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    Sur ma route de la Provence, après l’Auvergne, je finis de franchir les Cévennes et tout de suite me trouve « aux Portes de la Méditerranée », dans le village typique d’Anduze, qui possède bien des curiosités et un train à vapeur ! Cette publication se décompose en plusieurs chapitres assez courts, mais nécessaires pour mieux comprendre les attraits de cette ville sur le « Gardon ».

 1) Ses atouts ;

2) Pour en savoir plus ;

3) La Bambouseraie ;

4) Les Vases d’Anduze ;

5) Visite guidée avec le plan de l’O.T.

     Pour les amateurs de balades en «Pépères », sachez que l’aire de stationnement pour camping car se situe tout contre la gare du train à vapeur, que l’endroit est charmant et tranquille, vu que le train ne fonctionne de que 10 à 17h, et encore, avec un départ toutes les 1h30.

 

TRAJET ANDUZE

Trajet jusqu'à Anduze (Gard) à partir de Ste Livrade sur Lot (Lot et Garonne)

 SES ATOUTS

Anduze, une ville à découvrir

 

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 Anduze (30) Porte de la Provence : Le Gardon, presque un ruisseau, et torrent extrême par moment....(Photo : Patrick Garcia)

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 Anduze (30) Porte de la Provence : Le Gardon a saigné la montagne sur quelques hectomètres, c'est dans ce creux qu'Uzès s'est installée.  (Photo : Patrick Garcia)

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 Anduze (30) Porte de la Provence : Le côté gauche de la déchirure provoquée par le Gardon...  (Photo : Patrick Garcia)

      Anduze est une petite ville au charme pittoresque qui dispose de bien des atouts ! Que ce soit pour la richesse de son patrimoine, la beauté de son paysage, ses sites touristiques, ses chemins de randonnée ou ses terroirs, Anduze est un lieu aux multiples facettes qui séduit par son authenticité !

 Sur place, vous trouverez un bureau d'information touristique qui saura vous conseiller pour organiser votre séjour. Pour connaître les horaires et les infos pratiques, c'est par ici !

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Anduze (30) Porte de la Provence : Plan d'Uzès très utile pour situer les nombreuses curiosités évoquées ici. (Repro-Photo : Patrick Garcia)

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Anduze (30) Porte de la Provence : "Le train à vapeur des Cévennes" et sa gare sont une des grosses curiosités de la ville. (Photo : Patrick Garcia)

 Une activité gratuite vous est proposée pour découvrir le patrimoine d'Anduze tout en s'amusant ! Vous n'aurez plus qu'à suivre le parcours et répondre aux énigmes!  Au cours d’une balade au cœur de la ville, l’histoire d’Anduze est retracée à travers ses monuments et ses rues. Pour découvrir en avant première l'histoire et le patrimoine d'Anduze, continuez la lecture ci-dessous !

 La tour de l’Horloge :

     Commencée en 1320, sa construction dura une cinquantaine d’années. Ses trois étages et sa terrasse permirent à la ville d’avoir une tour de guet et un moyen de défense contre les diverses bandes de mercenaires devenus brigands qui écumaient la région pendant la Guerre de Cent Ans.

Appelée d’abord « tour ronde », elle porte son nom actuel depuis l’installation d’une horloge en 1559, ce qui lui permit d’être épargnée lors de la destruction des remparts ordonnée par Richelieu, suite à la signature de la Paix d’Alais en 1629. Sa méridienne permet de lire l’heure tous les quarts d’heure, entre 11 et 13 heures. Le cadran enregistre les saisons et aussi les entrées dans le signe du zodiaque. La Tour est inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques depuis  le 30 mars 1978.

 La halle fut édifiée en 1453 pour assurer la protection du marché de grains et de châtaignes qui s’y tenait selon la saison d’où son premier nom d’orgerie ou marché aux grains. 

 La place est entourée d’édifices  assez  importants avec de nombreux porches en grès qui étaient les résidences de familles de bourgeoisie ou de noblesse. Surnommée aujourd'hui  "Place Couverte" ou "Place du Marché", elle est encore le centre du marché traditionnel le jeudi matin. 

 La Fontaine Pagode :

On trouve sur cette place, la fontaine Pagode, datée de 1649, elle a été offerte à la ville par deux de ses consuls : Lafarele et Latour. Celui-ci, négociant anduzien commerçant avec l'Orient, avait été séduit par l'architecture de cet empire. A l'origine les quatre pieds qui soutiennent la toiture étaient en bois. Toutes ses tuiles sont en céramique vernissée. Elle est classée Monument Historique depuis le 21 février 1914.

 

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 Anduze (30) Porte de la Provence :  Un très bel encadrement de porte ancienne. (Photo : Patrick Garcia)

 

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 Anduze (30) Porte de la Provence :  Restes du château et de la porte de la ville. (Photo : Patrick Garcia)

 

 Les Fontaines

Anduze a toujours été réputée pour le nombre et la qualité de son approvisionnement en eau. Chaque quartier bénéficiait de sa propre fontaine, coulant même aux jours des étés les plus chauds ! Aujourd'hui il en reste huit. La photo représente la fontaine du Bicentenaire qui est la plus récente malgré son nom! Elle fut construite en 1989 par un compagnon à l'occasion du bicentenaire de la Révolution. Ses colonnes, qui illustrent chacune un style architectural différent (ionique, dorique et corinthien), répondent à la fontaine Pradier, qui se trouve à l’autre bout de la place.

 Le Temple protestant

Le temple de l’Eglise Réformé a été construit ente 1820 et 1823 sur l’emplacement de la cour des  casernes. Sa façade comporte un péristyle de quatre colonnes de style ionique supportant un fronton classique. Deux pierres de l’Ancien Temple de 1600 ont été scellées dans l’un des murs intérieurs.
La grande nef abrite les bancs disposés en hémicycle. La Table de Communion en marbre fut offerte par un anduzien, Alexis d’Adhémar. Les deux consoles  à têtes de lion qui soutiennent la Table proviendraient du socle de la statue de Louis XIV qui était au jardin du Peyrou à Montpellier et qui fut abattue à la Révolution.
L’orgue installé en 1848, souffrit des terribles inondations de 1958. Il fut restauré en 1964, puis reconstruit en 1992 par l’association des amis de l’orgue. Des concerts de musique sacrée ou profane sont offerts chaque année dans ce cadre superbe, à l’excellente acoustique.
Le temple est classé Monument historique depuis le 18 juin 1979 et reste un des plus grands de France.

La "rue droite" et les ruelles d'Anduze

Il fait bon vivre dans les ruelles d'Anduze! On retrouve de nombreux artisans, commerces, et couleurs!

La "rue Droite" est ainsi nommée car en langue d’oc « droite » veut dire « directe » cette petite rue sinueuse va de la belle porte du château à la Place Couverte et sa halle. Très commerçante, avec notamment des étalages de poterie très colorées.

  La Tour Pezene 

Situé au cœur d'Anduze, ce parc surprend par son allée de bambous, ses cèdres, ses magnolias ou encore sa terrasse d'où l'on domine la vallée avec vue sur le Château de Tornac ! Découvrez toutes les plantes et arbres remarquables grâce au circuit Botanique proposé par le Bureau d'information touristique.

 (Texte rédigé par Sophie Capmartin)

 

EN SAVOIR PLUS SUR ANDUZE

 

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 Anduze (30) Porte de la Provence : La promenade sur les quais. (Photo : Patrick Garcia)

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 Anduze (30) Porte de la Provence : Le Gardon se prélasse mollement sous le soleil. (Photo : Patrick Garcia)

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Anduze (30) Porte de la Provence : Maisons colorées sous le soleil d'Uzès, toujours sur les quais. (Photo : Patrick Garcia)

 Anduze (Andusia) est une commune du département du Gard, sur le Gardon d'Anduze, formé, à 3 km en amont, par la réunion du Gardon de Saint-Jean et du Gardon de Mialet. La partie principale de la ville, sur la berge droite du Gardon, occupe le plateau de Saint-Julien; un pont en pierre la réunit au faubourg de Peyremale, sur la berge gauche.

      L'ensemble du territoire est jurassique (calcaire à gryphées), et marque la transition des Cévennes à la plaine du Bas-Languedoc. L’altitude y est de 131 m. La Flore des environs est très variée (plus de trois mille noms d'après Viguier); châtaigniers, oliviers, quelques vignes; mûriers connus depuis 1570. A 2 km d'Anduze, à Prat-France, étaient les serres de Mazel, qui est parvenu à acclimater le bambou-sur les bords du Gardon.

 Histoire.

    Andusia est mentionnée sur une pierre itinéraire de l'époque impériale romaine, découverte en 1747, près de la Fontaine de Nîmes, sur le chemin de Sauve. L'étymologie du nom est incertaine : on l'a rapproché d'Andosia, ville de Galatie (Asie Mineure), ce qui reportait son origine (comme il est vraisemblable d'ailleurs) à l'époque celtique. La seconde mention d'Anduze est dans une donation faite vers 810 par Anscinda, abbesse d'un monastère de filles situé près du « castrum andusianense », ou château d'Anduze.

      La maison des Bernard-Pelet a possédé la seigneurie d'Anduzo de 1020 à 1226, en même temps que la seigneurie de Sauve, etc. Des pièces d'argent valant six ou sept sous de Maugino portent les mentions : Andusiensis, Salviensis. Après la croisade de Albigeois, tous les biens de Pierre-Bermond d'Anduze, cousin du comte de Toulouse , furent confisqués par Louis VIII et Louis IX : celui-ci, en 1243, indemnisa Pierre-Bermond par un assignat de six cent livres de rente.

 

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 Anduze (30) Porte de la Provence : Paysage méditérranéen à Uzès. (Photo : Patrick Garcia)

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 Anduze (30) Porte de la Provence : Promenade le long du Gardon. (Photo : Patrick Garcia)

         Une viguerie royale fut établie en 1295. Philippe le Bel, vers 1307, se dessaisit de la moitié de la seigneurie en faveur des évêques du Puy. L'autre moitié, cédée par échange en 1344 au dernier comte de Viennois, le dauphin Humbert, fut vendue par lui à Guillaume Rogier, vicomte de Beaufort, frère du pape Clément VI. Elle passa par mariage à Jean le Meingre de Boucicaut, maréchal de France (mort en 1421), puis à la branche collatérale de Beaufort-Canillac. Une famille de commerçants enrichis, les Airebaudouze, réunit toute la seigneurie d'Anduze. Elle acheta en 1539 la part de l'évêque du Puy, et en 1547 celle de Marc de Beaufort, comte d'Alès. Elle a possédé les terres jusqu'en 1760, et les droits seigneuriaux jusqu'en 1780. Mais dans ce pays de droit romain et de franc-alleu, la féodalité a toujours laissé une large place aux droits municipaux et même à la propriété rurale. Dès 1428, les registres terriers permettent de compter trois cent trente propriétaires; en 1596, sept cents; en 1643, neuf cents; en 1789, onze cent huit.

 L'axiome féodal : « point de seigneur sans terre, point de terre sans seigneur », n'avait pas cours. Pour percevoir des droits, il fallait que le seigneur montrât des titres. Anduze eut un premier hôtel de ville en 1442; en 1589, elle acquit une nouvelle «-maison consulaire », sur laquelle on voit encore le millésime de 1590, ainsi que les armes de la ville, mutilées il est vrai : de gueules à une tour d'argent crénelée et donjonnée de trois donjons de même, ouverte et maçonnée de sable. Ces armes se rapportent très bien à la position topographique d'Anduze, ouverte par le Gardon, et protégée au Moyen âge par une enceinte munie de trois tours, (sans compter, en avant et au Sud de la ville, le château aujourd'hui en ruines, de Tornac).

 RELIGION :

 

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 Anduze (30) Porte de la Provence : L'Eglise de a ville sur sa butte, fut en lutte contre son homologue protestante. (Photo : Patrick Garcia)

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 Anduze (30) Porte de la Provence : Le "Grand Temple" d'Uzès, eut fort à faire avec son homologue catholique... (Photo : Patrick Garcia)

     Anduze a fait partie, sous l'ancien régime, du diocèse de Nîmes jusqu'en 1694, date où elle fut comprise dans le nouveau diocèse d'Alès, supprimé depuis par le concordat de 1801. Mais son histoire, sa position et son caractère indépendant ainsi que la résistance qu'elle devait opposer à l'épiscopat, la vouèrent au calvinisme. Le supplice du réformateur Rozier (1557) y fut regardé comme un martyre; et dès 1560, deux ans après Nîmes, cinq ans après Paris, le culte réformé y fut établi. Saint-Etienne, deux autres églises, des chapelles catholiques furent détruites en 1562.

      En 1579, il se tint à Anduze une assemblée des réformés. Après le règne pacificateur de Henri IV, Rohan fortifia Anduze contre les troupes royales (1622), y fut déclaré (1625) chef des religionnaires de Languedoc, puis (1628) des Cévennes et du Gévaudan. Après sa soumission et la paix d'Alès (1629), les murs d'Anduze furent abattus. La révocation de l'édit de Nantes (1685) porta un coup terrible à toutes les industries du pays, et surtout à la soierie; elle entraîna de nombreuses exécutions militaires, et enfin, en 1702, la guerre des Camisards. Douze jours avant la révocation, et sur l'ordre du roi, Anduze avait abjuré en masse le calvinisme : mais ces violentes conquêtes du catholicisme n'étaient ni profondes ni durables.

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : Rue ancienne. (Photo : Patrick Garcia)

 

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Anduze (30) Porte de la Provence :  A noter l’ancienne maison consulaire avec le blason de la ville d’Anduze, martelé à la Révolution et daté de 1590. (Photo : Patrick Garcia)

 

     Si Anduze ne s'est pas signalée dans la guerre des Camisards, c'est qu'elle fut constamment occupée (ainsi qu'Alès) par les troupes royales; mais elle fut de coeur, et beaucoup de ses habitants furent de fait, avec les Cévenols révoltés. Le prophétisme et les maladies nerveuses (mâyre en dialecte andusien) s'y répandirent. Quant à la religion persécutée, elle n'a fait que s'affermir : les quatre cinquièmes des habitants sont protestants.

 (H. Monin). .

  LA BAMBOUSERAIE D’ANDUSE

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 Anduze (30) Porte de la Provence : Le site de la Bambouseraie. (Photo du Net)

  La Bambouseraie en Cévennes accueille de très nombreuses variétés de bambous, bien entendu, mais aussi d’arbres remarquables par leur taille ou leur longévité exceptionnelle. À découvrir au fil de vos balades végétales...

Depuis plus de 160 ans... et pour longtemps

Par le gigantisme des végétaux, par le sentiment de bien-être qui en émane, la Bambouseraie en Cévennes semble avoir toujours existé. Elle est pourtant née, en 1856, de la volonté d'un seul homme :
Eugène Mazel dont les serres de la Bambouseraie en Cévennes portent encore le nom.
Passionné d'horticulture et de sciences naturelles, il entame ses premières plantations sur le site actuel de la Bambouseraie en Cévennes en 1856, en acclimatant des espèces exotiques venues de Chine, Japon, d'Amérique du Nord et de l'Himalaya...
Depuis 1902, la famille Nègre préside aux destinées de la Bambouseraie en Cévennes en n'ayant de cesse de multiplier les espèces, ouvrir le parc au public et développer les plantations.

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Anduze (30) Porte de la Provence : Autre vue du site de la Bambouseraie.  (Photo du Net)

  Les grandes dates de la Bambouseraie de la Bambouseraie en Cévennes

  • 1856: création du jardin exotique par Eugène Mazel, botaniste renommé.
  • 1890: reprise par le crédit foncier décès d'Eugène Mazel.
  • 1902: acquisition du domaine par Gaston Nègre, passionné de plantes.
  • 1945: Maurice Nègre, ingénieur agronome, reçoit le domaine en héritage.
  • 1953: ouverture du parc au public et tournage du film Le salaire de la peur*, ainsi que dans un petit village du Gard, Poulx, et dans les Gorges du Gardon, lieu classé Grand Site de France pour la scène finale.
  • 1956: le gel cause la disparition d'une grande partie des plantations. Seuls les bambous et les arbres résistent.
  • 1960: Janine Nègre poursuit la tâche de son mari disparu. Elle lègue le domaine à Muriel, sa fille, en 1977, qui en assure le développement avec son mari.
  • 2000: Année du Dragon, Erik Borja présente le projet du Vallon du Dragon.
  • 2004: Muriel Nègre assure seule la direction du domaine et fait de la Bambouseraie en Cévennes un lieu de partage et de rencontre.
  • 2005: la Bambouseraie en Cévennes est classée Jardin remarquable par le Ministère de la culture.
  • 2006: 150ème anniversaire du parc.
  • 2008: la Bambouseraie en Cévennes est inscrite au titre des Monuments historiques.
  • 2012 : Signataire de la Charte Européenne du Tourisme Durable dans les espaces protégés.

* Film réalisé par Henri-Georges Clouzot avec Yves Montand et Charles Vanel, et le célèbre camion chargé de nitroglycérine !

 LES VASES D’ANDUZE

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Anduze (30) Porte de la Provence : Le célèbre modèle produit à Anduze. (Photo : Wiki)

    Au début du XVIIe ou peut-être à la fin du XVIe siècle, un potier cévenol, nommé Boisset, tombe en arrêt devant un vase Médicis à la foire de Beaucaire. Séduit par tant d’élégance, il lui prend l’envie de créer un modèle en s’en inspirant.

     L’esprit et la rigueur cévenole en font un vase plus rustique, plus trapu. Il l’orne d’une guirlande, d’un écusson : le Vase Boisset est né. Monumental, il sert à planter les orangers et les citronniers qui ornent le jardin des grands de la Cour de Louis XIV.  Le temps passe, les Boisset se succèdent de père en fils pendant des siècles ; aujourd’hui, les Enfants de Boisset perpétuent avec talent l’œuvre des Anciens.

Le Vase d’Anduze a traversé les âges

    Fleurons des jardins méridionaux au XVIIIe siècle, puis de ceux de l’hexagone avant de voyager au-delà des frontières, le Vase d’Anduze a retrouvé depuis quelques décennies ses lettres de noblesses et, traditionnel ou revêtu des couleurs plus contemporaines, son attrait perdure au-delà d’un simple phénomène de mode.

Mythe, légende et réalité

      Cette tradition séculaire a forgé un véritable mythe, nourri de belles histoires appartenant davantage au légendaire qu’à la réalité historique. Ainsi ce vase horticole serait contemporain d’Henri IV (1610) et aurait été inventé par un potier d’Anduze qui se serait inspiré de vases italiens de type Médicis, à décor de fruits et de guirlandes, vus en foire de Beaucaire. Une autre légende prétend que des Vases d’Anduze ornaient les jardins de Versailles au temps du roi soleil. Malheureusement les comptes de la maison du roi ne mentionnent aucune commande à Anduze. En revanche les comptes des potiers Boisset et des tessons retrouvés sur place indiquent leur présence dans les grands jardins parisiens sous l’Empire. L’unique témoignage d’un vase daté de 1610 ne donnant aucune source, aucune description, aucune référence, semble plus que douteux. Déchiffrer une date sur un vase très ancien au vernis fortement dégradé est difficile et peut être source d’erreur.

 

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 Anduze (30) Porte de la Provence : Autres modèles des potiers d'Anduze. (Photo du Net)

  Une origine languedocienne et provençale

   Né au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle, ce vase est certainement le fruit d’un « lent processus créatif par emprunts et interprétations » des potiers du Languedoc et de Provence[1] dans lequel s’inscrivent, peut-être un peu tardivement, des potiers d’Anduze. Les premiers de ces vases repérés, dont la provenance anduzienne est parfaitement établie, datent de 1728 et 1730 et appartiennent à la production des GAUTIER, famille de potiers de terre installée au cœur de la ville et dont la présence est attestée dans la région depuis le XVIe siècle.

 Les Boisset

Dans le dernier quart du XVIIIe siècle, une autre famille de potiers émerge, ce sont les BOISSET. A l’origine de la dynastie se place Louis Etienne BOISSET qui a fait son apprentissage chez son oncle Gautier. A la fin du premier tiers du XIXe siècle les Boisset absorberont l’ancienne poterie Gautier.

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Anduze (30) Porte de la Provence : Exposition de différents modèles. (Photo anduze-info.com)

  Une popularité grandissante à partir du XIXe

     Tout au long du XIXe siècle, l’activité est florissante et nombreux sont les potiers de la région d’Anduze dont la production fait apparaître des vases de jardin. C’est même une spécialité qui les distingue des autres productions languedociennes. La réputation de ces vases, apparue avec les Gautier et les Boisset au XVIIIe siècle devient si grande au XIXe que, désignée sous le nom de Vases d’Anduze, ils vont envahir les parcs et orangeraies de la région mais aussi connaître un très vif succès dans les autres provinces. L’activité a toutefois décliné au début du XXe siècle. Seule la poterie Boisset installée à proximité du gisement de terre de la Baou, s’est maintenue malgré une interruption de quelques années. Avec un nouvel engouement pour ce produit artisanal relancé par les Boisset, dans la seconde moitié du XXe siècle d’autres entreprises ont vu le jour.

 De nos jours

      Aujourd’hui, La production artisanale du Vase d’Anduze dans le respect de la tradition, avec sa vêture originelle comme dans des colorisations créatives contemporaines reste fort active (8 Poteries). Sa commercialisation est devenue mondiale. Forte de son histoire, de sa notoriété et de sa dimension culturelle elle participe fortement à l’attractivité touristique du territoire.

 (http://www.vase-anduze.fr/histoire/)

 VISITE AVEC L’O.T.

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 Anduze (30) Porte de la Provence : La Fontaine du Bicentenaire. (Photo : Patrick Garcia)

 1 • La fontaine du Bicentenaire

Réalisée en 1989 par un compagnon pour la commémoration du Bicentenaire de la Révolution Française. Les trois colonnes illustrent chacune un style: le dorique, l’ionique et le corinthien. Le quai Appelé ainsi à tort car aucun bateau n’est jamais venu s’y accosté. Pendant un siècle et demi, les maisons privées de leurs remparts ont été victimes des fameuses «gardonnades » (crues brusques et violentes de la rivière). Pour pallier à cet état de chose, la digue a été construite en 1774. Ce magnifique et important ouvrage en pierres taillées a été financé à l’époque par les Etats de Languedoc.

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : Reste du rempart, la Tour de l'Horloge et son cadran solaire. (Photo : Patrick Garcia)

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : Le cadran solaire de la Tour de l'Horloge et sa devise "Le temps s'enfuit"...(Photo : Patrick Garcia)

 

  2 • La tour de l’Horloge

Inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques en 1978, la tour de l’Horloge fut construite entre 1320 et 1370, elle a cinq niveaux et fut remaniée à différentes reprises au cours des siècles. Elle servait de tour de guet et de moyen de défense. Appelée d’abord « tour ronde», elle porte son nom actuel depuis l’installation d’une horloge en 1559. Grâce à cette fonction elle fut épargnée lors de la destruction des remparts ordonnée par Richelieu, suite à la signature de la Paix d’Alais en 1629. Sa Méridienne permet de lire l’heure tous les quarts d’heure, entre 11 et 13 Heures. Le cadran enregistre les saisons et aussi les entrées dans le signe du zodiaque.

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : Le Temple, que j'ai passé en plus grand un peu plus haut. (Photo : Patrick Garcia)

 

 3 • Le temple

Le temple de l’Eglise Réformée a été construit entre 1820 et 1823 sur l’emplacement de la cour des casernes. Sa façade, assez austère, comporte un péristyle de quatre colonnes de style ionique supportant un fronton classique. A l’intérieur la grande nef rectangulaire est partagée en trois voûtes prenant appui sur des puissants pilastres. Face aux bancs disposés en hémicycle, la Table de Communion en marbre fut offerte par un anduzien, Alexis d’Adhémar, à l’occasion de la dédicace du Temple en octobre 1823. Les deux consoles à têtes de lion qui soutiennent la Table proviendraient du socle de la statue de Louis XIV située à Montpellier et qui fut abattue à la Révolution. Les bancs sont disposés en hémicycle. L’orgue installé en 1848, souffrit beaucoup de la terrible inondation de 1958. Il fut restauré dans un premier temps en 1964. Mais, grâce à la ténacité de l’Association des Amis de l’Orgue, celle-ci réussit il y a quelques années à le restaurer entièrement, tout en augmentant sa puissance et ses possibilités. La cloche porte la date de 1883. Enfin, rappelons que letemple est classé Monument Historique depuis 1979 et reste un des plus grands de France.

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Anduze (30) Porte de la Provence : Entrée de la Rue Droite, par le portique accolé au château. (Photo : Patrick Garcia)

 

La rue Droite

Ainsi nommée car autrefois en patois cévenol «dret » voulait dire «directe». Par cette rue on entre, par le portique accolé au Château neuf, «directement » vers le centre de la vieille ville: la place Couverte. A l’extérieur de cette porte partait l’ancienne route de Nîmes, actuellement rue du Luxembourg. La place Couverte ou place du Marché Construite en 1457, elle s’appelait à l’origine l’orgerie ou marché aux grains. Elle fut le lieu du marché aux châtaignes et aujourd’hui celui des produits locaux (le jeudi matin). Au N°5 place du Marché: Remarquez la plaque commémorative qui indique que dans cette maison est né le 27 décembre 1826 Alfred Rieu de Montvaillant, poète et félibre. A noter le célèbre mascaron tirant la langue, au-dessus de la porte d’entrée en gré rouge.

 

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Anduze (30) Porte de la Provence :La Fontaine Pagode. (Photo : Patrick Garcia)

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : La Fontaine Pagode et la Halle. (Photo : Patrick Garcia)

 

4 . La fontaine Pagode

De style oriental, elle est datée de 1649 et fut construite d’après les dessins et les deniers d’un négociant anduzien qui était allé chercher des graines de vers à soie en Orient. Ses tuiles les plus anciennes, spéciale ment faites pour la circonstance, proviennent de la fabrication locale. Classée Monument Historique depuis 1914, la fontaine a été rénovée entièrement il y a quelques années.

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : La Place Notre Dame et la fontaine du même nom. (Photo du Net)

 

  5 • La place Notre-Dame 

Elle tient son nom d’une ancienne église nommée Notre Dame du Bourg, disparue aujourd’hui. En son centre, une fontaine qui date du début du 18e siècle. Derrière celle-ci, un porche en gré rouge, un des plus beaux de la ville, daté de 1728.

 

Place de la tour de Pézène et le château de Pézène

Anduze (30) Porte de la Provence : Tour et château Pézène. (Photo de Gribouille)

 

  6 • Place de la tour de Pézène et le château de Pézène

L’appellation de Pézène lui fut donnée par le Baron de ce nom qui l’habitait au XVIe siècle. La tour seigneuriale de Pézène, remaniée au cours des siècles, serait datée entre le XIIe et le XIVe siècle. Les bâtiments qui l’entourent sont postérieurs mais cachent certainement des vestiges beaucoup plus anciens. Ce château était la demeure du comte Roger de Beaufort, comte d’Alais et seigneur d’Anduze au XVe siècle. A noter le très bel escalier en arc de cercle de l’entrée. Propriété privée, il ne se visite pas. Place de la République A noter l’ancienne maison consulaire avec le blason de la ville d’Anduze, martelé à la Révolution et daté de 1590. Un très bel encadrement de porte, en pierres taillées, du XVIe siècle, annonce l’ancienne entrée de la «Maison commune». La place se trouve sur le lieu de l’ancien cimetière. La fontaine qui en occupe le centre est la première qui fut installée dans la cité ; elle a été refaite en 1715 et la petite architecture pyramidale posée sur les trois boules, vue sous un certain angle, offre un effet d’optique assez surprenant.

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : Clocher de l'église St Etienne.  (Photo : Patrick Garcia)

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : Place de l'église St Etienne et sa fontaine.(Photo : Patrick Garcia)

 

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Anduze (30) Porte de la Provence :  Fontaine de la place de l'église St Etienne. (Photo : Patrick Garcia)

 

 7 • L’église Saint-Etienne

Consacrée en 1688, elle possède une grande nef bordée par un oratoire et six chapelles, terminée par le Chœur. Le clocher fut adapté sur une ancienne tour du moyen-âge, rescapée des fortifications du premier château des seigneurs d’Anduze. Cette église fut construite sur l’emplacement de l’ancien temple de l’Eglise Réformée, détruit en 1685 lors de la révocation de l’Edit de Nantes. L’intérieur contient des trésors artistiques de grande valeur : le tableau de l’Assomption (1697), le tableau de St Etienne (1846), des statues à la feuille d’or datant de la première moitié du XIXe siècle, un crucifix sculpté sur bois du XVIIe siècle, un tabernacle du XVIIe siècle (œuvre espagnole en bois sculpté), des peintures murales représentant la Vierge Marie (copie du peintre espagnol Murillo), des vitraux aux belles couleurs (XIXe siècle). Pour les plus sportifs, vous pouvez monter jusqu’à la rue des Treilles, au pied du rocher de St Julien, pour admirer la vue sur les toits d’Anduze et la plaine dominée par le château de Tornac.

 La rue Notarié

Comme son nom l’indique, elle était bordée d’études de notaires. On accédait par cette rue au premier temple protestant à partir de 1567. La rue Bouquerie Remarquez les belles portes et l’encadrement de belles pierres. Au n° 2 se trouve une maison ancienne où l’on remarquera sous la génoise 4 mascarons représentant des têtes humaines. Sous le porche d’entrée, un sol en calades et un patio.

 

ANDUZE FONTAINE PRADIER 162 copie

 

Anduze (30) Porte de la Provence : La Fontaine Pradié. (Photo : Patrick Garcia)

 

ANDUZE FONTAINE PRADIER 241 copie

 

Anduze (30) Porte de la Provence : La Fontaine Pradié, autre vue. (Photo : Patrick Garcia)

 

 8 • La fontaine Pradier

Elle se trouve sur le Plan de Brie, a été construite à l’époque du percement de la rue Neuve vers 1830. De style classique, elle est composée d’un vaste bassin circulaire au centre duquel, sur un socle ouvragé prend place une vasque supportant elle même une colonne au chapiteau corinthien, le tout en marbre blanc.

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : Un hâvre de paix à Anduze, le parc des Cordeliers. (Photo : Patrick Garcia)

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : Un hâvre de paix à Anduze, le parc des Cordeliers. (Photo : Patrick Garcia)

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : Un hâvre de paix à Anduze, le parc des Cordeliers. (Photo : Patrick Garcia)

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : Un hâvre de paix à Anduze, le parc des Cordeliers. (Photo : Patrick Garcia)

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : Un hâvre de paix à Anduze, le parc des Cordeliers. (Photo : Patrick Garcia)

 

 9 • Le parc des Cordeliers

L’entrée principale se trouve avenue Rollin, est remarquable par son allée de bambous, ses cèdres, ses magnolias et sa terrasse d’où l’on domine la vallée avec dans le fond le Château de Tornac. Une stèle à la mémoire de Jean Claris de Florian, fabuliste a été inaugurée en 1955 pour son bicentenaire (1755-1794). On remarquera au bout de l’allée centrale à droite en entrant la statue érigée en 1952 par l’association Anduzia, célébrant la mémoire de Clara d’Anduze, troubadouresse du début du XIIIe siècle. Face à l’entrée, le monument aux morts des guerres de 1914-1918 et 1939-1945. Un circuit des arbres remarquables du parc est en préparation.

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : La gare de départ du train à vapeur des Cévennes. (Photo : Patrick Garcia)

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : Le "Train à vapeur des Cévennes". Une des locos.(Photo : Patrick Garcia)

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : Le "Train à vapeur des Cévennes". L'embiellage de la loco...(Photo : Patrick Garcia)

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : Le "Train à vapeur des Cévennes". Contrôleur des billets. (Photo : Patrick Garcia)

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : Le "Train à vapeur des Cévennes". Les wagons antiques sont plein de charme. (Photo : Patrick Garcia)

 

 10 • La gare est le départ du Train à Vapeur des Cévennes.

Maintenant ligne touristique entre Anduze et St Jean du Gard, avec arrêt à la Bambouseraie, le centenaire de la construction du chemin de fer fut fêté en 2009. Ce circuit vous permet de découvrir les principaux monuments d’Anduze aussi n’hésitez pas à flâner dans les autres rues de la ville et le long de la rivière «Le Gardon».

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : Le "Train à vapeur des Cévennes". La 140 C 27, de 1917 (1 siècle) piaffe d'impatience. (Photo : Patrick Garcia)

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : Le "Train à vapeur des Cévennes". La 140 C 27, de 1917 (1 siècle) piaffe d'impatience. (Photo : Patrick Garcia)

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : Le "Train à vapeur des Cévennes". C'est ici, toujours la foule des grands jours. (Photo : Patrick Garcia)

 

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Anduze (30) Porte de la Provence : Le "Train à vapeur des Cévennes". Les manoeuvres à quai se font souvent avec une grosse BB dièsel. (Photo : Patrick Garcia)

 

 Pour vos randonnées pédestres, un carto-guide regroupant 180Km de petites randonnées autour d’Anduze est en vente. En sortant de la ville, visitez la Bambouseraie, Le musée du Désert, les grottes de Trabuc, le jardin Arboretum de bonsaïs, le musée des Vallées Cévenoles, l’Aquarium et le musée des Poupées. Parcourez la route des potiers et des céramistes et admirez notre célèbre vase d’Anduze d’inspiration florentine. Ce vase de jardin est en terre cuite, vernissé de couleur jaune miel, vert olive et brun châtaigne. Dégustez nos produits du terroir : le pélardon (fromage de chèvre), la saucisse d’Anduze, le miel, les châtaignes et nos vins.

PATRICK GARCI