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Comme annoncé lors du premier épisode dédié à Arles, voici les détails de « LA CATHÉDRALE ST TROPHIME ET SON CLOÎTRE », avant, pour finir, dans le prochain article, la visite du somptueux «MUSÉE DÉPARTEMENTAL DE L’ARLES ANTIQUE » où est rassemblé tout ce qui a été trouvé lors des fouilles de sauvetages et prospections, mais aussi, et surtout, ce que des dizaines de municipalités arlésiennes ont tenté de préserver en les collectant, depuis au moins le 17ème siècle. Pour ma part, j’en  suis revenu ébloui, avec en vedette, un bateau de plus de 30 mètres échoué dans le Rhône, avec chargement, objets privés et outillages conservés comme neufs….

 LA CATHÉDRALE ST TROPHIME ET SON CLOÎTRE

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  Arles la romaine (2ème partie) : Vue d'ensemble de la cathédrale et de son cloître. (Photo : Patrick Garcia)

    La cathédrale Saint-Trophime d'Arles est l'église romane de la ville d'Arles située place de la République.

Elle présente une nef et des bas-côtés voûtés datant du milieu du XIIe  siècle. Un portail sculpté est réalisé vers 1180-1190. L’ancien clocher est remplacé au début du XIIIe siècle par la tour carrée actuelle dont le dernier étage a été refait au XVIIe siècle. Le chœur et le déambulatoire datent du XVe siècle.

Adossé à cette église se trouve le cloître Saint-Trophime. L’accès se fait par la cour du bâtiment situé à côté de l'église. Il date de la seconde moitié du XIIe siècle pour deux galeries et du XIVe siècle pour les deux autres.

     Elle fut le siège de l'ancien archidiocèse d'Arles jusqu'en 1801, après sa fusion avec l'archidiocèse d'Aix-en-Provence. Les titres de basilique, primatiale et cathédrale restent cependant maintenus même si la cathédrale n'est plus le siège effectif de l'évêque.

Histoire

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Arles la romaine (2ème partie) : Façade et sublime portail de St Trophime, que nous détaillerons plus bas. (Photo : Patrick Garcia)

    Construite au XIIe siècle, elle est bâtie sur l'emplacement d'une basilique initiale du Ve siècle, appelée « Saint-Étienne »; un chœur  gothique a été ajouté au XVe siècle.

Elle est également inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des monuments romains et romans d'Arles depuis 1981.

Plan de l'église

 PLAN ST TROPHIME PAR ROBERT VALETTE

 Arles la romaine (2ème partie) : Plan de St Trophime par Robert Valette.  

Plan de Saint-Trophime

A- Nef, B- Collatéral droit (sud), C- Collatéral gauche (nord), P- Chaire à prêcher

Chapelles :

D- de Saint Antoine de Padoue, E- des âmes du purgatoire, F- de Saint Genès, G- de la Croix, H- de Saint Antoine du Désert, I- des reliques, J- du Sacré-Cœur, K- de la Vierge, L- du Saint-sépulcre, M- de Saint Roch, N- de Saint Étienne, O- des Rois mages

Tapisseries du cycle de la Vierge :

1- Conception et Couronnement de la Vierge, 2- Dormition, 3- Déploration ou Stabat Mater, 4- Noces de Cana, 5- Jésus au milieu des docteurs de la Loi, 6- Présentation de Jésus au Temple, 7- Adoration des rois-mages, 8- Naissance de Jésus, 9- Annonciation et Visitation.

Tableaux :

10- Lapidation de Saint Étienne (Finson), 11- Annociation (Finson), 12- Adoration des mages (Finson), 13- Pieta, 14- Martyre de Saint Étienne, 15- Concile d'évêques présidé par la Vierge.

Sarcophages :

16- Sarcophage à deux registres ayant servi de fonts baptismaux, 17- Sarcophage de la Traversée de la Mer Rouge et bas-relief en pierre de l'Assomption de la Vierge, 18- Sarcophage de Paulus Geminus et groupe sculpté de la Mise au tombeau.

Sculptures et tombeaux :

19- Vierge à l'Enfant du génois Leonardo Mirano, 20- Vierge à l'enfant en calcaire peint entourée d'un cadre en bois polychrome, 21- Gisant du cardinal Pierre de Foix, 22- Tombeau de Robert de Montcalm de Saint-Véran, 23- Tombeau de Gaspard du Laurens, 24- Chaire en marbre polychrome du lisbonnais Emmanuel Carvalho.

Vitraux :

25- Saint Étienne et Saint Virgile, 26- Sainte Vierge et Saint Trophime, 27- Saint Honorat et Saint Genès.

DESCRIPTION DE L'ÉGLISE

     La basilique primitive d’Arles était probablement située dans un quartier appelé aujourd’hui l’Auture et était dédiée à saint Étienne. Le transfert de la cathédrale à son emplacement actuel longtemps attribué à Hilaire ou à son prédécesseur Patrocle, n’a pu avoir lieu qu’après  l’épiscopat de Césaire. En effet cette église primitive disparaît dans la tourmente des invasions du VIIe siècle puis est reconstruite à son emplacement actuel à l’époque carolingienne. Elle est à nouveau reconstruite à la fin du XIe siècle avec la construction d’un chœur et du transept puis de la nef. Le chœur sera reconstruit au XVe siècle avec la création d’un déambulatoire. Sa période de construction est incertaine : entre le XIIe siècle et le XVe siècle

L’ÉPOQUE ROMANE

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Arles la romaine (2ème partie) : Le clocher roman de St Trophime vu des toits du cloître. (Photo : Patrick Garcia) 

    Le transept, partie la plus ancienne, est réalisé en appareils grossiers, à joints épais, sans marque de tâcherons. À la croisée du transept s’élève une coupole surmontée d’un clocher roman, haut de 42 m et de section carrée. Cette tour comprend trois étages en retrait les uns sur les autres et un quatrième étage très court. Les deux premiers étages sont ornés de bandes lombardes, le troisième de pilastres à chapiteaux corinthiens. Ce clocher ressemble à ceux de Moustiers-Sainte-Marie et de Castellane.

La nef et ses bas-côtés

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 Arles la romaine (2ème partie) : L'impressionnante nef de St Trophime. (Photo : Patrick Garcia)

     La nef centrale mesure 40 m de long, 15 m de large et 20 m de haut. Elle est divisée en cinq travées. Cette nef se caractérise par des appareils sur lesquels sont gravées de nombreuses marques de tâcherons. Elle est couverte d’une voûte en berceau brisé dont l’insertion sur les murs latéraux est décorée d’une imposte ornée de feuilles d'acanthe. Cette voûte repose sur des doubleaux à ressaut dont les piédroits sont décorés de colonnettes cannelées ou torses, terminés par des chapiteaux corinthiens. Le chantier de la nef s’effectue durant le second quart du XIIe siècle, époque où plusieurs églises sont édifiées ou réédifiées.     La nef est éclairée par des fenêtres hautes ouvertes au-dessus des grandes arcades qui la font communiquer avec les bas-côtés.

     En 1835 sont découverts sous les deux premières travées de la nef, des vestiges consistant en trois espaces parallèles d’axe est-ouest, voûtés en berceaux, communicant entre eux. Cet ensemble rectangulaire de 15 m de long et 9 m de large a fait l’objet d’interprétations diverses : vestiges de l’église primitive, substruction d’un monument du Bas-Empire.

L’ÉPOQUE GOTHIQUE

     La décision de reconstruire le chœur roman a peut-être été prise sous l'archiépiscopat de Louis Aleman (1423-1450), mais la réalisation effective des travaux ne se fera qu’après sa mort car les pèlerinages dus aux miracles qui se seraient produits sur sa tombe, nécessitèrent la transformation de l’église. L’abside et le chœur romans sont détruits pour faire place à un très vaste chœur gothique avec déambulatoire pour permettre la circulation des pèlerins et chapelles rayonnantes.

     Le chœur gothique commencé en 1454 par le cardinal archevêque  Pierre de Foix est terminé en 1464. Il comprend deux travées droites, une abside à cinq pans et un déambulatoire ouvrant sur huit chapelles dont cinq latérales (trois au nord et deux au sud) et trois rayonnantes, ces dernières à cinq pans.

      Au XIVe siècle une petite chapelle dédiée à saint André, aujourd’hui chapelle des âmes du purgatoire, est ajoutée au bas-côté nord contre la quatrième travée. De même au XVe siècle une autre chapelle dédiée à saint Pierre, aujourd’hui à saint Antoine de Padoue, est construite contre la troisième travée au nord. En 1620 la chapelle des rois comprenant deux travées couvertes de voûtes d’ogives avec liernes et tiercerons est ajoutée au sud, à hauteur de la quatrième et cinquième travée de la nef, par l'archevêque Gaspard du Laurens qui finança également sa décoration.

 LE MOBILIER

  Bien que le mobilier d’origine de Saint-Trophime ait été en grande partie dispersé à la Révolution, des pièces sont présentées dans cette église; en effet, à la suite de la restauration effectuée au XIXe siècle sous l'égide d'Henri-Antoine Révoil et Auguste Véran, l’église est décorée par des œuvres provenant de différentes églises, tant paroissiales que conventuelles, supprimées à la Révolution.

Tapisseries d’Aubusson

Des tapisseries d’Aubusson du XVIIe siècle au décor d'inspiration flamande, classées au titre objet par les Monuments Historiques depuis le 6 juin 1902 et illustrant le cycle des Scènes de la vie de la Vierge Marie, sont exposées sur les murs nord et sud de la nef. Du côté droit en se dirigeant vers le chœur on trouve successivement une tapisserie composée qui représente à gauche l'Immaculée Conception et à droite le Couronnement, puis la Dormition, la Déploration du Christ ou Stabat Mater, les Noces de Cana et enfin Jésus au milieu des docteurs de la Loi. Du côté gauche sont placées l’Annonciation et la Visitation, la Nativité, l’Adoration des rois mages et la Présentation au temple.

Une dixième tapisserie de ce cycle représentant la naissance de la Vierge est placée dans la salle capitulaire du cloître attenant.

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 Arles la romaine (2ème partie) : L'Annonciation et la Visitation. (Photo : Patrick Garcia)

ARLES ST TROPHIME tapis AUTRE COMBAT DE TANCREDE

Arles la romaine (2ème partie) : "Un Combat de Tancrède".  (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : "La Blessure de Godefroy de Bouillon". (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : "Clorinde et Aladin". (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : "Combat de Tancréde et d'Argant. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : "Naissance de Marie". (Photo : Patrick Garcia)

TABLEAUX

L'édifice est orné de nombreux tableaux, dont trois toiles peintes en 1614 par Louis Finson (ou Ludovicus Finsonius), peintre flamand de passage en Provence au XVIIe siècle:

  • La première représente la Lapidation de Saint Étienne et se trouve sur l’arc triomphal séparant la nef du chœur. Cette œuvre, restaurée en 1877, comporte deux parties. Au sommet Dieu le père est représenté vêtu d’une robe pourpre, assis sur un nuage avec auprès de lui Jésus-Christ, la Vierge et deux groupes d’anges. En bas saint Étienne est à genoux au milieu de ses bourreaux ; une femme en bas à droite du tableau apporte des pierres dans son tablier. Elle est classée au titre objet par les Monuments Historiques depuis le 6 juin 1902.

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  • Arles la romaine (2ème partie) : Tableau de Finson, "L'Adoration des Rois Mages". (Photo : Patrick Garcia)

  • La deuxième se trouve dans le retable de la chapelle des Rois, ainsi appelée car cette peinture représente l'Adoration des Rois Mages. Elle a été commandée par l’archevêque Gaspard du Laurens pour être placée dans cette chapelle qu’il venait de faire construire. L’archevêque prêterait ses traits au roi Gaspard, le plus proche de la Vierge, avec sur sa poitrine les armoiries de sa famille. Le tableau est inspiré de l’évangile selon saint Mathieu et rappelle que le Christ est venu pour toutes les nations. Pour André Villard ce tableau a des reflets véritables de l'éclat de Rubens. Il est classé au titre objet par les Monuments Historiques depuis le 6 juin 1902.
  • Enfin le troisième tableau, placé à l’ouest du transept nord, représente l’Annonciation ou, selon l'abbé Louis Paulet, la Salutation Angélique; il est classé au titre objet par les Monuments Historiques depuis le 6 juin 1902.

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 Arles la romaine (2ème partie) : Un tableau de Finson:"L'Annonciation". (Photo : Patrick Garcia)

   Dans le collatéral sud se trouve un tableau montrant Saint-Trophime devant Arles, du XIXe siècle, et attribué par l’abbé Louis Paulet au peintre Jean Baptiste Marie Fouque. Il est classé au titre objet par les Monuments Historiques depuis le 10 juin 1998.

     Dans le croisillon sud, côté ouest, une peinture sur bois exécutée à la fin du XVIe siècle par un artiste anonyme représente probablement un concile provincial d’évêques placé sous le patronage de la Vierge Marie avec l’enfant Jésus et de saint Étienne placés au centre pour juger l’évêque de Riez, le sixième à partir de la gauche, qui avait dilapidé l’argent de l’église. Ce panneau est classé au titre objet par les  Monuments Historiques depuis le 6 juin 1902.

   Toujours dans le croisillon sud, très haut placée côté est, est une  Immaculée Conception du peintre avignonnais Philippe Sauvan  (XVIIIe siècle). En pendant de ce dernier, on trouve dans le croisillon nord une Assomption par le peintre arlésien Trophime Bigot, signée et datée de 1635.

Tableaux du transept

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Arles la romaine (2ème partie) :  Concile provincial, panneau sur bois.  (Photo : Patrick Garcia)

SARCOPHAGES PALÉOCHRÉTIENS

   Trois sarcophages paléochrétiens sont apportés dans l’église au XIXe  siècle.

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Arles la romaine (2ème partie) : Sarcophage à plusieurs registres. (Photo : Patrick Garcia)

- Le premier date du ive siècle et a été encastré dans le mur latéral nord, à hauteur de la deuxième travée, où il servit autrefois de fonts baptismaux. Il est composé de deux registres superposés décorés de sept arcades à frontons cintrés et triangulaires, ses faces latérales comportant également deux registres. Il est classé au titre objet par les Monuments Historiques depuis le 4 juillet 1903.

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Arles la romaine (2ème partie) : Le sarcophage de la "Traversée de la Mer Rouge", en VG. (Photo : Patrick Garcia)

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Arles la romaine (2ème partie) : Cette merveille de façade "La traversée de la Mer Rouge".  (Photo : Patrick Garcia)

- Le deuxième sarcophage en marbre de Carrare datant également du  IVe siècle est placé en 1832 dans la chapelle saint Genès, côté nord du transept. Il représente « la Traversée de la mer Rouge par les Hébreux » et est classé au titre objet par les Monuments Historiques  depuis le 4 juillet 1903. Au-dessus de ce sarcophage servant d’autel, se trouve un bas-relief en marbre représentant l’Assomption.

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Arles la romaine (2ème partie) : Le sarcophage de Germinus. (Photo : Patrick Garcia)

- Le troisième sarcophage décore l’autel de la chapelle du Saint-Sépulcre où il a été apporté en 1804. C’est le sarcophage de Paulus Geminus (début Ve siècle), administrateur du Trésor des cinq provinces de Gaule, ayant exercé ses fonctions à Vienne puis à Arles lorsque y fut transférée vers 395 la préfecture du Prétoire. En marbre de Carrare, ce sarcophage a une composition unique à Arles: il est divisé en trois niches par des pilastres cannelés, dans celle du centre est représenté le « Christ barbu avec au-dessus de sa tête une croix », dans celle de droite saint Pierre et celle de gauche saint Paul; une autre interprétation est possible : le Christ serait entouré de deux représentations du défunt Geminus soumis à l’Évangile (à gauche) et à la Croix (à droite). Il est classé au titre objet par les Monuments Historiques depuis le 24 juin 1964.

SCULPTURES

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Arles la romaine (2ème partie) : La Mise au Tombeau, elle surmonte le 3ème sarcophage, celui de "Germinus". (Photo : Patrick Garcia)

 Mise au tombeau

    Dans la chapelle du Saint-Sépulcre se trouve, au-dessus du sarcophage de Geminus, un groupe sculpté dans la pierre du XVIe siècle représentant la Mise au tombeau, provenant de l’église des frères prêcheurs (Dominicains) et classé au titre immeuble par destination par les Monuments Historiques dans la liste de 1840. Il est composé de dix personnages : au premier plan, le cadavre du Christ étendu sur un linceul est entouré par Joseph d’Arimathie et Nicomède; derrière eux la vierge Marie entourée de Marie Salomé et Marie épouse de Cléophas; à droite sainte Marie Madeleine porte un vase à parfum et à gauche saint Jean tient la couronne d’épines; deux anges portant les instruments de la passion encadrent le groupe.

  Vierge à l'enfant

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 Arles la romaine (2ème partie) : "Vierge à l'Enfant" de Mirano, 1619. (Photo : Patrick Garcia)

     Dans la chapelle Saint-Genès, au nord du transept, se trouve au-dessus du sarcophage représentant le passage de la mer rouge, un bas-relief en marbre blanc représentant l’Assomption de la Vierge provenant de l’église des Grands Carmes et classé au titre objet par les Monuments Historiques depuis le 30 septembre 1911. Douze apôtres sont représentés autour du tombeau ouvert. Ils sont vêtus de grandes tuniques, certains désignent le tombeau vide, d’autres montrent du doigt le ciel. Au-dessus la vierge est entourée d’anges qui lui posent une couronne sur la tête.

   Une statue en marbre blanc de la Vierge, classée au titre objet par les Monuments Historiques depuis le 10 juin 1998 et commandée en 1619 au sculpteur génois Leonardo Mirano, orne la chapelle qui lui est dédiée à l’extrémité est du chœur. Elle était primitivement placée dans l’église Saint-Honorat-des-Alyscamps. Elle est vénérée sous le nom de Notre Dame des Grâces.

TOMBEAUX ET AUTRES MONUMENTS FUNÉRAIRES

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 Arles la romaine (2ème partie) : Plaque mortuaire d'un religieux datée du 27 mars 1543. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : Tombeau de Gaspard du Laurens de 1630. (Photo : Patrick Garcia)

À partir de la seconde moitié du XIIe siècle, les archevêques d'Arles sont inhumés à Saint-Trophime. La plus ancienne épitaphe concerne l'archevêque Raimond de Montredon (1160) ; on trouve ensuite celles de Raimond de Bollène (1182), d'Imbert d'Eyguières (1202), de Michel de Mouriez (1217), d'Hugues Béroard (1232), etc.

    Dans la chapelle du Saint-Sépulcre se trouvent à gauche un monument funéraire avec un gisant du cardinal Pierre de Foix (1386-1464) et à droite le tombeau de Robert de Montcalm de Saint-Véran (1542-1585), président du Parlement de Provence, avec la devise « L’innocence est ma forteresse » et quatre niches dans lesquelles se trouvaient des statuettes représentant la foi, l’espérance, la charité et la justice.

    La chapelle Saint-Genest abrite la tombe commune des archevêques d'Arles du XVIIe siècle, François et son neveu Jean-Baptiste Adhémar de Monteil de Grignan. On trouve également d'autres plaques mortuaires ou monuments funéraires concernant aussi bien des ecclésiastiques que des laïques.

LE PORTAIL

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 Arles la romaine (2ème partie) : L'extraordinaire portail de St Trophime, le roman provençal dans toute sa splendeur! (Photo : Patrick Garcia)

     Ce portail sculpté est ajouté à l’église entre 1180 et 1190. Avec la façade de l’abbaye de Saint-Gilles qui lui est très légèrement antérieure, il constitue un des deux plus grands ensembles sculptés de l’art roman en Provence. Pour accentuer son caractère majestueux, le portail est placé en haut d’un escalier ce qui a nécessité le remblaiement de la nef sur une hauteur d’environ 1,5 m. Ce portail, de style roman provençal a fait l’objet dans les années 1990 d’une minutieuse restauration grâce à de nouvelles techniques de nettoiement de la pierre.

     Le porche comprend divers éléments décoratifs : pilastres cannelés, chapiteaux à feuilles d'acanthe, frises de grecques, frises de feuilles d'acanthe, frises de palmettes, frises de rinceaux, bas-reliefs ornés de rinceaux.

Sculptures.

PORTAIL NUMEROTATION COULEUR

 Arles la romaine (2ème partie) : Sur ce plan que j'ai refait, les numéros et les couleurs indiquent l'emplacement de la sculpture et et son explication, avec la légende ci-dessous. Par exemple: le panneau 19 de couleur bleu est en haut et à droite, et selon la légende ci-dessous, représente "les damnés nus enchainés et entainés vers l'Enfer". Il suffit de regarder les photos extrêmement précise que je publie pour lire tous les détails de ce modèle du genre! (Photo : Patrick Garcia)

NOMENCLATURE DES LEGENDES EN COULEUR

 Arles la romaine (2ème partie) : Complément indispensable du plan ci-dessus pour analyser et comprendre la statuaire et la sculpture du portail de St Trophime, cette légende que j'ai coloré pour le mieux. (Photo : Patrick Garcia)

    L’ordonnance du portail est inspirée de l’art antique ; le portail ne peut qu’évoquer un véritable arc de triomphe romain s’ouvrant sur l’abbatiale et rappelant celui de Saint-Rémy-de-Provence. L’influence de l’art antique, notamment celui des sarcophages paléochrétiens, se retrouve dans le style des figures et des motifs végétaux du décor. Les motifs de décoration retenus concernent les thèmes de l’ancien testament, ainsi que des fauves et monstres maléfiques auxquels sont associés les deux titulaires de la cathédrale saint Trophime et saint Étienne.

        La structure générale est voisine de celle de Saint-Gilles mais ici réduite à une porte unique. En mars 1888, Van Gogh qui vient d'arriver à Arles décrit ainsi le portique de Saint-Trophime:

« Il y a ici un portique gothique que je commence à trouver admirable, le porche de Saint-Trophime. Mais il est si cruel, si monstrueux, comme un cauchemar chinois, que même ce magnifique exemple d'un style si grandiose me semble appartenir à un autre monde… »

Tympan et archivolte

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 Arles la romaine (2ème partie) : Dans le Tympan, le Christ en gloire dans une mandorle entouré des 4 Evangélistes. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : En haut à gauche (N°2) St Matthieu, à droite, sous la forme d'un aigle, St Jean(N°3), en bas à gauche, le lion, St Marc (N°4) et en bas à droite, le taureau St Luc (N°5). Notez la perfection des traits!!!!  (Photo : Patrick Garcia)

  Le tympan de Saint-Trophime reprend le thème biblique du  tétramorphe  évoquant la vision d'Ézéchiel ou l'Apocalypse de saint Jean, symbole ensuite des quatre Évangélistes ; il montre un Christ triomphant et justicier, assis, tenant sur ses genoux la bible et bénissant avec ses deux doigts de sa main droite levée. Il est entouré par les symboles classiques des quatre évangélistes : un lion ailé pour saint Marc, un ange (ou un homme ailé) pour saint Mathieu, un aigle pour saint Jean et un taureau ailé pour saint Luc. Les deux évangélistes figurant au bas du tympan Marc et Luc, qui à la différence de Mathieu et Jean n'ont pas connu le Christ, ne regardent pas le fils de Dieu.

archivolte des anges avec détail

 Arles la romaine (2ème partie) : Frise des Anges sur l'archivolte. (Photo : Patrick Garcia)

Ce motif est fréquent dans l'art Roman comme on peut le voir par exemple sur les tympans de l'abbaye de Charlieu, de Saint-Gilles, de Notre-Dame d'Embrun ou de Saint-Benoît-sur-Loire. Sur l’archivolte sont figurés les anges du jugement dernier et des anges en adoration.

Frise de l’entablement

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 Arles la romaine (2ème partie) : La frise d'entablement des 12 apôtres. (Photo : Patrick Garcia)

    Sur cette frise, également en calcaire oolithique, sont figurés sous le tympan les douze apôtres assis et tenant un livre sur les genoux : ils sont les témoins de la résurrection du Christ. Au nord, donc à la droite du Christ, on trouve sur le retour de la frise la représentation de la faute originelle avec une sculpture d’Adam et Eve, puis, se dirigeant vers le Christ, le cortège des bienheureux rangés suivant un ordre hiérarchique : des hommes représentés des trois quarts la main posée sur l’épaule de celui qui le précède, deux femmes voilées, des prêtres et des prélats mitrés. En tête du cortège un ange aux ailes déployées présente l’âme des justes représentée sous la forme d’un enfant aux trois patriarches : Abraham, Isaac et Jacob. Au sud, donc à gauche du Christ, le triomphe de la générosité sur l’avarice, l’archange saint Michel refusant l’entrée aux réprouvés, le cortège des damnés et enfin sur le retour de la frise la barque des damnés.

Frise sous l’entablement

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  Arles la romaine (2ème partie) : Frise sous l'entablement côté gauche, elle représente l'enfance et la vie de Jésus, l'Annonciation, la maternité de Marie.... (Photo : Patrick Garcia)

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  Arles la romaine (2ème partie) : Le côté gauche et au-dessus, les personnages de la Bible et du jugement. (Photo : Patrick Garcia)

    Cette seconde frise, d’une plus faible hauteur, est consacrée à l’enfance du Christ. Elle se situe en arrière-plan des colonnes du portail, au-dessus des panneaux verticaux. La première représentation sur le pilastre cannelé qui flanque la grande porte du côté nord, est l’Annonciation faite à Marie et le songe de Joseph voyant l’ange lui révélant la maternité de Marie. En continuant vers le nord on découvre les mages devant Hérode, la chevauchée des mages, le massacre des innocents et la fuite en Égypte. Symétriquement on trouve sur la partie sud le bain de l’enfant Jésus, la nativité, l’adoration des mages, les mages réveillés par l’ange et l’annonce aux bergers.

    Au centre, le trumeau en granit, possède un chapiteau où sont figurés quatre anges, un par face : au sud ange indiquant l’entrée de la porte du paradis, à l’ouest ange gardien de la porte, à l’est ange au phylactère et au nord ange au rotulus.

Panneaux verticaux

panneau gauche

 Arles la romaine (2ème partie) : Panneau gauche "B" représentant les saints et les martyrs. (Photo : Patrick Garcia)

panneau droite

Arles la romaine (2ème partie) : Panneau droit "C" représentant les saints et les martyrs. Au centre gauche, N°16, la lapidation et la résurection de St Etienne, 1er patron de la basilique. (Photo : Patrick Garcia)

   Sous la frise, de grandes figures en pied séparées par des pilastres ornés de rinceaux représentant les saints majeurs de l’Église et tout particulièrement les deux patrons de l’église d’Arles : saint Étienne et saint Trophime. En partant de la partie centrale on trouve :

  • à gauche : saint Pierre, saint Jean l’évangéliste, saint Trophime en costume épiscopal, saint Jacques le Majeur et saint Barthélemy
  • à droite : saint Paul, saint André, la lapidation de saint Étienne qui fait pendant à la statue de saint Trophime, saint Jacques le Mineur et saint Philippe.

    La statue de saint Paul, avec ses plis de la robe profondément creusés retombant raides sur les jambes, s’inspire des apôtres du portail de Saint-Gilles.

 

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 Arles la romaine (2ème partie) : Toujours le N°16 du Panneau"C", la Lapidation et la Résurection de St Etienne, premier patron de la Basilique. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : Côté gauche du portail. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : Côté droit du portail. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : Au côté gauche, registre "E", voici le "Cortége des Elus qui se rendent vers le Christ (au centre). (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : Au côté droit, dans le panneau"D", le "cotège des damnés qui tournent le dos au Christ (au centre) et se dirigent vers l'Enfer, tirés par une chaîne et un diable. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : Fin de la frise des damnés qui arrivent en file, dans les flammes. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : St Paul (14) et St André (15) dans le registre"C" (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : "Daniel dans la fosse aux lions" N°40 dans le panneau G. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : 3Samson séduit par Dalila(la luxure), elle lui attache les mains dans le dos. N°31 dans le panneau "F". (Photo : Patrick Garcia)

LE CLOÎTRE DE ST TROPHIME

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 Le cloître Saint-Trophime de l’ancienne cathédrale d’Arles date du XIIe siècle et XIVe siècle.

L’emplacement de ce cloître est inhabituel car il n’est accolé ni à la nef ni au transept. Il communique avec le chœur au moyen d’un escalier de vingt-cinq marches. Ce cloître présente une forme approximativement rectangulaire de 28 m de long sur 25 m de large. Des dimensions comparables ne se retrouvent dans la région Provence que dans les cloîtres du Thoronet, de Sénanque ou de Montmajour.

   L’édification du cloître débute peu après 1150 avec la construction de la galerie nord qui sera suivie de peu par celle de la galerie orientale. Il faudra attendre la fin du XIVe siècle pour voir l’achèvement du cloître avec les constructions de la galerie ouest puis de la galerie sud qui sera terminée sous l’épiscopat de Jean de Rochechouart (1390-1398). Il résulte de ces différentes périodes de construction, deux styles différents pour les galeries : le roman pour les galeries nord et est, et le gothique pour les galeries ouest et sud.

   Le cloître traduit une recherche de la perfection plastique avec un remarquable équilibre des volumes et une grande qualité de la décoration sculptée.

Il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1846. Il est également inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des monuments romains et romans d'Arles depuis 1981.

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 Arles la romaine (2ème partie) : Disposition des piéces autour du cloître de Ste Trophine. (Photo : Patrick Garcia) 

Saint-Trophimecloître

Légende du plan de Robert Valette qui indique toutes les curiosités des galeries du cloître:

 1-Bélier, 2-La luxure, 3-Saint-Jean, 4-Saintes femmes, 5-Saint Trophime, 6-Résurrection, 7-Saint Pierre, 10-Acanthes, têtes humaines et griffons, 11-Résurrection de Lazare, 12-Acanthes, 13-Sacrifice d'Abraham, 14-Acanthes, 15-Balaam, 16-Pèlerin d'Emmaüs, 17-Christ ressuscité, 18-Second pèlerin, 19-Contrefort, 20-Acrobate, 21-Acanthes, 22-Anges et Abraham, 23-Acanthes et têtes, 24-Saint Paul, 25-Acanthes, 26-Têtes d'hommes, de bélier et de griffon, 27-Saint Jacques le majeur, 28-Christ montrant ses plaies, 29- Saint Thomas, 30-Contrefort, 31-Aigle, 32-Acanthes, 33-Remise des tables de la Loi à Moïse, 34-Feuilles, 35-Acanthes, aigle et têtes humaines, 36-Acanthe, 37-Acanthe et têtes d'hommes, 38-Saint Paul, 39-Ascension, 40-Saint Étienne, 41-Lapidation de saint Étienne, 42-Saint André, 43-Âne, 44-Tarasque, 45-Décor végétal, 46-Contrefort, 47-Acanthes, 48-Annonciation, 49-Feuillage, 50-Aigles, 51-Feuillage, 52-Annonce aux bergers, 53-Judas, 54-Christ à la colonne, 55-Bourreau, 56-Contrefort, 57-Atlante, 58-Acanthes, 59-Hérode, 60-Mufle de lion et masque humain, 61-Fuite en Égypte, 62-Acanthe, 63-Mages devant Hérode, 64-Roi Salomon, 65-Statue disparue, 66-Reine de Saba, 67-Contrefort, 68-Tête de lion, 69-Blason à l'aigle, 70-Feuillage, 71-Adoration des Mages, 72-Cavalier Constantin, 73-Entrée du Christ à Jérusalem, 74-Acanthes, 75-Dispersion des apôtres, 76-Gamaliel, 77-Baiser de Judas, la Cène et le lavement des pieds, 78-Bénitier d'angle, 79-Baptême et tentation du Christ, 80-Ange, 81-Tête de bouc, 82-lion et tarasque, 83-Bénédiction des Alyscamps, 84-Feuillage, 85-Vierge et l'enfant, 86-Feuillage, 87-Charlemagne, 88-Masque, 89-Barons condamnés, 90-Feuillage, 91-Pendaison des barons, 92-Griffon et sirène, 93-Charlemagne et Turpin, 94-Feuillage, 95-Lapidation de saint Étienne, 96-Tête grotesque, 97-Samson, 98-Personnage et dragons, 99-Sainte Marthe, 100-Décor floral, 101-Madeleine, 102-Décor floral, 103-Annonciation, 104-Monstre, 105-Couronnement de la Vierge, 106- Lion, 107-Pentecôte.

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 Arles la romaine (2ème partie) : Le bel escalier monte aux étages du cloître et au dortoir, ainsi qu'au toit sur les galeries. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : Les deux galeries romanes du cloître, photo prise des terrasses sur les galeries. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : Les deux galeries gothiques du cloître, depuis les terrasses sur les galeries. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : Les terrasses sur les galeries et le clocher de St Trophime, ainsi que les fenêtres donnant sur le dortoir des moines. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : Le dortoir des moines, et l'aboutissement du magnifique escalier, au fond. (Photo : Patrick Garcia)

LES GARERIES ROMANES

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  Arles la romaine (2ème partie) : Belle colonnade d'une galerie romane. (Photo : Patrick Garcia)

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  Arles la romaine (2ème partie) : Colonnade d'une des deux galeries romanes. (Photo : Patrick Garcia)

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  Arles la romaine (2ème partie) : Façade romane de la salle du chapitre. (Photo : Patrick Garcia)

   Chacune des deux galeries romanes comprend trois travées séparées par des doubleaux qui reposent sur des piliers carrés. Chaque travée s’ouvre sur le préau par quatre arcatures de plein cintre retombant sur des colonnettes jumelles rondes ou polygonales. Les travées sont séparées par de robustes piliers qui reçoivent la retombée du doubleau.

LA GALERIE NORD

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 42-Saint André, 41-Lapidation de saint Étienne, 40-Saint Étienne, 38-Saint Paul, 

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 5-Saint Trophime, 4-Saintes femmes, 3-Saint-Jean, 

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 7 St Pierre, 6-Résurrection, 5 St Trophime, 6 St Jean

     Les deux thèmes essentiels de la décoration sculptée de cette galerie nord sont la résurrection du Christ et la glorification des saints patrons de la ville : saint Trophime et saint Étienne.

    Sur le pilier de l’angle nord ouest est figuré saint Trophime fondateur de l’église locale devenu au XIIe siècle le premier patron de l’abbatiale. À sa droite apparaît saint Pierre représenté certes en tant que prince des apôtres mais aussi et surtout parce qu’il aurait, selon la légende, envoyé saint Trophime en mission pour évangéliser les Gaules. À sa gauche est figuré saint Jean qui fut avec saint Pierre le témoin de la résurrection du Christ.

 Les trois statues de saint Trophime, saint Pierre et saint Jean sont d’une qualité exceptionnelle et comptent parmi les plus admirables sculptures romanes de Provence. Entre saint Jean et saint Trophime, un bas-relief représente le tombeau du Christ. Entre saint Pierre et Saint Trophime un autre bas-relief représente l’achat d’aromates par les saintes Maries pour embaumement du corps du Christ. Les marchands sont représentés occupés à compter leurs pièces. Cette scène des marchands est assez rare, mais se remarque aussi sur les frises de Saint-Gilles et de Beaucaire.

  Les deux piliers médians de la galerie nord, de structure plus simple, sont consacrés à une représentation d’une scène unique à trois personnages. Sur le premier de ces piliers intermédiaires est figuré le Christ entouré des deux pèlerins d’Emmaüs.

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  Arles la romaine (2ème partie) : Angle Sud-Est de la galerie. (Photo : Patrick Garcia)

   Cet épisode est raconté dans l’évangile selon saint Luc: deux pèlerins se rendant à Emmaüs, village proche de Jérusalem, sont abordés par le Christ ressuscité qui se joint à eux ; ils ne le reconnaissent que lorsqu’il disparaît. Le Christ, personnage central, est figuré portant un bâton et une musette décorée de petites fleurs. Un des deux pèlerins porte le bâton et la gourde du pèlerin ; il est coiffé d’un bonnet avec une coquille, évocation du pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle dont Arles était une étape. Au centre du pilier suivant, le Christ montre ses plaies à saint Thomas incrédule. Il est entouré à sa gauche par saint Jacques le Majeur identifiable par l’inscription gravée sur le livre qu’il tient à la main, et à sa droite par saint Thomas.

    Le pilier de l’angle nord-est présente une composition symétrique à celle du pilier nord-ouest avec au centre la statue de saint Étienne qui a été le patron principal de la basilique pendant près de sept siècles ; à la gauche de saint Étienne est représenté saint Paul très reconnaissable à sa calvitie et à sa droite saint André. Deux bas reliefs s’intercalent également entre ces trois statues : l’un représente l’Ascension du Christ l’autre la lapidation de saint Étienne.

GALERIE EST

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  78-Bénitier d'angle, 77-Baiser de Judas, la Cène et le lavement des pieds, 76-Gamaliel, 

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78-Bénitier d'angle, 77-Baiser de Judas, la Cène et le lavement des pieds, , 76-Gamaliel, 

  Réalisée peu de temps après la galerie nord, cette galerie est plus large que la précédente avec une ordonnance générale semblable. Les représentations s’articulent autour de la vie et de la passion du Christ.

    Le premier pilier en venant de la galerie nord représente la flagellation du christ figuré torse nu attaché à une colonne. Judas est représenté avec une bourse contenant les deniers qu’il a reçu pour sa trahison.

    La statue centrale du pilier suivant a disparu et seules subsistent celles qui l’encadraient : le roi Salomon et la reine de Saba.

   Le pilier de l’angle sud-est est similaire à ceux de l’aile nord. On remarque un magnifique bénitier d’angle dont la vasque en forme de coquille est soutenue par un atlante. Une statue d’angle représente  Gamaliel qui selon la légende serait le cousin de saint Trophime.

   De part et d’autre du bénitier on trouve également deux bas-reliefs : le premier représente le baiser de Judas, la cène et le lavement des pieds tandis que le second représente le baptême et les tentations du Christ.

LES GALERIES GOTHIQUES

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  Arles la romaine (2ème partie) : Une des galeries gothiques. (Photo : Patrick Garcia)

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  Arles la romaine (2ème partie) : Un des chapiteaux .(Photo : Patrick Garcia)

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  Arles la romaine (2ème partie) :  Les chapiteaux sont parfaitement conservés. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : Détail des chapiteaux romans. (Photo : Patrick Garcia)

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  Arles la romaine (2ème partie) : Un véritable catalogue biblique que tout ces chapiteaux. (Photo : Patrick Garcia)

GALERIE SUD

     La galerie méridionale comprend six travées séparées par des piles alternativement minces et renforcées. Le programme iconographique est entièrement consacré au patron de la primatiale, saint Trophime. En effet les différentes scènes longtemps inexpliquées représentent les principaux épisodes du roman de saint Trophime, poème composé en 1221-1226 : Christ bénissant le cimetière des Alyscamps en présence de saint Trophime, et diverses épisodes d’un miracle : un jeune chevalier, coupable d’avoir giflé l’archevêque Turpin, est condamné à mort avec neuf de ses parents par Charlemagne. Toutes ces personnes sont pendues au gibet de Fourchon, mais grâce à l’intercession de saint Trophime, ils sont graciés par la main divine. Devant ce miracle Charlemagne pardonne.

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 Arles la romaine (2ème partie) : Bélier dans un angle du cloître. (Photo : Patrick Garcia)

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  Arles la romaine (2ème partie) : Chapiteaux romans. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : Chapiteaux romans. (Photo : Patrick Garcia)

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 Arles la romaine (2ème partie) : Chapiteaux romans. (Photo : Patrick Garcia)

GALERIE OUEST

    La galerie occidentale est datée du milieu du XVe siècle. Elle comprend sept travées séparées par des piliers identiques. Le programme iconographique est peu logique : lapidation de saint Étienne,  Samson  terrassant le lion, sainte Marthe et la tarasque, sainte Madeleine baisant les pieds du Christ et le couronnement de la Vierge.

LES TAPISSERIES

    Dans une salle située au nord du cloître sont exposées sept tapisseries de la fin du XVIIe siècle représentant l'histoire de Godefroy de Bouillon  conduisant la première croisade. Six de ces tapisseries ont une bordure brune, ce qui permet d'affirmer qu’elles ont été créées dans les ateliers de la ville de Felletin. Une seule représentant la naissance de Marie est une  tapisserie d'Aubusson car sa bordure est bleue. 

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 Arles la romaine (2ème partie) : C'est dans la salle capitulaire que sont exposées les magnifiques tapisseries que je vous ai présente en tête de l'article. A noter le magnifique tableau du fond, dont je montre la photo un peu plus bas. (Photo : Patrick Garcia)

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"La guérison de l'aveugle né ...."
- Huile sur toile 360x406cm - (Photo: Patrick Garcia)

La grande toile qui orne depuis 1850 le bureau du Maire va bénéficier d’une restauration dans un atelier spécialisé. L’ensemble de l’expertise (étude, cahier des charges, etc.) est organisé par le Centre interrégional de conservation et de restauration du patrimoine (CICRP) de Marseille. L’œuvre, une huile sur toile, nommée « La guérison de l’aveugle-né » date de 1738. C’est un bien national qui n’appartient pas à la Ville. Décrochée aujourd’hui avec toutes les précautions nécessaires, par les soins de l’atelier Amoroso Waldeis d’Avignon, la toile de 16 mètres carrés sera roulée pour le voyage.

   Vers 1850, Monsieur de Forbin, ministre des Beaux-Arts, visitant les musées de France, passa par Arles et obtint de la municipalité un sarcophage antique et un torse colossal et acéphale (Auguste) en échange desquels on donna à la ville une grande toile de Natoire représentant Jésus-Christ rendant la vue à un aveugle, (rapport fait par la Commission archéologique d’Arles au Ministre de l’Intérieur en 1856). Commencé par François Lemoyne (Paris 1688-1737), le tableau fut achevé, après la disparition tragique du peintre, par Charles-Joseph Natoire (Nîmes 1700, Castelgandolfo 1777) qui avait été son plus fidèle élève.

Prochain et dernier article, la splendeur du "Musée de l'Arles Antique"

PATRICK GARCIA

(Avec l'aide précieuse de Wikipédia, des documents de l'O.T., de Mérimée et de Gallica...)