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ST JEAN PIED DE PORT

 

   Avant mon départ vers le Pays Basque, tout le monde m’avait dis, tu vas voir comme ce village de St Jean Pied de Port est beau…. Et bien c’est vrai !!!!

    Pourtant, au fil des jours, j’en traverse,  des bourgades toutes aussi belles les unes que les autres, des petits bijoux de curiosités et de culture basque, avec des maisons proprettes, tout de blanc vêtues et seulement différenciées par les couleurs de leurs colombages. 

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Belle vue des vieux quartirs et du pont sur la Nive. (Photo: José Patrick Garcia)

    Les méandres de la montagne sont constellés de ces bourgades ou de ces fermes regroupées en petits hameaux multicolores sur le fond vert émeraude des flancs des petits sommets. Les routes sont splendides, toutes neuves, un véritable tapis roulant où l’on déroule sans jamais se lasser.   C’est un peu le bocage et le paysage  me rappelle souvent ma Haute Auvergne, mais en plus vert. Sauf qu’ici, mon GPS m’annonce que je roule  entre 50 et 200 mètres de haut, car les montagnes qui me dominent, dans ce secteur, ne font au pire, que quelques centaines de mètres. Tout à l’heure, la montagne sera un peu plus haute, pour mon étape de St Jean Pied de Port.

- ST JEAN PIED DE PORT TRAJET

 

Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Trajet Ste Livrade sur Lot/St Jean-Pied-de-Port. (Photo: José Patrick Garcia)

     Des noms très connus passent devant mes yeux, tous sont archi-connus… Ascain, St Pée sur Nivelle, Sare, Ainhoa, Espelette, Cambo, Bidarray, St Etienne de Baïgorry…

   Partout des paysages admirables, et comme toujours dans cette province : la propreté et la volonté de se présenter aux yeux des visiteurs sous ses plus beaux atours… Les fermes sont à l’unisson des majestueuses maisons. Au contraire de nombreuses fermes du territoire national, ici, tout est fait pour masquer le matériel, les surplus, surtout quand il est usagé. Pas de parc à ferrailles à la vue des voisins, de vieux plastics de serres arrachés et pelotés en tas, attendant des années le passage du ramassage, bref, tout ce que bien souvent, on laisse se transformer en poubelle à ciel ouvert est ici absent.

     Les basques sont viscéralement attaché à leurs racines, à leur culture, à leur terre pour laisser se développer ce genre d’habitude malheureusement courante par chez nous… Le temps du rangement, de la propreté, de l’entretien des abords des villages, pâtures et maisons, les tas de boues disséminés sur le macadam par les tracteurs…, tout cela n’existe pas ici, car l’honneur est une vertu qui est primordiale. Tout faire pour être à la hauteur des ancêtres qui ont permis d’entretenir cet univers si riche et propret, et de le livrer comme on l’a reçu, et si possible en meilleur état, aux générations futures.

    Une conception de la vie qui refuse le productivisme à tout craint… Mais qui permet aux habitants d’investir en temps, efforts et en espèces sonnantes et trébuchantes, pour que leur univers soit aussi pimpant que nous le voyons partout ! Ici, pas de papier, de mégots, de poches plastiques, de chewin-gum, ou de paquets vides de cigarettes qui trainent au sol… Un immense respect pour un cadre de vie unique auquel jeunes et moins jeunes sont attachés plus que tout… Un décor de cartes postales permanent…

    Ainsi donc me voilà arrivé à mon étape, une bourgade pleine de vie, au milieu des montagnes couvertes de vignes et de maïs sur leur bas versant…

- PLAN DE ST JEAN PIED DE PORT A

 

Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Plan général de la ville pour situer les curiosités. (Photo: José Patrick Garcia)

- PLAN DE ST JEAN PIED DE PORT B

 

Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Plan-relief complément du précédent. (Photo: José Patrick Garcia)

St Jean Pied de Port :

   Le port, c'est le col, en langage basque. Par ce col, les pèlerins de St Jacques de Compostelle, qui se sont assemblés dans ce village en provenance des différents "camis", attaquent la montée vers Roncevaux et la poursuite vers Santiago (St Jacques), par Le Camino Frances ( le chemin français).

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Ville d'Histoire, S.J.P.D.P. est aussi une citée tournée vers la jeunesse avec de nombreux complexes sportifs! Ici, vu de la citadelle. (Photo: José Patrick Garcia)

    Toujours aussi bigarrée, cette cité de 1500 âmes est toujours en mouvement. Il y a des touristes partout. Cela sent « L’Aisance » à plein nez, il y a des cours somptueux de tennis, des piscines toutes neuves, et surtout, un va et vient incessant de touristes, appareils de photos en main, qui colonisent les magasins de souvenirs, tout juste dérangés par le « Train touristique » qui grimpe ses 4 wagons dans le dédale des rues pavées, et pentues à souhait ! Dominé par une impressionnante citadelle, le village est victime de son succès, on ne peut aucunement faire une photo sans qu’il n’y ait 50 personnes sur la pellicule, impossible dans beaucoup d’endroit de pouvoir faire des souvenirs sans déranger les passants, dont beaucoup ont la politesse de s’arrêter l’espace d’un instant pour ne pas gêner la prise de vue. Ce sont des cars entiers qui amènent Espagnols, Allemands, ou autres voyageurs venus d’on ne sais où….

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Extérieur du centre historique, maisons aux couleurs typiques.  (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Les remparts de la citadelle permettent de jolis points de vue sur la vieille ville. (Photo: José Patrick Garcia)

    C’est qu’ici, je suis dans l’entonnoir d’un des principaux chemins vers Compostelle. Depuis des siècles et des siècles, les « roumis » qui arrivent là, comme les petits ruisseaux font les grandes rivières, s’y concentrent pour renouveler leur matériel, avant d’attaquer la montée vers le col de Roncevaux et ainsi, la traversée des Pyrénées.La commune se trouve sur la « via Podiensis », l'un des chemins du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, qui part du Puy-en-Velay et se prolonge jusqu'au col de Roncevaux et, de là, à Saint-Jacques-de-Compostelle. Saint-Jean-Pied-de-Port est également situé sur la voie de la Nive, une variante du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle suivie par les pèlerins qui, de Bayonne, recherchaient à regagner le Camino Navarro avant sa traversée des Pyrénées, à Saint-Jean-Pied-de-Port.

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): La Citée est avant tout une citadelle, et c'est ce que l'on voit dès qu'on arrive. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Une énorme ceinture de remparts protège le centre historique. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Impossible rentrer dans la ville sans montrer "pate blanche" et passer sous une porte fortifiée. (Photo: José Patrick Garcia)

 

 

     Je gare mon vieil « Autostar » sur un immense aire de garage située en contrebas du centre historique face à un supermarché. Des dizaines de véhicules sont déjà présents, même si le parking n’est pas donné… J’attaque de suite la remontée vers le village qui se trouve à 1500 mètres de là, sur une éminence, elle-même dominée par la citadelle.

     Cette citadelle est omniprésente. Partout on ne voit qu’elle et ses échauguettes en toit de poivrière. Le long mur haut d’une dizaine de mètre englobe tout le promontoire où est bâtie la petite ville, et le sommet est occupé par les « blockhaus » eux-mêmes, centre névralgique de la forteresse.

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Le corset qui englobe la ville permet de belles promenades et des vues...royales. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Guérite des gardes, en parfait état, elle permet aussi de se mettre à l'abri en cas d'averse. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Postes de tir à l'intérieur de la tourelle, et noms d'imbéciles destinés à passer à la postérité des parasites. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Belle échauguette protégeant une poterne près de la rivière. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Avec l'église en arrière plan, ceux qui connaissent vont reconnaître cette échauguette. (Photo: José Patrick Garcia)

La citadelle de Mendiguren

Munie de quatre bastions, elle fut édifiée en 1625-1627 par Pierre de Conty de La Mothe d'Argencourt, puis reprise en 1640-1648 par Nicolas Desjardins. Son mur ouest comprend des casemates d’artillerie construites dans les années 1540 ou 1550, afin de s’assurer de la fidélité de la ville. De 1686 à 1700, l’ingénieur François Ferry y effectue des travaux supplémentaires : constructions de casernements et quelques défenses supplémentaires, sur les instructions de Vauban. Quelques améliorations mineures, dans la continuité du projet initial, furent apportées jusqu’en 1728. Le XIXe ne modifie pratiquement pas cette citadelle, qui est un exemple bien conservé et exceptionnel de l’architecture militaire telle qu’on l’entendait en France, dans la première moitié du XVIIe siècle.

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Vue schématique de la citadelle en 3D. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Vue de l'entrée de cette "bastille" protégée par 1000 bouches à feu... (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): La porte du Roy de la redoute. (Photo: José Patrick Garcia)

Une rampe d'accès permet de l'atteindre. De la demi-lune ouest, le panorama s'ouvre sur la ville et le bassin de Cize. Récemment restaurée, la citadelle fournit un bel exemple du système défensif des places fortes bastionnées, fossés, remparts flanqués de bastions, caponnières, bouches à feu, ponts dormants, pont-levis et herses, et dotées des aménagements spécifiques d’une place de montagne sur un emplacement exigu.

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Magnifique vue alentour depuis la citadelle. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Pupitre avec explicatifs devant l'entrée de la Bastille, on voit clairement qu'il y avait un pont levis sur la porte d'entrée, les fenêtres de part et d'autre comblant le rainurage des bras de relevage. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Evantails de tir des canons, à présent désertés, et vue des bastions. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Porte opposée à la précédente, avec son pont levis à présent fixe, elle débouche sur l'entrée du collège qui occupe maintenant les lieux à la place des militaires. (Photo: José Patrick Garcia)

La forteresse, occupée par un collège, ne peut être visitée. Autour de la cour intérieure et contre le rempart, construit au-dessus de casemates souterraines voûtées, se serrent les casernes, le pavillon du gouverneur et sa chapelle, les poudrières et le puits.

    Sur tout mon périple, les remparts, longs de plusieurs kilomètres au total, sont munis d’innombrables meurtrières, à peu près une bouche à feu tous les 4 ou 5 mètres… De quoi ouvrir un feu de plusieurs milliers de fusils !!! Impressionnant. Ce long rempart est entrecoupé de guérites, d’échauguettes, et de latrines, elles-mêmes munies de meurtrières….

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Une fois passée cette porte fortifiée, la cour de la caserne (aujourd'hui collège) et en face, l'autre porte, celle qui domine la ville et le pupitre explicatif. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Les anciens casernements, aujourd'hui bâtiments scolaires. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Portail de la porte fortifiée, comme dans beaucoup d'endroits, l'occupation et l'ennui des heures de garde est propice à la gravure... (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Corps de garde en avant poste de la citadelle. (Photo: José Patrick Garcia)

    Avec mon plan de ville, je passe la Porte de France (M.H) et je débouche dans les rues pentues du village, par la rue de la Citadelle, qui descend vers l’église et devient la Rue d’Espagne, où en remontant vers la Porte St Jacques, devenant ainsi le Chemin de Porte la St Jacques, qui mène à la citadelle elle même.

Tout de suite, je suis frappé par les devantures de maisons. Elles sont quasiment toutes munies de leurs dates de fondation ou de rénovation, mais aussi de maximes et souvent du nom de leurs propriétaires. La plus vieille date connue est de 1510, avant Marignan!!!

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Les alentours de la citadelle sont en pente, et pour éviter la glisse, les architectes ont posés les pavages à "bords relevés", un peu comme la surface d'une rape, et c'est efficace.... Mais quel boulot! (Photo: José Patrick Garcia)

   La pente raide de la rue de la Citadelle, bordée de façades en grès rose, parfois alternées de grès gris. Les pierres dessinent encore les encadrements des anciennes échoppes, serrées les unes contre les autres et abritées sous les auvents protecteurs. Les linteaux de porte ciselés arborent, entre des motifs décoratifs, le nom de la maison, la date de sa construction, le nom des premiers propriétaires et parfois même leur profession. Le promeneur attentif peut y lire l'histoire de certaines familles de la ville.

Au n° 3, se dresse une maison de maître datant de 1866.

Au n° 6, se trouve la maison Andragnés ou Seindurenia, datant de 1654.

Au n° 8, se trouve une maison dont la restauration date de 1741.

Au n° 31, la maison date de 1633.

Au n° 32, la maison Arkanzola, datée de 1510, se signale par son étage à pans de bois et à remplage de brique en arêtes de poisson.

Plus loin, au n° 33 se trouve la maison natale de Charles Floquet.

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Dates anciennes sur les linteaux de SJPDP. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Dates anciennes sur les linteaux de SJPDP. (Photo: José Patrick Garcia)

 

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Dates anciennes sur les linteaux de SJPDP. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Dates anciennes sur les linteaux de SJPDP. (Photo: José Patrick Garcia)

Au n° 39, la maison à encorbellement connue sous le nom de « maison des Évêques », ou maison Laborde laisse apparaître un moellon portant en relief la date de 1584, indiquant une reconstruction puisque le dernier des trois évêques schismatiques de Saint-Jean-Pied-de-Port rejoignit Bayonne en 1418. Le jardin de cette maison communique avec :

la prison des Évêques, servant aujourd'hui de musée.

La rue s'achève à la porte Saint-Jacques, que les pèlerins venant d'Ostabat empruntaient pour entrer en ville.

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Dates anciennes sur les linteaux de SJPDP. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Dates anciennes sur les linteaux de SJPDP. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Dates anciennes sur les linteaux de SJPDP. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Dates anciennes sur les linteaux de SJPDP. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Dates anciennes sur les linteaux de SJPDP. (Photo: José Patrick Garcia)

    Nous sommes nombreux à nous prendre au jeu des clichés de vieilles entrées… Que de noms sont cités ici, souvent disparus, que de personnages, de familles, ont franchi ces seuils, au cours de ces siècles….  Elles sont encore préservées et dans leur jus ! Des fleurs, l’alliance du bois peint, de la pierre et du crépi blanc, du fer avec de savants marteaux  heurtoirs de portes… Si ce n’est la cohue permanente des visiteurs, le village semble ne pas avoir changé depuis le 18ème siècle. Ici, c’est tellement pentu, que les militaires ont posé les dizaines de milliers de pavés avec un angle relevé qui permet de bloquer les talons et de ne pas glisser sur le sol, surtout quand il pleut. Cet immense pavage est posé de façon artistique, dessinant des formes géométriques semblant à des arcs, afin que les eaux pluviales soient évacuées sur les côtés et ne stagnent pas. Je me laisse porter par le flot des curieux ; Je remonte vers la Porte St Jacques.

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Dates anciennes sur les linteaux de SJPDP. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Dates anciennes sur les linteaux de SJPDP. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): la rue principale, rue de la Citadelle, où se trouvent les plus nombreuses curiosités, desservie elle aussi par le petit train touristique. (Photo: José Patrick Garcia)

A ma droite, une boutique permet d’équiper de pied en cap le pèlerin, cela va des brodequins au GPS pour piéton le plus précis qui soit…. Il a bien changé le pèlerinage, même s’il garde encore son charme, avec les temps modernes il est plutôt réalisé par étapes, en tronçons, lors des congés payés… Avec un camarade qui suit en voiture, transportant les bagages…

   Un peu plus loin à gauche, le musée, (ancienne prison des Evêques), et j’arrive à la Porte St Jacques. Monumentale. A gauche, part un sentier, qui est celui des patrouilles de garde et qui arpente tout le rempart. De là, vue splendide sur la ville, la vallée et les montagnes qui la surplombent.

    Mais comme l’immense majorité des visiteurs, juste avant la porte fortifiée, j’attaque à droite la montée (très pentue) de la citadelle. C’est du sport quand il fait un peu chaud, mais heureusement, des bancs sont régulièrement installés pour ceux qui, comme moi, ont le cœur qui va sortir de la poitrine…

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Belle vue depuis la citadelle sur les alentours de St Jean. (Photo: José Patrick Garcia)

    Enfin, à force de zigzags et d’efforts, j’arrive sur le belvédère qui fait face à la citadelle Mendiguren.

   « Munie de quatre bastions, elle fut édifiée en 1625-1627 par Pierre de Conty de La Mothe d'Argencourt, puis reprise en 1640-1648 par Nicolas Desjardins. Son mur ouest comprend des casemates d’artillerie construites dans les années 1540 ou 1550, afin de s’assurer de la fidélité de la ville. De 1686 à 1700, l’ingénieur François Ferry y effectue des travaux supplémentaires : constructions de casernements et quelques défenses supplémentaires, sur les instructions de Vauban. Quelques améliorations mineures, dans la continuité du projet initial, furent apportées jusqu’en 1728. Le XIXe ne modifie pratiquement pas cette citadelle, qui est un exemple bien conservé et exceptionnel de l’architecture militaire telle qu’on l’entendait en France, dans la première moitié du XVIIe siècle.

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Vue explicite du bastionnage et du pont levis. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): La même mais de plus près, notez les nombreuses bouches à feu prêtes à mettre en charpie l'envahisseur qui oserait s'aventurer... (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): tous les 50 mètres, une échauguette, ici aux allures romantiques... (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): tour de la citadelles, un feu meurtrier attendait l'assaillant. (Photo: José Patrick Garcia)

Une rampe d'accès permet de l'atteindre. De la demi-lune ouest, le panorama s'ouvre sur la ville et le bassin de Cize. Récemment restaurée, la citadelle fournit un bel exemple du système défensif des places fortes bastionnées, fossés, remparts flanqués de bastions, caponnières, bouches à feu, ponts dormants, pont-levis et herses, et dotées des aménagements spécifiques d’une place de montagne sur un emplacement exigu.

La forteresse, occupée par un collège, ne peut être visitée. Autour de la cour intérieure et contre le rempart, construit au-dessus de casemates souterraines voûtées, se serrent les casernes, le pavillon du gouverneur et sa chapelle, les poudrières et le puits. »

   Une vue imprenable porte le regard à des kilomètres à la ronde.

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Toujours la rue d'Espagne et ses motifs géométriques sur le pavage. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Un petit air (tout petit) de Collonges la rouge, avec sa dominante sanguine... (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Vieille maison séculaire avec heurtoir et coquille St Jacques, n'oublions pas que la renommée de la ville est lièe à l'activité jacquaire. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Haut de la rue d'Espagne et attaque (sur le côté gauche) de la montée vers la Citadelle. (Photo: José Patrick Garcia)

Un panneau explicatif explique que cette citadelle ne fut déclassée qu’en 1920, et qu’il y a en permanence un bataillon de 500 hommes dont les exercices rythment la vie des habitants de la petite ville. Gageons qu’au cours des sièges qu’elle eut à subir, au vu des innombrables meurtrières, il dut y avoir à certains moments, bien plus ! Ce panneau nous apprend qu’elle s’illustra lors d’un siège mémorable en 1814. Je contourne la citadelle par la gauche, le long de ses puissants remparts, bordés par de hauts arbres, dont l’ombre est rafraichissante. C’est une étape du train touristique. J’arrive bientôt vers les redoutes qui protégeaient l’accès de l’entrée de la citadelle. Malgré que cela soit interdit, je passe le pont fortifié de ce qui est aujourd’hui un collège. Mais ce sont les vacances et il n’y a personne. Je débouche dans la cour de cet immense quadrilatère qui dessine bien les cantonnements des troupes. Face à moi, l’autre entrée où je me trouvais l’instant d’avant, munie de sont campanile et de sa cloche. Les bâtiments sont à trois niveaux aux volets rouges. Il reste encore quelques restes de cantonnements militaires en bordure de la cour, ici, il me semble une poudrière, plus loin les cantines…

 

    Je reviens sur mes pas. Quelques photos de beaux paysages, puis j’attaque la descente, toujours assez pentue, mais, c’est bien plus facile, et c’est là que je m’aperçois de l’utilité des pavés disposés non à l’horizontale, mais formant un angle qui vient bloquer légèrement mes talons et m’empêchant de glisser…

   Je redescends la rue de la Citadelle, jusqu’à la rue de France, celle par où je suis arrivé. Mais je continue tout droit vers l’église et la porte Notre Dame. Ce qui est curieux, ici, c’est que le clocher de Notre Dame du Bout du Pont, est posé sur le sommet de la porte Notre Dame.

  La porte Notre-Dame

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Autre rareté, la porte fortifiée Notre Dame suporte le clocher de l'église... (Photo: José Patrick Garcia)

Curieusement ouverte dans le clocher de l'église, elle donne d'un côté sur la rue de la Citadelle, de l'autre sur le pont Notre-Dame. Sa herse et ses impressionnants vantaux de bois sont bien conservés.

L’église, anciennement Notre-Dame du Bout du Pont est actuellement église de l'Assomption-de-la-Vierge.

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Portail d'entrée de ND. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Treilles et raisins pour le décors de gauche. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Personnages (dont un ressemble à Obélix) et végétaux pour le côté droit. (Photo: José Patrick Garcia)

La porte de Navarre conduit au parvis de l'église. Sur la gauche, un escalier mène au chemin de ronde que l'on peut emprunter sur la quasi-totalité du rempart de la rive droite de la Nive et d'où l'on découvre une vue magnifique sur le bassin du pays de Cize. Près du pont, la maison qui jouxte le clocher a abrité durant des siècles l'hôpital Sainte-Marie. L'église et l'hôpital faisait partie du même ensemble, selon une architecture hospitalière classique. Ces hôpitaux médiévaux étaient ouverts à tous, "pauvres, passants, pèlerins". Il est inexact de dire qu'ils étaient construits pour les pèlerins de Compostelle.

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Intérieur majestueux de ND du Bout du Pont, j'aime bien ce nom... (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Un choeur somptueux, des verrières magnifiques... Le grand émoi des pélerins avant de repartir à l'assaut du col de Roncevaux.  (Photo: José Patrick Garcia)

En face se dresse le mur-pignon triangulaire de Notre-Dame-du-Bout-du-Pont avec son oculus. Le tympan a été martelé pendant les guerres de Religion ou pendant la Révolution. La partie supérieure du portail a été maladroitement restaurée.

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Dans une niche côté intra-murros du clocher, une statue de St Jacques(?). (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Tout au long de la journée, mille prières illuminent le choeur de ND. (Photo: José Patrick Garcia)

Bâtie en style gothique rayonnant sur des bases romanes, l'église présente une nef à deux bas-côtés, deux étages de tribunes, des piliers élancés, sans autre décor que la recherche de la ligne et un chœur polygonal. Elle possède un portail et des chevets ogivaux, une abside à cinq pans.

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): L'église vue depuis le pont sur la Nive. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): La Vierge à l'Enfant, dans sa niche, au-dessus du pont. (Photo: José Patrick Garcia)

L'église possède également un orgue datant de la moitié du XIXe siècle et dont le facteur fut Vincent Cavaillé-Coll. Il est composé de deux claviers (grand orgue et récit) et d'un pédalier. Il fut l'objet d'une restauration de 2002 à 2004 et, à cette occasion, il fut surmonté de la statue de saint François-Xavier, patron de la Navarre.

Le pont Notre-Dame

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Le pont Ste Anne sur la Nive. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): A gauche du pont Ste Anne sur la Nive.(Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Vue à droite du pont Ste Anne sur la Nive. (Photo: José Patrick Garcia)

Également appelé pont Sainte-Marie, cet ouvrage fut construit sur le gué qui menait à l'église, dit "romain", en réalité médiéval et restauré en 1634.

Je suis attiré par un attroupement, des jeunes et des vieux sont en train de montrer du doigt et de filmer quelque chose que je ne vois pas bien. Je joue un peu des coudes, et mes yeux s’habituant à la réverbération de l’eau, j’aperçois, distinctement, de gros, de très gros poissons qui se baladent au fil de l’eau, le plus décontracté du monde… Je demande à mes voisins ce que c’est ? Ce sont des espagnols, mais je le comprends assez bien et ils me disent que d’après eux, ce sont des mulets, ou des saumons, car des truites ne peuvent être aussi grosses… Les plus belles pièces font bien 70 cm, voire plus…  

 

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Dans la Nive, vu du pont, on voit d'énormes truites, certaines ont plus 60 ans, parait-il... (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Autre truite extraordinaire... (Photo: José Patrick Garcia)

  Un jeune français m’indique : «  ce sont sûrement des truites, elles sont saumonées » ! Tiens, çà peut être aussi gros que cela ? Incrédule je monte un peu plus haut dans la rue d’Espagne et m’informe auprès d’une commerçante. « Ce sont bien des truites, elles sont tellement vieilles que personnes ne pourrait dire quel âge elles ont… Il y en avait de bien plus grosses, mais lors d’une grosse crue, il y en a beaucoup qui ont été emportées… » J’en suis tout remué. Je passe ensuite une bonne heure à essayer de faire des photos de ces bestiaux qui sont impressionnants, mais pas facile sous l’eau miroitante…

 

 La rue d’Espagne par où repartaient les pèlerins

Ses auvents, larges et richement sculptés, annoncent déjà l'Espagne toute proche ; des linteaux portent des inscriptions originales et parfois même des enseignes de métiers ciselées dans la pierre (maisons de serrurier au n° 30 et de barbier au n° 45).

Au n° 9, des têtes et des virgules ornent les poutres et une inscription indique sur le linteau «1789 Le Froment Ft a 15l» : le froment fut à 15 livres (sous-entendu la conque).

La maison des États de Navarre, maison de maître appelée Mendiri, au n° 23, possède deux portes en plein cintre et un écusson martelé, elle date de 1610. C'est ici qu'eut lieu la dernière session des États de Navarre du 19 au 22 septembre 1789.

 

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): La plus vieille maison (confirmée) de la ville, 1510, étape incontournable pour les pélerins, propose tout le nécessaire pour randonner et effectuer le pélerinage. (Photo: José Patrick Garcia)

 

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Maison typique où tout n'est qu'Art.... (Photo: José Patrick Garcia)

 

Je longe la Nive, afin de trouver quelques beaux points de vue… J’en trouve de beau en remontant la Nive jusqu’au camping municipal. La vue sur la rivière et le pont, l’église et les fortifications est superbe.

   Puis je redescends vers l’aval, là aussi, j’ai quelques beaux points de vue sur le pont et la rue d’Espagne… Les vieilles maisons, leurs colombages et leurs balcons qui se mirent dans la Nive, sont de toutes beautés !

    J’ai visité l’essentiel, maintenant, je décide de visiter les remparts qui enserrent la ville. Je reviens vers la Porte de France. Un escalier monte sur les remparts. J’attaque la balade. Quel travail !!! Il en a fallut des heures de taille pour mettre en forme toutes ces meurtrières, ces guérites, ces dallages rigoureux, et nous offrir ces panoramas sur la ville et les montagnes alentours… Un peu partout, le long du rempart, la citadelle nous parle… Des graffitos, avec des dates, des noms… La marque des heures d’attente des soldats rivés à leur poste de garde durant de longues nuits, ou des heures sous le soleil… Il fallait bien combattre l’ennui, et c’est aussi une manière de laisser une trace dans l’histoire… Je retrouve d’autres traces, graffitos entremêlés, sur la porte d’entrée rouge de la citadelle, en haute, qui est à présent celle du collège… Parmi les nombreux visiteurs, très peux ne portent attention à ces morceaux d’histoire, ils défilent au pas de course, afin de « visiter » le maximum de sites dans le minimum de temps…

    Voila, fin de ma visite, même si je continue à flâner un peu partout à l’affût du moindre détail…

    Un village splendide qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie… Et surtout, le départ de nombreuses et faciles ascensions !

 

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Défense passive des ouvertures dans le style basque. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Joli heurtoir. (Photo: José Patrick Garcia)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Nous sommes en montagne, le pays des "capucines" sur les toits d'ardoises. (Photo: José Patrick Garcia)

 

 

Histoire

Fondation et développement au Moyen Âge

Il s'agit d'une « ville neuve » édifiée au XIIe siècle. « La clef de mon royaume » dira deux siècles plus tard Charles le Mauvais qui, pour ses sujets, était « le Bon ». En se développant, la cité ravit sa primauté à Saint-Jean-le-Vieux et déplaça ainsi le trafic, de la route romaine par Urcullu au tracé par Roncevaux.

L’un des premiers édifices de la ville fut l'église Sainte Eulalie, élevée au XIIe siècle non loin du gué de la Nive; on peut encore voir son portail roman, bien conservé, sur la façade de la maison de retraite Toki Eder, dans le quartier Ugange. Sur la colline dominant la ville, se dressait le château de Mendiguren, dont il est fait mention dès 1191.

Au pied du château, Sanche VII le Fort, roi de Navarre (né en 1152, roi de 1172 à 1221), construisit au début du XIIIe siècle une ville fortifiée, entourée de remparts aux portes ogivales, encore visibles de nos jours, ainsi qu'une église, incluse dans le système défensif de la place. Il fut l'un des principaux acteurs de la victoire remportée sur les Almohades en 1212, à Las Navas de Tolosa. Les chaînes représentées sur les armes de la Navarre en perpétuent le souvenir : elles évoquent la fameuse capture du trésor de l'émir.

En 1329, Philippe III de Navarre (1328-1343) lui accorde ses fors, chartes régissant le système administratif progressiste dont s'est dotée la Navarre au XIe siècle : elle peut organiser en ses murs, foires et marchés, et devient un centre commercial important, étape obligée des voyageurs et des pèlerins de Compostelle sur la route de Pampelune.

Les rois de Navarre y font de fréquents séjours et, fait important, au XVe siècle, l'évêque schismatique du pape d'Avignon y réside de 1383 à 1388, durant le schisme d'Occident, tandis que celui du pape de Rome régnait à Bayonne. (Jean Froissart s'étonna fort de voir les prélats des deux obédiences réunis à Orthez à la même table, celle de Gaston Phébus.)

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Jolie fontaine à coquille. (Photo: José Patrick Garcia)

Renaissance et Époque moderne :

En 1512, Ferdinand le Catholique enlève la Navarre à ses souverains légitimes, Jean et Catherine d'Albret, qui se réfugient en Béarn. L’armée espagnole franchit les Pyrénées et prend Saint-Jean en août 1512.

 Le duc d'Albe fait renforcer les défenses du château à partir de septembre.

Dès septembre, une armée française de secours permet à Jean III de Navarre de partir à la reconquête de la Navarre. Saint-Jean-Pied-de-Port devient un enjeu important dans le conflit. La ville passe d'une main à l'autre, non sans subir d'importants dommages.

Jean d'Albret assiège la ville avec 20 000 hommes en novembre 1512, sans réussir à la prendre. La garnison passe ensuite de 1000 à 1800 hommes, et la ville jure fidélité au roi d’Aragon.

En 1516, Jean d'Albret s’en empare, mais échoue à prendre la citadelle. Battu dans les défilés de Roncevaux, il meurt le 17 juin.

Un nouveau siège est mis devant Saint-Jean-Pied-de-Port le 12 mai 1521 par son fils Henri II de Navarre, qui prend ville et château le 15, grâce à l’aide d’une armée française. Mais celle-ci est battue à Noain le 30 juin. Le duc d’Albe fait reprendre la ville, et la garnison périt après un siège de trois semaines. Les Espagnols évacuent la garnison en 1522, avant de reprendre la ville en janvier 1524 lors de l’invasion du sud de la France. Le bâtard d’Albret reprend à nouveau la ville en 1527 pour le roi de Navarre, qui ne la conserve que quelques mois.

En 1530, Charles Quint abandonne cette ville aux Foix-Albret-Navarre, qui lui semble trop coûteuse à conserver, et en détruit le château. La partie nord de la Navarre devient alors la Basse-Navarre par opposition à la Haute-Navarre. C'est pourquoi Henri IV, lorsqu’il accède au trône, se fait appeler roi de France et de Navarre, titre que ses successeurs portent jusqu’à Charles X.

Durant les guerres de religion, des incidents éclatent entre protestants et catholiques. L’interdiction du culte catholique par Jeanne d’Albret en 1567 provoque la formation d’une ligue en septembre, puis un soulèvement en mars 1568. Refuge des catholiques, la ville est prise par Montgomery le jeudi des Cendres 1570. Deux églises de la ville sont incendiées. Lorsque les catholiques se soulèvent à nouveau, Henri III, à quinze ans, les bat et les refoule en Espagne, avant de promettre à Saint-Jean de ne pas imposer le culte protestant.

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Les 7 provinces Basques. (Photo: José Patrick Garcia)

Révolution française

En mars 1789, réunis à Saint-Jean-Pied-de-Port, les États de Navarre, considérant que la Navarre n’est pas une simple province française, refusent d’envoyer des députés aux États généraux. Lors d'une session en juin, ils envoient néanmoins quatre députés, aux mandats très stricts, dont le respect de leurs fors. Cela reste vain : leurs privilèges sont abolis dans la nuit du 4 août 1789. La Basse-Navarre, avec les deux autres provinces du Pays basque nord, est rattachée au Béarn pour former le département des Basses-Pyrénées.

La loi du 4 mars 1790, qui détermina un nouveau paysage administratif de la France en créant des départements et des districts, décida de la naissance du département des Basses-Pyrénées en réunissant le Béarn, les terres gasconnes de Bayonne et de Bidache, et les trois provinces basques françaises. Pour ces dernières, trois districts furent créés : Mauléon, Saint-Palais et Ustaritz, qui remplaça le bailliage du Labourd. Le siège d'Ustaritz fut transféré presque immédiatement à Bayonne. Son Directoire incita un grand nombre de municipalités à adopter de nouveaux noms conformes à l'esprit de la Révolution. Ainsi Saint-Jean-Pied-de-Port s'appela Nive-Franche, Ustaritz devint Marat-sur-Nive (d’après Marat), Itxassou Union, Arbonne Constante, Saint-Étienne-de-Baïgorry Thermopyles (d’après la bataille des Thermopyles), Saint-Palais Mont-Bidouze, Louhossoa Montagne-sur-Nive, Saint-Jean-de-Luz Chauvin-Dragon, Ainhoa Mendiarte et Souraïde Mendialde.

En 1790, le canton de Saint-Jean-Pied-de-Port comprenait les communes actuelles à l'exception d'Ainhice-Mongelos et dépendait du district de Saint-Palais.

Les guerres de la Révolution et de l'Empire épargnent la ville. Cependant en 1793, début de la guerre entre la Convention et l'Espagne, la place forte, rebaptisée Nive-Franche, joue un rôle important dans la défense du territoire, notamment avec les chasseurs basques.

En 1813, la contre-attaque des armées napoléoniennes commandées par Soult pour tenter de délivrer Pampelune, assiégée par Wellington et ses alliés, part de Saint-Jean-Pied-de-Port. Elle se solde par un échec, la France est envahie. Le général espagnol Mina est chargé de faire le siège à distance de la ville qui ne se rend qu'à Louis XVIII, après l'abdication de Napoléon Ier.

Le chemin de fer qui arrive en 1889, désenclave la cité mais ne parvient pas à enrayer l'inexorable déclin démographique des XIXe et XXe siècles.

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Saint-Jean-Pied-de-Port (64): Magnifique demeure. (Photo: José Patrick Garcia)

Culture et patrimoine

Pèlerinage de Compostelle

La commune se trouve sur la via Podiensis, l'un des chemins du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, qui part du Puy-en-Velay et se prolonge jusqu'au col de Roncevaux et, de là, à Saint-Jacques-de-Compostelle. Saint-Jean-Pied-de-Port est également situé sur la voie de la Nive, une variante du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle suivie par les pèlerins qui, de Bayonne, recherchaient à regagner le Camino navarro avant sa traversée des Pyrénées, à Saint-Jean-Pied-de-Port.

Arrivés, au nord, par la chapelle de la Madeleine, les pèlerins pénétraient dans la ville haute par la porte Saint-Jacques, puis suivaient la rue d'Espagne jusqu'au pont enjambant la Nive. Là, deux itinéraires s'offraient à eux pour gagner Roncevaux : celui du port de Cize, qui suit le tracé de l'antique « Iter XXXIV » de l'Itinéraire d'Antonin  reliant  Bordeaux  à Astorga,  ou celui plus facile qui rejoint le col de Roncevaux (puerto de Ibañeta en espagnol) par Valcarlos, située dans la vallée de la Nive, où Charlemagne établit jadis son camp, avant de voler au secours de Roland, à Roncevaux.

Au Moyen Âge, la route du col de Cize était la plus fréquentée, même si l'ascension de ce « mont remarquable », aux dires d'Aimery Picaud, n'était pas de tout repos : « Pour le franchir, il y a huit mille à monter et autant à descendre. [...] Celui qui en fait l'ascension croit pouvoir, de sa propre main, toucher le ciel. »

Dans son guide du Pèlerin, Aimery Picaud donne ces précisions sur la région : « Les Navarrais et les Basques se ressemblent et ont les mêmes caractéristiques dans leur façon de se nourrir et de se vêtir, et dans leur langage. » »

Il nous parle aussi des percepteurs du péage : « Dans ce territoire, c'est-à-dire, à la proximité du port de Cize, dans les localités d'Ostabat et de Saint-Jean-Pied-de-Port, ils sont franchement à envoyer au diable. En effet, ils vont au-devant des pèlerins avec deux ou trois bâtons pour extorquer par la force un injuste tribut et si quelque voyageur refuse de céder à leur demande et de donner de l'argent, ils le frappent à coups de bâton et lui arrachent la taxe en l'injuriant et en le fouillant jusque dans les culottes. »

J’ai mêlé mon récit et mon expérience du jour, avec les excellentes explications de Wikipédia, afin de rendre la visite plus vivante et sympathique. J’espère que la balade présentée ainsi vous a plu !

 

PATRICK GARCIA