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    Si Sauve est bordée au Nord de ces « chaos » de calcaire rongé par l’érosion, une grande partie de la bastide est entourée d’une nature généreuse, dont des vignes. Les célèbres « Costières de Nîmes » adoucissent les rigueurs du paysage. La Méditerranée toute proche, le bâti, les cyprès, les couleurs ocres…. Tout réjoui l’œil autour de Sauve.

TRAJET SAUVE

Trajet pour se rendre à Sauve, à partir de Ste Livrade 47110

   Située sur une éminence, avec la résurgence du « Vidourle » aux eaux turquoises, enjambé par un joli pont roman, cette cité possède tous les aspects du village provençal, même si je me suis éloigné de l’appellation proprement-dite. En effet il y a plusieurs attractions dans la cité ; par exemple, « Le Conservatoire de la Fourche ». Dans un ancien bâtiment du 18ème, « les Casernes », on y logeait les Dragons du roi, est situé ce musée qui retrace l’histoire de cette industrie régionale tout à fait particulière à la ville de Sauve et unique en Europe. Cette activité a occupé un grand nombre de sauvains pendant des siècles, la production était de l’ordre de 80 000 fourches par an au début du 20ème siècle, aujourd’hui, elle n’est plus que d’un millier…

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Sauve (30) : La mer de rochers : Les fameuses fourches à 3 brins de Sauve. (Photo : OT Sauve)

   Ces fourches à 3 branches sont faites avec des micocouliers, cultivés jadis en abondance dans les îlots de terre, au milieu des rochers ou le long du Vidourle.

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Sauve (30) : La mer de rochers : Le joli pont roman sur le Vidourle, dont la réusurgence est à l'entrée du village. (Photo : Patrick Garcia)

   Mais, malgré toutes les nombreuses curiosités, il y en a bien une quarantaine de répertoriées (fontaines, châteaux, moulins, remparts, tours…..) on vient souvent à Sauve pour visiter son « chaos » nommé ici « la Mer de Rochers ».

   Cette balade ou « chemin des Camisards », est un sentier historique, empierré et pavé depuis des temps immémoriaux. Il traverse des kms de garrigues, de végétation dense et rugueuse, et un « désert »  de calcaire aux formes bizarres taillées par l’érosion au fil des millénaires. Cette balade hors du temps, hors de tout, permet des vues géologiques et paysagères de toute beauté. Il y a un circuit qu’empruntent les nombreux visiteurs, souvent étrangers, avec une ramification plus courte qui revient au village au terme d’une promenade de 3/4kms. Mais on peut allonger la course en prenant à gauche, à la patte d’oie du château de Roquevaire.

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 Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards. (Photo : Patrick Garcia)

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 Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards. Reste de cabane de guet. (Photo : Patrick Garcia)

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 Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards. Arrivée au château de Roquevaire. (Photo : Patrick Garcia)

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 Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards. Vue du château de Roquevaire depuis le chemin des Camisards. (Photo : Patrick Garcia)

  L’endroit est superbe, riche en émotions, et, quand on a l’imagination qui travaille et imagine les réunions secrètes qui s’y déroulaient, les pièges tendus aux « camisards », les images de lutte contre l’oppression portée par la ou les religions qui ont souvent pris le pas sur la vie des gens… La flânerie devient introspection…. Qu’aurai-je fais face à tant et tant d’injustices (Je suis athée) ?

Ce site exceptionnel, tant par son étendue, par le paysage insolite ainsi que la richesse de sa variété botanique est envoûtant….

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 Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards.   (Photo : Patrick Garcia)

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 Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards. Un univers minéral dans un océan de verdure sauvage.  (Photo : Patrick Garcia)

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Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards. Parfois une tour de guet...   (Photo : Patrick Garcia)

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 Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards.  Ici un tunnel pour rejoindre un autre sentier. (Photo : Patrick Garcia)

 PRESENTATION DE SAUVE EN DETAIL

 

   Entre Alès et Nîmes, il existe une cité médiévale qui possède plusieurs atouts, mais le plus inhabituel, le plus captivant, est celui de « LA MER DE ROCHERS ».

   Ce village typique gardois possède en effet, un chaos de rochers qui abrita de tout temps les villageois durant les guerres, mais aussi les Camisards, pendant les guerres de religions ou les résistants durant la 2ème Guerre Mondiale…Ici, dans ce désert de pierres, se trouvent des « gabègne », sorte de trous, de poches creusés naturellement dans le calcaire et qui retiennent les eaux, sorte d’oasis miraculeux pour les proscrits de toute sorte, les fuyards de tout âge, mais aussi les animaux, dans cette contrée désertique et inhospitalière pour les non-initiés.

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 Sauve (30) : La mer de rochers : Vue générale de Sauve sur le Vidourle. (Photo : Patrick Garcia)

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 Sauve (30) : La mer de rochers : Ancienne porte d'entrée dans les murailles. (Photo : Patrick Garcia)

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 Sauve (30) : La mer de rochers : Un charmant petit village aux couleurs chaudes.(Photo : Patrick Garcia)

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 Sauve (30) : La mer de rochers : vue d'un village du Piémont cévenol. (Photo : Patrick Garcia)

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Sauve (30) : La mer de rochers : Dans les rues du village perché. (Photo : Patrick Garcia)

     Mais auparavant, présentation générale de notre étape du jour !

    « SAUVE, antique et curieuse cité », c’est ainsi que la nommait Jean GERMAIN, fervent sauvain écrivain du xx ème siècle. Antique, car son origine serait antérieure de plusieurs siècles à notre ère. Curieuse, car elle est un peu le type même du village vertical, s’appuyant d’un coté au massif de COUTACH et de l’autre surplombant le fleuve VIDOURLE.

 

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  Sauve (30) : La mer de rochers : Fontaine de la place Florian. (Photo : OT Sauve)

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 Sauve (30) : La mer de rochers : Fontaine place Astruc. (Photo : Patrick Garcia)

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  Sauve (30) : La mer de rochers : Statue de la fontaine, place Astruc. (Photo : Patrick Garcia)

SAUVE FONTAINE TOUR DE MOLE 516 copie

 Sauve (30) : La mer de rochers : Fontaine, datée 1865, de la tour de Molle. (Photo : Patrick Garcia)

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 Sauve (30) : La mer de rochers : La tour de Molle, avec son parement à bossages et ses meurtrières. (Photo : Patrick Garcia)

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 Sauve (30) : La mer de rochers : Date sur le linteau de ladite tour. (Photo : Patrick Garcia)

 

SAUVE HOTEL DE LA MONNAIE XIEME 428a copie

  Sauve (30) : La mer de rochers :  L'ancien Hôtel de La Monnaie. (Photo : Patrick Garcia)

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  Sauve (30) : La mer de rochers :  Au-dessus du Vidourle, sur les remparts, la demeure du poète Florian. (Photo : Patrick Garcia)

Ici, la nature et l’histoire semblent avoir conclu une entente parfaite pour donner le jour à ce chef-d’œuvre exceptionnel. Village chargé d’histoire comme en témoignent son pont vieux du XII et XIII ème siècle, les vestiges de ses remparts, de son abbaye, de son couvent, ses portes fortifiées, ses voûtes, ses hautes tours, et son Hôtel de la Monnaie. 

 

C’est aussi un site naturel remarquable de par sa mer des rochers, paysage de relief calcaire façonné par une érosion des eaux aux allures curieuses et mystérieuses, et son fleuve VIDOURLE avec des qualités et des défauts qui lui confèrent une extraordinaire personnalité. Une partie de son cours est souterrain en amont de Sauve où il réapparait en une résurgence.

 « Le voyageur le moins attentif qui traverse le territoire de cette petite cité ne peut manquer de ressentir une impression d’étrangeté, une sorte d’appel du mystère. »

André CHAMSON, écrivain et académicien.

« Passer par SAUVE, c’est être happé par l’appel du mystère d’un village bâti sur les gouffres du Vidourle planté au milieu des rochers, et comme entouré d’invisibles présences. »

Roger KATAN, architecte.

Sur le plateau du Coutach se dresse un dernier causse, un site naturel remarquable. Les phénomènes géologiques ont sculpté ce relief lui donnant un aspect de paysage lunaire dans un lacis de sentiers. Des rochers fantastiques se dressent au milieu de la végétation. La science explique ce phénomène ainsi : sous l’effet de l’acide carbonique (pluie et vent) les roches de carbonate de chaux et magnésie se décalcifient peu à peu et c’est la magnésie qui, plus résistante, forme ces arêtes.

     Ces dolines sont remplies d’une terre argileuse, riche humus (terra rossa) ce qui la rend propice à la culture. Au cœur de la « Mer de Rochers » se trouve le château de « Roquevaire » entouré de parcelles encore délimitées par des murets de pierres sèches et de quelques chemins autrefois muletiers et soigneusement empierrés de cailloutis. Ce site aujourd’hui abandonné a été cultivé jusqu’au milieu du XX ème siècle et on y trouve encore la trace de nombreux vergers (cerisiers, pêchers, oliviers, vignes, mûriers et micocouliers qui étaient à la base de l’économie locale).

Les villageois y avaient leurs mazets et des installations (citernes…) pour recueillir l’eau de pluie trouvant ici des conditions les plus favorables pour leur culture. La chaleur accumulée dans les rochers durant le jour, était restituée pendant la nuit, de plus ces rochers étaient un abri naturel contre les vents.

LA MER DE ROCHERS

Je reprends ici le texte du document fournit par l'OT de Sauve.
"Sur le plateau dominant Sauve, ma mer de rochers et le vaste plateau du Coutach offrent une multitude de chemins fort agréables dont 3 sont balisés. Voici deux des sentiers les plus accessibles. Ne vous éloignez pas des parcours balisés, il est très facile de se perdre dans le bois du Coutach" (et d'y croisé le géant Vintus..?)

Conseils pratiques:
Aucune difficultés n'est à signaler. Toutefois, chaussez vous bien ( bonne basquette adhérante, ou mieux chaussures de rando tenant la cheville) et soyez prudents les jours et le lendemain de pluie. certaines pierres sont glissantes (car polies par les nombreux passages)
En pleine journée estivale, pensez aux chapeaux car sur le plateau le soleil est roi et aucun point d'eau n'existe. Prenez ou remplissez une bouteille d'eau aux fontaines de Sauve. l'eau y est potable.

Voici le plan des sentiers balisés.

plan de la mer de rochers SAUVE

Sentier "Mer de Rochers":
balisage jaune puis rouge
distance 1,2km
durée pédestre 45mn

Sentier de "l'Aven":
balisage rouge
distance 3,5km
durée 1h30

Accès :Rejoignez le coeur du village où de nombreux panneaux indiquent "mer de rochers". Vous passerez par la rue St jean qui longe les murs crenelés du chateau Russe 1.
Lorsque le bitume disparait, montez par le sentier de droite pour arriver sur le plateau. Prenez le chemin qui part à droite et dépassez le Castellas 2.(restant en arrière sur votre droite)
Quelques dizaine de metres plus loin vous arriverez au carrefour et apercevrez le chateau de Roquevaire 3.Ici deux itinéraires sont possibles:le jaune à droite ou le rouge à gauche.

Description du balisage Jaune (puis rouge):
A droite, le balisage jaune vous plonge au coeur de la Mer des rochers 4., paysage singulier qui abrite une végétation etonnament abondante dans ce site à première vue stérile. Après une pente douce, vous remontez rapidement pour arriver sur un replat qui offre un beau point de vue sur le site. A la fin de la traversée, vous remontez sur les blocs de rochers d'ou vous apercevez les toits de Sauve. Ici Quittez le balisage jaune (PR45) pour prendre à droite un chemin ingénieusement empiérré (un calade) qui redescend vers le village.
(c'est justement cette partie que certains voyaient deja passer en zone constructible, étendant ainsi les maisons sur un site unique à préserver)
possibilité de faire de la varape sur des blocs horizontaux.

 

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 Sauve (30) : La mer de rochers : Le chemin des Camisards où se faufilaient les huguenots en résistance. (Photo : Patrick Garcia)

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 Sauve (30) : La mer de rochers : Le chemin des Camisards où se faufilaient les huguenots en résistance. (Photo : Patrick Garcia)

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 Sauve (30) : La mer de rochers : Le chemin des Camisards où se faufilaient les huguenots en résistance. (Photo : Patrick Garcia)

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Sauve (30) : La mer de rochers : Le chemin des Camisards où se faufilaient les huguenots en résistance. (Photo : Patrick Garcia)

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  Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards.   (Photo : Patrick Garcia)

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  Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards. Dans ce désert de pierre, ces aspérités, ces creux, permettaient toujours aux fuyards de se désaltérer.   (Photo : Patrick Garcia)

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  Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards. Pas une autoroute, mais une voie piétonnière empruntée durant des siècles par les persécutés de tout poil et les Camisards, mais aussi, de nos jours, par les touristes, au point de "lustrer" la pierraille...  (Photo : Patrick Garcia)

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 Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards. Ici, le silence n'est troublé que par le chant des cigales.  (Photo : Patrick Garcia)

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  Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards. Au détour du camin, restes d'un nid d'aigle.  (Photo : Patrick Garcia)

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  Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards. Panneaux de direction dans la mer de rochers. (Photo : Patrick Garcia)

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  Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards. Incroyable amoncellement de rochers...  (Photo : Patrick Garcia)

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  Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards. (Photo : Patrick Garcia)

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  Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards. Un univers minéral réservé aux proscrits.  (Photo : Patrick Garcia)

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  Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards.  Curieuses traces d'érosion sur les rochers qui semblent striés... (Photo : Patrick Garcia)

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  Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards.  Curieuses traces d'érosion sur les rochers qui semblent striés... (Photo : Patrick Garcia)

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  Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards. Ces petites cavités dans les rochers permettaient aux fuyards, et aujourd'hui aux animaux, de survivre... (Photo : Patrick Garcia)

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  Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards. L'invitée de marque du circuit, la "crevette géante" . (Photo : Patrick Garcia)

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 Sauve (30) : La mer de rochers : Sur la trace des Camisards. Pour clôre de parcours, un cadran solaire dont voici le gnomon, ludique et inatendu. (Photo : Patrick Garcia)

 Description du balisage rouge:

A gauche, le balisage rouge vous fait longer l'enceinte du chateau de Roquevaire (propriété privée) avant de rejoindre un vieux chemin entre des murets de pierres sèches qui révèlent l'ampleur du travail que ls Sauvains ont accompli pour "dépierrer" leurs parcelles avant de pouvoir les cultiver. Ce chemin vous fait passer un premier carrefour que vous traversez. Après 300m sur la gauche du sentier, se trouve l'aven de Sauve (Attention danger!) Retrouvez le chemin puis débouvher, 100m plus loin, sur une piste carossable. Prenez sur la droite, jusqu'a ce que vous arriviez à un mazet restauré (propriété privée)6. à droite du chemin. Là, quittez la piste pour prendre un sentier à droite qui vous ramenera au village en passant à proximité de la "mer des Rochers". Au bout de quelques mn, une calade descend vers le village.7.

Prenez le temps de savourer ce moment.
Belle balade!

SAUVE : LE VILLAGE MEDIEVAL ET SON HISTOIRE

 

SAUVE PLAN DE LA VILLE

 

 Sauve (en occitan : Seuva ou Sauva) est  située dans le département du Gard.

Village gardois bâti à flanc de rocher, aux pieds de la Mer des rochers ; situé en bordure du fleuve Vidourle, qui après un parcours souterrain ressurgit à las fons di Saouvé ; village médiéval très agréable et très visité durant le printemps et l'été.

HISTOIRE

    La première occupation humaine d’importance date des périodes gauloise et romaine : elle est située sur le site de Mus, au nord de la commune.
Les premières mentions du bourg de Sauve sont plus tardives : selon les ouvrages consultés, le « castrum » de Sauve est cité pour la première fois en 898 ou une soixantaine d’années plus tard, en 959. La bibliographie s’accorde en revanche pour situer le premier lieu d’implantation dans la zone haute de Sauve, au niveau de la mer de Rochers.
L’habitat se fixe ensuite en zone basse, sur le site actuel, à partir du début du XIe siècle. Lorsqu’une abbaye y est fondée par les seigneurs de Sauve : elle occupait l’emplacement actuel de la mairie et de la place Astruc.

    La ville est marquée, du XIe au XIIIe siècle, par la présence de la puissante famille de Sauve-Anduze qui possède également la ville stratégique de Sommières. Les Anduze se qualifient d'ailleurs selon les chroniques du temps du curieux et rare titre d'origine perse de "Satrapes de Sauve". Cette période voit la construction du Pont Vieux et des remparts et le développement commercial de la ville, point de passage du Vidourle. La ville connaît alors un premier développement autour de l’enclos abbatial et du Pont Vieux, rive droite mais aussi rive gauche avec la formation du faubourg de la Vabre.

 

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  Sauve (30) : La mer de rochers : Rue Cavaleresque. (Photo : Patrick Garcia)

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 Sauve (30) : La mer de rochers : Rue Cavaleresque, ça sent le midi... (Photo : Patrick Garcia)

    Au XIIIe siècle, la seigneurie passera aux mains des Roquefeuil, descendants des Anduze, puis fut confisquée par le roi de France avant d'être acquise par les évêques de Maguelonne. Elle sera ensuite partagée entre plusieurs seigneurs.

À la période moderne, la ville est majoritairement protestante. Sur le plan économique, elle voit son importance décliner au profit de la ville voisine de Saint-Hippolyte du Fort à partir du XVIIe siècle : Sauve produit comme d’autres villes des textiles (bas de laine), mais les échanges importants se font à Saint-Hippolyte, ou à Nîmes, et la ville reste avant tout un centre de production agricole. À la fin du XVIIe siècle, la construction du Pont Neuf entraîne un déplacement des activités d’hébergement et de transit des marchandises vers le secteur des Combes, aujourd’hui place Florian. Le secteur nord de la ville se développe.

 

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  Sauve (30) : La mer de rochers : Les magnifiques fenêtres à meneaux rue de l'Evêché. (Photo : Patrick Garcia)

SAUVE RUE DE L'HORLOGE 425 copie

  Sauve (30) : La mer de rochers : Rue de l'Horloge, pentue et à escaliers, typique des bourgs perchés du Midi. (Photo : Patrick Garcia)

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 Sauve (30) : La mer de rochers : Tour de l'Horloge. (Photo : Patrick Garcia)

Aux portes de Cévennes, Sauve fut un bastion lors de la guerre des camisards. L’église abbatiale, le château de Roquevaire, sont incendiés, de nouvelles fortifications sont édifiées (de cette époque date la construction du Castelas, qui domine la ville). L’église actuelle a été reconstruite au cours du XVIIIe siècle Les casernes (écrites "cazernes" sur leur fronton) sont construites en 1759.

Les dragons du roi avaient élu domicile dans des bâtisses qu'aujourd'hui encore on nomme, les casernes, actuellement accolées à l'école publique. Autrefois, ce village était une cité plus importante que Nîmes, aujourd'hui préfecture gardoise.

La physionomie de la ville change avec la destruction, pendant la période révolutionnaire, de l’enclos abbatial. Sur son ancienne emprise, la mairie de style néo classique avec son portique à colonnes est construite, dans la première moitié du XIXe siècle. À la même époque, le temple est construit place Florian, lui aussi de style néo classique très sobre avec un vaste fronton triangulaire couronnant la façade. Enfin la gare de chemin de fer est édifiée en 1872.

 La campagne de Sauve, au XIXe siècle, n'ignore pas la culture du mûrier, notamment sur le domaine de Vestric, qui s’étendait également sur la commune de Saint-Jean-de-Crieulon. Dans les années 1860, cette culture sera anéantie, et remplacée par la vigne : la crise du mûrier et de l’élevage des vers coïncidant, à quelques années près, avec l’arrivée du chemin de fer qui permettra la diffusion de la production viticole. L’activité urbaine mêle alors activités industrielles, artisanales, agricoles, avec l’installation de fabriques de bonneteries, de distilleries et la poursuite de la production, en grand nombre, de fourches de micocouliers.

Sauve a toujours été très célèbre pour ses fourches (fabriquées avec le bois du micocoulier, micoucoule qui voulait dire petite baie noire, comme les fruits du même arbre), ainsi que ses cerises dont les arbres étaient plantés dans la Mer des Rochers. Site, visité par de nombreux touristes en été, qui ne connaît actuellement plus de vie arboricole, agricole ou toute autre activité humaine qui fourmillait auparavant. C'est un village médiéval très bien conservé dont la visite en été est très agréable à travers ses rues en pentes, escaliers, porches et passages couverts, éléments d'architecture des façades très quantitatifs et qualitatifs du XVe au XVIIIe siècle.

 

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LIEUX ET MONUMENTS

 

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  Sauve (30) : La mer de rochers : Le pont roman sur le Vidourle aux eaux turquoise. (Photo : Patrick Garcia)

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  Sauve (30) : La mer de rochers : Le Vidourle au pied du village de Sauve, juste après sa résurgence.(Photo : Patrick Garcia)

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 Sauve (30) : La mer de rochers : La résurgence du Vidourle après son parcours souterrain. (Photo : Patrick Garcia)

 ·         le "pont vieux", d'origine médiévale, franchissant le Vidourle ;

·         "Fontaine de Sauve" : résurgence de "type vauclusien" particulièrement impressionnante en période de fortes pluies notamment à l'automne ;

·         l'église, très remaniée au XIXe et son puisant clocher carré ;

·         la tour de l'horloge médiévale surmontée de son campanile en fer forgé abritant la cloche des heures ;

·         le temple protestant et son vaste fronton triangulaire surmontant sa façade néo classique de la première moitié du XIXe siècle ;

·         l'hôtel de ville et son important portique à colonnes néoclassiques (vers 1820) en face de l'église, place sur laquelle se trouvent d'ailleurs quelques maisons à arcades au rez-de-chaussée ainsi qu'une belle fontaine surmontée d'une statue en fonte de fer peinte en vert, sorte de "déesse" à l'antique semblant représenter la "Diane de Gabies" (milieu XIXe) ;

·         le Conservatoire de la fourche, le seul lieu à pratiquer encore la fabrication de fourche au bois du micocoulier. Avec l'office de tourisme, il est installé au sein d'anciennes « cazernes » (casernes) du XVIIe siècle ;

·         le village, à l'aspect extrêmement pittoresque, est accroché sur une pente abrupte dominant le Vidourle ; nombreuses ruelles avec passages voutés, venelles et escaliers. Nombreuses façades gothiques du XIVe au XVIIIe siècle ;

·         la Mer de Rochers est un chaos de rochers calcaires. Cette zone de karst à tourelles et sorte de cité ruiniforme se visite gratuitement. On y trouve les restes du château de Roquevaire qui est une propriété privée ouverte au public pour les journées européennes du patrimoine. Ou encore les restes du Castellas dominant la cité médiévale au sud. Plus au sud encore, on notera les ruines de l'ancien château de La Roquette au-dessus d'une boucle du Vidourle.

·         divers autres mas dont celui de Pigné ou Pignet remarquable (fin XVIIIe, début XIXe ; maison natale de Théodore Sivel) ;

·         l'ancien établissement thermal de "Fonsange-les-Bains" au pied du massif de Coutach dont le point culminant domine Quissac et Sauve de 472 mètres ;

·         le château de l'Évesque, résidence de Jean Astruc et le moulin à eau attenant, plus ancien ;

·         à l'est de la commune, sur la route de Durfort, dominant cette dernière, l'élégant château de Valfons dont le corps de logis principal est entouré à chaque extrémité de deux tours rondes ;

·         l'ancienne gare, aujourd'hui restaurant, datant de 1872, typique de l'architecture ferroviaire du PLM dans la seconde moitié du XIXe siècle.

 PATRICK JOSÉ GARCIA

Avec l’aide de l’O.T., de Wikipédia, du Net, et des Sauvains qui m’ont gentiment apporté leur aide.