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      Après ma visite à Aigues-Mortes, je file 30 kms vers l’Est, en pleine Camargue, tout contre les Saintes Maries de la Mer, visiter Arles, une des villes qui possède le plus vestiges antiques….

    Ici, çà « bouge » ! Avec mon « Pépère », je me fais plusieurs fois klaxonner pour mes hésitations ou par mon manque d’instantanéité aux feux… Mais un véhicule de quasiment 3,5 tonnes qui a 20 ans, çà se ménage…

    Enfin, j’atterris près du Rhône, à « Trinquetaille » où se trouve le parking dédié aux campings cars, rive droite du fleuve, presque sous le pont de la N113.

TRAJET

 Trajet d'Arles à partir de Ste Livrade/Lot.

     Ce jour de mai, il fait beau, mais le vent souffle fort et frais, alors, le coupe-vent est le bienvenu, je file vers le centre ville. D’abord, je remonte les quais superbement aménagés, pour passer le pont de « Trinquetaille » qui va me faire franchir le Rhône et arriver en ville.

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 Arles la romaine (1ère partie) : Le quai "Trinquetaille" en bordure du Rhône, stationnement des camping cars, et le pont du même nom. (Photo : Patrick Garcia)

    Je suis un peu déçu par cette entrée de la ville, tous les magasins sont fermés et ce premier contact me laisse une étrange sensation…Que vais-je découvrir ?

    Je suis la « rue du Pont » qui devient « rue de la République » et tout de suite, suis rassuré, passé les cent premiers mètres, la ville est resplendissante et le bâti propre et bien entretenu, plein de monde et de vie…. Je file encore quelques centaines de mètres, jusqu’à la « rue Jean Jaurés » à droite qui surplombe l’O.T. situé Bd des « Lices »

    En effet, « en terre inconnue », rien ne vaut de bons renseignements pour ne pas s’épuiser à rechercher les monuments, et d’abord, quels monuments ??? Cet office du tourisme est tout neuf, c’est une véritable usine ! On se croirait à l’entrée du Louvre, des files et des langues d’Europe et d’ailleurs… Par contre, la doc est à point, les plans précis et il y a un « Pass » où pour quelques euros, vous pouvez visiter les Arènes (Amphithéâtre), le Théâtre Antique, les Thermes de Constantin, les Cryptoportiques (restes souterrains du forum), les Alyscamps (nécropoles antiques), le cloître le la primatiale St Trophime, et le  Le Musée Départemental Arles Antique . Je vous conseille de prendre ce « pass » qui s’achète dans n’importe lequel des monuments dont je viens de citer la liste.

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 Arles la romaine (1ère partie) : Plan d'Arles au 2/3ème siècle. (Photo : Patrick Garcia)

       Muni de mon sésame, je décide de « survoler » les principaux monuments, pour ce premier jour, histoire de me repérer avant la visite des plus intéressants, car je ne pourrai rester que quelques jours et il y a plus de 80 monuments à visiter !

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Arles la romaine (1ère partie) : Représentation d'Arles à son apogée. Avec le forum, puis le théâtre et les arènes.(Photo : Patrick Garcia)

      Je traverse le « Bd des Lices » et reprends la « rue Jean Jaurés », par où je suis arrivé. Elle aboutit « Place de la République » où se trouvent, déjà de nombreux et beaux monuments, ainsi que la Mairie. Au milieu de la place, trône l’OBÉLISQUE. C’est émotionnant que de savoir que ce « phallus » géant est vénéré et visité depuis 18 ou 19 siècles, même si il fut érigé ailleurs, au début.

 L’OBELISQUE 

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Arles la romaine (1ère partie) : Le fameux obélisque d'Arles. (Photo : Patrick Garcia)

    Cet obélisque, de forme très effilée en comparaison des autres obélisques d'époque romaine ou antérieurs, n'est en rien égyptien. Le granite rouge dont il est constitué laisse supposer une origine d'Asie mineure, probablement de Troade (région de Troie). Il est entièrement dépourvu d'inscription, même romaine. Sa hauteur, socle compris, est d'environ  20 m. L'obélisque est érigé sous l'empereur Constantin, au ive siècle, au centre de la « spina » du cirque romain d'Arles, lors de travaux de transformation. Puis à partir du vie siècle, le cirque est abandonné : l'obélisque s'effondre ou est renversé, et se brise en deux parties.

L'obélisque est redécouvert en 1389 : on le montre aux hôtes de marque. Henri IV songe à le placer au centre de l'amphithéâtre (Arènes d'Arles).

C'est sous Louis XIV qu'on décide finalement de son sort : les consuls décident de l’ériger sur la place Royale (aujourd'hui place de la République), devant le nouvel hôtel de ville, « pour la plus grande gloire du roi Louis XIV ». Le fût est alors transporté depuis le lieu d'origine, ainsi que la pointe (environ 4 m) depuis la place Antonelle, où elle servait de banc.

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 Arles la romaine (1ère partie) : La base de l'obélisque et ses célèbres masques. (Photo : Patrick Garcia)

 L'obélisque est ré-érigé sur un socle de pierre ; le 26 mars 1676, la pointe est mise en place, bientôt surmontée d'un globe de bronze et d'un soleil. Ces ornements sommitaux changent au gré des époques et des régimes politiques : à la Révolution, le soleil est remplacé par un bonnet phrygien ; sous l'Empire, l'aigle remplace le bonnet ; sous Louis-Philippe, le coq chasse l'aigle, puis le soleil royal reprend sa place. En 1866, les ornements de la pointe sont définitivement retirés, et remplacés par un pyramidion de bronze, très discret.Le socle fut orné au XIXe siècle d'un bassin et de lions de bronze, modelés par Antoine Laurent Dantan. (Sources Wikipédia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Un des masques de type "Hercule". (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Les lions de bronze qui ont remplacé ceux d'origine en pierre. (Photo : Patrick Garcia)

     Pendant que je détaille l’objet, je constate qu’il est le point central de la ville, tous les visiteurs, les curieux, les amoureux, les étudiants…sont là, assis en cercles, devisant où écoutant la musique, souvent à éplucher les brochures où livres de visite. Face à lui, l’Hôtel de ville un beau bâtiment à colonnes dans le style classique, c’est par son rez de chaussée que nous pouvons accéder aux « Cryptoportiques », les soubassements et caves du forum.

A gauche en équerre, l’église désaffectée de « Ste Anne d’Arles » qui sert de salle d’exposition temporaire.

A droite, les joyaux de l’art roman que sont la « primatiale St Trophime » et « son cloître » !

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 Arles la romaine (1ère partie) : L'Obélisque avec la mairie en toile de fond. (Photo : Patrick Garcia)

 LA PRIMATIALE ST TROPHIME

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 Arles la romaine (1ère partie) : Plan de St Trophime par Robert Valette. (Photo du Net)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Plan de St Trophime et de son cloître. Nous survolons dans cet article ce monument pour ne s'intéresser qu'au "romain", mais dans le prochain article, nous y reviendrons en profondeur et en longueur.  (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Le magnifique tympan de St Trophime, ou Jésus dans une mandorle est entouré des 4 évangélistes sous la forme du tétramorphe. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : La façade de St Trophime.  (Photo : Patrick Garcia)

 Je m’attarderai plus en détail sur ces deux monuments plus loin. J’avance vers l’ancienne cathédrale St Trophime, plus je m’approche plus il me semble rêver devant l’extraordinaire richesse du portail roman provençal…

    Il y a des centaines de figurines, statues, personnages, petits ou grands, des colonnes de personnages enchainés conduits vers l’enfer, des anges, des lions des scènes bibliques…. Incroyable !!! Et tout cela quasiment sans dégradation et comme neuf…. Vous verrez à travers les photos et descriptions, la richesse de ce patrimoine assez unique, un peu plus loin.

    Pour l’instant, je rentre explorer  le vaisseau… La nef écrase par ses dimensions, elle mesure 40 m de long, 15 m de large et 20 m de haut… et ses collatéraux mesurent 3,5 mètres pour une hauteur 15…. Sur celui de gauche, par où je commence une rapide visite, sont exposées 5 grandes tapisserie d’Aubusson sur le thème de la vie de Marie et de Jésus. Ici, tout foisonne d’œuvres d’art. Je note au passage de beaux sarcophages, dont celui du « Passage de la Mer Rouge » avec une multitude de personnages, la cuve est en marbre luisant, nacré par les mains curieuses. Bizarrement, dans cet épisode de la bible où il n’y a que des Hébreux et des Égyptiens, tous portent les tenues romaines…

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 Arles la romaine (1ère partie) : La chapelles des reliques. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Liste et plan des reliques  de la photo ci-dessus. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Magnifique sarcophage dont le panneau principal représente le "Passage de la Mer Rouge". (Photo : Patrick Garcia)

       Dans ce rapide tour d’horizon, j’admire un superbe tableau de 145x200 cm signé et daté de 1614 par Ludovicus Finsonius (Louis Finson), en fait, il en a deux autres du même genre, mais cette « Annonciation à la Vierge » est d’une finesse et d’une légèreté remarquable. Un peu plus loin, une chapelle est dédiée aux reliques de 27 saints vénérés dans la primatiale. Un amoncellement de reliquaires de toutes formes, dorés, où trônent des fragments d’ossements de St Sébastien, St Didier, St Urbain ou encore Ste Anne…

    Au chevet, dans la chapelle du St Sépulcre, se trouve un très beau et réaliste groupe  de 10 personnages grandeur nature, représentant la « Mise au Tombeau » du 16ème siècle. Sous les magnifiques vitraux  qui encadrent le groupe, cet ensemble est toujours un peu émouvant, même pour l’athée revendiqué que je suis…. Les croyants devaient être subjugués à une époque où cette « Mise au Tombeau » devait être polychrome…. Tandis que là, il est difficile de rendre le modelé des visages et des costumes à la lumière artificielle.

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Arles la romaine (1ère partie) : Clocher de St Trophime, vu depuis le toit du cloître de St Trophime.  (Photo : Patrick Garcia)

    Il y a tellement à voir…. Cette huile de la fin du 16ème siècle, d’un anonyme, elle représente un « Concile Provincial d’Évêques » en présence de la Vierge Marie portant l’Enfant Jésus.

   Juste après, dans la « Chapelle des Rois », se trouve un second tableau de Finson, enchâssé dans le retable doré, il s’agit de « l’Adoration des Rois Mages »…. Je suis presque à la sortie, je regarde le grand panneau explicatif, contant et expliquant les différentes curiosités et œuvres exposées à la curiosité du public. Tout cela est ma foi bien analysé et commenté ! Je sors…

LE CLOÎTRE DE ST TROPHIME

 Plan du cloître de St Trophime réalisé par M. Valette.Saint-Trophimecloître

 

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Arles la romaine (1ère partie) : Plan de situation du cloître de St Trophime. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Le cloître de St Trophime. (Photo : Patrick Garcia)

     Je file à gauche, sur quelques mètres pour aller admirer le cloître de St Trophime. Après un coup de tampon sur mon « pass galerie», je rentre une du quadrilatère. Ce monument est en parfait état, même si des chapiteaux ont été restaurés. Le jardin a disparu au profit d’un pavage qui ne détourne, ainsi, pas l’intérêt que l’on doit porter à ce monument qui est presque dans son jus, avec ses galeries commencées au 12ème et achevées au 14ème. D’ailleurs, on voit bien que ces deux siècles d’écart sont représentés par le roman aux galeries nord et est, opposés aux deux autres, tout à fait gothique. D’une taille de 28x25 mètres, ce cloître possède des colonnades superbes, des chapiteaux ouvragés, mais surtout un toit d’origine, en belle pierre plate à la pente prononcée pour collecter les eaux et les expédier dans le patio et éviter les infiltrations…

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 Arles la romaine (1ère partie) : Le cloître et les galeries, cliché pris depuis le toit du cloître. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Les magnifiques colonnes doubles et leurs arcs romans du plus beau style. (Photo : Patrick Garcia)

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Arles la romaine (1ère partie) : Détail d'une des galeries. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Magnifique drapé de cette statue de sainte. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Dans l'une des galeries bordées de sièges à l'image des salles capitulaires. (Photo : Patrick Garcia)

    Nous verrons plus loin, en détail, toutes les belles choses à voir ou à noter sur ce cloître, comme son histoire. A l’angle nord-ouest, une salle du réfectoire offre toute une série de tapisseries qui sont autant de leçons d’Histoire, en particulier de la chevalerie. Juste derrière, il y a au bout d’un très bel escalier, une grande salle capitulaire, imposante. C’est ici que tous les religieux se retrouvaient pour avoir « droit au chapitre » et décider de la marche à suivre de l’abbaye. Le toit est  en voûté en berceau roman supporté par de puissants arcs doubleaux. De là, on passe sur la terrasse qui court sur le toit des galeries, et d’où on a une vue inégalée, sur le haut clocher de la primatiale. Celui-ci est un empilage de 5 cubes  de plus en plus étroits, le tout percé de grandes baies  romanes…

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 Arles la romaine (1ère partie) : A l'ombre des chapiteaux romans du cloître de St Trophime. (Photo : Patrick Garcia)

    Ici tous les bâtiments sont couverts de larges dalles de pierres bien ordonnées, le toit doit peser « un bras »….. Le puits central qui domine le jardin, ou du moins son emplacement, est bordé d’un mur, sorte de rambarde ou de protection, précédé d’un banc en pierre qui court le long de mur, l’ensemble faisant une sorte de « fauteuil » où les moines pouvaient s’adosser pour être au calme.

     VERS LES EDIFICES ROMAINS

      Je redescends et je décide avant d’aller voir les Arènes et le théâtre, de visiter les restes du forum, les caves et fondations qui se trouvent sous la mairie, face à St Trophime. Depuis le rez de chaussée de l’Hôtel de Ville, j’accède à l’entrée des « Cryptoportiques » après un tampon sur mon « Pass » et au terme de quelques mètres de descente, je me trouve dans de longues caves pareilles à des tunnels, éclairées par quelques ventaux à leurs sommets, communiquant au niveau du sol de l’extérieur, autrefois le forum. Écoutons les enseignements des brochures et du net :

 FORUM et CRYPTOPORTIQUES

 Le forum d’Arles, situé dans la ville d'Arles, est la première grande réalisation urbaine vers 30-20 av. J.-C. de la colonie romaine fondée en 46 av. J.-C. pour remercier Arelate (ancien nom d’Arles) de son soutien à César.

 HISTOIRE ET DESCRIPTION

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Arles la romaine (1ère partie) : Maquette du forum romain, au premier plan, les "cryptoportiques " se trouvent à présent au niveau des arcades. (Photo: Patrick Garcia)

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Morceaux des contructions du forum replacés dans le mur d'une maison de l'actuelle place du forum. Les trous dans la pierre correspondent à l'emplacement de crampons fixant des lettres en bronze. Selon Séguier l'inscription mentionnerait Constantin. Référence : CIL XII, 668. (Photo: Cigogne Hedwige)

     Conformément aux usages de l’urbanisme romain, ce forum prend place à l’intersection des deux voies majeures de la cité : le cardo (nord-sud) et le decumanus (est-ouest).

Le forum d'Arles est constitué d’une grande place dallée de 3 000 mètres carrés, dont seuls deux fragments ont été conservés. Initialement le forum est encadré par quatre portiques monumentaux joints par autant de galeries à arcades. Il est évoqué par des auteurs anciens tels que Sidoine Apollinaire en 461 qui nous en dresse une description, « encombrée de colonnes et de statues».

CRYPTOPORTIQUES

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 Arles la romaine (1ère partie) : Une des 3 allées des cryptoportiques avec, à droite, des tambours de colonnes cannelés. (Photo: Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) :    (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Nouvelle allée.(Photo: Patrick Garcia)

     L’originalité du forum d’Arles réside dans ses fondations. Il est en effet construit sur les étonnants cryptoportiques. Ces galeries de substruction répondaient à une nécessité structurelle : elles étaient destinées à compenser la déclivité de la colline de l’Hauture, de sorte que l'esplanade du forum repose sur une surface horizontale. Les cryptoportiques forment un fer à cheval de 89 m de long et 59 m de large, constituées de trois galeries, elles-mêmes divisées en deux galeries parallèles accolées larges de 3,90 m, qui communiquent entre elles par des arches au cintre très surbaissé en raison de la déclivité du terrain, la galerie sud, creusée dans le roc, était souterraine, tandis que la galerie nord aboutissait à ciel ouvert. De ce côté une série de boutiques faisaient face à une place. Les cryptoportiques se distinguent par leur exécution soignée.

     On leur a prêté plusieurs fonctions, qui ne résistent pas à l'examen, qu'il s'agisse d'un promenoir ou d'un espace de stockage, si l'on considère que l'édifice ne disposait que de deux portes d'accès situées au nord, fort étroites de surcroît (1,47 m). Des aménagements opérés dans l'Antiquité tardive rendent son usage comme grenier à cette époque plus plausible.

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 Arles la romaine (1ère partie) : Vue des cryptoportiques.(Photo: Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Autour des allées, des cellules, certainement des silos ou des ateliers d'artisans. (Photo: Patrick Garcia)

      En 1951, on a découvert à l'extrémité Est de la branche nord des cryptoportiques un dépotoir d'éléments architecturaux en marbre, probablement destinés à être brûlés dans un four à chaux. Parmi ces éléments se trouvait une copie en marbre du bouclier d'or (clipeus virtutis), hommage décerné par le Sénat romain à Octave en 27 av. J.-C. La copie, qui date de 26 av. J.-C., fut érigée sur le forum d'Arles.

MONUMENT A EXEDRE

    Vers l'ouest, le forum était jouxté par un espace public situé en contrebas, dont l'extrémité sud est conservée dans la cour du Museon Arlaten. Il s'agit d'une exèdre qui devait avoir son pendant au nord de la place. Le lieu était consacré au culte impérial.

PLACE DU FORUM ACTUELLE

L'actuelle place du Forum ne coïncide pas avec l'emplacement du forum antique. Le forum romain s’étendait plus au sud, derrière les vestiges des deux colonnes ainsi qu'un demi entablement conservés dans la façade de l'Hôtel « Nord-Pinus. » (Voir photo ci-dessus).

   Les maquettes nous montrent exactement l’emplacement de ces soubassements destinés à l’origine à compenser la déclivité du terrain et ainsi à permettre une mise à plat des différentes places composant l’ensemble du forum.

ooooOoooo

   Je remonte au soleil pour m’attaquer aux deux derniers monuments du jour. En sortant de la mairie par le côté nord, je découvre, adossé au mur, le « banc de la justice », où depuis le moyen-âge les édiles rendaient leurs sentences contre les prévenus….

   Je remonte la « rue de l’Hôtel de Ville » jusqu’à croiser  celle « des Arènes », qui en la suivant sur ma droite, m’amène au monument le plus spectaculaire d’Arles, puisqu’il est resté presque’ entier depuis 20 siècles !

LES ARENES ou AMPHITHEÂTRE

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Arles la romaine (1ère partie) : Les arènes avant leur dégagement, une cité dans la ville, et fortifiée! (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : La maquette des arènes au temps de leur splendeur. (Photo : Patrick Garcia)

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Arles la romaine (1ère partie) : Les arènes aujourd'hui! (Photo : Patrick Garcia)

    Tout d’un coup, la foule qui me précède parait devenir plus petite au fur et à mesure que le « disque de pierres » parait s’élever au-dessus de nous pour finalement nous rendre minuscule à ses côtés… Comment cette immense couronne de pierres a-t-elle pu arriver dans un tel état, jusqu’à nos jours. J’ai lu que les municipalités d’Arles ont pris très tôt conscience des joyaux disséminés un peu partout, et dès le 17/18ème, ont tout fait pour éviter le pillage, parfois en vain. Le 19ème, avec la création de la liste des Monuments Historiques, a renforcé cet élan, a permis de compléter les protections et de commencer les restaurations avec la bénédiction de Prosper Mérimée.

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 Arles la romaine (1ère partie) : Décoration des grilles des portiques des arènes. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Impressionnantes allées couvertes supportant les gradins, une partie, comme ici, a perdu ses dalles de plafond.  (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Cliché intéressant , où l'on voit une section complète de plafond dallé, et le départ d'un escalier vers les étages, à droite. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Ce même escalier qui monte aux étages, rejoint une galerie couverte circulaire qui dessert les gradins du second étage. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Autre accès, mais au rez-de-chaussée, pour accéder aux sièges des arènes, les plus huppées, celles au niveau du sol. (Photo : Patrick Garcia)

    Au moyen âge, avec les invasions et les guerres, les arènes servirent de rempart ou de camp retranché et 200 maisons s’entassèrent au cœur de l’ouvrage ! Des travaux titanesques ont donc été nécessaires pour détruire ces quartiers et remettre en état au mieux ce considérable monument qui pouvait contenir 25 000 spectateurs ! C’est un des Amphithéâtres les mieux conservés du monde, et plus grand que celui de Nîmes.

    Plus loin, je ferai un chapitre spécial avec tous les renseignements que j’ai pu glaner sur ce site majeur de la romanité en Gaule, mais pour l’instant, voici mes impressions.

      Comme d’habitude, même en avril, il y a la queue des grands jours, j’attends patiemment de passer à la caisse, et avec mon « Pass », je n’ai pas à débourser les 8 euros de la visite.

    Une série de grands panneaux en couleurs démontrent le pourquoi du comment de l’édifice, les types de gladiateurs qui s’y affrontaient, une vue aérienne en relief du monument, etc. Pour ma part, pour mieux l’appréhender, il vaut mieux se référer aux maquettes du « musée des Antiquités d’Arles »,  tellement majestueuses, grand format, et faites par des professionnels de l’archéo. J’avance dans ma visite et me trouve enfin dans les corridors du rez-de-chaussée. Tout de suite je suis comme écrasé par la monumentalité de ces arches dominées par les corniches qui supportaient le plafond-sol de l’étage du dessus…. A ma gauche, de fortes grilles empêchent toute intrusion, à ma droite des alignements d’arches abritant régulièrement des escaliers pour aller aux étages, alternant, avec des tunnels d’accès aux places de l’étage du bas… De temps à autre, des voix venues d’outre-tombe…. Ce ne sont que des gens qui arpentent les nombreuses coursières et galeries qui montent, se croisent, descendent, se coupent, parfois dans le noir presque absolu….

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 Arles la romaine (1ère partie) : Le sommet des arènes a beaucoup souffert au moyen-âge, et a servi de carrière pour construire le village à l'intérieur de l'amphithéâtre.  (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Galerie sommitale qui dessert les dernières séries de gradins. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Vue d'ensemble des arènes, et de la tour Est, cliché depuis la tour Ouest.  (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : La tour est, avec en toile de fond, l'église ND la Major.  (Photo : Patrick Garcia)

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Arles la romaine (1ère partie) : Dernière des tours utilisées au Moyen-Âge pour la défense du quartier que constituait le village à l'intérieur des arènes.  (Photo : Patrick Garcia)

     Dire qu’ici, des hommes ont souffert, sont morts pour que d’autres puissent se distraire de tant de sang répandu. Que ce soient les esclaves, les condamnés, les gladiateurs puis les chrétiens, mais aussi les bêtes que l’on faisait se battre entre elles pour le plaisir d’un public très friand d’attractions sanglantes.

    Je continue la galerie, tiens, ici, restauration ou reliquat d’origine, il ya le plafond comme lors de sa construction, ce qui donne vraiment l’aspect initial aux arènes. Je finis par monter un des escaliers pour aller voir la vue au niveau des places d’en haut de l’édifice. Avec un plan, on doit pouvoir se guider aisément car chaque escalier de l’amphithéâtre porte un numéro, comme chaque corridor, chaque tribune et des flèches indiquent les directions à suivre. J’aboutis au sommet, et là je comprends comment est posée l’immense tribune métallique qui garni tout l’intérieur des arènes, puisque les gradins d’origines ont disparus au cours des siècles, ils ont dû servir de matériaux de construction pour les 200 maisons qui garnissaient l’intérieur de l’Amphithéâtre…. Dans l’arène, des enfants s’entrainent au dur métier de gladiateur, sous la direction moniteur habillé, justement, en gladiateur. D’autres s’entrainent aux jeux de sports athlétiques, lancé du disque, du poids….

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 Arles la romaine (1ère partie) : Au sommet des arènes, une tour de fortification de ce qui devint un château au Moyen-Âge. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Au sommet, l'escalier d'accès à une tour de défense. (Photo : Patrick Garcia)

    J’arrive tout en haut, c’est là que l’on constate le plus les cruelles amputations dues à l’histoire même de la ville. Ces arches qui sont visibles comme un long aqueduc ceinturant le monument ne devraient pas l’être, puisque c’est sur elles que s’appuyaient les gradins du haut, aujourd’hui absents, alors que le premier tiers est lui, encore présent…. Avant de partir je monte une des deux tours situées en périphérie du colosse. De là, la vue est superbe sur la ville, les églises, les vieux quartiers….

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Arles la romaine (1ère partie) : Statue de gladiateur présente au Musée d'Arles, représentant un des héros qui se produisit dans ces arènes,  et dont la figurine fut retrouvée dans la place "Major". (Photo : Patrick Garcia)

    Je ressors assez  ébloui par la beauté et le charme naturel de cette montagne de pierres…. Avant de retourner sur les quais passer la soirée, j’ai un autre rendez-vous, je veux visiter le « Théâtre Antique ».

LE THÉÂTRE ANTIQUE

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 Arles la romaine (1ère partie) : Le théâtre à son apogée, 2/3ème siècle. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Le théâtre, de nos jours... (Photo : Patrick Garcia)

     Pour cela, je fais le tour complet des arènes, dans le sens des aiguilles d’une montre, au passage, pour la photo souvenir, je conseille l’angle avec la rue « Ernet Renan », qui se trouve à l’Est du monument, de là, on englobe tout « l’Amphithéâtre » sans utiliser trop de grand angulaire et sans déformer la verticalité des murs. Je continue et je prends la rue « Porte de Laure » puis à droite la « rue de la Calade » où se trouve l’entrée du « Théâtre Antique ». Tout cela n’a duré que 5 mns, il y a à peine 200 mètres entre les deux colosses de pierres… 

   Après avoir fait viser mon « Pass », j’entre. Bien sûr, celui qui ne sait pas rêver un peu, va être déçu par la visite, surtout après la vue des maquettes de ce même théâtre au « Musée des Antiquités d’Arles » ! Et si par hasard, on sort de visiter celui d’Orange, alors là, c’est le bouquet !!! Mais il se dégage un je ne sais quoi de charme de ces restes d’un des fleurons de l’antiquité romaine.

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 Arles la romaine (1ère partie) : Reste du mur de scène et de ses 2 ultimes colonnes, avec en toile de fond, le clocher de St Trophime.(Photo : Patrick Garcia)

     On a du mal à imaginer que les gradins arrivaient 3 fois plus haut que le haut des 2 colonnes qui restent. Elles font parties de la première rangée des décorations qui bordaient l’arrière de la scène, il y en avait 2 autres rangées au-dessus… Et les gradins dominaient toutes les colonnades, nous n’en avons ici que le premier tiers, le plus petit, puisque le théâtre monte en s’élargissant. Au total, il contenait 10 000 personnes assises ! La moitié, ou presque des spectateurs des arènes !!!! Comme aux arènes, il y avait des corridors bordés d’arches et de tunnels perpendiculaires à la périmétrie pour desservir les gradins. En somme, on peut imaginer la moitié des arènes tranchées à moitié, avec un grand mur où s’appuient la scène et des colonnades avec de nombreuses statues.

    Là aussi, nécessité a fait loi, et au cours des heures sombres de la ville, les habitants se sont servis des pierres du colosse pour bâtir murailles et  maisons. Mais, cela  n’en rend pas moins ces ruines majestueuses et plus romantiques, avec ces deux frêles colonnes miraculées. La preuve que ces dégradations n’ont pas influencées l’attrait du site, il y a en ce printemps, du monde partout, écoutant les guides multilingues. A l’époque, du plus riche au plus pauvre, tous les habitants avaient le droit d’assister gratuitement à ces spectacles culturels. Par contre, les plus riches et les nobles occupaient le premier tiers en bas, puis les bourgeois et artisans et au plus haut, la plèbe des sans grades…

     A part cela, l’endroit est charmant, une puissante tour carrée y a été élevée au moyen-âge pour servir à la protection du quartier, bâtie, elle aussi, avec les matériaux pris sur place. En déambulant le long de cette tour-porte, je suis en présence d’immenses réserves disposées en vrac, de fût de colonnes, d’éléments de corniche richement ouvragées, de chapiteaux…. Je me dis que cela aurait été sympa de remonter, un tant soit peu, toutes ces richesses pour étoffer les restes malingres du théâtre…

Voici quelques précisions utiles apportées par les brochures et le net : 

 

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 Arles la romaine (1ère partie) : Restes du mur de scène du théâtre avec en fond, une tour de fortification. (Photo : Patrick Garcia)

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Arles la romaine (1ère partie) : Reste des gradins du théâtre, un groupe de touriste écoute une guide. (Photo : Patrick Garcia)

LE THÉÂTRE ANTIQUE

    Le théâtre antique d'Arles a été construit à la fin du 1er siècle av. J.-C., sous le règne de l'empereur Auguste, juste après la fondation de la colonie romaine. Commencé vers 40/30 av. J.-C., il fut achevé vers l’an 12 av. J.-C. devenant ainsi l'un des premiers théâtres en pierre du monde romain. Le théâtre s'inscrit sur le decumanus du quadrillage romain. Le théâtre antique d'Arles fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840.

LE MONUMENT

Maquette du théâtre antique d'Arles à l'époque Augustéenne (Musée de l'Arles antique)

    Le théâtre initial comprenait trois parties : la cavea, espace semi-circulaire recevant les spectateurs, la scène où jouaient les acteurs, et le mur servant à la fois de décor et de fermeture au monument.

    La cavea, d'un diamètre de 102 mètres, pouvait accueillir 10 000 spectateurs assis sur 33 rangées de gradins. À Arles, le théâtre contenait donc deux fois moins de spectateurs que les arènes et le cirque. Les spectateurs y étaient repartis par appartenance sociale : le peuple en haut et les chevaliers et notables sur les gradins inférieurs et l’orchestre.

    La scène proprement dite était constituée d’une plate-forme de bois de 50 mètres de long sur 6 mètres de large et abritait la machinerie du théâtre dans ses substructions.

     Le mur du fond était décoré sur trois niveaux d'une centaine de colonnes d'ordre corinthien dont seules deux ont résisté au temps. Le mur, supportait probablement un auvent pour protéger la scène des intempéries. Des niches, dans le mur, abritaient une statuaire d’inspiration grecque, à l’instar de la Vénus d'Arles, objet d'une restauration controversée, qui fait aujourd'hui partie des collections du Louvre.

 

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Arles la romaine (1ère partie) : Entrelacs sur le fronton du théâtre.(Photo : Patrick Garcia)

LES USAGES

     Le théâtre, à la différence de l’amphithéâtre ou du cirque, offrait des spectacles où se produisaient des comédiens ; il s’agissait de tragédies, comédies, mimes et pantomimes romaines ou grecques à destination d’un public probablement plus raffiné. Ces pièces de théâtre, jouées essentiellement lors de fêtes données en l'honneur des dieux, étaient gratuites afin que tous puissent y assister. Cependant, parfois on y offrait des spectacles uniquement destinés aux hommes. De plus, les femmes et les enfants étaient obligés d'être accompagnés par un homme adulte. Pour Jean-Louis Vaudoyer "Le seul théâtre Grec, en France, est celui d'Arles, ville grecque". En précisant qu'il s'agissait du Théâtre grec antique et du type de représentations comme les tragédies d’Euripide ou de Sénèque.

HISTOIRE

 La Vénus d'Arles, découverte lors des fouilles du théâtre antique. Il s'agit vraisemblablement d'une copie romaine rattachée à l'œuvre de Praxitèle qui se trouve désormais au Louvre.

    Le théâtre d'Arles fut édifié au sommet de la colline de l'Hauture sur le decumanus, à la fin du 1er siècle av. J.-C. Sa construction terminée probablement dès 12 av. J.-C. et la richesse de sa décoration témoignaient de l'importance accordée à la colonie arlésienne par l’empereur Auguste. Ce lieu contrairement à la Grèce, n’était pas dévolu à Dionysos, mais à Apollon, divinité mise à l'honneur par cet empereur.

    On rapporte que l'empereur Constance II y offrit une représentation grandiose le 10 octobre 353 et ce lieu de spectacles resta en fonction jusqu’au début du Ve siècle. À cette date, l’Église farouchement opposée aux comédiens et aux spectacles païens, utilisa le théâtre comme carrière pour la construction de la basilique paléochrétienne Saint-Étienne, entreprise sous l’épiscopat d’Hilaire.

Plus tard, probablement entre la fin du vie et le début du VIIIe siècle, un de ses murs fut renforcé, intégré à l'enceinte de la ville et doté d'une tour de défense appelée la « Tour de Rotland ».

    Le terrain fut ensuite progressivement loti avec habitations et ruelles. Des hôtels particuliers y furent édifiés et les ordres religieux s’y installèrent, en particulier les Jésuites qui y établirent leur premier collège ainsi que les Sœurs de la Miséricorde. En 1755-1789, la cour du couvent où étaient visibles les deux colonnes servit à présenter au public les découvertes archéologiques faites sur place.

     Le théâtre commença à être dégagé à partir de 1828, grâce à l’action du maire de l’époque, le baron de Chartrouse. Les travaux furent repris dans les années 1840 et terminés en 1860. On y découvrit à partir des premières fouilles du XVIIe siècle de nombreux vestiges antiques, dont plusieurs sculptures, la célèbre Vénus d'Arles, un buste d'Auguste en Apollon et la tête d'Arles (Musée de l'Arles antique).

    Le théâtre antique d'Arles fait partie des monuments inscrits à la liste de 1840 dressée par Prosper Mérimée. Depuis 1981, il figure sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité établie par l'UNESCO.

Situation actuelle

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 Arles la romaine (1ère partie) : Dans un recoin sous la tour, "l'ossuaire" du théâtre, de quoi remonter quelques éléments du défunt monument. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Dans un recoin sous la tour, "l'ossuaire" du théâtre, de quoi remonter quelques éléments du défunt monument. (Photo : Patrick Garcia)

Aujourd'hui, le monument se visite.  De l'élévation antique supportant la cavea, il ne demeure plus qu'une travée, englobée au Moyen Âge dans le rempart de la cité où elle fut transformée en tour de défense. L'orchestra conserve en son centre la trace du scellement de l'autel aux cygnes, emblème d’Auguste, voué à Apollon.

   Enfin, il reste, seules et mystérieuses, deux colonnes, dites « les deux veuves », sur la centaine qui décoraient le mur de scène.

     Ce monument est également un lieu de spectacles. Il accueille en particulier entre fin juin et fin août, les Fêtes d'Arles et du costume, les Rencontres Internationales de la Photographie, le festival « Les Suds », le festival des «  Escales du Cargo » et le « Festival du film péplum ».

   Je ressors de ce dernier monument, c’est tout pour la journée, j’ai la tête trop pleine de belles images et de sensations. Demain j’irai visiter « Le Musée Départemental Arles Antique », il me faudra bien quatre heures pour disséquer tous les chefs d’œuvres présentés. Pour l’instant, je reviens vers le « Pont de Trinquetaille » et le « quai de la Gabelle » où se trouve le parking à camping car, à 30 minutes de marche….

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Arles la romaine (1ère partie) : Un certain romantisme se dégage de ces ruines... (Photo : Patrick Garcia)

LE CIRQUE 

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Arles la romaine (1ère partie) : Maquette du Cirque, au Musée d'Arles. (Photo : Patrick Garcia)

    Le cirque romain d'Arles est le plus vaste édifice romain de la cité; il est édifié à partir de 149, sous les Antonins pour les courses de chars. Aujourd’hui seuls demeurent visibles en contrebas du musée, des restes de la substruction de la cavea (gradins) et de l’extérieur de la sphendonè, extrémité arrondie du cirque. Son ornement le plus illustre, l’obélisque de la spina, est installé au XVIIe siècle sur la place Royale de la cité (l'actuelle place de la République).

 LES ALYSCAMPS 

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 Arles la romaine (1ère partie) : La nécropole se trouvait contre le théâtre, comme nous le montre cette maquette du musée. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : La nécropole se trouvait contre le théâtre, comme nous le montre cette maquette du musée. (Photo : Patrick Garcia)

ALYSCAMPS ALLEE DES TOMBEAUX

 

 Arles la romaine (1ère partie) : La nécropole de nos jours. (Photo du Net)

ALYSCAMPS EGLISE ST HONORAT ET TOMBEAUX

 Arles la romaine (1ère partie) : La nécropole et les tombeaux de nos jours, près de l'église St Honorat. (Photo du Net)

  Initialement, de l'époque romaine au Moyen Âge, les Alyscamps ont été une nécropole païenne puis chrétienne située à l'entrée sud-est de la cité d'Arles sur la voie Aurélia, c'est-à-dire en dehors de la cité comme la plupart des nécropoles romaines. Ils comprenaient de très nombreux  sarcophages dont il ne subsiste hélas aujourd'hui, à la suite de pillages et de travaux, que peu de choses.

 LES THERMES DE CONSTANTIN

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Arles la romaine (1ère partie) :Maquette des "Thermes de Constantin" et de la Basilique. (Photo : Patrick Garcia)

 

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  Arles la romaine (1ère partie) : Les thermes de nos jours. (Photo Wiki)

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  Arles la romaine (1ère partie) : Les thermes de nos jours. (Photo Wiki)

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  Arles la romaine (1ère partie) : Les thermes de nos jours. (Photo Wiki)

Ils sont construits au début du 5e siècle sur les bords du Rhône, lorsque Constantin Ier résidait à Arles; ils ont été longtemps interprétés à tort comme les ruines d'un palais romain. Les thermes du Nord (Thermes de Constantin) sont les mieux conservés avec les Thermes de Cluny à Paris.

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  Arles la romaine (1ère partie) : Cette grande maquette du Musée, nous montre la ville romaine telle qu'elle était à son apogée, et situe bien les monuments antiques.  (Photo : Patrick Garcia)

PRÉSENTATION SUCCINTE D’ARLES

Arles, dans les Bouches-du-Rhône, est la plus grande commune de France métropolitaine avec quelque 75 893 hectares (malgré plusieurs déductions successives). La ville est traversée par le Rhône et se trouve entre Nîmes (à 27 km à l’ouest) et  Marseille  (à 80 km à l’est).

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 Arles la romaine (1ère partie) : Statue de St Roch dans une niche 14 rue du 4 septembre . (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Jolie statue de la Vierge dans une rue . (Photo : Patrick Garcia)

Le nom d’Arles dérive d’Arelate, mot d’origine celtique signifiant lieu situé près de l’étang, par référence aux terrains marécageux qui entourent la cité. Durant l'âge du fer (VIIIe – IIe siècle av. J.-C.), Arles constitue l'un des principaux oppida de la Celtique méditerranéenne. Vers 50 av. J.-C., Jules César appelle encore la cité Arelate dans ses Commentaires sur la Guerre civile (I, 36, 4).

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Arles la romaine (1ère partie) : Jolie rue entre les arènes et ND la Major. (Photo : Patrick Garcia)

    Cette ville, dont les habitants sont appelés Arlésiens, a en effet plus de 2 500 ans. Des monuments remarquables ont été construits pendant l’Antiquité à l’époque romaine, comme le théâtre antique, les arènes, les Alyscamps ou encore le cirque romain. En 2008, le plus vieux buste connu de Jules César a été découvert dans le Rhône. En raison de son important patrimoine, la cité est classée ville d'art et d'histoire et ses  monuments romains et romans sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité depuis 1981.

    Les campagnes arlésiennes sont très étendues et représentent la majeure partie du territoire communal. Elles sont organisées en quatre ensembles naturels bien distincts : au nord, la plaine du Trébon et les Alpilles, à l’est, la Crau et au sud, la Camargue dont la commune d’Arles possède la plus grande partie de la superficie (avec les Saintes-Maries-de-la-Mer, deuxième plus vaste commune de France métropolitaine, moitié moins étendue qu’Arles qui s'étend sur 759 km2) elle est grande comme trois fois Marseille (240 km2), quasiment sept fois Toulouse (110 km2) ou Paris (105 km2), dix fois Saint-Étienne ou Strasbourg (78 km2), quinze fois Bordeaux (50 km2) ou Lyon (48 km2), vingt-et-une fois Lille (35 km2)…

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Arles la romaine (1ère partie) : ND de la Major, près des arènes.  (Photo : Patrick Garcia)

 La ville et ses territoires

Arles est le lieu où commence le delta du Rhône et qui constitue la porte de la Camargue. La ville initiale construite au vie siècle av. J.-C. sur un rocher dominant la rive gauche du Grand-Rhône s’est développée ensuite à l’ouest, sur la rive droite (quartier de Trinquetaille) puis au sud (quartiers du Vieux-Bourg, de la Roquette et de Barriol) et au nord (quartiers Montplaisir et du Trébon). La présence de marais à l’est a limité son développement dans cette direction.

La ville d’Arles est fortement marquée par la présence du Rhône qui coupe la ville en deux et qui reste encore même de nos jours, une menace lors des crues comme celle de 2003.

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 Arles la romaine (1ère partie) : Porterie du couvent St Cézaire. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Porte de l'Hôtel de Divonne 18ème siècle. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (1ère partie) : Hôtel de la Lauzière, du 18ème siècle.  (Photo : Patrick Garcia)

 La Camargue

     La Camargue arlésienne, terre deltaïque, dépend administrativement du canton d'Arles-Ouest de l'arrondissement d'Arles. Elle s'étend environ sur 40 000 hectares du nord au sud-est du delta du Rhône et sur la rive gauche du Grand-Rhône. Elle est limitée au nord et à l'ouest par le Petit-Rhône, au sud par la commune des Saintes-Maries-de-la-Mer, l'étang de Vaccarès, la mer Méditerranée et la commune de Fos et à l'ouest par le canton d'Arles-Est (la plaine de la Crau). 

    Véritable île, seuls cinq ponts et un bac la relient au Languedoc et au reste de la Provence : le pont de Saint-Gilles, les deux ponts de  Fourques et les deux ponts d'Arles au nord, et le bac de Barcarin au sud.

 

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    En raison des risques d'inondation, son habitat est clairsemé, constitué principalement de mas et de quelques villages pour la plupart très anciens bâtis sur les ségonnaux ou des buttes artificielles datant généralement de l'époque romaine. L'agglomération la plus importante Salin-de-Giraud, la seule à avoir une vocation industrielle, est récente : elle n'a été créée qu'en 1856 pour loger la population exploitant les salins.

    Pendant longtemps, de l'époque grecque au XVIIIe siècle, les Arlésiens y construisent des tours pour contrôler le commerce et les navires remontant les bras du Rhône.

    La Camargue arlésienne est structurée du nord-ouest au sud-est en fonction de la nature des terrains et de leur salinité. On trouve ainsi des terres céréalières, maraîchères et d'élevage, des rizières, des zones marécageuses, des salins et les lagunes côtières. L'avenir économique de cette région dépend de l'aménagement de la Camargue : la gestion des ressources, notamment de l'eau douce du Rhône entre des acteurs aux intérêts parfois opposés (producteurs de riz et exploitants des salins, par exemple), en sera un défi majeur.

 

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 Je termine ici cette première partie de la visite d’Arles, un rapide historique de la ville, ci-dessous. Tout en  réservant la visite du « « Le Musée Départemental Arles Antique », les commentaires en détails de la  « Primatiale St Trophime » et de son cloître pour la seconde partie de cette page, que je publierai prochainement.

   FIN DE LA 1ère PARTIE

(à suivre: partie N°2: LA CATHEDRALE ET SON CLOITRE COMPLET et partie N°3: LE MUSEE DE L'ARLES ANTIQUE)

PATRICK GARCIA

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Et l’aide précieuse de l’O.T., du Net, en particulier Wukipédia, mais aussi Gallica et Mérimée….