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     Après les pâtures grillées par la neige de l'Aubrac, voici les pâtures grasses et vertes où paissent des milliers de brebis de race Lacaune, seule à pouvoir prétendre à entrer dans la confection de ce fromage séculaire. Ici, tout est vert et les paysages sont splendides.

TRAJET ROQUEFORT

Trajet de Roquefort (12) sur Soulzon à partir de Ste Livrade sur Lot (47)

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 Roquefort-sur-Soulzon (12) et ses "fleurines": Paysage autour du site. (Photo: Patrick Garcia)

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 Roquefort-sur-Soulzon (12) et ses "fleurines": Paysage près du site. (Photo: Patrick Garcia)

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 Roquefort-sur-Soulzon (12) et ses "fleurines": Dans ces falaises s'affine le fameux fromage. (Photo: Patrick Garcia)

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Roquefort-sur-Soulzon (12) et ses "fleurines":  Vue de la vallée depuis l'Office de Tourisme. (Photo: Patrick Garcia)

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 Roquefort-sur-Soulzon (12) et ses "fleurines": Même vue, mais plus à gauche. (Photo: Patrick Garcia)

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Roquefort-sur-Soulzon (12) et ses "fleurines": L'O.T., le point de départ incontournable de toute visite. (Photo: Patrick Garcia)

     Après une dernière montée, je gare mon « pépère » sur la place de l'OT, d'où la vue est immense. Les étendues désertiques ont laissé place à des vallons colorés, bordés de montagne au calcaire ocre. Ici, la vue porte à 50 kms, là où les montagnes ne bouclent pas la vue…  Je fais ma halte habituelle à l’O.T., je récupère  de la doc sur les fabricants de fromages ouverts au public, et sur les sites intéressants alentours. Plutôt que la grande fabrique" Roquefort Société", je préfère un fabricant "artisanal", la maison « Papillon », qui existe depuis 1929.  

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 Roquefort-sur-Soulzon (12) et ses "fleurines": L'entrée de la société semi-artisanale "Papillon". (Photo: Patrick Garcia)

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 Roquefort-sur-Soulzon (12) et ses "fleurines": Fonctionnement de la cave et des fleurines. (Photo: Patrick Garcia)

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 Roquefort-sur-Soulzon (12) et ses "fleurines": La véritable zone d'affinage du Roquefort! (Photo: Patrick Garcia)

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 Roquefort-sur-Soulzon (12) et ses "fleurines": Aire de collecte traditionnelle du lait pour le Roquefort. (Photo: Patrick Garcia)

     Depuis l’O.T., il y a bien 1 km de montée pour arriver aux caves, et la visite commence dans 20 mn…. Il est 14 h en ce mois d’avril estival et il me tarde de me mettre à l’abri de Phébus… Cela tombe bien, un dernier coup de rein et l’enseigne « Papillon » apparait sur une façade couleur brique. Nous sommes déjà une trentaine à attendre quand une jeune femme lance la visite.

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 Roquefort-sur-Soulzon (12) et ses "fleurines": Dans le labyrinthe des galeries de la cave Papillon. (Photo: Patrick Garcia)

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 Roquefort-sur-Soulzon (12) et ses "fleurines": Les fromages prennent toute leur saveur dans ces caves aérées par les "fleurines". (Photo: Patrick Garcia)

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 Roquefort-sur-Soulzon (12) et ses "fleurines": De ces tourtes artisanales de pain, on recueille la précieuse moisissure qui ira ensemencer la tomme pour lui donner cet aspect persillé.  (Photo: Patrick Garcia)

     Après un film de 1927 qui montre le travail des fromagers il y a près d'un siècle, nous descendons de très nombreuses marches et plusieurs niveaux taillés dans la falaise, les caves d’affinage. Inutile de dire qu’après la belle montée sous le « cagnard », cette descente dans les caves est un réconfort, et c’est tout juste si certains, maintenant, ne se plaignent pas du frais… L'appellation caves de Roquefort (Voir explications plus loin) ne peut être appliquée que sur une montagne de 2000 m de long sur 300 m de large... C’est la particularité de cette montagne où des failles naturelles amènent une circulation constante d’air frais, qui permet de donner ses caractéristiques au fromage, sans le quel un ingrédient essentiel, lui ôterait sa couleur persillée….Le guide nous explique que le boulanger de « Papillon » prépare tous les ans, réparti sur des 12 mois, 300 boules de pain complet de 4 kgs afin qu'elles produisent la fameuse moisissure pénicillium... Dans une petite bouteille (Voir les photos), et qui n'est remplie qu'a moitié, il y a de quoi ensemencer 2000 tonnes de laitage pour fabriquer du roquefort! Cette cave est désaffectée depuis quelques années, pour une plus pratique, ici, tout est porté à bras, et les tomes sur les étagères sont des fac-similés.

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  Roquefort-sur-Soulzon (12) et ses "fleurines": Exemple de produit de la maison, tous ces produits sont ouverts à la dégustation...(Photo: Patrick Garcia)  

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  Roquefort-sur-Soulzon (12) et ses "fleurines": Trophées et récompenses des différents salons agricoles...(Photo: Patrick Garcia)

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  Roquefort-sur-Soulzon (12) et ses "fleurines": Différents modèles pour des goûts variés et plus ou moins affinés. (Photo: Patrick Garcia)

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  Roquefort-sur-Soulzon (12) et ses "fleurines": Clôture en beauté de la visite, la dégustation! (Photo: Patrick Garcia)

    Si vous avez l'opportunité de visiter, allez-y, après moultes dégustations, la demi tome affinée longuement et de la variété la plus goûteuse, est à 16€ pour 650 grs! C'est peu pour un produit haut de gamme qui n'a rien à voir avec celui vendu sous plastique en supermarché. Ici, l'emballage est une feuille d'étain, qui seule, garanti la conservation et l'affinage du fromage. Ma visite des lieux s’arrête là pour le village, car ici, il n’a pas de grands monuments à visiter sur place. Le monument est le fromage.

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  Roquefort-sur-Soulzon (12) et ses "fleurines": Un véritable "Trésor" se charge sous nos yeux, en partance pour les étals du monde entier. (Photo: Patrick Garcia)

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  Roquefort-sur-Soulzon (12) et ses "fleurines": A voir aussi, l'incontournable fromagerie "Société", mais ici, nous sommes dans un autre monde! (Photo: Patrick Garcia)

Attention, il y a des visites payantes et des visites de caves gratuites, le métier est le même, le savoir faire aussi…. A vous de choisir. Demain, visite d'un cirque de dolomites, sorte de colonnes calcaires ocre qui dominent les pays alentours.

 LES DOLOMITES DU CIRQUE AU- DESSUS DE TOURNEMIRE (12)


    Loin d'être des orgues volcaniques, ces dolomites sont en calcaire usées par l'érosion, formant un cirque d'1 km de diamètre au dessus du village de Tournemire, blotti contre Roquefort sur Soulzon. Ce haut lieu de randonnée permet des excursions à dénivelé parfois important, mais a l'arrivée, le spectacle est là !

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 Le cirque de Brias à Tournemire (12): Rien à voir avec un cirque volcanique.... (Photo: Patrick Garcia)

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 Le cirque de Brias à Tournemire (12): Ces falaises en forme de cratère sont produites par l'érosion du calcaire! (Photo: Patrick Garcia)

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 Le cirque de Brias à Tournemire (12): Un lieu magique pour la randonnée... (Photo: Patrick Garcia)

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 Le cirque de Brias à Tournemire (12): Les circuits sont bien balisés. (Photo: Patrick Garcia)

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 Le cirque de Brias à Tournemire (12): La faune, la flore, la géologie, les points de vue... (Photo: Patrick Garcia)

Je mets mon GPS sur « Tournemire », un village à 3 kms, siège d’un important cirque, le « cirque de Brias », qui permet de belles randonnées et des coups d’œil incomparables. Arrivé par la D23, j’oblique à gauche dans la « rue du Couvent » et je poursuis tout droit dans une petite zone pavillonnaire, puis un sentier de « Ricardou » en castine, et à 300m, j’arrive sur le parking du local de la société de chasse locale.

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Le cirque de Brias à Tournemire (12): Un monde à nul autre pareil. (Photo: Patrick Garcia)

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 Le cirque de Brias à Tournemire (12): Sauvage...Romantique... (Photo: Patrick Garcia)

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 Le cirque de Brias à Tournemire (12): Et pourtant, assez fréquenté des initiés..(Photo: Patrick Garcia)

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Le cirque de Brias à Tournemire (12): Un monde minéral... (Photo: Patrick Garcia)

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 Le cirque de Brias à Tournemire (12): Point de vue sur Tournemire et le piton abritant Roquefort, à droite. (Photo: Patrick Garcia)

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 Le cirque de Brias à Tournemire (12): Randonnée proposée par l'OT de Roquefort.  (Photo: Patrick Garcia)

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 Le cirque de Brias à Tournemire (12): Envers du dépliant. (Photo: Patrick Garcia)

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 Le cirque de Brias à Tournemire (12): Le cirque vu d'en haut.  (Photo: du Net)

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 Le cirque de Brias à Tournemire (12):Autre vue d'en haut. (Photo: du Net)

De là, la vue est impressionnante sur cette grande chaine circulaire qui le domine de plusieurs centaines de mètres. J’entreprends une petite randonnée.

 LE VIADUC DE MILLAU

       De retour de mon expédition à Roquefort, je décide d’aller voir de près le viaduc de Millau que j’avais aperçu de loin à l’aller par la route (si belle) des Grands Causses. J’arrive par l’A75, une des seules grandes autoroutes françaises gratuites, sauf…. Et c’est assez normal, puisque c’est un privé qui l’a construit. Pour les occasionnels, comme moi, les tarifs ne sont pas prohibitifs, compte tenu du temps gagné et du travail engagé. Pour une voiture, il faut compter (au début juin 2017) 8 euros, hors été, et 10,10 euros l’été. Pour les campings cars, c’est 12 euros et 15,10 euros l’été.

 

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Le viaduc de Millau (12): Entrée du pont en venant de Montpellier . (Photo: Patrick Garcia)

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 Le viaduc de Millau (12): Magnifique architecture qui sublime le paysage. (Photo: Patrick Garcia)

      J’arrive dans le sens Montpellier- Clermont-Ferrand, ce qui est, parait-il, le meilleur sens pour « le déguster ». Et c’est vrai, qu’à son approche, je suis assez impressionné, malgré les nombreux reportages que j’ai visionné sur cet ouvrage d’art, il n’y a que le voir en vrai qui permet de vraiment apprécier ce montre d’acier et de béton.

   Quand je suis sur le point de l’emprunter, je m’aperçois, pourtant j’aurai dû m’en rappeler, qu’il est courbe, il parait que c’est pour tenir éveiller les conducteurs et éviter tout accident sur l’ouvrage, mais je pense que l’effet visuel en est augmenté, puisque les 7 pylônes sont visibles en enfilade, alors que droit, on n’en aurait vu qu’un seul à la fois… Mais Dieu qu’il est majestueux, on dirait le « Trident de Vulcain », ou plutôt la Foëne, car il y a 7 piques à ce harpon… Les haubans paraissent scintiller au soleil, et les pylônes semblent aux mats de grands voiliers à l’assaut de cette mer houleuse des « Grands Causses » qui s’étale devant moi à perte de vue…

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 Le viaduc de Millau (12): Comme autant de voiliers posés sur l'horizon.  (Photo: Patrick Garcia)

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 Le viaduc de Millau (12): Le viaduc vu depuis l'aire de repos qui accueille le petit musée local. (Photo: Patrick Garcia)

    Etonnant, si la vitesse est limitée à 110 km/h sur le pont, ils sont nombreux à ralentir un peu, pour faire durer le plaisir de cette contemplation inhabituelle… J’ai l’habitude des grands édifices historiques, mais je reconnais être bluffé un peu comme quand à 20 ans, j’avais découvert « la Tour Eifel »… Et vous verrez que dans la doc fournie par les gérants de l’ouvrage, il y a justement une comparaison avec notre Tour Nationale !

     Passé le viaduc, j’attends avec impatience l’aire de repos où je pense qu’un « Point de Photographe » est aménagé pour les automobilistes qui l’empruntent nombreux pour seulement faire « LA » photo du viaduc. Une fois garé mon « Pépère », je cherche cet endroit. Je le trouve de suite au nombre de personnes qui se prennent en « Selfies ». Waouh ! C’est vrai que l’angle est extra et le viaduc impressionnant depuis ici….

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 Le viaduc de Millau (12): Cette vieille ferme caussenarde sur l'aire de repos, a été aménagée en une sorte de musée àla gloire du viaduc et des territoires alentours. (Photo: Patrick Garcia)

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 Le viaduc de Millau (12): Une très jolie maquette montre la ferme où nous sommes, à son apogée, au 19ème.  (Photo: Patrick Garcia)

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 Le viaduc de Millau (12): Une très jolie maquette montre la ferme où nous sommes, à son apogée, au 19ème.  (Photo: Patrick Garcia)

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 Le viaduc de Millau (12): Une très jolie maquette montre la ferme où nous sommes, à son apogée, au 19ème.  On y reconnait une "lavogne" où vont boire les moutons. (Photo: Patrick Garcia)

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 Le viaduc de Millau (12): Une très jolie maquette montre la ferme où nous sommes, à son apogée, au 19ème. Côté droit de la photo, correspondant à la photo qui montre la ferme caussenarde en vue extérieure, juste au-dessus. (Photo: Patrick Garcia)

    Un paysage bucolique parcouru par une réalisation ultramoderne… Cela me rappelle les débuts de la « Pyramide du Louvre », l’opposition du vieux château et de la surréaliste construction de verre… Après moultes clichés, je me retourne et  vais visiter les locaux de l’aire, à l’intérieur d’une ancienne ferme. Cette « Ferme de Brocuéjouls » qui date de 17° et 19°siècle a été restaurée pour accueillir les nombreux visiteurs du Viaduc de Millau. Loué, puis acheté par les fermiers à l’hôpital de Millau, cet ensemble somptueux planté sur le Causse Rouge a accueilli un élevage de 200 brebis de race Lacaune, dont le lait était destiné à la fabrication du fromage Roquefort.

     L’essentiel des bâtiments est groupé autour d’une cour rectangulaire. Le rez-de-chaussée servait au logement des animaux ou au stockage de leur nourriture : bergerie, étable, puis écurie, grange. L’habitat des paysans se trouvait au 1er étage. La rareté du bois d’œuvre de qualité, sur les causses, obligeait à utiliser la technique de la voûte. Du sous-sol aux combles, elle est omniprésente dans l’architecture caussenarde.

    En l’absence d’eau en surface sur les causses, l’eau de pluie ruisselant sur les toits, était soigneusement recueillie par les chéneaux qui menaient à une citerne. Une lavogne était également présente : cette cuvette recueillait l’eau de pluie, par la mise en place d’une couche imperméable (argile ou marne) et servait d’abreuvoir aux troupeaux.

      A l’intérieur de la ferme rénovée, des souvenirs dédiés au viaduc, quelques expositions sur les spécialités régionales et une très belle maquette restituant la ferme au temps de sa splendeur, avec sa lavogne, ses moutons, ses murets, et surtout la disposition de ses murs formant une cour fermée. En faisant le tour de la maquette, on distingue le four à pain en toit de lauzes, le petit jardin potager avec ses rangées légumières, la bergerie et même la grande grange latérale toujours en toit de lauzes…

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     Enfin, tradition régionale, le « bolet » ou « balet », au terme  d’une grande volée de marches, le palier à l’étage, couvert d’un petit toit, comme dans tous les pays caussenards… Une petite merveille !

      Voilà, ma visite sur le site du viaduc est terminée, je reprends mon vieux « Pépère », et poursuit mon périple cévenol….

LE VIADUC DE MILLAU, QUELQUES CHIFFRES A DONNER LE TOURNIS

     Si le viaduc a été construit en 3 ans, la préparation du projet a quant à elle duré 14 ans. Les premières discussions sur le franchissement du Tarn à proximité de Millau ont lieu dès 1987. Dernier maillon de l'autoroute A75, le Viaduc de Millau est sans conteste le défi technique et institutionnel le plus important de cette autoroute.

 

COUPE DE LA VOIE

La genèse de l'ouvrage

 

L'A75 et le Viaduc de Millau sont le fruit d'importantes réflexions. Le désenclavement du Massif Central est une préoccupation forte durant la seconde moitié du XXème siècle. De cet enjeu est née l'association « La Méridienne » qui contribue, encore aujourd'hui, à valoriser et dynamiser les territoires alentour.

La conception

Un nouvel appel d'offres est alors lancé par l’État pour la mise en concession du viaduc. L'alliance du béton et de l'acier, préconisée par Eiffage, est retenue en 2001. La Compagnie Eiffage du Viaduc de Millau est chargée de la construction, mais également de l'exploitation du viaduc.

La construction : 3 ans pour un chantier de titan

La première pierre est posée le 14 décembre 2001. L'aventure commence pour les constructeurs !

Au bout de quelques semaines seulement, les premières piles du viaduc s'élèvent, jusqu’à obtenir le record du monde de la plus haute pile, accroché à 245 m. Le chantier béton s'achève dans les temps, en décembre 2003.

Deux chantiers à ciel ouvert sont menés en parallèle pour préparer le tablier. Le 25 février 2003, un premier tronçon de tablier de 171 m part à l’assaut du vide. 17 autres lançages suivront jusqu'à permettre, le 28 mai 2004, à 14h12 précises, la jonction – ou clavage – des parties nord et sud du tablier. Une opération réalisée à 270 m au-dessus du Tarn. Mission réussie !

Puis tout s’enchaîne… l’installation des pylônes débute 24 heures après le clavage, suivie de la pose des 154 haubans destinés à soutenir le tablier. En trois mois, tout est terminé.

Fin septembre, l’enrobé est appliqué sur le tablier. Aménagement de la chaussée, installation des systèmes de sécurité, éclairage, finition de la barrière de péage : le 14 décembre, l’ouvrage est inauguré par le Président de la République.

Le 16 décembre 2004 : le viaduc est mis en service.

 De nombreux records pour une œuvre majeure

PROFIL DU VIADUC

Le Viaduc de Millau est connu pour être « l'ouvrage de tous les records » : des chiffres souvent vertigineux, qu'il est parfois difficile de rapporter à l'échelle humaine. Voici quelques exemples pour mieux appréhender cette œuvre titanesque !

Longueur 2460 m.

Deux travées de rive de 204 m et six travées courantes de 342 m.

Avec une portée de 342 m, la Tour Eiffel peut tenir couchée entre 2 piles.

Largeur du tablier 32 m. Soit l'équivalent de 17 hommes, bras tendus.

600 compagnons : Au plus fort des travaux, près de 600 compagnons travaillaient sur le chantier.

Poids du tablier d'acier : 36000 t.

Hauteur maximale 343 m. Soit 19 mètres de plus que la Tour Eiffel.

Hauteur des pylônes 87 m. Soit un immeuble de 29 étages.

Volume de béton 206 000 t. Soit l'équivalent du poids à charge d'environ 5 fois le porte-avions Charles de Gaulle à pleine charge.

Pente : 3,025%

Nombre de piles 7

Hauteur de la plus haute pile (P2) 245 m.

Travées : 2 travées de rive de 204 m., 6 travées courantes de 342 m.

Nombre de haubans 154

11 paires par pylône disposées en une seule nappe coaxiale. Tension des haubans 900 à 1 200 t.

Coût de la construction 400 M€, comprenant le viaduc et la barrière de péage.

Durée de la concession 78 ans

 

3 ans de construction et 75 ans d'exploitation.

Garantie de l'ouvrage 120 ans

 Rayon de courbure 20 km

 Mars 2002 / Décembre 2003 - L'élévation des piles

Le Viaduc de Millau possède 7 piles qui supportent le tablier du viaduc.

Les fondations

Dès mars 2002, quelques semaines seulement après le début du chantier, les piles sortent de terre.

Parallèlement aux piles, les culées sont construites sur le Causse du Larzac et le Causse Rouge. Le 9 décembre 2003, avec quelques semaines d’avance sur le planning, les piles et les culées sont achevées.

Pari tenu pour Eiffage avec, en prime, le record du monde de la plus haute pile pour «P2». 

20 mois pour assembler 36 000 tonnes d'acier : le lançage du tablier

Deux chantiers à ciel ouvert ont été aménagés à l’arrière des culées, au nord et au sud du viaduc. Toutes les soudures et travaux d’assemblage y ont été effectués, limitant le risque lié au travail à grande hauteur.

Éléments remarquables / Chiffres-clés

  • Transport des pièces : les convois exceptionnels, d’une hauteur de 4,20 mètres et d’une longueur de 15 à 22 mètres, pouvaient peser jusqu’à 90 tonnes.
  • La largeur du tablier est de 32 mètres, tandis que sa masse totale avoisine les 36 000 tonnes.
  • 20 mois de travail ont été nécessaires aux 150 compagnons chargés de construire le tablier.
  • 96% des tâches ont été réalisées au niveau du sol

Le lançage : le tablier à l’assaut du vide

La mise en place du tablier d’acier sur les piles a fait appel à une technique de lançage particulière. Tronçon après tronçon (chacun de la longueur d’une demi-travée), le tablier a été lancé dans le vide.

Pour réussir cette performance, les translateurs ont été installés sur les piles et les palées provisoires (gigantesques béquilles d’acier servant d’appuis intermédiaires entre deux piles). Ils ont ainsi permis de déplacer les 36 000 t du tablier.

Au rythme d’une opération toutes les quatre semaines, il aura fallu dix-huit lançages pour amener les deux parties du tablier à l’aplomb du Tarn. Réalisé à la vitesse moyenne de 9 m/h, chaque lançage a demandé jusqu’à 48 h de travail non-stop. La jonction du tablier s’est effectuée le 28 mai 2004 à 14h12 au-dessus du Tarn.

 

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Éléments remarquables / Chiffres-clés

  • 64 translateurs pour déplacer 36 000 tonnes
  • 18 lançages d'une durée maximale de 48 h non-stop
  • Vitesse moyenne de déplacement : 9 m/h

28 mai 2004 - La jonction du tablier

La rencontre des tabliers sud et nord a eu lieu le 28 mai 2004 à 270 m au-dessus du Tarn.

L’aboutissement de 15 mois de travail fut un moment d’intense d’émotion.

Installation des pylônes - Une opération réalisée en seulement 3 mois

Les pylônes viennent compléter la ligne des piles, au-dessus du tablier.

Les pylônes ont été amenés en position horizontale sur le tablier par quatre remorques automotrices.

Pris en tenaille par d’immenses bras d’acier, ils ont été redressés à l’aplomb des piles de béton.

Les pylônes : sept mâts d’acier pour un viaduc

Dès le début des opérations de lançage, un pylône partiellement haubané a été positionné à l’extrémité de chaque partie de tablier pour éviter à celui-ci de ployer lors de son lançage entre une pile et l’autre.

La mise en place des 5 pylônes manquants a débuté juste après la jonction des deux parties du tablier au-dessus du Tarn. Cette opération a été réalisée en seulement 3 mois.

Au cours de ces opérations, une bascule parfaitement contrôlée a permis de positionner les pylônes en position verticale, juste au-dessus de leur point d’ancrage. Ils ont alors été soudés sur le tablier.

Éléments remarquables / Chiffres-clés

  • Chaque pylône pèse 700 t et mesure 87 m
  • La mise en place des pylônes n'a duré que 3 mois
  •  Le haubanage - 1500 tonnes de câbles sous tension

 

COUPE DE TORONS

Les haubans ont été installés selon une technique bien rodée. Après avoir passé un premier toron dans la gaine de protection extérieure, celle-ci est hissée sur le pylône jusqu’à son emplacement définitif.

Le toron est alors fixé dans ses ancrages supérieurs et inférieurs. Une « navette » permet ensuite d’amener un à un tous les autres torons, qui sont ensuite mis sous tension.

Chiffres clés :

 

  • Le plus long hauban mesure 180 mètres et pèse 25 tonnes
  • La tension des haubans est comprise entre 900 et 1 200 tonnes

Une construction d'exception jusqu'aux finitions

10 000 tonnes d'enrobé répandus en moins de 4 jours

La pose du revêtement sur le Viaduc de Millau a été réalisée du 21 au 24 septembre 2004.

Lisse et sans une ride, il recouvre l’acier sur une épaisseur de 6,7 cm. Au total, 10 000 tonnes de béton bitumineux ont été nécessaires pour réaliser la couche de roulement.

L’instrumentation : un viaduc ausculté sous toutes les coutures

Piles, tablier, pylônes et haubans sont équipés d’une multitude de capteurs. Ceux-ci sont conçus pour déceler le moindre mouvement du viaduc et mesurer sa résistance à l’usure. Anémomètres, accéléromètres, inclinomètres, capteurs de température… font partie de la panoplie des instruments de mesure utilisés.

Les informations recueillies sont transmises par réseau à un ordinateur situé dans le bâtiment d’exploitation contigu à la barrière de péage.

La barrière de péage : une feuille de béton vrillée flottant au dessus des voies

Constituée de 53 éléments (les voussoirs), l’auvent est long de 98 mètres et large de 28 mètres. L'ouvrage qui repose sur 48 poteaux métalliques, n'est pas sans rappeler les voiles de parapente qui survolent la région.

Avec cette barrière de péage, Eiffage souhaite créer un symbole fort pour l'automobiliste avec une forme originale, et mettre en évidence les caractéristiques d'un béton fibré à ultra hautes performances.

Coulés à proximité de la culée nord du viaduc à l'aide d'un seul moule, les 53 voussoirs ont été acheminés sur site au moyen d'une remorque automotrice puis pris en charge par une grue à chenille jusqu'à leur emplacement définitif.

Eléments remarquables / Chiffres clés

  • Les bornes d'appel d'urgence sont espacées de 511 mètres (contre 2km sur autoroute normale)
  • Deux stations météorologiques analysent les conditions atmosphériques sur le viaduc et à la barrière de péage (vent, hygrométrie, température)
  • Les voussoirs de la barrière de péage ont été fabriqués en six mois, d'octobre 2003 à février 2004
  • Le poids de l’auvent avoisine les 2 500 tonnes

 PATRICK GARCIA