, appendus çà et là :

- N.-D. des Sept- Douleurs, d'après le Carrache, par N. Mignard ;

- le Sauveur prêchant, de Parrocel ; une Assomption attribuée au Bourguignon,

- une Sainte Anne, de Trevisani;

- le Saint Michel, de Sauvan, d'après leGuide;

Enfin un Saint Agricol, par l'Avignonnais Minoli.

    Il faut voir aussi dans la première salle de la sacristie, voûtée en ogives, la Sainte Agathe de N. Mignard, et de belles boiseries dans la seconde.

   Dans la chapelle de la Vierge, l'autel et la belle statue en bois qui la surmonte sont du célèbre Coysevox. Cette chapelle est elle-même le chef-d’œuvre de l'architecte Péru, à qui l'on doit encore, car il était aussi sculpteur, les statues de saint Jean et de sainte Elisabeth, l'autel de la chapelle de la Congrégation des pauvres femmes, et enfin le maître-autel de l'église, aussi remarquable par sa forme que par la richesse de ses marbres.

   Le retable, vulgairement appelé le « tombeau des Doni », au fond de la nef de droite, est un précieux monument de la renaissance, tout couvert de gracieuses arabesques et d'ornements, autrefois polychromes, sculptés avec une grâce charmante. On y voit en particulier un groupe ravissant d'anges musiciens.

    Parmi les sépultures de cette église, les plus remarquables sont le tombeau de P. Mignard, l'un des six fondateurs de l'Académie d'architecture, désigné par une plaque de marbre noir scellée dans le mur, près de la première chapelle à droite, et le mausolée de la famille des Perrussis.

     Saint-Agricol dut probablement à son titre de première paroisse d'être, en 1793, choisie pour devenir le temple de la Raison.

 Il ne subsiste aucune trace du magnifique couvent des DOMINICAINS où Clément V avait reçu l'hospitalité. Il était près de la porte récemment ouverte de" Saint-Dominique. Le cloître était le plus vaste et le plus orné de l'Europe. L'église, à trois grandes nefs d'une grande hardiesse, pouvait rivaliser pour les souvenirs avec N.-D.-des-Doms. Elle avait servi à deux conclaves et à plusieurs consistoires; elle avait vu le couronnement de

Benoît XII et celui de Clément VI. On y admirait une infinité de tableaux et de peintures du XIVe siècle et les superbes mausolées d'un grand nombre de cardinaux. C'est là enfin que saint Thomas d'Aquin, l'Ange de l'école, avait été canonisé, et, peu de temps après, saint Yves, le patron des avocats.

Dépouillée au moment de la révolution, cette église fut utilisée pour une fonderie au commencement de ce siècle ; mais, rien ne l'a sauvée, et il n'en reste pas pierre sur pierre.

 Le GRAND SÉMINAIRE date du XVe siècle, et il est encore inachevé. C'est cependant en France l'un des plus beaux et des plus vastes, avec d'immenses jardins. L'église, du style corinthien le plus riche, à voûtes plates, contient un baldaquin à colonnes de marbre qui s'élève à treize mètres au-dessus du maître-autel, et un important tableau de Vien, la Circoncision de N. S. Le réfectoire est orné d'un panneau de Simon de Châlons et de deux toiles de N. Mignard et de Sauvan.

AVIGNON BASILIQUE ST PIERRE 961 copie

 

Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Le joli clocher de St Pierre. (Photo : Patrick Garcia)

AVIGNON BASILIQUE ST PIERRE 979 copie

 

Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : St Pierre, sa façade superbe de nos jours. (Photo : Patrick Garcia)

EGLISE ST PIERRE cliché Neurdein 1900

 

Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : La même, photographiée 100 ans plus tôt. (Photo : Neurdein)

 La seconde paroisse, SAINT-PIERRE, est de toutes les églises d'Avignon celle qui a la plus belle façade ; elle est du style ogival le plus élégant et date du XVIe siècle (1520). Le trumeau qui divise la porte est orné d'une belle statue de la Vierge du célèbre Bernus ; les vantaux eux-mêmes, admirablement sculptés, représentent le combat de saint Michel contre Lucifer et l'Annonciation de la Vierge.

 A l'intérieur, des boiseries en déparent un peu l'architecture ogivale et contiennent enchâssées beaucoup de toiles de mince valeur. Il y a, en revanche, des tableaux remarquables : deux Saint Pierre, un Saint André, sept toiles de La vie de saint Antoine de Padoue, par Pierre Parrocel ; les deux autres sont de son oncle Joseph: une Sainte Anne, une Immaculée Conception, Sainte Marguerite et Sainte Marthe de N. Mignard, une Adoration des bergers de Simon de Châlons.

L'autel du Saint-Sépulcre, et, sous la tribune des orgues, un retable de la renaissance, présentent de belles sculptures : le premier, sept statues de pierre ; le second, un curieux bas relief de la Cène.

    Mais le véritable joyau de cette église est la chaire en pierre blanche très fine, aux nervures délicates, aux dais ajourés d'un merveilleux travail.    

    Les statuettes qui la décorent, et qui ont remplacé presque tout autour les statuettes primitives, proviennent pour la plupart du tombeau de Jean XXII.

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : St Didier. (Photo : du Net)

 SAINT-DIDIER

La troisième paroisse, n'a, comme Saint - Pierre et Saint - Symphorien, qu'une seule nef. Cette église s'est enrichie des dépouilles des Célestins.

   De là vient le retable de marbre blanc que l'on appelait les Images du roi René, parce qu'il fut sculpté sur l'ordre de ce prince par un artiste italien, Francesco, en 1481.

     Il représente la quatrième station du chemin de la Croix, la rencontre de Jésus et de sa mère. Onze vers latins gravés au-dessous du bas-relief donnent naïvement l'explication et le commentaire de cette scène. Des Célestins, vient aussi le maître-autel, que Péru avait composé avec beaucoup d'art et de beaux matériaux, pour ces opulents religieux. Deux grandes statues de pierre d'un travail remarquable, qui ornent l'entrée de l'abside, ont été apportées de la chartreuse aujourd'hui ruinée de Villeneuve.

    La même église possède en propre une curieuse chaire de pierre suspendue à onze mètres de hauteur, à gauche, au sommet de la troisième arcade, où il devait être difficile de bien voir le prédicateur et où il ne devait pas lui-même, on peut le croire, se trouver fort rassuré.

   Des tableaux de Sauvan : la Dévotion au Sacré-Coeur, une Présentation et une Purification de Simon de Châlons, Le Couronnement d'épines et la Descente du Saint-Esprit sur les apôtres, enfin une Adoration des Mages de P. Parrocel, composent la décoration picturale de cette église.

    Depuis la ruine du pont, c'est elle qui a recueilli les reliques et le culte de saint Bénézet. Elle honore ce saint, au mois de juillet, en même temps que le bienheureux Pierre de Luxembourg, qui fut chanoine de Notre-Dame de Paris à l'âge de dix ans, évêque de Metz à quinze, cardinal à dix-sept, et mourut des suites de ses austérités à Avignon, où Clément VII l'avait fait venir : il avait à peine dix-huit ans.

    Les miracles qui se firent sur son tombeau ne contribuèrent pas peu à raffermir l'autorité contestée du pape son bienfaiteur. Un feu de joie, sur la place du Corps-Saint, est le couronnement très populaire de cette dévotion particulière à Saint-Didier.

    Le clocher de cette paroisse possède un carillon de sept cloches. Le sonneur Fanot, qui l'avait organisé, inauguré, était lui-même une célébrité de la bonne ville d'Avignon.

    La place plantée d'ormeaux, qui limite Saint-Didier au midi, marque l'emplacement de l'ancien cimetière de la paroisse. Celui du bourreau et des suppliciés était de l'autre côté de la même église, dans la rue Galante.

 

L'église SAINT-ANTOINE, qui sert aujourd'hui de magasin de fers, était à quelques pas à peine. Elle contenait le tombeau de messire Alain Chartier, archidiacre de N.-D. de Paris, « excellent orateur, noble poète, renommé rhétoricien, et père de l'éloquence française ».

    Ce père de l'éloquence française était fort laid, et cependant, un jour qu'il s'était endormi, Marguerite d'Écosse, en passant, lui donna un baiser sur les lèvres, pour les belles choses, dit-elle, qui sortaient de sa bouche.

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Cloître des Célestins (Photo : wikipédia)

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Eglise des Célestins. (Photo : wikipédia)

 Le couvent des CELESTINS,

Il s'ouvre sur la place du Corps-Saint, est aujourd'hui le pénitencier militaire. On y voit encore un cloître gothique bâti par le pape Martin V, un ancien réfectoire dont les lambris sont incrustés de nacre et d'ébène, une église à quatre nefs ogivales, très ornée, avec de remarquables peintures à fresque récemment découvertes.

    Fondé par Clément VII en l'honneur de saint Pierre de Luxembourg, qui y fut enseveli, ce couvent contenait aussi la sépulture de son fondateur et celle de vingt cardinaux. Il avait huit mille écus de rente et paraît avoir été le plus riche des monastères d'Avignon et le plus à la mode. Le bon roi René, qui l'avait comblé de donations et qui s'occupait de beaucoup d'autres soins que celui de son royaume, lui avait confié un singulier tableau dont le président de Brosses nous a laissé la description:

    « Dans une des salles des Célestins, dit-il, je trouvai le fameux tableau peint en détrempe par René d'Anjou, roi de Provence, représentant sa maîtresse.

  Cette femme, dont il était extrêmement amoureux, étant venue à mourir, dans son affliction, au bout de quelques jours, il fit ouvrir son tombeau ; mais il fut si frappé de l'état affreux de ce cadavre, que, son imagination s'échauffant de noirceur, il la peignit. C'est un grand squelette debout, coiffé à l'antique, à moitié couvert de son suaire, dont les vers rongent le corps défiguré d'une manière affreuse ; sa bière est ouverte, appuyée debout contre une croix de cimetière et pleine de toiles d'araignées fort bien imitées.  Au diable soit l'animal qui, de toutes les attitudes où il pouvait peindre sa maîtresse, a choisi un si horrible spectacle ! »

     Une trentaine de vers tracés sur un parchemin déroulé commentaient la peinture, à grand renfort d'antithèses. Les Célestins avaient un très beau parc « tout rempli de palissades de lauriers de la hauteur d'un sapin ».

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : La chapelle des Pénitents Blancs. (Photo : Commons)

 Les PÉNITENTS BLANCS datent de 1523 ; ils furent affiliés peu de temps après à l'ordre des Dominicains, et ils se glorifient d'avoir compté dans leur compagnie les rois Charles IX et Henri III, Henri de Bourbon, roi de Navarre, le duc d'Alençon, plusieurs légats ou vice-légats, une foule de cardinaux, de princes, d'archevêques et de grands seigneurs, dont les noms sont inscrits sur le livre d'or de la confrérie.

     La vieille église de Notre-Dame-la-Principale, fondée en 930 par Bozon, comte de Provence, et reconstruite au XVe siècle, leur sert de chapelle. De beaux tableaux de Pierre Mignard le Romain, un Saint Simon Stock recevant le scapulaire, de Mignard, et de Ch. Parrocel l'Ange assis sur la pierre du tombeau, méritent l'attention des visiteurs.

 

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Chapelle des Pénitents Gris.  (Photo : Commons)

Les PÉNITENTS GRIS ont une singulière église, non loin des Cordeliers, dans cette curieuse rue des Teinturiers dont la Sorgue occupe la moitié. Vous passez sur un pont et vous entrez dans un long vestibule au plafond lambrissé.

    En le suivant vous arrivez « à une petite rotonde décorée de moulures corinthiennes. Cette rotonde s'ouvre elle-même sur une nef hexagonale voûtée en arc de cloître entrecoupé d'une multitude de nervures qui forment les dessins les plus variés. Deux autres nefs à voûte ogivale partent de la première. Celle qui se dirige vers le nord est la plus spacieuse, elle sert de choeur aux membres de la confrérie : son abside est ornée d'un autel en marbre précieux que surmonte une superbe exposition, remarquable comme travail de dorure. »

    Cette confrérie date du XIIIe siècle. Elle fut fondée par le roi Louis VIII après la prise de la ville, et elle a pour but principal l'adoration du saint Sacrement, qui reste continuellement exposé dans son église.

    On y voit des tableaux remarquables de N. Mignard, de Pierre Parrocel, de Simon de Châlons, les peintres ordinaires des églises avignonnaises, et quelques toiles d'auteurs inconnus, comme la Flagellation et la Sainte Famille.

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Palais d’Avignon, plus grande construction gothique du M.-Age. : Chapelle des Pénitent Noirs. (Photo : Commons)

Un colonel de l'infanterie du pape ; Pompée Catilina de Rieti, fut, en 1586, le fondateur des PÉNITENTS NOIRS de la Miséricorde. C'était essentiellement une société de bienfaisance, qui avait pour principal objet de visiter et de secourir lès prisonniers. Ils accompagnaient aussi au supplice les condamnés à mort, et se chargeaient, après avoir pourvu à leur sépulture, de prier pour eux.

    Dès 1616 ils obtinrent le droit de gracier un criminel le jour de leur fête, celle de la Décollation de saint Jean- Baptiste : une jeune fille fut la première à profiter de ce beau privilège. Au soin des prisonniers, ils joignirent dans la suite celui des aliénés, dont l'hospice fut bâti à côté de leur chapelle.

    Dans ces dernières années, cet hospice a été transféré à Montdevergues, et les Pénitents de la Miséricorde ne s'occupent plus que des prisons. Chaque dimanche, l'un d'eux, dans sa robe noire, la cagoule, avec deux trous pour les yeux, rabattue sur la tête, va le matin par les rues, comme un revenant du moyen âge, agitant sa sébile et psalmodiant la phrase consacrée : Pour les pauvres prisonniers, s'il vous plaît !

    C'est à l'occasion de la Fête-Dieu que deux de ces sociétés d'édification mutuelle déployaient toute la pompe de leurs processions particulières. Il faisait beau voir alors la rivalité des Noirs et des Blancs. Mais dans ces longs cortèges combien de faux pénitents n'étaient-ils pas enrôlés pour un jour !

    Quant aux Pénitents gris, ils ne sortent — ou ne sortaient, — que tous les vingt-cinq ans, et c'est pour perpétuer le souvenir de l'amende honorable infligée par Louis VIII aux Albigeois d'Avignon. Toute la Provence accourait à cette curieuse cérémonie.

 Quelques extraits du livre : «Avignon, la ville et le palais des papes » ; par A. Penjon.

Avec 12 dessins et 1 plan publié en 1889 avec une 2ème édition en 1920.

JOSE PATRICK GARCIA

  Outre mes propres infos, je me suis inspiré de Wikipédia, des renseignements offerts par l’Office de Tourisme, tout ce que j’ai pu glaner sur le Net, et du livre: «Avignon, la ville et le palais des papes » ; par A. Penjon. Avec 12 dessins et 1 plan publié en 1889 avec une 2ème édition en 1920.