Mon petit cadeau de Noël 2018, cette page dédiée aux splendeurs incomparables d'un des sites de pélerinage les plus célèbres de France, Le Puy en Velay.

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 Je viens de passer une quinzaine de jours à visiter les « Romanes Majeures d’Auvergne » et après la Chaise-Dieu, je veux terminer en beauté ce circuit par un site majeur de la chrétienté. Dans le sud-est de la France, Le Puy en Velay, départ du pèlerinage le plus reconnu vers « Siantago » s’impose !

   Depuis la Chaise-Dieu, le paysage est sublime, fait de hauts plateaux  verdoyant parsemés de montagnettes volcaniques isolées. Les oppositions de couleurs entre les verts profonds, les bleus azuréens très purs à cette hauteur (plus ou moins 1 000m), les arbres en feux dans cet automne indien, les coulées de laves rougeâtres…. Tout porte à s’extasier, et je sais que ce sera encore plus « géant » au terme de mont étape.

 TRAJET LE PUY EN VELAY

Le trajet  pour le Puy en Velay(43) à partir de Ste Livrade sur Lot, 47.

   La renommée du Puy-en-Velay n’est plus à faire, terre de chrétienté, d’Histoire, de dévotion, d’antiquité et de savoirs-faires…. La ville, par elle-même est magnifique, parsemée d’une multitude d’éléments architecturaux divers et variés, survivance des époques moyenâgeuses et Renaissance….

   Elle a su se mettre au goût du jour en préservant ce qui en fait l’originalité, une ville de Traditions et d’Histoire, au passé riche de mille choses et dont l’avenir est gravé au firmament des sites intemporels…

     Lovée dans une vallée, elle est entourée de monts sur lesquels c’est implanté la ville ancienne, dont un « pain de sucre » piqué comme un phare, à une portée d’arquebuse de l’ensemble épiscopal, comme une vigie…

    Une motte au bout duquel pointe le sanctuaire de St Michel d’Aiguilhe. C’est un édifice qui se mérite, il faut gravir un escalier en écharpe de 268 marches menant à un sanctuaire surprenant et splendide.

   De là, la vue est splendide sur la cathédrale N.D. de l’Annonciation et Notre Dame de France. Le sanctuaire de St Michel d’Aiguilhe est d’inspiration « Mozarabe » un style inspiré du romain qui consiste à placer des mosaïques géométriques de couleurs sur le pourtour du bâtiment, par l’intermédiaire des arcades, colonnes, tympans et des frontons. Ce style on le retrouve à la cathédrale, mais dans beaucoup de « Romanes Majeures » que je viens de visiter. Il est décrit un peu plus bas quand nous aborderons plus en détail chaque monument du Puy.

CHAP DES PENITENTS 507 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Entrée de la Chapelle des Pénitents. (Photo : Patrick Garcia)

EGLISE ST GEORGES 639 copie

  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Près de la Cathédrale, le toit vernissé de l'église St Georges. (Photo : Patrick Garcia)

   Les peintures ou fresques datent du 10ème siècle, dont un Christ en Majesté et une série de saints tout auréolés.

   En suivant le petit chemin de ronde qui court le long de l’étroit sommet, j’aperçois le village d’Espaly-Saint-Marcel dominé par la statue colossale de St Joseph, bras levé, bénissant l’Enfant Jésus debout sur son établi…. Cette représentation de St Joseph surplombe la bien étrange église à l’allure de château féodal, aux tours couronnées de toits en poivrières…

   Il fait beau, très bon, la vue est à couper le souffle, je m’assois et à l’aide de mes jumelles, je veux profiter du spectacle en me situant avec la doc de l’office du tourisme.

 ND DE FRANCE 506 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : L'immense statue de ND de France domine les différents sanctuaires de la ville. (Photo : Patrick Garcia)

 NOTRE DAME DE FRANCE :

   C’est l’immense statue de couleur rouge, plantée sur un cône basaltique. Elle domine les sanctuaires, culminant à132 mètres de haut. C’est l’empereur Napoléon III  qui offrit les 150 tonnes de métal  provenant des canons de marine pris à Sébastopol. Le 12 septembre 1860, la statue est enfin achevée et bénie devant 120 000 fidèles ! Tout est démesure dans le secteur !

  La statue représente la Vierge Marie couronnée d'étoiles, se tenant debout sur un demi-globe terrestre où elle écrase du pied un serpent, et tenant sur son bras droit l'Enfant Jésus qui bénit la ville et la France.

Elle s'élève sur un piédestal en arkose de Blavozy de 6,70 mètres de haut et mesure elle-même 16 mètres, pour une circonférence de 17. Les pieds de la Vierge font chacun 1,92 m, son avant-bras 3,75 m, sa main de 1,56 m et le pourtour de la tête de l'Enfant Jésus 4,80 m.

Sa masse totale est estimée à 835 tonnes, dont 680 pour le piédestal, 110 pour la statue — dont 1,1 tonne pour la tête de l'Enfant-Jésus et 600 kilos pour son bras qui bénit la ville— et 45 pour son revêtement.

     Conçue comme une structure autoporteuse, elle est composée d'une centaine de pièces de fonte fixées entre elles par des boulons de gros calibre. Un escalier de pierre composé de 33 marches est aménagé dans le piédestal et permet d'accéder à l'intérieur de la statue qui est creux et comporte un escalier tournant en fonte de 58 marches qui dessert trois étages, prolongé par une échelle de 16 barreaux qui permet d'accéder à la couronne de la vierge. Longtemps fermé au public pour des raisons de sécurité, l'accès à cette dernière est à nouveau possible depuis janvier 2013, mais la vue se fait désormais au travers d'un dôme translucide mis en place lors des travaux de rénovation de 2012. À chaque niveau quatre petites ouvertures offrent un panorama sur la ville du Puy et ses environs.

 LA CHAPELLE SAINT CLAIR

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Extérieur de la chapelle St Clair qui se trouve au pied de St Michel. (Photo : Patrick Garcia)

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Les voûtes de cette chapelle St Clair. (Photo : Patrick Garcia)

      Au bas de l’escalier qui mène au sommet du rocher où est établit le sanctuaire de St Michel d’Aiguilhe, est élevé la Chapelle St Clair, ancien hôpital des pauvres d’Aiguilhe, mentionnée dès 1088. Cet édifice présente un octogone régulier dont l’abside est semi-circulaire. La voûte est en coupole. Peu d’ornement à l’intérieur tandis que l’extérieur mérite d’être observé. Sur une sorte de soubassement s’élèvent huit arcades en plein cintre que supportent des colonnettes  séparées par des pilastres angulaires avec astragales et chapiteaux couverts de feuillages.

    Devant la chapelle Saint-Clair, on remarque une très belle croix sculptée dans le style des croix du 14ème siècle que l’on voit encore en Velay. Or elle n’est qu’une copie, non sans mérite, qui date du siècle dernier. Elle est l’œuvre de Michel Savel, sculpteur, qui travailla pour le compte du curé Eynac de St Laurent.

LE DÉPART DE LA VOIE PODIENSIS

Le Puy-en-Velay (anciennement Le Puy) est la préfecture du département de la Haute-Loire (43) et capitale du Velay. La ville est réputée pour sa fabrication de dentelle, la culture de lentilles et de verveine. Mais elle est surtout connue pour être le départ d'un des plus connus chemins de Compostelle : « La Voie Podensis ». Le Puy-en-Velay se situe au centre du département de la Haute-Loire, à 628 mètres d'altitude.

 VIA PODENSIS

  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Tracé de la Voie Podensis.(Photo : Patrick Garcia)

 ETAPES ET KM ET ALTITUDES VIA PODENSIS

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Tracé de la Voie Podensis. Ici, le dénivelé. (Photo : Patrick Garcia)

 ETAPES DE LA VIA PODENSIS

  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Tracé de la Voie Podensis. Toutes les principales étapes et leur longueur.(Photo : Patrick Garcia)

 VIA PODENSIS ETAPES BIS

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » :Tracé de la Voie Podensis. Variantes.(Photo : Patrick Garcia)

 

SON HISTOIRE

Antiquité et Haut Moyen Âge

     Après avoir conquis ce site occupé par des Vellaves (tribu gauloise), les Romains s’installent au Puy, appelé alors Anicium. À l'époque romaine, le site est un centre religieux situé à l'emplacement de la cathédrale actuelle. Le site était à l'origine gaulois. Une dédicace latine se trouve au revers de la porte du For de la cathédrale : ADIDONI ET AUGUSTO | SEXTUS MUSICUS TALONIUS D. S. P. P. (de sua pecunia posuit) (en français : À Adidon et à Auguste. Le musicien Sextus Talonius a élevé ce monument à ses frais). De nombreux vestiges gallo-romains ont été remployés pour la construction du clocher.

      À l’époque des persécutions contre les chrétiens, saint Julien de Brioude, saint Ferréol, saint Ilpize, saint Marcel ont été « tués en haine de la foi ».

    Lors des invasions barbares du ive siècle, Ruessium (Saint-Paulien) ne fut pas épargné (la ville fut saccagée, ses habitants massacrés, ses maisons détruites). Certains considèrent que, vers 365, l’évêque Vosy renonça à reconstruire et décida de se fixer au Puy, dont la position était plus facile à défendre et la situation plus favorable.

     La fin du Ve siècle constitue pour l'Auvergne une période troublée. Malgré l'opposition de Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont, et des Gallo-Romains fidèles à Rome, l'empereur Julius Nepos laisse les  Wisigoths prendre en 475 le contrôle de la province. C'est le comte Victorius, un Gallo-Romain, qui est nommé duc des Arvennes par le roi Euric

L'installation de l'évêché

Des histoires racontent que des miracles ayant été constatés sur le mont Anis, l’évêque Vosy confia à Scutaire, architecte romain, la mission d’y édifier une église.

Les noms des premiers évêques font penser que leur origine est orientale. La première église dédicacée à la Vierge n'a pas pu l'être avant le Troisième concile œcuménique d'Éphèse en 431.

Ce concile va entraîner un développement de la dévotion populaire à la Vierge, Mère de Dieu et du culte marial. La dédicace à Marie de l'église d'Anicium ne doit pas être antérieure au vie siècle. C’est au vie siècle que Podium Aniciense commença à prendre de l’importance et supplanter Ruessium (St Paulien). On n'est pas certain de la présence de l'évêque à Anicium avant le vie siècle. Le linteau de la porte papale (retrouvé lors de fouilles et mis là en 1847), située dans le porche du For, est un réemploi gallo-romain. Il porte le texte « SCUTARI PAPA VIVE DEO » = « Vivez en Dieu, Scutaire ». Scutaire, saint Scutaire, est un des premiers évêques apparaissant dans la liste des évêques du Puy.

 TOUS LES ITINERAIRES AUTRE SITE

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Tracé des principales voies françaises pédestres vers St Jacques.(Photo : Patrick Garcia)

 Moyen Âge

 TOUS LES ITINERAIRES

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Tracés simplifiés de toutes les voies pédestres, même à l'étranger..(Photo : Patrick Garcia)

 Au 9e siècle, le culte de la Vierge est suffisamment important pour que la ville change son nom d'Anicium en le Puy Notre-Dame.

En 924, après que Guillaume II, duc d'Aquitaine, comte d'Auvergne et du Velay ait reconnu la suzeraineté du roi Raoul, ce dernier accorde le 8 avril à l'évêque Adalard, avec l'accord de Guillaume II, le bourg contigu à l'église Notre-Dame du Puy avec tout ce qui était du domaine du comte : droits de marché, droit de monnaie... L'évêque devint alors le seigneur du bourg du Puy Notre-Dame.

Le 18 juillet 961, l'évêque Godescalc consacre la chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe.

À partir du Xe siècle, le Velay devient comté évêché, au profit de l’évêque du Puy. La ville devient la capitale du Velay, siège du comté et de l’évêché. Ainsi Le Puy devint la capitale des Vellaves.

Déjà célèbre en raison des guérisons opérées par la « Pierre aux fièvres », qui y conduit même quelques musulmans venus d’Espagne, la ville le devint davantage lorsque saint Louis lui fit don de la Vierge noire. Dès lors, Le Puy connut une très grande prospérité, due à la venue de milliers de pèlerins. Ce pèlerinage du Puy resta, durant tout le Moyen Âge, le plus renommé de France, d’autant que l’une des quatre grandes voies conduisant à Saint-Jacques-de-Compostelle passait par-là. L’évêque Godescalc est cité comme le premier pèlerin de Compostelle en 951.

…. En octobre 1185, le roi Philippe II Auguste se rend au Puy et permet à l'évêque de prélever un péage de treize deniers podienses pour chaque charge entrant dans la ville : cinq pour l'évêque, trois pour l'Eglise et cinq pour le vicomte de Polignac. Dès lors, celui-ci ne releva plus, pour le temporel, que du souverain qui, en 1307, intégra définitivement le Velay au domaine royal, Philippe le Bel partageant désormais sa seigneurie avec le pontife.

La ville s'entoure de remparts entre 1220 et 1240 qui vont lui servir de limite jusqu'au XVIIIe siècle. La tour Pannessac est l'un de ses vestiges. Elle a été classée Monument Historique fin XIXe siècle.

 VUE AERIENNE 1

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation. (Photo du Net)

 XVIe, XVIIe siècle

Outre son pèlerinage, Le Puy doit aussi une partie de sa prospérité à sa dentelle, mentionnée pour la première fois en 1408. Malheureusement, en 1640, le Parlement de Toulouse, assailli de réclamations par les nobles et les bourgeois qui se plaignaient de ne plus trouver de servantes (on comptait à cette époque dans la région 70 000 femmes fabriquant de la dentelle sur leur carreau) en interdit le port sur les vêtements, d’où désolation et chômage chez les dentellières. C’est alors que saint François Régis, père jésuite, ému de cette situation, parvint à faire annuler la décision du Parlement.

    Le Puy résista toujours victorieusement aux attaques des  Huguenots  cévenols qui firent subir de grands dommages à la ville. L’évêque, Mgr de Sénectaire, prit l’épée et revêtit la cuirasse pour repousser au loin les ennemis de la Vierge. Pendant de longs mois, Le Puy se refusa à reconnaître Henri IV comme roi de France malgré son abjuration.

XVIIIe siècle

    Le Puy au XVIIIe siècle vit une situation de quasi-autonomie : les états du Velay y siègent mais les centres de gouvernance, c’est à dire Montpellier (généralité) et Toulouse (parlement) sont à plusieurs journées de cheval.

    La ville est importante pour l’époque. Il n’existe pas de décompte fiable mais une estimation haute donne vingt mille habitants, ce qui la mettrait un peu en dessous de Montpellier, à un tiers de Toulouse et un cinquième de Lyon.

   Des travaux routiers importants ont lieu durant le siècle sur les grands axes, issus de chemins antiques : les routes de Lyon, Clermont et du « midi » sont rendues carrossables. Ces axes deviendront les actuelles routes nationales 88 et 102.

    La ville est cantonnée jusqu’aux années 1760 à l’intérieur de son mur d'enceinte puis s’étend par l’ouverture sur le Breuil aménagé par l'architecte Portal en 1786

XIXe siècle

En 1866, la gare ferroviaire du Puy-en-Velay fut mise en service. La ville se dota, en 1896, du tramway du Puy-en-Velay, qui circula jusqu'à la Première Guerre mondiale.

PRINCIPAUX MONUMENTS

   Le Puy-en-Velay est classée ville d’art et d’histoire. La déambulation dans la vieille ville permet de parcourir plusieurs siècles d'architecture, depuis le baptistère Saint-Jean caché derrière la cathédrale datant du Xe siècle jusqu'aux immeubles de la rue Pannessac dont les façades permettent de parcourir l'architecture civile du XVIe au XVIIIe siècle. Des sculptures romaines sont engravées dans les murs de la cathédrale.

La cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation

Monument majeur de l'art roman, la cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation a été inscrite en 1998 sur la liste du patrimoine mondial par l'Unesco au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France.

 De la plateforme on a une belle vue sur les toits rouges de la ville. Le rocher est surmonté d'une statue de la Vierge Marie, qui mesure plus de 16 mètres et pèse 110 tonnes, peinte en rouge. Elle fut érigée en 1860 avec la fonte du fer de 213 canons venant de la prise de Sébastopol en 1855 pendant la guerre de Crimée et donnés par Napoléon III. (Sculpteur : Jean Marie Bienaimé Bonnassieux ; fondeur : Prenat à Givors). Elle a été rénovée fin 2012, retrouvant sa couleur « rouge cuivrée datant de 1986. »

Autres édifices religieux

- L'église Saint-Laurent, ancienne église des Dominicains

- L'église Saint-Georges, ancienne chapelle du collège des Jésuites du Puy

- L'église Saint-Pierre-des-Carmes, ancienne église des Carmes

- La chapelle Saint-Georges, chapelle du Grand séminaire

- La pharmacie hospitalière de l'Hôtel-Dieu, est l'une des plus anciennes et plus grandes de France. Au XVIe siècle, on faisait appel à des apothicaires pour suivre les malades de façon régulière. Elle fut dotée d'une Tisanerie au XIXe siècle composée de séchoirs à plantes destinées à être servies en tisanes.

- L'église Saint-Michel, sur la commune d'Aiguilhe (Voir description au bas de l’article)

PELERINAGE :

Godescalc premier pèlerin de Compostelle

Le Puy-en-Velay est le point de départ de la Via Podiensis, un des itinéraires contemporains du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. La commune suivante traversée est Vals-près-le-Puy, avec son église Saint-Christophe.

En l’an 950 ou 951 (chaque année a ses partisans), Godescalc, évêque du Puy, se rend en pèlerinage à Santiago de Compostela. Il n'existe qu'une simple mention de ce voyage, disant qui était « accompagné d'une suite nombreuse ». Cette mention a ouvert la voie à toutes les spéculations. Ainsi a-t-on pu écrire :

« C’est une véritable troupe qui se déplace ! Outre l’évêque et les membres du clergé l’accompagnant, on y compte des  troubadours ,  jongleurs, pages au service des ecclésiastiques, des barons et sénéchaux, tous ces beaux messieurs étant protégés par de nombreux gens d’armes : archers et lanciers. »

LE PUY ET L’ACCUEIL DES PELERINS

Le premier hôpital fut l’Hôtel-Dieu, bâti contre la cathédrale. Il commença à fonctionner vers 1140. Ses portes étaient largement ouvertes pour eux.

De nombreuses donations contribuaient à assurer des revenus à ce lieu d’accueil, tandis que des quêteurs se répandaient dans tout le royaume, et même à l’étranger.

En 1210 l’évêque Bertrand de Chalancon concède de fabriquer et vendre les insignes de pèlerinage dans l’église Sainte-Claire. Ces coquilles sont découvertes au cimetière du Clauzel où étaient ensevelis ceux qui mouraient dans cet hôpital. À la fin du XVIe siècle, fut retrouvée une matrice permettant de fabriquer ces médailles de pèlerinage, ornées de coquilles et représentant saint Jacques pèlerin.

Le Puy eut aussi son hôpital Saint-Jacques, mentionné pour la première fois dans un testament de 1253. On ignore malheureusement tout de son fonctionnement. Il était situé à l'extérieur de la ville proche de la rue et de la porte Saint-Jacques. Ceci permet de penser qu'il était destiné à accueillir les personnes atteignant la ville en venant de la Margeride.

 CATHEDRALE NOTRE- DAME- DE- L'ANNONCIATION DU PUY-EN-VELAY

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Le clocher de ND.  (Photo : Patrick Garcia)

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : La façade de ND et à gauche, l'Hôtel-Dieu. (Photo : Patrick Garcia)

 cathédrale DE NUIT ET HOPITAL

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » :Vue générale de l'ensemble, à gauche, l'Hôtel-Dieu, au centre, sur son piton, ND de France, et à droite, ND de l'Assomption. (Photo du Net)

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : J'ai colorié les différentes parties des sanctuaires afin de rendre ce plan plus lisible. (Photo  du Net)

 PLAN LONGITUDINAL

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Sur ce plan longitudinal de la cathédrale, on voit bien la dénivellation importante du terrain où est bâti l'édifice. (Photo : Patrick Garcia)

      La cathédrale Notre- Dame- de- l'Annonciation du Puy-en-Velay est un monument majeur de l'art roman et de l'Occident chrétien. Elle a été érigée en basilique mineure par un bref apostolique de Pie IX, le 11 février 1856.

Une Vierge noire, objet de nombreux pèlerinages au cours des siècles, trône sur un maître-autel baroque. L'actuelle effigie remplace celle qui aurait été offerte par Saint Louis à son retour de la croisade d’Égypte, et qui fut brûlée lors de la Révolution française.

La cathédrale a été élue 2e monument préféré des français en 2015. Elle est située à côté de la chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe, elle-même élue 4e monument préféré des français en 2014.

LA LEGENDE DE LA PIERRE DES FIEVRES OU PIERRE DES APPARITIONS

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Dans ND, la fameuse "Pierre des Apparitions ou Pierre des Fièvres". (Photo : Patrick Garcia)

    Les légendes locales du Puy-en-Velay évoluent autour d'un dolmen qui occupait depuis plusieurs millénaires, sans doute, l'emplacement actuel de la cathédrale.

    Il reste de cette pierre basaltique une partie conservée dans une chapelle du Saint-Crucifix connue sous le nom de Pierre des Fièvres ou Pierre des Apparitions, sorte de dalle de 3 m de longueur sur 2 m de largeur. C'est sur ce dolmen que serait apparue au IIIe siècle la Vierge à une matrone du Puy souffrant d’une fièvre quarte, lui annonçant qu'elle serait guérie en allant s'étendre sur le dolmen.

    À la suite de la guérison, la dame serait allée voir l'évêque Georges du Velay, considéré comme le premier apôtre du Velay, qui marque les plans d'un modeste oratoire à la Vierge sur l'emplacement décrit par un cerf. Deux siècles plus tard, une autre guérison est mentionnée à l'évêque Vosy qui obtient de Rome l'autorisation de transférer le siège de l'évêché de Ruessio à Anicium et décide de construire une église-cathédrale.

Avec cette légende, le Puy-en-Velay est, avec Chartres, le plus ancien sanctuaire marial de la Gaule chrétienne. De nos jours encore, des pèlerins s'allongent sur la pierre pour en recevoir les bienfaits.

Si l'origine du culte de Notre-Dame-de-l'Annonciation se trouve dans la Pierre aux Fièvres, le Moyen Âge et les temps modernes vénèrent surtout la Vierge noire.

Durant le Moyen Âge, la cathédrale du Puy est à la fois une étape majeure pour le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle et elle est elle-même une destination importante de pèlerinage pour sa Vierge noire, attirant des pèlerins de toute l'Europe.

SON ARCHITECTURE

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : La Nef romane et son choeur. (Photo : Patrick Garcia)

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  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : La nef en direction du narhex et de l'orgue.(Photo : Patrick Garcia)

    De facture romane, la cathédrale Notre-Dame du Puy se dresse au pied du rocher Corneille, un promontoire d'origine volcanique dominé par une statue de la Vierge en acier moulé provenant des canons pris aux Russes à Sébastopol. Érigée au XIIe siècle, la cathédrale est insolite du fait de la diversité de ses styles, et témoigne de la richesse passée de l'art roman.

    Par ses coupoles sur pendentifs en enfilade, la cathédrale du Puy-en-Velay est fortement influencée par l'architecture byzantine, et elle rappelle en cela fortement d'autres églises du sud-ouest de la France, comme la cathédrale Saint-Front de Périgueux ou la cathédrale Saint-Étienne de Cahors. Construite à partir de pierres volcaniques de divers coloris, la façade occidentale, faite de pierres polychromes, de parements  mosaïqués, d'arcades en plein cintre et de petits frontons, possède un porche à trois arcs auquel on accède, depuis une rue de la ville, par un large et long escalier en pierre de 134 marches. Si de très belles statues et mosaïques décorent le portail, l'intérieur abrite de très belles fresques dorées.

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : ND: Magnifique détail d'un vitrail. (Photo : Patrick Garcia)

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : ND: autre magnifique vitrail. (Photo : Patrick Garcia)

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  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » :ND: statue de Ste Anne faisant l'éducation de la Vierge. (Photo : Patrick Garcia)

    La couleur sombre des pierres donne à l'intérieur un aspect austère, mais l'on est impressionné par la hauteur des six coupoles, l'abondance des voûtes qui la couronnent et par le soubassement voûté sur lequel elle s’appuie.

Le chœur repose directement sur le rocher, mais pour agrandir la cathédrale aux XIe et XIIe siècles afin d’accueillir les pèlerins toujours plus nombreux, quatre travées supplémentaires ont été audacieusement construites sur le vide ; pour rattraper un dénivelé de 17 m, d’importants piliers soutiennent les hautes arcades.

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Chapiteaux classiques à végétaux. (Photo : Patrick Garcia)

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Classiques aussi du roman, ces têtes humaines qui émergent des feuillages.(Photo : Patrick Garcia)

     Cette basilique, construite en plusieurs campagnes, peut être datée du XIe siècle pour l'abside, le carré du transept et les deux dernières travées. Toutefois, l’édifice menaçant ruine au début du XIXe siècle, il fit l’objet, entre 1844 et 1870, dans sa quasi-totalité, d’une démolition suivie d’une reconstruction à l’identique, hormis l'abside et la coupole de croisée, qui furent refaites sous une forme différente.

La façade occidentale

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  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : La façade de ND et la longue allée qui mène au grand escalier. (Photo : OT)

    La façade de la cathédrale se dresse au haut d'un grand escalier. Elle comporte cinq étages d'architecture en appareil polychrome, avec des arcs en plein cintre aux claveaux de couleurs alternées, ainsi qu'une décoration de pierres disposées en losanges comme une mosaïque provenant des carrières de la région.

    Ces décors en alternances de clair et sombre, assez fréquents dans l'architecture romane de toute l'Europe étaient déjà omniprésents dans l'art du Haut Moyen Âge européen. Ils proviennent de l'architecture romaine antique. Cependant certains préfèrent voir l'origine de cette ornementation, perçue comme "mozarabe", dans le nombre considérable d'Espagnols qui fréquenta, au Moyen Âge, le pèlerinage à la Vierge noire. Avec ses arcs en plein cintre, cette façade appartient au style roman et peut être datée de la fin du XIIe siècle.

Un escalier de 102 marches, qui se continue sous le porche, débouche sous la nef. Cet escalier occupe toute la largeur de l'édifice durant les deux premières travées, puis se rétrécit pour ne plus avoir que celle du vaisseau central pendant les deux travées suivantes, contre les murs desquelles ont été placées les portes en bois sculpté qui se trouvaient autrefois sur la façade.

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Vue inverse de la précédente, l'escalier en vue plongeante. (Photo : Patrick Garcia)

     Cette curieuse disposition s'explique par la déclivité du terrain et le manque de place. En raison des foules attirées au XIIIe siècle par le pèlerinage, il fallut agrandir l'église. Comme il n'y avait plus de place sur le rocher, les architectes décidèrent de construire en quelque sorte dans le vide, pour supporter les nouvelles troisième et quatrième travées.

     L'escalier aboutit à la porte Dorée. Derrière celle-ci, dix-sept marches conduisent au centre de la nef. On aboutit entre les deux piliers devant lesquels ont été placées les statues de Saint-Louis et de Jeanne d'Arc, exactement en face du maître-autel.

    En 2010, une statue de Saint-Jacques de Compostelle, en bois de hêtre, mesurant 1,70 mètres, créée par Dominique Kaeppelin, est installée au sommet des grands escaliers de la cathédrale, pour marquer le départ du Camino de la Via Podiensis, du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. 

    Le porche du For est un magnifique morceau d'architecture, datant de l'extrême fin du XIIe siècle. Il donne sur la place du même nom (du latin forum), en terrasse au-dessus des toits de la vieille ville.

    Bien qu'appartenant par tous ses éléments au style roman, il est recouvert d'une voûte montée sur croisées d'ogives. Les grands arcs en plein cintre du rez-de-chaussée sont détachés et réunis à l'archivolte par trois quilles de pierre, dont l'une représente un personnage. Le premier étage, qui contient une chapelle du XVIe siècle, est éclairé, sur chacune de ses faces, par des baies gothiques et est couvert d'un berceau.

     Deux portes ouvrent sur ce porche. La plus petite, dénommée porte papale, est réservée au souverain pontife et l’autre porte est romane et ses vantaux sont ornés de deux têtes de lions en bronze. L'ensemble constitue une très belle réussite.

LA NEF :

 ND ST CRICIFIX 441 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Le Saint Crucifix. (Photo : Patrick Garcia)

 ND ST JACQUES 474 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : ND: statue de St Jacques. (Photo : Patrick Garcia)

 ND TABLEAU CHRIST SOUFFRANT ENTOURE DE DONAT 418 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Peinture du Christ souffrant. (Photo : Patrick Garcia)

 ND VIERGE DE PITIE SALLE DES APPARITIONS 451 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Vierge de Pitié dans la salle des apparitions. (Photo : Patrick Garcia)

 ND VIERGE DE PITIE 1407 429 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Vierge de Pitié de 1407. (Photo : Patrick Garcia)

    En plan, cette église offre la forme de la croix latine et comprend une nef à six travées, à laquelle sont accolées deux bas-côtés de même hauteur, un transept, dont chaque bras se termine par 2 absidioles jumelles, au-dessus desquelles se trouve une tribune ; l'édifice s'achève par une abside rectangulaire flanquée de deux absidioles à chevet plat.

 ND COUPOLLE 464 copie

  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : La superbe et presque irréelle coupole sur trompes de ND. (Photo : Patrick Garcia) 

     Les six travées de la nef sont voûtées de coupoles barlongues supportées par des trompes en cul-de-four ; le carré du transept est couvert d'une tour octogonale ajourée par deux étages de fenêtres et terminée par une coupole. Cette tour repose sur quatre grosses piles flanquées de colonnes engagées qui prennent appui sur un énorme socle rectangulaire de 2 m de hauteur. Le passage du plan carré se fait au moyen de trompes en cul-de-four. Cette tour-lanterne est également appelée « le clocher angélique ».
   Les bas-côtés sont couverts de voûtes d'arêtes, sauf en ce qui concerne les deux travées ouest qui ont reçu des voûtes sur croisées d'ogives.

 Les seules travées intactes (3e et 4e) ainsi que le clocher remontent au milieu du XIIe siècle. Quant aux autres travées et à la façade, elles datent de la fin du XIIe siècle.

On voit dans ce sanctuaire un grand tableau (bas-côté sud) peint par Giraud, célébrant le jubilé de 1864.

 ND ANNONCIATION 419 copie

  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » :Tableau de l'Annonciation. (Photo : Patrick Garcia)

 ND FRESQUE BYZANTINE PORCHE OCCIDENTAL 397 copie

  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Fresques byzantines du porche occidental. (Photo : Patrick Garcia)

 ND FRESQUE MARTYRE DE STE CATHERINE D'ALEXANDRIE 445 copie

  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Fresques du martyr de Ste Catherine d'Alexandrie, au-dessous, à gauche, statue de St Zacharie, père de St Jean Baptiste, à droite, statue de St Joseph, époux de Marie. (Photo : Patrick Garcia)

 On voit également un chemin de Croix en émail et, au revers de la façade, un beau relief en bois doré du XVIIIe siècle, représentant saint André crucifié.

La chaire, remarquable, est de la fin du XVIIIe siècle. Le maître-autel, édifié aux frais du Chapitre de Notre-Dame, est l’œuvre de Jean-Claude Portal. Il est orné d'un bas-relief montrant la scène de l'Annonciation et surmonté d'un pélican. Des bronzes du célèbre Caffieri le décorent. C'est sur le maître-autel qu'est placée la célèbre Vierge, couronnée le 8 juin 1856, qui a remplacé l'antique statue brûlée place du Martouret.

L'abside est décorée de peintures modernes, mais il subsiste, dans le croisillon nord, des fresques paraissant dater du XIe siècle. Ce sont celles qui représentent les Saintes Femmes au tombeau (au-dessus de l'autel du Sacré-Cœur) et un Saint-Michel géant (dans la tribune).

 VOEU DE LA PESTE LES 2

  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » :La peste fit de considérables ravages dans les années 1630, pour la conjurer, il y eut moultes processions, dont celle-ci, voir les détails ci-dessous, figurent ici tous les principaux personnages importants de la ville, et même, le peintre, au-dessus du cartouche en bas à gauche. (Photo : Patrick Garcia)

 VOEU DE LA PESTE DETAIL PEINTRE

  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Clin d'oeil du peintre qui s'est représenté en bas à gauche, au-dessus du cartouche de dédicace. (Photo: Patrick Garcia)

 VOEU DE LA PESTE 479 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Notez la parfaite lisibilité de cette dédicade à la Vierge. Voici  le texte: "

« Vœu faict & randu par tous les ordres

Des habitans de la ville du puy le 22 avril 1630

 Rendans graces a Dieu de les avoir delivres du

 Mal de la peste duquel moururent dix mil & plus

 Desdicts habitans lannée precedente : cette faveur

 Leur estan arrivée par les prieres puissantes de la

 Glorieuse vierge leur bonne dame & patronne de la

 Quelle a este porte en procession solemne

 Le sainct image comme est icy depainct. »

(Photo : Patrick Garcia)

 VOEU DES CONSULS 399 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Prière des notables et seigneurs de la ville du Puy à la Vierge Noire afin d'éloigner le fléau de la peste. (Photo : Patrick Garcia)

 Enfin, deux beaux tableaux exécutés au XVIIe siècle servent d'ex-voto en souvenir des pestes de 1630 et 1653.

Dans la troisième travée du bas-côté nord s'ouvre la chapelle des reliques, qui occupe l'étage supérieur du bâtiment dit des « mâchicoulis ». Ce vaste vaisseau, couvert d'un berceau brisé monté sur doubleaux, était autrefois divisé par un plancher et possédait deux étages. Au rez-de-chaussée se trouvait la bibliothèque du Chapitre, au-dessus la salle des États du Velay. On y admire une magnifique fresque représentant les Arts libéraux, datant de la fin du XVe siècle, et dont on ignore l'auteur. Découverte par Prosper Mérimée en 1850, elle est malheureusement incomplète et ne montre que quatre des sept arts : la Grammaire avec Priscien, la Logique avec Aristote, la Rhétorique avec Cicéron et la Musique avec Tubal-Caïn.

 ND GISANT PIERRE LE BRETON 469 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Gisant de Pierre le Breton. (Photo : Patrick Garcia)

  ND LES ARTS LIBERAUX 487 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Peinture des "Arts Libéraux". (Photo : Patrick Garcia)

 ND LES STES FEMMES AU TOMBEAU 448 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Peinture des "Saintes Femmes au Tombeau". (Photo : Patrick Garcia)

 Les coupoles des deux premières travées occidentales de la nef, non appareillées, reposent directement sur les trompes d'angle et sur les portions de mur surmontant les fenêtres —particularités qui les distinguent des deux coupoles suivantes.

LE CLOCHER

    Haut de 56 m, c'est une construction indépendante de l'église. De plan carré, il comprend sept étages de même dessin, mais chacun d'eux est marqué par un léger retrait, en sorte que l'édifice fait penser à des cubes superposés.

    Les étages supérieurs sont soutenus par des arcs bandés portant des berceaux. Ces arcs prennent appui sur des piles isolées, de telle sorte qu'à partir du quatrième étage, le poids de la maçonnerie retombe directement sur les piles.

 ND ORGUE 402 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Le magnifique orgue de ND. (Photo : Patrick Garcia)

 ND ORGUE ME MARTYR DE ST ANDRE 406 copie

  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Sous le buffet d'orgue, une oeuvre magnifique: "Le Martyre de St André".  (Photo : Patrick Garcia)

 ND ORGUE 407 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Notez les culots sculptés supportants les jeux d'orgues.(Photo : Patrick Garcia)

     Le clocher est de plus en plus ajouré à mesure que l'on s'élève du sol au sommet. Le rez-de-chaussée contient trois tombeaux, ceux de deux chanoines et celui d'un évêque. « C'est à sa forme pyramidale et à son coq, symbole de la vigilance républicaine » qu'il doit, paraît-il de ne pas avoir été démoli sous la Révolution.

Il abrite 4 cloches dont un bourdon.

LE CLOÎTRE

 CLOITRE GALERIE 579 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Admirez les magnifiques arcatures romanes, leurs chapiteaux et la décoration dans le style des mosaïques. (Photo : Patrick Garcia)

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  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » :Admirez les magnifiques arcatures romanes du cloître, leurs chapiteaux et la décoration dans le style des mosaïques. (Photo : Patrick Garcia)

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Admirez les magnifiques arcatures romanes du cloître, leurs chapiteaux et la décoration dans le style des mosaïques. (Photo : Patrick Garcia)

 CLOITRE GALERIE 558 copie

   LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Admirez les magnifiques arcatures romanes du cloître, leurs chapiteaux et la décoration dans le style des mosaïques. Notre Dame de France veille sur le sanctuaire, juste au-dessus du cloître. (Photo : Patrick Garcia)

 CLOITRE GALERIE 537 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Sous une des galeries, admirez la superbe colonne torse...(Photo : Patrick Garcia)

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Sous cette galerie romane, notez les bancs de chaque côtés. (Photo : Patrick Garcia)

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  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Les superbes chapiteaux  romans à base de feuillages. (Photo : Patrick Garcia)

     De forme rectangulaire, ses galeries sont voûtées d'arêtes. Datant du XIIe siècle, il est de style roman, mais a été restauré entre 1850 et 1857 par les architectes Viollet-le-Duc et Mallay.

    On a tendance à évoquer l'architecture arabe en Espagne lorsqu'on voit cette mosaïque polychrome de losanges rouges, ocre, blancs ou noirs qui décore ses arcs. Mais ces décors de losanges et d'arcs en pierres de couleurs alternées, proviennent plutôt de l'architecture carolingienne qui précède l'architecture romane, comme le démontrent la Chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle et le portail de l'abbaye de Lorsch, qui sont parmi les derniers exemples d'architecture carolingienne parvenus jusqu'à nos jours.

    La brèche basaltique a pris avec le temps une coloration rose ou mordorée qui fait ressortir l'incrustation de briques de diverses tonalités. C'est cette richesse incomparable qui a fait écrire à Émile Mâle que la magnificence de cette ornementation pourrait rivaliser avec celle de Cordoue.

 CLOITRE CHAPITEAU 574 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Cloître: Magnificence de l'art roman. (Photo : Patrick Garcia)

CLOITRE CHAPITEAU 575 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Cloître: Magnificence de l'art roman. Ici, un centaure. (Photo : Patrick Garcia)

CLOITRE CHAPITEAU 577 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Cloître: Magnificence de l'art roman. Et toujours des têtes humaines cachées dans les feuillages. (Photo : Patrick Garcia)

CLOITRE CHAPITEAU 584 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » :Cloître: Magnificence de l'art roman. Moines se tenant par la main comme dans une farandole. A droite, corbeilles fleuries. (Photo : Patrick Garcia)

    Les galeries prennent jour sur le préau au moyen de grandes arcades en plein cintre reposant sur des piliers carrés, dont les quatre côtés sont garnis de colonnes monolithes dégagées. Celles placées sur les faces latérales des piliers supportent un deuxième arc s'insérant sous les arcades, tandis que celles de l'intérieur servent d'appui aux voûtes des galeries. On compte cinq arcades au nord et au sud, et dix sur les deux autres côtés.

    À remarquer la variété des sujets traités sur les chapiteaux, mais il faut surtout regarder la richesse extraordinaire de la corniche qui court au-dessus des écoinçons mosaïqués, où la verve du Moyen Âge s'est donné libre cours. Cependant une grande partie de la corniche a été remaniée au XIXe siècle. On y retrouve quelques-uns des 7 péchés capitaux : la gourmandise (une chèvre se gavant de raisins), la colère (un chien mordant la queue d'un démon), la paresse (un moine qui caresse nonchalamment le cou d'un cochon)…

CLOITRE GALERIE 508 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » :Galerie qui mène au "trésor". (Photo : Patrick Garcia)

CLOITRE GALERIE 509 copie

  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Le roman dans toute sa splendeur. (Photo : Patrick Garcia)

Une admirable grille romane en fer forgé ferme le passage conduisant à la cathédrale. Magnifique ouvrage de ferronnerie,et surtout remarquable par son ancienneté, elle fut réalisée par des compagnons au début du XIIe siècle. Elle se compose de différents panneaux comportant à chaque fois le même motif à base de spirales. L'ensemble, très régulier, est allégé à travers la technique du poinçonnage à chaud des motifs de la grille.

 CLOITRE SALLE CAP 516 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PONDENSIS » : L'entrée de la salle capitulaire. (Photo : Patrick Garcia)

 CLOITRE SALLE CAP 527 copie

  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : La salle capitulaire, partie sud. (Photo : Patrick Garcia)

 CLOITRE CHAPELLE DES MORTS CRUCIFIXION 522 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Salle capitulaire, partie nord, avec fresques, voir, ci-dessous.(Photo : Patrick Garcia)

CLOITRE CHAPELLE DES MORTS CRUCIFIXION 524 copie

  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » :  Salle capitulaire : ancienne salle où se réunissaient les chanoines de la cathédrale lors d’assemblée hebdomadaire. Elle a ensuite servi de lieu de sépulture à partir du 14ème siècle et sera utilisée comme chapelle funéraire. On peut voir ainsi certaines des pierres tombales exposées aujourd’hui contre les murs de la salle. Cette salle est également ornée d’une fresque datant des années 1200 d’inspiration byzantine dont la scène centrale représente la crucifixion. (Photo : Patrick Garcia)

CLOITRE GRILLE 555 copie

  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Une admirable grille romane en fer forgé ferme le passage conduisant à la cathédrale. Magnifique ouvrage de ferronnerie,et surtout remarquable par son ancienneté, elle fut réalisée par des compagnons au début du XIIe siècle. Elle se compose de différents panneaux comportant à chaque fois le même motif à base de spirales. L'ensemble, très régulier, est allégé à travers la technique du poinçonnage à chaud des motifs de la grille. (Photo : Patrick Garcia)

CLOITRE GRILLE 561 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Une admirable grille romane en fer forgé ferme le passage conduisant à la cathédrale. Magnifique ouvrage de ferronnerie,et surtout remarquable par son ancienneté, elle fut réalisée par des compagnons au début du XIIe siècle. Elle se compose de différents panneaux comportant à chaque fois le même motif à base de spirales. L'ensemble, très régulier, est allégé à travers la technique du poinçonnage à chaud des motifs de la grille. (Photo : Patrick Garcia)

CLOITRE MUSEE TABLEAU 595 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Parmi les oeuvres du musée. (Photo : Patrick Garcia)

CLOITRE MUSEE TABLEAU 613 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Parmi les oeuvres exposées. (Photo : Patrick Garcia)

CLOITRE STATUE VIERGE NOIRE 614 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Parmi les oeuvres exposées, la Vierge Noire. (Photo : Patrick Garcia) 

LA STE FAMILLE 599 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » :Parmi les oeuvres exposées, la Sainte Famille, ouvrage de Barthélemy d'Eyck dans la cathédrale.. (Photo : Patrick Garcia)

Le côté ouest de ce cloître est dominé par un grand bâtiment du  XIIIe  siècle, qui faisait partie, autrefois, du système défensif de la cathédrale et du palais épiscopal. Ce bâtiment dit « des mâchicoulis » contient au rez-de-chaussée, la chapelle des reliques et au premier étage, un musée d'art religieux. Il est pourvu de mâchicoulis protégés par un mur en saillie et reposant alternativement sur des piliers carrés et sur des colonnes.Le cloître est géré par le centre des monuments nationaux.

 Sans titre-1

  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Trésors du Cloître: Magnificence des objets exposés. Ici un objet exceptionnel, l'Olifant de M. Saint Hubert. (Photo : Patrick Garcia)

 CLOITRE OBJETS 619 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Trésors du Cloître: Magnificence des objets exposés. (Photo : Patrick Garcia)

 CLOITRE OBJETS 620 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » :Trésors du Cloître: Magnificence des objets exposés. (Photo : Patrick Garcia)

 CLOITRE OBJETS 624 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » :Trésors du Cloître: Magnificence des objets exposés. (Photo : Patrick Garcia)

 CLOITRE OBJETS 628 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Trésors du Cloître: Magnificence des objets exposés. (Photo : Patrick Garcia)

CLOITRE OBJETS 630 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » :Trésors du Cloître: Magnificence des objets exposés. (Photo : Patrick Garcia)

CLOITRE VETEMENTS 603 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Trésors du Cloître: Magnificence des objets exposés. Tissus religieux précieux séculaires de toute beauté. (Photo : Patrick Garcia)

CLOITRE VETEMENTS 604 copie

  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Trésors du Cloître: Magnificence des objets exposés. Tissus religieux précieux séculaires de toute beauté. (Photo : Patrick Garcia)

CLOITRE VETEMENTS 605 copie

  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Trésors du Cloître: Magnificence des objets exposés. Tissus religieux précieux séculaires de toute beauté. (Photo : Patrick Garcia)

 A VOIR DANS LA CATHEDRALE 

 

- Petite pietà (xve siècle).

- La chapelle du Saint-Sacrement présente, sur un immense reliquaire du XVIIe siècle, la copie contemporaine de la statue de la Vierge Noire à l’Enfant.

- Statue de Notre-Dame du Puy (Vierge noire)

- Statue de saint Jacques.

- Sous le porche, portes en bois sculpté du XIIe siècle représentant des épisodes de la vie du Christ.

- Le trésor de la sacristie et celui d’Art religieux au-dessus du cloître.

- Le baptistère Saint-Jean, à proximité, qui renferme des expositions estivales.

- Les fresques d’influence byzantine et italienne sous le proche et dans le transept nord, en particulier celle de saint Michel.

- La Vierge Noire

 

VIERGE NOIRE 453 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : La fameuse Vierge Noire du Puy en Velay. (Photo : Patrick Garcia)

 VIERGE NOIRE 455 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : La voici en gros plan, curieuse et somptueuse....(Photo : Patrick Garcia)

  La statue de la Vierge noire du XVIIe siècle qui se trouve actuellement sur le maître-autel provient de l'ancienne chapelle Saint-Maurice du Refuge. Elle fut couronnée par l'évêque du Puy au nom du Pape Pie IX, le 8 juin 1856, jour anniversaire de la destruction de la précédente effigie, qui fut brûlée par les ultra-révolutionnaires de Louis Guyardin (le représentant de la Convention en mission en Haute-Loire) le 8 juin 1794, jour de Pentecôte, devenu celui de l'Être Suprême.

 Elle aurait été remplacée par celle offerte par le roi Louis IX ou Saint-Louis au retour de la septième croisade ; il est attesté que Saint-Louis est venu en pèlerinage au Puy-Sainte-Marie (podium sanctae mariae) en 1254. Faujas de Saint-Fond a pu l’étudier à loisir, il en laissa, en 1778, une description et Veyrenc en exécuta alors une gravure. Il s'agissait d'une statue en cèdre de 71 cm de haut représentant la Vierge assise sur un trône, l'Enfant Jésus sur les genoux. Si les visages de la Mère et de L'Enfant étaient d'un noir foncé, les mains, en revanche, étaient peintes en blanc. Sur le visage de Marie se détachaient des yeux en verre et un nez démesuré. La Vierge était vêtue d'une robe de style oriental dans les tons rouge, bleu-vert et ocre et était couronnée d'une sorte de casque à oreillettes en cuivre doré, orné de camées antiques. La statue était entièrement enveloppée de plusieurs bandes d'une toile assez fine, fortement collées sur le bois et peintes.

Selon Faujas de Saint-Fond, il s'agissait d'une statue très ancienne d'Isis, déesse égyptienne de la fécondité, que l'on avait métamorphosée en Vierge. Il est vrai que des statuettes d'Isis tenant Horus sur les genoux lui ressemblent de façon frappante.

   En janvier 1794, la Vierge Noire arrachée de son autel fut dépouillée de ses richesses (pierres précieuses, dorures…) et reléguée aux Archives. On se souvint malheureusement d'elle : le 8 juin 1794, jour de la Pentecôte, les représentants du pouvoir révolutionnaire, dont Louis Guyardin, vinrent la chercher pour la brûler place du Martouret. Quand les toiles enduites de couleur eurent fini de se consumer, une petite porte secrète pratiquée dans le dos de la statue s'ouvrit et une sorte de parchemin roulé en boule en sortit ; malgré les protestations, on ne chercha pas à savoir ce qu'il contenait. Certains pensent que sur ce parchemin était inscrite l'origine exacte de la vierge noire.

   Chaque 15 août a lieu la procession solennelle de la Vierge Noire à travers les rues de la haute ville. Cette tradition remonte le 15 août 1578, il s'agit d'une des fêtes religieuses les plus importantes dans cette région à laquelle de nombreux fidèles du monde assistent jusqu'ici, à l'exception de l'année 1944.

 ÉGLISE ST MICHEL D’AIGUILHE

 CHAPELLE ST CLAIR 676 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : L'histoire de ce lieux sacré de la chrétienté. (Photo : Patrick Garcia)

 CHAPELLE ST CLAIR 751 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : St Michel, vue du bas du "Pain de sucre". (Photo : Patrick Garcia)

 VG 748 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : St Michel, vue du bas du "Pain de sucre". (Photo : Patrick Garcia)

 VG 669 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : St Michel, vue du bas du "Pain de sucre". Notez les importants travaux de fondations afin d'aménager la plateforme du sanctuaire. (Photo : Patrick Garcia)

VG 768 copie

 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : St Michel, vue du "Pain de sucre" et du sanctuaire. (Photo : Patrick Garcia)

     LA CHAPELLE SAINT-MICHEL est une église romane située à AIGUILHE, commune limitrophe du Puy-en-Velay, dans le département français de la Haute-Loire. Elle a été élue 4e monument préféré des français en 2014. Elle est située à côté de la cathédrale NOTRE-DAME-DE-L'ANNONCIATION du Puy-en-Velay, elle-même élue deuxième monument préféré des français en 2015.  L'église est édifiée sur un piton volcanique (un neck), le rocher d’Aiguilhe, de 82 mètres de hauteur, au pied duquel se trouve un autre édifice roman remarquable : LA CHAPELLE SAINT-CLAIR D'AIGUILHE. La chapelle dédiée à SAINT MICHEL est accessible par un escalier de 268 marches.

HISTORIQUE :

   Selon la légende locale, c'est Gargantua qui donne naissance au rocher d'Aiguilhe qui est communément appelé « la fiente de Gargantua ». L’évêque Gotescalc, premier pèlerin français de St Jacques de Compostelle est à l’origine de sa fondation. La première construction, par le chanoine Truanus, remonterait à 969 et remplacerait un temple dédié à Mercure. Il est probable que l'institution religieuse ait voulu ainsi opérer une substitution de cultes à la divinité lumineuse Lug-Mercure. Elle est érigée en abbaye au XIe siècle.

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Une montée"haletante" vers le sactuaire.... (Photo : Patrick Garcia)

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : De l'esplanade de St Michel, vue panoramique, ici, Espaly St Marcel et son immense statue de St Joseph. (Photo : Patrick Garcia)

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Vue en gros plan du St Joseph. (Photo : Patrick Garcia)

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Depuis le seuil du sanctuaire de St Michel l'Aiguilhe, vue sur Notre Dame de France, au-dessus de la cathédrale. (Photo : Patrick Garcia)

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : L'entrée, usée et séculaire du sanctuaire.(Photo : Patrick Garcia)

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Plus près des étoiles, une architecture précieuse...(Photo : Patrick Garcia)

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Une architecture géométrique sublime. (Photo : Patrick Garcia)

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  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Broderie de dentelles et mosaïques en haut de "l'Aiguilhe".(Photo : Patrick Garcia)

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » :Du haut de St Michel, 10 siècles veillent sur la ville.(Photo : Patrick Garcia)

L'édifice est classé à l'inventaire des monuments historiques depuis 1840. Le pèlerinage est placé sous la responsabilité des prêtres de la communauté Saint-Martin.

ARCHITECTURE :

Lieu sacré dès la plus haute époque, les vestiges d'un dolmen semblent avoir été utilisés pour les fondations. Plus tard, les Romains y rendirent un culte à Mercure.

Au Xe siècle Gothescalk, l'évêque du Puy, fit ériger la chapelle dédiée à saint Michel au retour d'un pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle, pour accomplir un vœu. Inaugurée en 972, elle consistait, à l'origine, en une chapelle quadrangulaire dotée de trois absidioles. Au milieu du XIe  siècle, l'édifice fut agrandi par l'ajout à l'ouest d’un clocher, inspiré de celui de la cathédrale du Puy, et d'une nef. Plus tard enfin, à la fin du XIe siècle, l'absidiole sud fut démolie pour, d'une part, faire place à une construction à l'usage du prêtre desservant, et d'autre part, réunir, en un édifice d'un seul tenant, la chapelle quadrangulaire primitive et la nef nouvellement ajoutée.

L'église, édifiée en pierre volcanique, possède un portail orné d'un arc polylobé, caractéristique de l'architecture omeyyade du califat de Cordoue qui se répandit dans l'architecture romane française par le biais de l'influence des pèlerins le long des grandes routes françaises du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle et, en particulier, le long de la VIA PODIENSIS qui PASSE PAR AIGUILHE. 

    La porte est encadrée de deux colonnes surmontées chacune d'un chapiteau sculpté de feuilles d'acanthe et d'un motif anthropomorphe ou zoomorphe. Elle est surmontée d'un linteau sculpté orné de deux sirènes affrontées, qui supporte un tympan bordé d'une  frise  de  rinceaux. Sur cette frise s'appuie l'arc trilobé, orné de rinceaux et de motifs anthropomorphes. L'intérieur des lobes est orné de scènes sculptées, dont l'agneau pascal.

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Reste de peintures et déambulatoire autour du sanctuaire. (Photo : Patrick Garcia)

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Reste de peintures et déambulatoire autour du sanctuaire. (Photo : Patrick Garcia)

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Reste de peintures dans le sanctuaire St Michel d'Aiguilhe. (Photo : Patrick Garcia)

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  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Reste de peintures et déambulatoire autour du sanctuaire. (Photo : Patrick Garcia)

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Reste de peintures et déambulatoire autour du sanctuaire. (Photo : Patrick Garcia)

 Au-dessus de l'arc prend place un décor de mosaïques de pierres polychromes surmonté d'arcatures sous lesquelles est représenté le Christ entouré de Saint Jean, la Vierge, l'archange Michel et St Pierre. Le porche situé derrière ce portail, et couvrant sept marches supplémentaires, conduit à une façon de déambulatoire semi-elliptique, qui, s'appuyant sur des colonnes monolithiques, entoure un petit vaisseau central voûté en berceau. Quant à l'oratoire carré primitif, il se présente, à droite du porche, comme un étroit réduit carré surmonté d'une voûte en arc de cloître et orné de fresques du Xe siècle, restaurées en 2004, dont un Christ en majesté au haut de la voûte et une série de figures auréolées en contrebas. Derrière une grille, on peut admirer aussi un trésor découvert lors des travaux de restauration en 1955, comprenant un christ reliquaire, un coffret en ivoire byzantin du XIIe siècle et un autre reliquaire du XIIIe siècle. Les vitraux ont été remplacés lors de ces mêmes travaux.

La chapelle est entourée d'un chemin de ronde qui permet une jolie vue sur la ville du Puy avec sa cathédrale Notre-Dame et sur le vieux pont à redents franchissant la Borne.

Un fragment de l'inscription SATOR retrouvé dans la chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe, est conservé au musée Crozatier (au Puy-en-Velay). À proximité de la chapelle Saint-Michel, sur la place du Temple-de-Diane, une reproduction de ce document historique est proposée au public.

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Vierge à l'Enfant dans le trésor. (Photo : Patrick Garcia)

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  LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : Reliquaire de St Michel dans le sanctuaire. (Photo : Patrick Garcia)

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » : 10 siècles de Peintures bibliques, dont un Jésus dans une mandorle, sur la voûte du sanctuaire.  (Photo : Patrick Garcia)

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 LE PUY- EN- VELAY (43) ET LA « VOIE PODIENSIS » :  Depuis l'esplanade de St Michel l'Aiguilhe, une vue sur les monts du Forez. (Photo : Patrick Garcia)

    Voila, si je n’ai pu tout visiter, dans ces 3 jours au Puy, j’ai pu m’imprégner de cette fourmillante cité, résolument tournée vers le tourisme. Pour ceux qui voudraient prendre leur temps, je pense qu’il y a matière à y passer 4 à 5 jours pour tout visiter, mais je me limite à la partie historique car mon périple doit se poursuivre, tout en sachant que j’ai vu l’essentiel et que j’en garde un souvenir impérissable.

 

PATRICK GARCIA

(Je me suis inspiré des docs de l’O.T., divers sites internet, de la ville, de la région, de Wikipédia, de la bibliothèque en ligne Gallica et de la plaquette écrite par Cécile Gall et le père Roger Martin etc.)